dimanche 12 février 2017

04 - Cycles des Princes d'Ambre T1 - Les neuf princes d'Ambre

Auteur : Roger Zelazny
Éditeur : Folio SF

Un homme se réveille séquestré dans un hôpital psychiatrique. Il a perdu la mémoire, et ne sait ni sur quels ordres il est emprisonné, ni pourquoi. C'est la ruse qui l'aidera à retrouver le nom et l'adresse de sa sœur, celle qui l'a fait interner, et à s'évader... Les souvenirs vont commencer petit à petit à refaire surface lorsqu'il se retrouvera face à elle... Il s'appelle Corwin, il est l'un des neuf princes d'Ambre qui se battent depuis des siècles pour le trône laissé vacant à la mort de leur père, Oberon. Et c'est son frère Éric qui l'a exilé en Ombre-Terre, dans le but de se débarrasser de son concurrent le plus sérieux...

Le premier mot qui me vient à l'esprit lorsque je repense à cette lecture, c'est ORIGINALITÉ. Pour moi, dans ma modeste vie de lectrice avide, beaucoup de choses dans ce premier tome du Cycle des Princes d'Ambre sont du jamais vu. Que ce soit la ville d'Ambre , terre réelle dont tous les autres univers parallèles découlent et n'en sont que l'Ombre, ou bien la magie qu'ils utilisent à travers les Atouts, ou encore l'existence de cette ville-miroir, Rebma, dans laquelle chaque événement a une incidence sur Ambre... Nous découvrons une famille digne de Game of Thrones, aussi cruelle, sans cœur et sans pitié, et aussi fins stratèges... Et nous découvrons tout ceci petit à petit, au fil des souvenirs retrouvés de Corwin, qui est loin d'être le seul personnage auquel on s'est attaché tout au long de l'ouvrage...

Ce premier tome a tout pour plaire, il est original, ça je l'ai déjà dit, mais bourré d'action, et tellement surprenant qu'on a du mal à le lâcher, on veut absolument savoir quelle découverte, quel souvenir nous pourrons lire à la page suivante. Et là je peux vous dire que j'ai hâte de parcourir la suite du cycle ! 

03 - Beignets de tomates vertes

Auteur : Fannie Flag
Éditeur : J'ai Lu

Nous sommes en Alabama, dans les années 80. Evelyn est une femme au foyer de 40 ans qui a totalement perdu confiance en elle, perdu le sens de la vie. Mais elle fait la connaissance dans une maison de retraite de Ninny Threadgoode, une vieille femme avec qui elle va rapidement lier une amitié sincère, et qu'elle viendra visiter tous les dimanches. À chacune de ces rencontres, Ninny va lui faire partager la vie de sa famille et des habitants du petit village de Whistle Stop, dans un Alabama des années 30 en pleine crise. Nous allons donc, aux côtés des deux femmes, faire la connaissance d'Idgie et Ruth, qui gèrent le Whistle Stop Café et servent entre autres les délicieux beignets de tomates vertes, et de toutes les personnes qui vont graviter autour d'elles au fil des années...

On m'avait déjà vanté les mérites de cet ouvrage, et c'est avec beaucoup de curiosité que je me suis lancée dans sa lecture. Fannie Flag a du talent, et dès la première page, on est transporté dans cette Amérique profonde, aux côtés des membres de la famille Threadgoode, d'Idgie en particulier, qu'on ne peut qu'apprécier... On s'attache aux personnages, on vit leurs aventures comme si on faisait partie de la famille, comme si on y était. La magie de la littérature est là, dans ce roman témoin d'une époque révolue, un temps où tout était loin d'être rose, mais où on savait apprécier la valeur de la vie, les petits moments et les peines qui remplissent une existence... Et ça, c'est un message qu'Evelyn avait besoin d'entendre, et qui va l'aider petit à petit à reprendre sa vie en main.

Beignets de tomates vertes est un roman très touchant, qui nous fait voyager, très facile à lire, drôle et triste, dans lequel les personnages et les émotions sont réels, un témoin de l'Histoire... Un ouvrage que je recommande chaudement !

Un grand merci à Ellane, qui encore une fois m'a mis dans les mains un ouvrage qui n'aurait jamais attiré mon attention en librairie, et qui m'a prouvé une fois de plus que sortir de temps en temps des sentiers battus fait drôlement du bien ^_^


mardi 17 janvier 2017

02 - Chanson douce

Auteur : Leïla Slimani
Éditeur : Gallimard

"Le bébé est mort". Ce sont les premiers mots de ce roman de Leïla Slimani, et ils donnent le ton de l'histoire. Une mère rentre du travail et découvre les corps meurtris de ses enfants, l'un sans vie, l'autre respirant à peine... Leur nourrice, leur assassin, git également, ayant essayé en vain de mettre fin à ses jours. Mais comment une nourrice aussi aimée, aussi parfaite, aussi indispensable en est-elle venue à commettre un acte aussi horrible ? C'est ce que l'auteur va nous expliquer tout au long de son roman...

J'ai beaucoup aimé cette lecture. Certes le premier chapitre, très court, est horrible, mais on passe vite à un ton un peu plus léger en remontant le temps, même si on sent très bien la présence de cette épée de Damoclès au-dessus de cette famille... On apprend à découvrir les personnages, on suit leur évolution, on les comprend (ou pas), mais on s'y attache très facilement, et on en vient parfois à oublier l'horreur qui clôt cette histoire. L'écriture est fluide, agréable, rien à dire, ça se lit tout seul, c'est très réaliste. Et je crois que c'est ce réalisme qui est le plus dérangeant, cette histoire pourrait très bien être la retranscription d'un fait divers véridique...

Chanson douce est le premier roman de Leïla Slimani que je parcours, et je recommande sans hésiter ce drame psychologique aux amateurs du genre.

mardi 10 janvier 2017

01 - Steamboat

Auteur : Craig Johnson
Éditeur : Gallmeister

C'est dans le cadre de mon club de lecture que j'ai été amenée à découvrir Craig Johnson à travers ce cours ouvrage, Steamboat. Première excursion donc dans l'univers de l'auteur, j'ai cru comprendre que Steamboat est un ovni dans son œuvre, une histoire qui aurait dû être une nouvelle et qui est allée bien au-delà, devenant un roman à part entière. Je ne peux donc faire aucune comparaison avec les polars de l'auteur, et d'après ce que j'ai compris ce n'est pas plus mal, car j'ai lu Steamboat avec un œil neuf et sans attentes, et j'ai pu en savourer toute la saveur...

Walt Longmire est le shérif d'Ansaroka, dans le Wyoming. Un soir de Noël, il reçoit la visite d'une femme asiatique, qui lui demande de l'emmener auprès de l'ancien shérif, ce qu'il fait. Une fois réunis, cette femme va prononcer un seul mot, "Steamboat", et réveiller dans l'esprit des deux hommes des souvenirs datant de nombreuses années auparavant, par une nuit enneigée et venteuse, au cours de laquelle ils ont risqué leur propre vie afin de sauver celle d'une enfant sur le point de mourir dans le but de l'emmener à l'hôpital à bord d'un vieux coucou légendaire, le Steamboat...

J'ai beaucoup aimé ce roman de Craig Johnson. L'histoire est belle, les personnages attachants, il n'y a aucun temps mort. On s'attache, on vit leur aventure de la dernière chance à fond, comme si on y était... Mais ce que j'ai le plus apprécié, c'est Steamboat, cet avion qui est au cœur de l'histoire, aussi vivant que n'importe quel autre personnage. Steamboat, c'était le nom d'un fougueux cheval de rodéo, qui était doux comme un agneau dès lors qu'on se tenait à ses côtés, mais qui refusait de laisser quiconque le monter... Ce n'est pas pour rien que son nom a été donné à ce bombardier de la Seconde Guerre mondiale, aussi indomptable et imprévisible, et qui va littéralement prendre vie sous nos yeux et lutter contre la tempête afin de sauver lui aussi cette petite fille.

J'ai adoré, Steamboat n'est peut-être pas du tout représentatif de l'œuvre de Craig Johnson, mais me donne en tous cas l'envie de la découvrir (à commencer par Little Bird, que l'on m'a chaudement recommandé depuis un moment déjà). Dans tous les cas, ce roman reste une très belle lecture de Noël, une histoire positive qui montre qu'en cette période de magie et de féerie, les miracles sont possibles.


vendredi 30 décembre 2016

36 - Soleil levant

Auteur : Michael Crichton
Éditeur : Pocket

À Los Angeles, une jeune femme se fait assassiner dans la tour Nakamoto lors d'une soirée réunissant le gratin de la scène politique et quelques stars du show-business. L'agent de liaison en poste cette nuit-là se voit confier la délicate mission de résoudre ce crime de la manière la plus discrète possible, tout en ménageant les susceptibilités nippones vis à vis des États-Unis. Il aura besoin de toute l'aide que pourra lui apporter un confrère spécialiste du Japon... Ce crime n'est que le point de départ de l'intrigue, mais le cœur de l'histoire est cette guerre économique que le Japon et les États-Unis mènent. Ou plutôt que le Japon mène envers des États-Unis qui ont tendance à se laisser faire. 

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, même si je ne m'attendais pas du tout à ce genre de développements. La confrontation de deux cultures si différentes est très bien expliquée. Pour les Japonais, les affaires s'apparentent à une guerre qu'il faut gagner à tout prix, et dans laquelle leur honneur est en jeu. Toutes leurs décisions découlent de ce fait, et sans l'aide de John Connor, qui connait par cœur leur manière de penser, le lieutenant Smith aurait eu bien du mal à démêler toute cette histoire, au final plus politique que criminelle.

Le duo de protagonistes fonctionne très bien, même si j'aurais apprécié en savoir un peu plus sur le mystérieux Connor et son passé au pays du Soleil Levant. Le parti pris de l'auteur concernant la main-mise du Japon sur les États-Unis est originale et pousse à la réflexion, mais je préfère ne pas trop donner foi à ses idées et garder mon âme d'enfant et mes yeux émerveillés envers ce peuple à la culture si surprenante...

vendredi 16 décembre 2016

35 - L'Œuf de dragon

Auteur : Georges R. R. Martin
Éditeur : J'ai Lu

Grâce à Babelio et aux éditions J'ai Lu, j'ai eu la chance de gagner au dernier Masse Critique ce préquelle du Trône de fer, L’Œuf de dragon. Un grand merci !

Je suis une grande fan du Trône de fer, aussi bien de la série télévisée que de la série littéraire (et j'attends le dernier tome avec impatience !!!). Et c'est avec beaucoup d'excitation que je me suis lancée dans la lecture de cette nouvelle mettant en scène un chevalier errant, Dunk, et son écuyer qui n'est autre qu'Aegon Targaryen, alias l'Œuf, alors âgé d'une douzaine d'années. Au hasard des chemins, nos deux protagonistes vont se retrouver au milieu d'un mariage accompagné de joutes de chevaliers, le prix de la victoire n'étant rien d'autre qu'un authentique œuf de dragon. Mais (comme souvent avec les mariages dans Le Trône de fer), les festivités vont tourner au vinaigre et nos deux personnages vont se retrouver au cœur d'un vaste complot politique sur fond de trahison.

Sur le papier, cette nouvelle a tout pour plaire. Je dis bien sur le papier, car personnellement j'ai été déçue. Peut-être attendais-je trop de ce préquelle, mais j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, à m'attacher aux personnages (toujours trop nombreux !). J'ai trouvé ça plutôt lent, il y a beaucoup de parlotte et peu d'action au final. Ça se lit, mais péniblement, et c'est bien dommage...

Je suis tout de même contente de cette lecture, simplement pour ce petit voyage dans cet univers que j'aime tant, et je ne décourage personne de la lire car beaucoup ont adoré. Comme on dit, il en faut pour tous les goûts !

vendredi 25 novembre 2016

34 - Les Visages de Dieu

Auteur : Mallock
Éditeur : Pocket

J'ai découvert le commissaire Amédée Mallock dans Les Larmes de Pancrace, une histoire que j'avais adorée et dévorée en me promettant de parcourir les aventures précédentes. On remonte donc le temps et me voici plongée dans la toute première aventure de cet ours au cœur tendre, usant d'opium pour synthétiser les indices récoltés au cours de ses enquête sous forme de rêves prémonitoires, plongé cette fois dans une affaire de serial killer au cœur de Paris.

Les visages de Dieu est le premier tome des Chroniques barbares, et de la barbarie on en a à revendre ici. Le Maquilleur, c'est ainsi que les flics ont surnommé ce tueur en série, qui s'amuse à maquiller ses victimes après les avoir droguées et leur avoir fait subir les pires tortures possibles. Le commissaire en charge de l'enquête patine, et c'est donc le très célèbre et redouté "Mallock-le-sorcier" qui va reprendre l'enquête, aidé de son équipe de choc et de ses précieuses visions.

Quel plaisir de retrouver ce cher Mallock, un personnage à la fois ours et caramel, au caractère bien trempé, qui a vu les pires horreurs possibles au cours de sa vie, mais qui ne reste vraiment marqué que par l'une d'elles : la mort de son fils. Et il y repensera souvent au cours de cette histoire, le Maquilleur ayant choisi parmi ses cibles une fillette et un bébé. Et il faut avoir le cœur bien accroché lorsqu'on découvre les nombreuses tortures que ces victimes ont subies, de l'amputation à l'empalement... et j'en passe. 

Donc oui il y a beaucoup d'horreurs dans ce livre, mais nous ne sommes pas ici dans ces histoires qui ne proposent qu'une surenchère d'images sanglantes et morbides pour attirer le public sans intrigue pertinente. Car nous sommes dans un Mallock, auteur éponyme de son héros. Et dans un Mallock, l'attrait se fait tout d'abord par une écriture vraiment belle, qu'on prend plaisir à lire. Loin d'être un simple roman de gare, un Mallock, c'est de la littérature. Ensuite il y a l'intrigue, dans un Mallock, elle est complexe, très bien ficelée, et pleine de suspense et de surprises. Et enfin il y a les personnages, notre cher commissaire bien évidemment, tellement attachant, mais également son équipe, son entourage, les rôles secondaires... Tous sont crédibles, bien définis, on s'y attache ou on les déteste, bref, quand on lit un Mallock, on vit l'histoire à fond. 

Avec tout ça, moi, les Mallock, j'en suis fan !

Et puisque j'ai eu la chance, grâce à Babelio, de rencontrer l'auteur et d'avoir un autographe dans mon exemplaire des Larmes de Pancrace, pour le plaisir je vous le remets ici !