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lundi 19 janvier 2015

01 - Le cycle de Ki et Vandien T2 - Les Ventchanteuses

Auteur : Megan Lindholm (alias Robin Hobb)
Éditeur : Mnémos
Publié en : 2007

Quoi de mieux pour bien commencer l'année qu'une belle histoire de Robin Hobb ? Ce 2e tome du Cycle de Ki et Vandien me paraissait tout indiqué pour cette première lecture de 2015...

C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé les deux protagonistes de cette saga, cette fois séparément puisqu'ils sont ici plongés chacun dans une aventure contre les Ventchanteuses, des sorcières maitrisant les vents (pour faire simple). Ki s'est retrouvée à transporter la tête d'un magicien à la recherche des autres morceaux de son corps (oui il est encore vivant) au cœur d'un palais plein de Ventchanteuses. Vandien, quant à lui, doit affronter l'une de ces sorcières dans la quête d'un coffre légendaire qui se trouverait dans un vieux temple englouti.

Deux aventures bien différentes donc, mais qui se rejoignent rapidement, et un "tout" très loin de l'histoire du tome 1, Le vol des harpies. J'ai été un peu déstabilisée au début par ce tournant dans l'histoire de Ki et Vandien, mais la magie présente dans ce tome, l'originalité de ce que nous raconte Robin Hobb, mêlées à son incomparable style dont je ne me lasse pas, ont fini par m'apprivoiser et je me suis très facilement et très agréablement laissée bercer par cette nouvelle aventure de Ki et Vandien.


Je me demande si elle aura la force d’aller jusqu’au bout de sa tâche. Elle pense en avoir la volonté. Mais l’espace est vaste entre le rêve et la réalité.

Quelle sottise ! Nous n’allons pas la tuer. Nous allons seulement... « suspendre » sa vie. 

  

mercredi 10 décembre 2014

46 - Le cycle de Ki et Vandien T1 - Le Vol des Harpies


Auteur : Megan Lindholm (alias Robin Hobb)
Éditeur : Mnémos
Publié en : 2004

Robin Hobb est l'une de mes auteurs favorites depuis des années, et j'ai bien l'intention de lire toute son œuvre. Je ne m'étais encore jamais lancée dans Le cycle de Ki et Vandien, et ça fait déjà un moment qu'il est dans ma liste de livres à lire. Voilà enfin chose faite, avec ce premier tome, Le Vol des Harpies.

Ki vit seule sur les chemins qu'elle parcourt avec sa roulotte et ses deux fidèles chevaux. Son mari et ses deux enfants ont été dévorés par des harpies. Le cœur plein de haine, sa vengeance l'a poussée à massacrer à son tour une famille de harpies, une femelle et ses œufs, le mâle en ayant réchappé avec des blessures très graves. Après avoir traversé de rudes épreuves, Ki reprend sa route, tout en sachant que le mâle harpie viendra à son tour se venger un jour ou l'autre... Ayant accepté de passer des pierres précieuses de l'autre côté de la montagne pour un marchand, Ki rencontre Vandien, qui la rejoindra dans ses aventures contre les dangers qui la guettent, mais également contre la colère, la tristesse, le désespoir et la solitude qui l'habitent...

Ce que j'aime tout particulièrement chez Robin Hobb, c'est sa capacité à créer un univers totalement original, dans lequel le fantastique prend forme le plus naturellement du monde, que ce soit dans la nature, la faune et la flore, que dans les peuples créés et leurs us et coutume. Le cadre de cette histoire ne déroge pas à la règle, et j'ai très rapidement été envoûtée par ce décor autant que par l'histoire en elle-même. Ki a vécu de terribles épreuves, et on ne peut que s'attacher à ce petit bout de femme, brisée mais forte, volontaire, et qui se donne les moyens d'arriver au bout des objectifs qu'elle s'est fixés. Quant à Vandien, d'abord personnage énigmatique, c'est vers la fin qu'il se dévoile et qu'on découvre que, lui aussi, a subi des épreuves sans nom du simple fait de sa culture et des us et coutumes de son peuple. L'alchimie prend très vite entre eux, et même si leurs vécus respectifs leur interdit l'amour, on sent bien que le lien qui se forme est bien plus que ça, et j'ai hâte de voir où toute cette histoire va nous mener dans les 3 tomes suivants.

Une nouvelle découverte de l'univers de Robin Hobb, et une nouvelle très belle lecture.


Le froid n’était, après tout, que du froid. Il pouvait tuer, mais c’était tout. Et il y avait des fois où mourir ou vivre ne semblaient pas si différents.

mercredi 28 août 2013

41 - Panopticon

Auteur : Nicolas Bouchard
Éditeur : Mnémos
Publié en : 2013

Un jeune homme capable de faire apparaître de monstrueuses créatures mythologiques, un autre capable de discerner la vérité profonde lorsqu'il a les yeux fermés... Une jeune fille masochiste capable de littéralement faire mourir de peur les personnes qu'elle croise, une autre capable de répondre à toutes les questions possibles et imaginables... Un jeune homme encore, se prenant pour le roi, capable de faire exécuter toutes ses volontés d'une seule parole... Dans un XIXe siècle ordinaire, qui sont ces êtres apparemment doués d'aptitudes si extraordinaires, d'où viennent-ils et qui est derrière cet énorme complot visant à créer le chaos en Europe ? Jeremy Bentham, un vieux philosophe retiré du monde, reconnu à travers les pays pour sa sagesse et son savoir, se voit confier la mission de lever le voile sur ces mystérieux événements.

Panopticon. Voilà un livre étrange, aux frontière du scientifique, de la philosophie et du fantastique. Une histoire d'intrigues, de complots, qui sait entretenir l'intérêt du lecteur par un mystère de plus en plus fort. Et pourtant, à la lecture des premières pages, je me suis vraiment demandée dans quelle histoire bizarre, sans queue ni tête, j'avais bien pu encore me plonger. Mais lorsqu'on parvient à enfin entrer dans l'histoire, cette étrangeté nous tient en haleine jusqu'au bout. Le rythme de l'ouvrage est volontairement ralenti, nous laissant, tout comme au vieux philosophe qui nous guide à travers ces mystères, le temps de réfléchir et d'appréhender ce qui se passe dans son ensemble. Et pourtant, à aucun moment je n'ai trouvé l'action trop lente ou inintéressante. Les vies de chacun de ces jeunes gens aux aptitudes particulières nous sont relatées tels des contes plus ou moins merveilleux, et Jeremy Bentham est un personnage intelligent qui parvient à la simple force de son esprit à relier ces histoires et à leur donner un sens.

Un roman que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir, et qui a très bien réussi à piquer ma curiosité.


"L'âme des êtres humains n'est-elle pas le reflet de ce que les sages du monde ont consigné dans leurs ouvrages ?" 

"Simplement, il me semble préférable qu'un homme vive plutôt qu'il meure. Peut-être parce qu'en périssant, il perd l'occasion de faire le bien." 

"L'espoir est la seule chose qui puisse sauver les hommes du désespoir."
  

mardi 22 janvier 2013

04 - L'Agent des Ombres T1 - L'Ange du Chaos

Auteur : Michel Robert
Éditeur : Mnémos
Publié en : 2004

Cela fait déjà un moment que j'entends parler de Michel Robert, et je m'étais jurée de lire quelques uns de ses livres un jour. C'est donc avec grand plaisir que j'ai relevé le défi-anniversaire de Boutentrain, avec ce premier tome de L'Agent des Ombres, intitulé L'Ange du Chaos.

Dès les premières pages, ce monde sombre et cruel créé par Michel Robert m'a plu. Et le fait que le héros appartiennent au Chaos m'a encore plus séduite. Pour une fois on laisse de côté les gentils héros qui se découvrent de grands pouvoirs et se flagellent pendant 300 pages parce qu'ils ont dû tuer un méchant qui en voulait à leur vie. Non, ici, dans L'Ange du Chaos, c'est bien différent. La violence, le sang, la drogue, le sexe, la manipulation, la trahison, les intrigues... Tous les vices semblent présents, acceptés et savourés de tous. Et tous les moyens sont bons pour que Cellendhyll de Cortavar, un agent des Ombres, parvienne à assouvir sa vengeance. Mais cela n'empêche pas notre redoutable héros de montrer de la bonté, de la générosité, voire de la pitié envers les innocents qu'il croise en chemin... Cette histoire sombre et sans concession laisse cependant la part belle au merveilleux et à la magie, et Cellendhyll, dans sa quête de vengeance, va peu à peu redécouvrir l'amitié et la confiance au fil de ses rencontres, sans jamais perdre de vue son objectif.

Ce monde complexe regroupant plusieurs factions (la Lumière, les Ténèbres et le Chaos) qui se font la guerre m'a tout de suite fait penser à mon jeu préféré du moment, Heroes of Might & Magic, même si l'histoire n'a rien à voir. Je me suis sentie en terrain connu, et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai suivi les dangereuses péripéties de ce héros tourmenté, plein de rancœur et de colère envers ceux qui l'ont trahi. Le récit est très vivant, rythmé, l'histoire haletante et pleine d'action... Quant au héros, le mystère qui l'entoure suffit à lui donner une aura digne d'un Ange du Chaos. Certes l'originalité n'est pas toujours de mise et les rebondissements sont souvent attendus, mais ça n'enlève en rien le plaisir de la découverte de ce premier tome de L'Agent des Ombres.

Merci à Boutentrain pour ce défi, je note de lire la suite très bientôt, et je le recommande à mon tour à tous les amateurs du genre !


 
"Il ne portait aucun vêtement à l'exception d'un pagne taillé dans de la peau humaine, et exhibait en guise d'ornement un épais collier composé de doigts tranchés qu'il arrachait de temps à autre et mâchonnait lentement telles de douces friandises."

"S'ouvrir à une nouvelle amitié était une sensation étrange pour Cellendhyll. Il avait l'impression de devoir forcer au fond de lui-même une porte poussiéreuse, grinçante et fragile."



 

mercredi 19 décembre 2012

56 - Le Dernier Magicien

Auteur : Megan Lindholm alias Robin Hobb
Éditeur : Mnémos
Écrit en : 1985

Grande fan de Robin Hobb, de son Assassin royal et de ses Aventuriers de la mer, c'est tout naturellement que mon regard s'est porté à la médiathèque sur ce livre dont je n'avais jamais entendu parler, qui a été récompensé du prix Imaginales du meilleur roman en 2004.

Tout d'abord, quel plaisir de retrouver la plume si particulière de Robin Hobb ! Les mots s'écoulent lentement, avec douceur, tout au long des pages, et dès que j'ai ouvert ce roman j'ai été happée par cette magie constante qu'on retrouve dans tous les livres de l'auteure. Mais ici, elle est bien plus présente.

Le Dernier Magicien est une histoire assez atypique. Nous suivons un homme, appelé le Magicien, qui erre chaque jour dans les rues de Seattle. Il est l'un des derniers magiciens, et possède le pouvoir de la Connaissance. Les gens viennent à lui naturellement, lui racontent leurs problèmes, et au bout d'un moment, il sait ce qu'il faut leur dire pour les aider. Et une simple phrase peut changer une vie. Mais cette magie a ses règles, et le Magicien doit les suivre sans jamais les transgresser, sinon il perdra le pouvoir. Accompagné des pigeons de la ville, qu'il doit protéger et nourrir, il est aidé par de mystérieux personnages, comme Cassie, celle qui lui a révélé sa vraie nature, et qui apparait lorsque bon lui semble pour le remettre dans le droit chemin... Le Magicien n'a plus de passé, il n'a plus de nom, il ne se souvient de rien, il vit au jour le jour, comme un clochard, et s'efforce de respecter les règles de sa magie et d'être en paix avec lui-même. Mais une ombre grise et maléfique nommée Mir le poursuit et cherche à l'anéantir, et lui seul a la capacité de la combattre, afin de protéger Seattle. Mais pour cela il doit vaincre ses propres démons et faire face à ce passé oublié...

Ce livre est un rêve qui nous promène dans cette ville de Seattle que Robin Hobb semble connaître jusqu'au moindre recoin. Je me suis demandé à plusieurs reprises où pouvait bien mener cette histoire étrange et si atypique, mais à aucun moment je n'ai voulu arrêter ma lecture, prise dans la magie de l'intrigue. Ce roman est une magnifique découverte. Encore une fois l'auteure m'a conquise, encore une fois elle m'a montré que sa place parmi mes auteurs favoris est amplement méritée.



" Oui, ça fait du bien de pleurer. C'est une réaction qui soulage les tensions de façon remarquable en cas de situation impossible. Mais quand on pleure au lieu d'agir, ça n'a pas plus de sens que de se taper la tête contre les murs. "

" Comment peut-on dire adieu à quelqu'un qui ne vous a jamais entendu dire bonjour ? "

" - C'est la nuit la plus longue de toute mon existence. [...]
Ce à quoi elle répondit : "L'aube est assez sage pour attendre que certaines batailles soient terminées." "

 

vendredi 14 décembre 2012

55 - Dans les veines

Auteur : Morgane Caussarieu
Éditeur : Mnémos
Écrit en : 2012

Loin des trucs végétariens brillant au soleil de Stéphanie Meyer qui se font appeler vampires, il existe encore heureusement des auteurs qui ne dénaturent pas le mythe et redonnent un peu de charisme à ces créatures de la nuit. Morgane Caussarieu en fait partie. Et elle commence fort avec son premier roman, Dans les veines.

Déjà, le premier chapitre nous donne le ton du livre. Dans le métro, une femme aux longs cheveux noirs serre un bébé dans ses bras, une scène plutôt émouvante pour les autres voyageurs... Sauf que le nourrisson sera jeté dans une poubelle un peu plus tard, exsangue et froid... Chapitre après chapitre, nous faisons la connaissance d'un groupe de vampires fraîchement installés à Bordeaux, se nourrissant de la population de la ville. Gabriel, leur chef, a l'apparence d'un enfant de 8 ans, et aime particulièrement la chair tendre des jeunes. Saiko, sa Mère, une Asiatique, lui est totalement soumise. Damian, son Grand Frère, préfère jeûner quelques jours afin de pleinement savourer ses repas. J.-C., à l'apparence punk, se nourrissant de préférence de drogués, se croit l'incarnation parfaite du vampire du XXe siècle... Et puis il y a Lily, une jeune lycéenne mal dans sa peau, qui a trouvé chez Damian une tristesse profonde qui fait écho à la sienne... Mais les cadavres s'accumulent et attirent l'attention de la police, dont fait partie le père de Lily, qui ne va pas tarder à aller fouiner dans toute cette petite communauté...

C'est un roman très accrocheur et envoûtant que nous offre ici Morgane Caussarieu. Le fantastique et la réalité s'entremêlent parfaitement, et l'intrigue générale est très bien menée. Le langage cru, violent, souvent vulgaire convient parfaitement à cet univers underground que l'auteure a ici retranscrit, et à cette histoire dans laquelle tous les tabous sont levés (meurtres d'enfants, torture, viols, inceste...). Les personnages sont très charismatique et profonds, ils ont tous une raison d'être et on s'attache facilement, même aux plus cruels d'entre eux. Mais j'avoue que certaines scènes m'ont vraiment choquée. En voulant aller au bout des choses, peut-être est-elle parfois allée un peu trop loin. Les tortures décrites sont réellement malsaines et j'ai plusieurs fois été dégoûtée par ces mutilations, peut-être parce qu'elles ont atteint en moi cette part sombre tapie à l'intérieur de chacun.

Mais j'ai quand même pris beaucoup de plaisir à lire ce roman addictif, et malgré ces scènes de tortures que je trouve superflues, j'en garde un très bon souvenir et j'attends de voir l'évolution de cette jeune auteure avec impatience.



" Elle enleva les mains de son nez et huma le parfum de la mort à pleines narines. Une fragrance abominable de merde et de pourriture. Au risque de contredire Baudelaire, elle ne trouvait aucune beauté, aucun romantisme à cette charogne infâme. "

" La même avait une peau en pain d'épice et des nattes de paille tressées. Ses genoux potelés, sous sa mignonne robe fuchsia, étaient écorchés et exhalaient un sulfureux mélange de sang et de Bétadine. Les contours de sa moue boudeuse étaient sculptés avec du chocolat fondu et elle sentait le chlore de la piscine. A croquer. "


vendredi 13 avril 2012

15 - Riverdream

Auteur : Georges R.R. Martin
Éditeur : Mnémos
Écrit en : 1983

Cette histoire prend place sur le Mississippi, au cœur du XIXe siècle, à l'âge d'or des bateaux à vapeur et de l'esclavagisme. C'est dans ce contexte que l'auteur nous présente Abner Marsh, ancien capitaine à la tête d'une compagnie de vapeurs qui a récemment fait faillite. Abner a un rêve, posséder le vapeur le plus rapide et le plus grandiose du Mississippi, capable de battre à la course l’Éclipse. Un soir, à Saint-Louis, il fait la rencontre d'un étrange personnage, Joshua York, qui lui propose une association pour construire ce bateau de rêve, à la seule condition de recevoir ses amis à bord sans jamais poser de questions sur leur présence ni sur ce qu'ils font. Et c'est ainsi que commence l'épopée du Rêve de Fevre, un vapeur qui a tout pour réussir à surpasser tous les autres. Mais très vite des rumeurs vont se répandre sur les étranges habitudes nocturnes de Joshua et de ses amis, et le malheur va frapper le navire et son équipage. Abner fera tout pour conserver son rêve et ses principes intacts, malgré les drames dont il sera le témoin et l'acteur tout au long de l'ouvrage.

Encore un livre de vampires me dira-t-on. Très loin du registre connu de Georges R.R. Martin d'ailleurs, très loin du célèbre Trône de fer. Mais son talent ne se limite pas à la fantasy, et l'auteur nous prouve avec ce roman qu'il sait très bien y faire aussi en fantastique. Il nous conte cette histoire au gré des vagues ; parfois on s'embourbe dans les méandres du Mississippi, pour mieux s'exciter de ses remous quelques pages plus tard. Il n'y a aucun temps mort et jamais je ne me suis ennuyée, malgré cette langueur qui rappelle la Nouvelle-Orléans, cette atmosphère étouffante, pesante et moite qui plane sur nous tout au long du livre. On s'attache sans difficulté aux personnages, même les plus secondaires et c'est un réel plaisir de découvrir ce que pouvait être à l'époque la vie sur un vapeur comme le Rêve de Fevre. On en apprend beaucoup sur le pilotage, les chaudières, les tuyaux qu'un pilote de ce nom devait connaître pour mener son bateau à bon port. Sur l'histoire même du Mississippi, des vapeurs et de l'esclavagisme. Chaque traversée, chaque escale est une aventure unique. Et c'est dans ce contexte que l'auteur revisite le mythe du vampire, de manière assez originale selon moi. On a bien entendu notre dose d'hémoglobine, d'action, de crimes crapuleux... Mais l'essence de ce roman n'est pas là.

Alors oui, encore une histoire de vampires, mais aussi une histoire de rêve, de passion, car il s'agit bien de cela. Non seulement le rêve d'Abner Marsh de posséder le vapeur le plus magnifique et le plus rapide du Mississippi, mais également le rêve de Joshua York, de libérer et guider ses semblables vers une autre vie, pleine d'espoir. Un rêve de 330 pages que j'ai découvert et savouré avec un grand plaisir.

vendredi 10 février 2012

05 - Rue Farfadet


Auteur : Raphaël Albert
Éditeur : Mnémos
Année : 2010 

Comme souvent j'ai d'abord été attirée par la magnifique couverture de ce roman. Puis j'ai eu un gros coup de cœur en lisant la 4e. Et en plus celui que j'ai lu, qui m'a été prêté par Ylgana, était dédicacé par l'auteur ! Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que je passe un bon moment aux côtés de Sylvo Sylvain, détective privé.

L'intrigue prend place dans un Panam peuplé de créatures en tout genre, des humains bien sûr, mais on croise également des nains, elfes, trolls, centaures et autres peuples fantastiques, qui cohabitent plus ou moins bien entre eux. La ville en elle-même est très fortement inspirée de notre Paris du XIXe siècle (on s'en serait douté, vu son nom), et on prend un certain plaisir à redécouvrir notre capitale sous un jour nouveau, magique et merveilleux.

Cependant la ville est la cible de divers attentats depuis quelques temps, et c'est bien malgré lui que notre héros, un elfe détective privé du nom de Sylvo Sylvain, va être mêlé à cette histoire de terrorisme magique. Mais Sylvo n'est pas sans ressources (c'est un elfe après tout !) et essaiera tant bien que mal de résoudre ce mystère... Accompagné de son meilleur ami, Pixel, un pillywiggin, et d'un journaliste du Panaméen, le quotidien local, il suivra les indices et et enchaînera les aventures à un bon rythme jusqu'à l'épilogue de cet ouvrage.

J'ai adoré ce livre pour plusieurs raisons... Le style de l'auteur, extrêmement drôle par moments, est vif et rend bien présente l'atmosphère étrange et délirante de Panam. Le décor mis en place est très riche et très bien pensé, le bestiaire  très large permet aux plus néophytes comme moi de découvrir de nouvelles créatures... Je n'avais jamais entendu parler des pillywiggins avant de rencontrer Pixel... Et comme Google est mon ami, et bien maintenant j'en sais beaucoup plus sur ces fées issues du folklore anglais. Le rythme est rapide, aucune pause dans le récit, et les pages se tournent toutes seules avec délectation. Alors oui, l'histoire peut paraître facile et pas exploitée autant qu'elle aurait pu l'être, mais elle brille d'originalité et on sent bien que Raphaël Albert prend ce premier roman comme prétexte à la mise en place de son univers. L'intrigue passe ici au second plan, mais je suis persuadée que dès le 2e tome l'histoire prendra l'importance qu'elle mérite.

Bon, vous l'aurez compris, je suis totalement séduite par le Panam de Raphaël Albert et ses habitants... Le 2e tome, Avant le déluge, a déjà la réputation d'être meilleur que le premier, j'ai hâte de le lire !