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mercredi 28 juin 2017

05 - Le portail

Auteur : François Bizot
Éditeur : Folio

François Bizot est un anthropologue français, spécialiste du bouddhisme du Sud-Est asiatique. En 1971, au Cambodge, il est fait prisonnier par les Khmers rouges, et retenu plusieurs mois en captivité par un lieutenant de Pol Pot, Douch, avec lequel il établira un lien privilégié qui le mènera à la liberté. De tous les détenus présents dans le camp, lui seul en sortira vivant. Dans Le portail, il nous raconte sa détention et la chute de Phnom Penh, qu'il a vécue jusqu'à l'évacuation de la ville.

Avant qu'on me mette cet ouvrage dans les mains, je ne connaissais rien de François Bizot, du Cambodge ou des Khmers rouges. J'ai cette honte de ne m'être jamais intéressée à ce sujet (et la honte qu'on en parle si peu voire pas tout tout dans nos manuels scolaires...). C'est donc en aveugle totale de l'Histoire de ce pays que je me suis plongée dans ce récit, que j'ai découvert au fur et à mesure, avec effarement. Car les Khmers rouges ont commis un véritable génocide dont personne ne parle, décimant 21% de la population cambodgienne de l'époque...

François Bizot nous relate les faits tels qu'il les a vécus, avec sa connaissance de l'instant, ses émotions de l'instant, ses souvenirs de l'instant... Et c'est, je pense, ce qui fait la force de son récit, le lecteur est plongé dans le moment présent, et le réalisme de cette époque nous prend à la gorge à chaque page... Le tout servi par une écriture fluide et travaillée, et qui sait rendre l'information facilement accessible au lecteur.

Plus qu'une "lecture intéressante", Le portail est un témoignage historique essentiel à mettre entre toutes les mains... Je ne prétends pas avoir compris tous les rouages politiques de cette période, ni les tenants et les aboutissants des événements dont nous parle l'auteur. Il est évident que d'autres lectures sur le sujet seront nécessaires pour réellement comprendre ce qui s'est passé et appréhender toute l'horreur de ce génocide. 

Je remercie chaudement celui qui m'a mis ce livre entre les mains, m'ouvrant ainsi les yeux sur le Cambodge et cette période de son Histoire qui ne doit surtout pas tomber dans l'oubli.

 

dimanche 12 février 2017

04 - Cycles des Princes d'Ambre T1 - Les neuf princes d'Ambre

Auteur : Roger Zelazny
Éditeur : Folio SF

Un homme se réveille séquestré dans un hôpital psychiatrique. Il a perdu la mémoire, et ne sait ni sur quels ordres il est emprisonné, ni pourquoi. C'est la ruse qui l'aidera à retrouver le nom et l'adresse de sa sœur, celle qui l'a fait interner, et à s'évader... Les souvenirs vont commencer petit à petit à refaire surface lorsqu'il se retrouvera face à elle... Il s'appelle Corwin, il est l'un des neuf princes d'Ambre qui se battent depuis des siècles pour le trône laissé vacant à la mort de leur père, Oberon. Et c'est son frère Éric qui l'a exilé en Ombre-Terre, dans le but de se débarrasser de son concurrent le plus sérieux...

Le premier mot qui me vient à l'esprit lorsque je repense à cette lecture, c'est ORIGINALITÉ. Pour moi, dans ma modeste vie de lectrice avide, beaucoup de choses dans ce premier tome du Cycle des Princes d'Ambre sont du jamais vu. Que ce soit la ville d'Ambre , terre réelle dont tous les autres univers parallèles découlent et n'en sont que l'Ombre, ou bien la magie qu'ils utilisent à travers les Atouts, ou encore l'existence de cette ville-miroir, Rebma, dans laquelle chaque événement a une incidence sur Ambre... Nous découvrons une famille digne de Game of Thrones, aussi cruelle, sans cœur et sans pitié, et aussi fins stratèges... Et nous découvrons tout ceci petit à petit, au fil des souvenirs retrouvés de Corwin, qui est loin d'être le seul personnage auquel on s'est attaché tout au long de l'ouvrage...

Ce premier tome a tout pour plaire, il est original, ça je l'ai déjà dit, mais bourré d'action, et tellement surprenant qu'on a du mal à le lâcher, on veut absolument savoir quelle découverte, quel souvenir nous pourrons lire à la page suivante. Et là je peux vous dire que j'ai hâte de parcourir la suite du cycle ! 

jeudi 11 août 2016

21 - L'homme au parapluie et autres nouvelles

Auteur : Roald Dahl
Éditeur : Gallimard (collection Folio) - édition bilingue

Mon club de lecture favori m'a fait découvrir très récemment Roald Dahl. Enfin, découvrir est un bien grand mot, car je crois qu'il est bien difficile de ne pas avoir croisé l'une de ses œuvres au cours de notre vie ! Je n'en nommerai qu'une, la plus célèbre selon moi : Charlie et la chocolaterie (ou bien serait-ce Les Gremlins ?). Bref, passons. Je connaissais donc une petite partie de son œuvre, mais je ne connaissais pas le bonhomme. Principalement connu pour ses ouvrages à destination de la jeunesse, c'est avec ce recueil de nouvelles pour adultes que j'ai décidé de réaliser ma première immersion dans son univers...

L'homme au parapluie et autres nouvelles nous plonge dans plusieurs histoires drôles, grinçantes et originales. Que ce soit ce vieil homme qui ne ménage pas sa peine pour pouvoir boire à l’œil, ou encore la société À moi la vengeance S.A.R.L., qui s'enrichit des critiques d'un chroniqueur peu scrupuleux, on passe vraiment un bon moment du début à la fin de ce recueil, ce qui est une prouesse en soi étant donné la difficulté de l'exercice.

J'ai eu la chance de pouvoir emprunter une édition bilingue à la médiathèque, et je me suis lancée à lire ces nouvelles en version originale, moi qui ne suis pas du tout habituée à lire en anglais. Et bien si vous en avez l'occasion, faites-le ! C'est vraiment un régal, et en cas de souci la traduction française est en vis-à-vis sur chaque page !

Je recommande sans hésiter, et je continue de ce pas mon immersion dans l'univers de ce grand monsieur avec, cette fois, un album jeunesse...

mercredi 18 mai 2016

13 - Gagner la guerre

Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Éditeur : Folio

Ça y est, après un bon mois je viens enfin de terminer Gagner la guerre. On me l'avait mis dans les mains en me disant que ce livre était génial, et je me suis empressée de m'y plonger. 

Dans un monde fortement inspiré de la Renaissance Italienne et de l'Antiquité Romaine, additionné de magie et d'elfes, nous suivons les aventures de Benvenuto Gesufal, membre de la guilde des Chuchoteurs placé sous les ordres du Podestat de la République : Leonide Ducatore. Personnage haut en couleurs, assassin émérite, maître espion, Benvenuto va pourtant être l'instrument des manigances de son patron, et sera ainsi balloté au travers d'intrigues politiques qui le placeront sans cesse sur la corde raide...

Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans l'histoire, puisque j'ai été profondément déstabilisée au premier abord par des intrigues politiques dont je ne comprenais pas grand chose... Mais comme on m'a dit "lis ce livre, il est génial", j'ai persévéré un peu, et je suis rapidement tombée dans l'effet totalement inverse, je n'arrivais plus à me sortir cette histoire de la tête... C'est un pavé, plein d'aventures et de rebondissements, mais qu'on prend quand même le temps de savourer car l'univers créé par Jean-Philippe Jaworsky est tellement riche, aussi bien sur le plan politique que sur la psychologie des personnages, qu'on ne peut pas juste s'y attarder en passant. L'écriture est juste sublime, un langage à la fois recherché et très édulcoré, totalement à l'image du narrateur, Benvenuto. Et l'intrigue tient du pur génie.

J'avoue que j'ai un pincement au cœur à refermer définitivement cet ouvrage qui m'a tenue en haleine si longtemps... Gros coup de cœur !


Je suis allergique aux enterrements. Ça peut sembler bizarre, compte tenu de mon fonds de commerce, mais c’est ainsi. J’ai mes raisons. Tuer et inhumer, c’est deux activités très différentes. Buter un quidam, pour un affranchi, c’est gratifiant. Ça demande un minimum de cœur au ventre, ça nécessite un vrai sens du contact, c’est un peu sale, c’est rapide, c’est payant : bref, c’est une réelle expérience humaine, directe et sans complications. Enterrer le même quidam, par contre, quelle corvée ! C’est codifié, grégaire, faux cul, interminable. Ça sublime toutes les vicissitudes du banquet de mariage, en noir et sans le pince-fesse. La douleur sincère de quelques naïfs copule d’obscène manière avec les larmes obligées du plus grand nombre.

Chez les gens de qualité, faire assaut de charme est une seconde nature. C’est un divertissement, comme l’escrime, la guerre et la politique. Personne n’est dupe : on s’entraîne à croiser le fer, à toucher et à prendre… On s’engage à mots couverts et à sentiments mouchetés, on soigne la manière sans chercher à conclure, tout le plaisir réside dans la manœuvre et dans le mot d’esprit. Du moins, tant qu’on garde la maîtrise du jeu. 

Je sers l’État, ce qui implique que je dois parfois lui sacrifier certaines valeurs. Mais c’est parce que la République est portée par des êtres tels que moi que les personnes de qualité comme vous peuvent se permettre le luxe d’une moralité sans faille. 
  

vendredi 3 juillet 2015

15 - Les racines du mal

Auteur : Maurice G. Dantec
Éditeur : Folio
Grand prix de l'Imaginaire, roman francophone, 1996
Prix Rosny aîné, 1996


Andreas Schaltzmann vit dans un monde où les aliens se sont alliés au nazis pour gouverner la Terre et assujettir ses habitants. Il se sent contaminé par un virus qui le fait pourrir de l'intérieur. Mais Andreas ne lâche pas le morceau, il se révolte et essaie tant bien que mal de rester fidèle à ce qu'il est, en tuant les agents de la Gestapo ou les collabos qu'il croise.

Le lecteur sait et devine très rapidement qu'Andreas Schaltzmann vit dans son propre monde intérieur, un univers psychologique dans lequel il est traqué, mort de peur, et qui fait de lui l'un des tueurs en série les plus craints du "commun des mortels". Finalement arrêté, sa folie est étudiée par une cellule psychologique, composée d'un cogniticien, d'une psychologue et de notre protagoniste, Darquandier (alias Dark), concepteur d'une neuromatrice ultra-performante capable de simuler un cerveau humain afin de le comprendre et de prévoir ses réactions.

Passée la courte introduction du tueur en série paranoïaque, c'est donc l'histoire de Dark que nous relate ce roman de Maurice G. Dantec. Écrit en 1995, ce livre est réellement futuriste dans les technologies de pointe qu'il utilise, ne manquant certainement pas d'imagination alors que le monde n'en était qu'à l'aube de l'Internet. D'ailleurs en ce qui me concerne, cette superbe neuromatrice (qui m'a souvent fait penser au Jarvis d'Iron Man en passant), est le personnage central de cette histoire. C'est de la science-fiction bien entendu, mais je trouve qu'il serait beaucoup plus représentatif de parler de ce roman comme d'un polar scientifique, qui aborde des sujets aussi vastes et variés que la psychologie, la sociologie, l'intelligence artificielle, la philosophie, l'ésotérisme, et j'en passe...

Malgré quelques passages trop longs à mon goût (trop de blabla scientifique pour moi), j'ai adoré ce roman, que j'ai lu avec avidité jusqu'à un épilogue à la hauteur de mes espérances (j'avais un peu peur d'être déçue par une fin trop facile) et je le recommande chaudement !

PS : faut quand même parfois avoir le cœur bien accroché, je vous préviens...



La manie du secret n'épargne personne, dès lors qu'on fait partie d'un système dont la principale source d'énergie réside dans le jeu ô combien excitant du pouvoir.

Il faut bien comprendre que les "véritables scientifiques" sont avant tout des êtres doués d'imagination. C'est-à-dire capables de faire "rupture" avec l'ordre informationnel qui les entoure. Il faut de l'imagination pour entrevoir les structures cachées qui sous-tendent l'univers, au-delà de ce que nous donnent à voir nos sens et nos instruments.

L'amour ressemble à s'y méprendre au mécanisme des bombes atomiques, deux morceaux de matière fissile rassemblés brusquement pour atteindre la masse critique.
Réaction en chaîne.

Haute énergie.


lundi 29 décembre 2014

48 - L'Adversaire

Auteur : Emmanuel Carrère
Éditeur : Folio
Publié en : 2002

Fait divers (source Wikipedia) : Jean-Claude Romand, né le 11 février 1954 à Lons-le-Saunier, est connu pour avoir menti à ses proches pendant 18 ans sur sa vie réelle en s'inventant une profession de médecin et de chercheur et pour avoir assassiné sa femme, ses enfants et ses parents en janvier 1993, car ils étaient sur le point de découvrir la vérité.

Avouez qu'il y a là de quoi intriguer. Moi en tous cas, cette histoire vraie m'a intriguée, et on peut dire que ce drame a obnubilé Emmanuel Carrère pendant quelques temps. Dans L'Adversaire, l'auteur ne fait pas que nous raconter sa vision de cette tragédie, ce qu'il pense en être la raison. Il nous raconte comment, intrigué par cet homme qui a commis l'irréparable, il l'a contacté en prison afin de retracer sa vie, son parcours, et de comprendre comment une chose aussi impensable a pu se produire. Car il n'y a pas seulement le meurtre de sa famille, il y a également 18 ans de mensonges, d'une vie qui n'est et ne sera jamais la sienne, et que personne dans son entourage, pas même sa femme, ni son meilleur ami, n'ont pu soupçonner la supercherie.

Ce fait divers m'a intriguée, oui, et c'est bien ce qui m'a amenée à lire L'Adversaire jusqu'au bout. Car j'ai trouvé que ce n'était pas simple de lire Emmanuel Carrère. Le style est pompeux, lourd, assez indigeste, rendant la lecture pénible par moments. Heureusement que le livre est court, car je suis bien contente d'en être venue à bout.

Au final, le voile ne sera jamais complètement levé sur Jean-Claude Romand. Personne ne pourra jamais savoir qui il était réellement, pour la simple et bonne raison que, convaincu de ses mensonges, il ne le sait pas lui-même... Mais L'Adversaire apporte tout de même un éclairage intéressant, qui répond à pas mal de questions et assouvit sans problème ma curiosité.


Un ami, un véritable ami, c'est aussi un témoin, quelqu'un dont le regard permet d'évaluer mieux sa propre vie, et chacun depuis vingt ans avait sans faillir, sans grands mots, tenu ce rôle pour l'autre.

Les gens ne savent pas ce que c'est, la folie. C'est terrible. C'est ce qu'il y a de plus terrible au monde.

  

lundi 26 mai 2014

25 - La Trilogie de la Lune T1 - La Lune seule le sait

Auteur : Johan Heliot
Éditeur : Folio
Publié en : 2007

C'est dans le cadre de la dernière session du Club Sormand que je me lance dans cette lecture d'un genre que je connais peu, le steampunk (définition ci-dessous). J'avoue que je partais avec un peu de réticence et pas mal d'a priori sur ce livre, allez savoir pourquoi... Alors qu'en est-il réellement de ce roman de Johan Heliot, La Lune seule le sait ?

Pour aussi bizarre que cela puisse paraître, le personnage principal de ce roman n'est autre que... Jules Verne. Oui, le Jules Verne que nous connaissons, auteur visionnaire de chefs-d’œuvre tels que De la Terre à la Lune. De retour de son exil volontaire aux Caraïbes, Jules Verne se voit confier une mission cruciale pour les opposants à l'Empire : aller sur la Lune afin d'y retrouver Louise Michel (oui, oui, celle de la Commune). Car il faut savoir que dans un contexte historique somme toute très réaliste, Johan Heliot a intégré quelques "petites" touches personnelles, comme par exemple l'arrivée sur Terre des Ishkiss, un peuple extra-humain en voie d'extinction qui a offert à l'Empire ses technologies spatiales en échange du savoir technique qui leur permet de survivre, créant une alliance qui, au premier abord, n'est que bénéfices pour les deux parties, mais qui s'avère être bien plus que ça...

Vous comprenez maintenant mieux pourquoi j'ai ouvert cet ouvrage du bout des doigts... Mais si vous voulez tout savoir, le bilan n'est pas totalement négatif, et c'est une lecture que je ne regrette pas. L'histoire est très bien écrite, un roman d'aventures comme on les aimes avec un Jules Verne qui ressemble tout à fait à l'image qu'on peut en avoir. J'ai bien aimé les tenants et les aboutissants de cette alliance Empire/Ishkiss, mais pour moi ce n'est pas le principal attrait de ce roman. Ce qui en fait tout son intérêt, c'est ce monde remodelé par Johan Heliot, avec ces descriptions on ne peut plus originales des extra-humains, leur nature, leur pensée, leur politique, leurs technologies. Toute cette fiction futuriste s'intègre parfaitement au Second Empire que l'on connait. Mais une fois passé l'attrait de la nouveauté, ça devient long, et j'ai bien peiné à terminer ce roman.

Mais bon, je vous le conseille quand même, La Lune seule le sait est un roman qui ne peut que faire du bien à votre imagination !


On croit coucher de simples mots faits d’encre et de passion sur le papier, puis l’on s’aperçoit un jour que c’est de chair et de sang qu’il s’agit… 


Extrait de Wikipédia :
L'expression steampunk, qui signifie littéralement punk à vapeur, parfois traduite par futur à vapeur, est un terme inventé pour qualifier un genre de littérature né à la fin du XXe siècle, dont l'action se déroule dans l'atmosphère de la société industrielle du XIXe siècle. Le terme fait référence à l'utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l'époque victorienne. Aujourd'hui le steampunk est considéré comme un esthétisme pouvant intéresser à la fois des œuvres littéraire fantastique, de fantasy, d'anticipation et certains sous-genres de la science-fiction.


mercredi 4 décembre 2013

60 - Le manoir des immortelles

Auteur : Thierry Jonquet
Éditeur : Folio (collection Folio policier)
Publié en : 2009


Dernier livre de l'année sélectionné pour le club de lecture CaroLire, Le manoir des immortelles est un court roman policier dont l'intrigue se situe dans les rues bien connues de notre capitale. Après la découverte de plusieurs cadavres d'hommes décapités à la faux, le commissaire Salarnier va remonter la piste de ce tueur mystérieux qui se prend pour la Mort...

Le manoir des immortelles est mon premier livre de Thierry Jonquet, et je n'ai pas été vraiment enthousiasmée par sa lecture. J'admets que l'intrigue et le mobile sont originaux, les personnages sont crédibles, il n'y a pas de temps mort (ha ha pour le jeu de mots... '-_-). Mais je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire centrée sur la Mort. Tout était trop évident, et sans suspense... ben j'ai honte d'avouer que je me suis ennuyée à lire ce livre, ce qui est quand même embêtant car il fait moins de 200 pages. 

Peut-être n'est-ce pas là l'ouvrage le plus représentatif du talent de Thierry Jonquet, et je me laisserai tout de même tenter par d'autres comme Mygale par exemple, dont on m'a déjà vanté les mérites il y a quelques temps !


"La Mort se penchait sur lui; une Mort peu académique, incarnée par une jeune femme ailée, dont la douceur des traits était soulignée par une chevelure d'un noir de jais. Elle était vêtue d'une robe vert sombre. La Mort était belle."

"La Mort, symbolisée par le squelette, ou le cadavre momifié, entraîne les vivants dans une sarabande légère qui dégénère bientôt dans les voies les plus diverses..."

  

mercredi 20 novembre 2013

56 - Le cœur cousu

Auteur : Carole Martinez
Éditeur : Folio
Publié en : 2007

Une enfant qui nait avec des plumes, une jeune fille qui coud un cœur à une statue vide de la Vierge, une mariée dont la robe telle une fleur se fane le jour de son mariage, un œuf de poule à la couleur particulière donnant naissance à un poussin rouge écarlate, une femme qui recoud un homme à son ombre... On pourrait croire que cet ouvrage est un recueil de nouvelles étranges et fantastiques. Mais il s'agit bien d'un roman, d'un conte magique dont les mots se posent délicatement dans notre esprit pour nous engloutir dans une sorte de torpeur merveilleuse.

J'ai retrouvé dans Le cœur cousu la plume si pleine de poésie de Carole Martinez, que j'avais découverte dans l'excellent Du domaine des murmures. A travers ces courts chapitres semblables à des contes fantastiques, Soledad nous relate l'histoire de sa mère, de sa lignée dont les mères et filles se transmettent un héritage bien étrange. Encore une fois dans ce roman de Carole Martinez, la femme est à l'honneur, représentée comme un personnage fort, qui porte la vie et le monde à bouts de bras. La douleur de l'Andalousie mais également son folklore et ses traditions sont présentes tout au long de l'ouvrage, donnant encore plus de profondeur à l'histoire, mystique, étrange et envoûtante.

Le cœur cousu a eu énormément de succès auprès des lecteurs et obtenu de nombreux prix littéraires, ce qui n'a rien d'étonnant pour un ouvrage d'une telle poésie, d'une telle beauté. Et j'ai finalement été ensorcelée à mon tour... Il semble que l'écriture est à Carole Martinez ce que la couture est à son personnage principal, Frasquita, un don magique et merveilleux, qu'on ne se lasse pas de contempler.


"Mon nom est Soledad.
Je suis née, dans ce pays où les corps sèchent, avec des bras morts incapables d'enlacer et de grandes mains inutiles.
Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, qu'il m'est passé dans le sang."


"On voit ses enfants grandir, mais on ne les voit jamais vieillir. C'est ainsi."

"Manuel resta un long moment interdit, contemplant l’antichambre de la géhenne, ce cauchemar d’ombre et de pierre où séjournaient les misérables condamnés en attendant que s’ouvrît pour eux la grande porte des morts. Pour s’arracher aux pensées morbides qu’inspirait ce spectacle dantesque, il lui fallut se concentrer sur sa respiration et sentir son cœur battre dans sa poitrine, il dut se convaincre qu’il était toujours vivant, alors seulement il parvint à dominer l’angoisse qui le prenait à la gorge."
  

vendredi 27 juillet 2012

31 - La douce empoisonneuse

Auteur : Arto Paasilinna
Éditeur : Folio
Écrit en : 1988

" Une avenante petite vieille dans un paisible décor champêtre, quel aimable tableau."

L'histoire se déroule en Finlande. Une vieille femme, Linnea, vit dans une petite métairie proche d'Helsinski et touche tous les mois sa pension de retraite. Veuve d'un colonel, elle coule des jours en apparence paisible, entre l'entretien de sa propriété, les travaux quotidiens et son chat. Mais toutes les fins de mois, un grand moment de terreur vient frapper la pauvre Linnea. Son neveu, Kake, vient lui extorquer une bonne partie de sa pension ! Accompagné de deux de ses amis, ils mettent la métairie sens dessus dessous, buvant tout l'alcool qu'ils peuvent trouver, criant à tue-tête, saccageant les alentours et la demeure, le tout sous les yeux impuissants de la pauvre vieille dame...

Un beau jour, Linnea décide de réagir, et, après avoir été contrainte de signer un testament en faveur de Kake, la vieille dame appelle la police. Les voyous s'enfuient à leur arrivée, et Linnea quitte définitivement sa propriété pour se réfugier chez un vieil ami docteur habitant à Helsinki. Consciente que son malfrat de neveu veut sa mort, elle décide de prendre son destin en main et commence à se concocter un poison des plus mortels, afin de mettre elle-même fin à ses jours, au cas où... Mais l'étude de ces substances nocives va se révéler bien plus intéressante que prévu, et Linnea va peu à peu prendre goût à une vengeance un peu particulière...

Bon, a priori le sujet n'est pas très gai, mais dès la première phrase le ton est donné. On a tout de suite l'impression d'entrer dans un conte moderne, et l'auteur nous offre une histoire drôle, avec un humour noir, un comique de situation permanent et des propos totalement immoraux, entrecoupés de scènes rocambolesques. J'ai trouvé ce roman vraiment rafraîchissant, j'ai ri et j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les péripéties de Linnea. L'écriture est agréable, et on suit avec beaucoup de fluidité les aventures de la petite vieille. Une belle lecture d'été !

vendredi 25 mai 2012

23 - Un brillant avenir

Auteur : Catherine Cusset
Éditeur : Folio
Écrit en : 2008

Bon... Après J'ai embrassé un zombie (et j'ai adoré), que je n'ai pas adoré du tout, j'avoue que j'ai envie de "vraie littérature", et quoi de mieux qu'un Goncourt des Lycéens pour ça ? En tous cas, les quelques titres ayant reçu cette distinction que j'ai lus m'ont beaucoup plu. Je me lance donc dans la lecture d'Un brillant avenir, primé en 2008. J'avoue que je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, la 4e ne m'aurait jamais incitée à lire ce livre sans le Goncourt des Lycéens.

Helen et Jacob sont un couple d'un certain âge installés aux États-Unis après avoir émigré de Roumanie. Ils ont très bien réussi professionnellement à s'intégrer, et ont un fils, Alexandru, un jeune homme brillant, diplômé d'Harvard et marié à une française, Marie. Le bonheur leur sourit. Mais le début de ce roman nous amène à un moment pas si heureux que ça. On y découvre une Helen qui n'en peut plus de prendre soin d'un Jacob malade, et qui, malgré l'amour qu'elle lui porte toujours, décide de ne plus partager son lit. Au milieu de la nuit, Helen découvre Jacob sans connaissance dans sa chambre glacée, avec un sachet plastique sur la tête... Il a essayé de se suicider. C'est le point de départ de cette histoire, mais également le point d'arrivée car les chapitres suivants sont composés de flashbacks plus ou moins récents dans le passé d'Helen.

On y découvre son enfance en Roumanie, sa réussite scolaire, sa rencontre avec Jacob et les conditions dans lesquelles ils ont dû fuir Bucarest pour se réfugier en Israël, en Italie et finalement aux États-Unis. Mais on vit parallèlement à sa jeunesse une période plus tardive, celle de sa rencontre avec celle qui deviendra sa belle-fille, Marie, qu'elle ne voit pas du tout comme la femme idéale dont elle avait rêvé pour son fils.

Des bribes de l'histoire d'Helen donc, qui nous permettent de rapprocher et de superposer son propre vécu à celui de Marie. C'est un portrait complet de ces deux femmes que nous brosse ici Catherine Cusset, deux femmes si différentes et qui ont malgré tout un point commun : leur amour pour Alexandru. A travers leur vécu, on assiste à un choc des cultures, à une véritable incompréhension de l'autre. Helen et Marie vont être confrontées tout au long du roman à ces différences, mais finiront petit à petit à se comprendre et à se respecter. En toile de fond, l'auteur nous parle de la Roumanie communiste, de l'antisémitisme, de l'immigration... Autant de sujets qui peuvent paraître lourds et indigestes, mais qui donnent une vraie profondeur à cette histoire et permettent au lecteur de comprendre qui est Helen.

Je voulais de la vraie littérature, je suis servie avec l'histoire de cette jeune fille brillante, si attachante, contrainte de quitter son pays et sa dictature, ses parents et leurs principes, et de suivre celui qu'elle aime dans un pays totalement inconnu dans le seul but d'être libre... Un ouvrage loin de ce que j'ai l'habitude de lire, mais tellement bien écrit !

samedi 7 janvier 2012

01 - Au bonheur des ogres

Auteur : Daniel Pennac
Éditeur : Folio
Année : 1985

Quoi de mieux pour commencer une nouvelle année qu'une bonne histoire de Daniel Pennac ? C'est avec la mémoire pleine des bons moments passés avec La Fée carabine que je me lance donc dans la lecture de Au bonheur des ogres. Oui, je sais, dans la logique des choses j'aurais dû le lire avant, mais ça ne m'a pas du tout gênée dans la compréhension de l'histoire.

Au bonheur des ogres, le titre déjà est plein de promesses, que l'auteur tiendra jusqu'au point final de l'histoire. Car Daniel Pennac a du génie, il parvient toujours à l'aide de personnages hauts en couleurs, de répliques fantaisistes et édulcorées, à faire passer comme une lettre à la poste un sujet qui, traité autrement, aurait pu être réellement tragique. La gravité des crimes commis par ces "ogres" est indiscutable. Mais l'histoire, vécue à travers le regard de Benjamin Malaussène, Bouc Émissaire de métier, prend une toute autre tournure. 

Je le répète une nouvelle fois (puisque j'avais déjà mentionné ceci dans ma critique de La Fée carabine), nous vivons tout au long du livre une série d’évènements qui n'ont ni queue ni tête, en passant du coq à l'âne et en essayant désespérément de trouver un sens à tout ça. Et quand enfin vient l'heure où Daniel Pennac nous emboîte les pièces du puzzle, son génie nous explose à la figure.

En un mot, génialissime.
  

vendredi 19 août 2011

33 - La fée carabine

Auteur : Daniel Pennac
Éditeur : Folio
Année : 1987 

Un jour, ma tante (qui lit beaucoup de livres très intéressants), m'a prêté cet ouvrage dont je n'avais jamais entendu parler, avec ces simples mots : "celui là, je ne te dis rien, lis-le et tu verras par toi-même". Alors je l'ai lu sans savoir à quoi m'attendre, et j'ai rapidement écarquillé mes yeux d'étonnement et de plaisir.

Dès les premières pages l'auteur nous plonge directement dans une intrigue bordélique et complexe, avec de nombreux personnages qui au premier abord n'ont pas grand chose en commun, dans un Paris dépravé et dangereux. Mais entre meurtres, vols, affaires de drogue et autres, on est brillamment trimbalés de personnages en personnages, tous aussi attachants, intrigants et bizarres les uns que les autres, et, au fur et à mesure de l'histoire, tout se précise, chaque petit événement s'imbrique parfaitement dans un grand tout génialissime qui mène à un final explosif.

On a de l'action, de l'humour, de l'amour, du suspense, une intrigue prenante et captivante... le tout dans une ville que je reconnais car je la côtoie quotidiennement (même si je fréquente peu le quartier de Belleville), et le fait d'être dans un cadre "connu" a encore plus augmenté mon plaisir de lecture. Un excellent moment de lecture donc que cette Fée carabine. Je le recommande !

lundi 25 juillet 2011

30 - L'Enchanteur

Auteur : René Barjavel
Éditeur : Folio
Année : 1984 

Loin des vampires et autres monstres, me voici plongée dès les premières lignes de ce roman dans le merveilleux, le fantastique et la magie de la vie de Merlin. La légende arthurienne a toujours été l'une de mes préférées et j'ai eu la chance, grâce à René Barjavel, de la revivre à travers les yeux de cet illustre Enchanteur. En fait, c'est un personnage que je connaissais peu et mal (et je ne prétends pas le connaître mieux maintenant) mais au fil des pages cette "histoire" que je n'avais jusqu'à présent découverte qu'à travers le roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde m'est apparue de manière tout à fait différente et originale.

La lecture est fluide et addictive, la magie et le merveilleux ont un rôle permanent tout au long de l'ouvrage, et on se surprend à découvrir ou redécouvrir ces événements de la légende arthurienne avec des yeux d'enfants pleins d'étoiles. J'ai également ressenti une sorte de plénitude à la lecture de ce roman, comme si à chaque fois que je me plongeais dans ces pages, je m'immergeais dans un rêve merveilleux et paisible. C'est très reposant, et ça fait du bien, après les tumultueuses aventures de ma tueuse de vampires préférée !

Je n'ai qu'une envie à présent, découvrir d'autres œuvres de cet auteur que je ne connaissais que de nom, mais que j'ai été particulièrement "enchantée" de découvrir !