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dimanche 12 février 2017

03 - Beignets de tomates vertes

Auteur : Fannie Flag
Éditeur : J'ai Lu

Nous sommes en Alabama, dans les années 80. Evelyn est une femme au foyer de 40 ans qui a totalement perdu confiance en elle, perdu le sens de la vie. Mais elle fait la connaissance dans une maison de retraite de Ninny Threadgoode, une vieille femme avec qui elle va rapidement lier une amitié sincère, et qu'elle viendra visiter tous les dimanches. À chacune de ces rencontres, Ninny va lui faire partager la vie de sa famille et des habitants du petit village de Whistle Stop, dans un Alabama des années 30 en pleine crise. Nous allons donc, aux côtés des deux femmes, faire la connaissance d'Idgie et Ruth, qui gèrent le Whistle Stop Café et servent entre autres les délicieux beignets de tomates vertes, et de toutes les personnes qui vont graviter autour d'elles au fil des années...

On m'avait déjà vanté les mérites de cet ouvrage, et c'est avec beaucoup de curiosité que je me suis lancée dans sa lecture. Fannie Flag a du talent, et dès la première page, on est transporté dans cette Amérique profonde, aux côtés des membres de la famille Threadgoode, d'Idgie en particulier, qu'on ne peut qu'apprécier... On s'attache aux personnages, on vit leurs aventures comme si on faisait partie de la famille, comme si on y était. La magie de la littérature est là, dans ce roman témoin d'une époque révolue, un temps où tout était loin d'être rose, mais où on savait apprécier la valeur de la vie, les petits moments et les peines qui remplissent une existence... Et ça, c'est un message qu'Evelyn avait besoin d'entendre, et qui va l'aider petit à petit à reprendre sa vie en main.

Beignets de tomates vertes est un roman très touchant, qui nous fait voyager, très facile à lire, drôle et triste, dans lequel les personnages et les émotions sont réels, un témoin de l'Histoire... Un ouvrage que je recommande chaudement !

Un grand merci à Ellane, qui encore une fois m'a mis dans les mains un ouvrage qui n'aurait jamais attiré mon attention en librairie, et qui m'a prouvé une fois de plus que sortir de temps en temps des sentiers battus fait drôlement du bien ^_^


vendredi 16 décembre 2016

35 - L'Œuf de dragon

Auteur : Georges R. R. Martin
Éditeur : J'ai Lu

Grâce à Babelio et aux éditions J'ai Lu, j'ai eu la chance de gagner au dernier Masse Critique ce préquelle du Trône de fer, L’Œuf de dragon. Un grand merci !

Je suis une grande fan du Trône de fer, aussi bien de la série télévisée que de la série littéraire (et j'attends le dernier tome avec impatience !!!). Et c'est avec beaucoup d'excitation que je me suis lancée dans la lecture de cette nouvelle mettant en scène un chevalier errant, Dunk, et son écuyer qui n'est autre qu'Aegon Targaryen, alias l'Œuf, alors âgé d'une douzaine d'années. Au hasard des chemins, nos deux protagonistes vont se retrouver au milieu d'un mariage accompagné de joutes de chevaliers, le prix de la victoire n'étant rien d'autre qu'un authentique œuf de dragon. Mais (comme souvent avec les mariages dans Le Trône de fer), les festivités vont tourner au vinaigre et nos deux personnages vont se retrouver au cœur d'un vaste complot politique sur fond de trahison.

Sur le papier, cette nouvelle a tout pour plaire. Je dis bien sur le papier, car personnellement j'ai été déçue. Peut-être attendais-je trop de ce préquelle, mais j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, à m'attacher aux personnages (toujours trop nombreux !). J'ai trouvé ça plutôt lent, il y a beaucoup de parlotte et peu d'action au final. Ça se lit, mais péniblement, et c'est bien dommage...

Je suis tout de même contente de cette lecture, simplement pour ce petit voyage dans cet univers que j'aime tant, et je ne décourage personne de la lire car beaucoup ont adoré. Comme on dit, il en faut pour tous les goûts !

vendredi 18 novembre 2016

33 - La-Belle-est-venue

Auteur : Jacques Sadoul
Éditeur : J'ai Lu

La-Belle-est-venue est ma troisième incursion dans l’œuvre de Jacques Sadoul, après La mort du héros et Le ballet des sorcières, que j'avais beaucoup aimés. Nous sommes ici dans un genre très différent, mêlant questions métaphysiques, Égypte antique et fantastique. Et je me suis régalée.

Julien, la trentaine, chasseur de papillons, un peu sportif et amateur de femmes, est victime d'une crise cardiaque. À l'hôpital, son cœur s'arrête, et pendant quelques minutes, Julien est mort. Son corps en tous cas, car son esprit libéré survole la scène, en note tous les détails, avant de se retrouver dans un long tunnel puis face à un être de lumière débordant d'amour. Mais son heure n'est pas venue, et Julien doit réintégrer son corps, conscient d'avoir vécu quelque chose de très particulier, que dans le jargon on appelle NDE, Near Death Experience. À son réveil, son médecin l'oriente vers un psychiatre qui mène des recherches sur ce sujet, et qui lui propose, grâce à des séances d'hypnose et de relaxation, de revivre cette expérience. Mais au lieu de retrouver l'être de lumière, ce sont ses vies antérieures que Julien découvre à chaque séance, notamment celle de Gaëtan Duvernois, sa précédente incarnation, et celle de Méritré, une jeune Égyptienne ayant vécu au temps de Néfertiti, dont elle était une très proche amie...

J'ai tout simplement adoré cette histoire qui mêle habilement les récits de Julien et de Méritré, à la découverte des secrets de l'Égypte Antique et de la belle Néfertiti, dont on sait si peu de choses. Le récit est à deux voix, le style également, puisqu'on passe aisément d'un style moderne, rythmé, drôle lorsqu'on suit Julien à un style beaucoup plus littéraire, posé et poétique lorsqu'on en vient à Méritré. Comme dans Le ballet des sorcières, j'ai été ravie de découvrir un roman extrêmement bien documenté, et encore plus ici puisque l'Égypte Antique m'a passionnée pendant bien longtemps (depuis ma découverte du Dieu Fleuve, de Wilbur Smith, loin d'être une référence historique mais que j'ai lu et relu de nombreuses fois avec avidité). Mais on est loin du roman historique classique, et l'originalité de l'intrigue passe par le fait que l'histoire se construit autour de ces expériences sous hypnose avant de prendre vie dans notre réalité. L'auteur nous fait part de ses croyances, qu'on partage ou non, sur la dissociation de l'âme et du corps, et la réincarnation. Mais moi j'ai juste envie d'y croire. Ça m'amuse vraiment de partir du principe que tout ça est vrai, que le karma existe, que l'âme qui m'habite a vécu mille autres vies passionnantes, et j'aimerais bien aussi pouvoir "rencontrer" mes "moi" antérieurs ! Mais bon, je divague... 

Tout ce discours pour vous faire comprendre à quel point j'ai été fascinée et absorbée par ce roman, qui est réellement une très belle découverte. Merci à Ellane de me l'avoir mis entre les mains !




mardi 21 juillet 2015

17 - Le trône de fer T1

Auteur : Georges R. R. Martin
Éditeur : J'ai Lu

Il y a 5 ans lorsque la série Game of thrones était annoncée, j'avais commencé la lecture des deux premiers tomes du Trône de fer. J'y avais trouvé une saga fantasy sympa, mais compliquée, avec tous ces personnages, ces grandes familles qui intriguent et complotent pour le si convoité trône. J'avais donc fini par laisser tout ça de côté, et je me suis avidement plongée dans la série télévisée. J'en suis aujourd'hui une fan inconditionnelle, et, les rumeurs prétendant que la série s'éloigne de plus en plus de l'histoire des livres, j'ai eu de nouveau envie de découvrir la version écrite de Game of thrones.

Je viens donc tout juste de terminer une nouvelle fois le tome 1. Bon, le synopsis, je ne pense pas qu'il soit utile de le rappeler, étant donné le succès de la saga, aussi bien des livres que de la série. Contrairement à ma première lecture il y a 5 ans, que j'avais trouvée fastidieuse, j'ai pu cette fois ci savourer pleinement chaque détail de cette histoire, étant déjà bien habituée aux différents protagonistes. Et même si comparer série et livre n'est pas ici mon propos, il se trouve que la 1re saison est un portrait plus que fidèle du 1er tome, ce que j'ai beaucoup apprécié.

Passé ce problème de complexité des personnages, l'histoire se lit toute seule, facilement, sans non plus sa hâter mais à un bon rythme. On perd souvent la notion du temps lorsque l'on se plonge dans ces pages...

D'ailleurs je vais me plonger dans la suite dès maintenant. C'est parti pour le tome 2, Le donjon rouge !


Un négociant de Qarth m’a dit un jour que les dragons venaient de la lune », intervint Doreah la blonde, qui faisait chauffer des serviettes au-dessus du feu. [...]
« De la lune ? » s’émut Daenerys en se retournant vivement, l’œil allumé de curiosité derrière l’averse des mèches argentées.
« À l’en croire, la lune est un œuf, Khaleesi. Il y avait jadis deux lunes au firmament, mais l’une d’elles alla flâner trop près du soleil, la chaleur la fissura, et mille milliers de dragons se ruèrent boire le feu du soleil. De là vient qu’ils crachent des flammes. Un de ces jours, la seconde lune embrassera le soleil à son tour, se fissurera de même, et les dragons reparaîtront. »

lundi 3 novembre 2014

42 - Misery

Auteur : Stephen King
Éditeur : J'ai Lu
Publié en : 1994 (écrit en 1990)

Cela fait bien longtemps que je me dis que ce serait bien de me plonger dans l’œuvre de Stephen King. Mais une liste de livres à lire qui n'en finit pas de déborder a maintes et maintes fois repoussé ce projet. Heureusement, mon club de lecture CaroLire a mis 2 titres de l'auteur en tête de liste pour la fin de l'année, Misery et Docteur Sleep. J'ai commencé par Misery, certainement par souci chronologique...

Annie Wilkes est une ancienne infirmière au passé trouble et sanglant, complètement maniaco-dépressive, et fan de la série de romans Misery Chastain. L'auteur de ces romans, Paul Sheldon, est victime d'un grave accident de la route, et se réveille douloureusement, les jambes en miettes, dans une chambre de la maison d'Annie, qui l'a bien sûr reconnu, soigné et drogué au Novril...
Mais Annie Wilkes est justement en train de lire le dernier opus des aventures de Misery, et ne sait pas encore que l'auteur, las de ce personnage et de ces histoires populaires qu'il assimile à de l'argent facile et de la mauvaise littérature, a fait mourir la protagoniste de ses romans, espérant ainsi pouvoir enfin se consacrer à des histoires plus sérieuses, qui mettront enfin son génie en lumière...
Reste à savoir à quel point la mort de son héroïne va contrarier Annie...

Je viens juste de terminer Misery, et j'en tremble encore. J'ai pourtant eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire au début, je n'arrivais pas à éprouver ni sympathie ni empathie pour Paul, ni dégoût pour Annie... Et bien je peux vous dire que ça a vite changé ! Annie Wilkes est un personnage fascinant, complexe. Elle est totalement imprévisible et pour moi c'est elle qui tient tout le roman du début à la fin, qui garde notre intérêt intact. Tout comme Paul Sheldon, on craint chacune de ses réactions, et lorsqu'il projette quelque chose, on ne peut s'empêcher d'imaginer ce que l'esprit complètement tordu d'Annie va bien pouvoir inventer pour le punir. Et tout comme Paul Sheldon, on bascule vite dans l'horreur et le malsain. Je pense notamment à la fameuse scène de la hache, ou encore à la bougie du gâteau d'anniversaire (j'en ai encore des frissons brrrrr).

Stephen King n'utilise aucun artifice surnaturel dans Misery, mais le résultat est au rendez-vous, car l'auteur maîtrise à la perfection son récit, nous amenant crescendo jusqu'au grand final tant attendu, aussi horrible et dérangé qu'on aurait pu l'espérer, et tellement jouissif !

J'ajoute qu'en tant que membre de la grande famille Édition, je ne pouvais pas rester insensible au Retour de Misery, qu'Annie l'oblige à écrire afin de ressusciter son idole. Avoir deux romans en un, qui se "parlent" tout au long de l'ouvrage, c'est une cerise sur le gâteau que j'ai pu savourer à sa juste valeur (même si on est bien d'accord que les romans à l'eau-de-rose et complètement tordus comme les aventures de Misery Chastain ne sont pas du tout ma tasse de thé, hein ? xD).

Voilà, je finirais en disant qu'à mon avis, le nom d'Annie Wilkes (brrrr) me fera frissonner encore bien longtemps après avoir refermé ce livre...


Fous un écrivain à poil, fais le tour de ses cicatrices, et il te racontera en détails l'histoire de la plus petite d'entre elles. Les grandes sont à l'origine de tes romans, pas l'amnésie. C'est tout à fait utile d'avoir un peu de talent pour devenir écrivain, mais la seule chose qui soit absolument indispensable, c'est la capacité de se souvenir de la moindre cicatrice.

Tenez, Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, et cet espèce de bouseux du Mississippi, Faulkner, un truc comme ça ; eh bien, ces types ont beau avoir gagné le prix Pulitzer ou le prix Machin, c'étaient rien que des voyous, des biscornouilles d'ivrognes.


vendredi 4 juillet 2014

29 - Neverwhere

Auteur : Neil Gaiman
Éditeur : J'ai Lu
Publié en : 1998

Cela fait bien longtemps que ce roman de Neil Gaiman me fait de l’œil, bien longtemps que je me dis qu'il faut que je le lise, et cinq minutes que je l'ai refermé et que je me mords les doigts d'avoir tant attendu pour me plonger enfin dans Neverwhere.

Nous suivons dans ce roman les aventures de Richard, trentenaire menant une vie paisible à Londres, fiancé, avec un bon boulot... Un jeune homme profondément gentil et sans problèmes. Mais voilà, le jour où son chemin croise celui d'une jeune fille en haillons et blessée implorant son aide, Richard ne peut s'empêcher de l'amener chez lui. Elle s'appelle Porte, sa famille a été massacrée par deux individus qui sont à sa recherche, et ce jour marque la fin de la vie de Richard dans le Londres d'En Haut. Car dans Neverwhere, Neil Gaiman a créé un Londres fantôme en marge de celui que l'on connait : le Londres d'En Bas, inconnu du commun des mortels, et dans lequel mendiants, criminels et monstres font la loi. Un monde dominé par la magie et les ténèbres, un monde où nos cauchemars prennent vie et dans lequel notre existence ne tient qu'à un fil...

Évidemment, Richard ne souhaite qu'une chose, retrouver sa vie. Le seul moyen d'y arriver est d'aider Porte dans sa quête de vérité, et il va rejoindre ainsi la jeune fille et ses compagnons : le marquis de Carabas, un personnage énigmatique, et Chasseur, une impitoyable et mystérieuse garde-du-corps.

J'ai adoré. Tout. La galerie de personnages déjà, tous plus loufoques les uns que les autres... Puis les aventures de Richard dans ce monde inconnu et tellement improbable, donnant lieu à des situations pleines de surprises et des dialogues souvent très comiques... Mais surtout, ce Londres d'En Bas, ville miroir de celle d'En Haut et tellement mystérieuse, magique, sombre et colorée à la fois, pleine de fantaisie, d'humour, de cruauté... Un Londres réinventé et fascinant !

J'ai adoré (je me répète, je sais ^_^), et je sais que Neverwhere est un roman que je prendrai beaucoup de plaisir à redécouvrir encore et encore !


Un moment, en se réveillant, il n'eut aucune idée de qui il pouvait bien être. C'était une sensation de délivrance immense, comme s'il avait toute liberté de devenir ce qu'il voulait : devenir n'importe qui - endosser n'importe quelle identité ; homme ou femme, rat ou oiseau, monstre ou dieu. 

- Excusez-moi, dit-il. Je sais que c'est une question indiscrète. Mais êtes-vous cliniquement fou ?
- La chose est possible, quoique très improbable. Pourquoi ?
- Parce qu'il faut bien que l'un de nous deux le soit. 

- Il en est des villes comme des gens, monsieur Vandemar, énonça précieusement M. Croup. La condition de leurs entrailles est de prime importance.

 

samedi 10 mai 2014

22 - La chambre des curiosités

Auteurs : Douglas Preston & Lincoln Child
Éditeur : J'ai Lu
Publié en : 2005

La 8e session de CaroLire m'a permis de découvrir ce roman de Preston & Child, La chambre des curiosités, qui hante ma bibliothèque depuis l'année dernière.

L'intrigue de ce thriller scientifique démarre à Manhattan, lorsque des ouvriers tombent par hasard sur un charnier vieux de plus de 100 ans alors qu'ils travaillent sur le chantier d'un grand et puissant promoteur. Au Muséum d'histoire naturelle, Nora, chercheuse en archéologie, reçoit la visite d'un mystérieux agent du FBI, Pendergast, qui lui demande son aide dans cette enquête. Les indices vont ainsi se succéder et mener à une résolution de cette affaire sordide du siècle passé, alors qu'une jeune femme est retrouvée morte dans Central Park, le tueur l'ayant disséquée dans le but de prélever sa moelle épinière.

L'intrigue de départ pose rapidement de nombreuses questions au lecteur. Pourquoi un agent du FBI de la Nouvelle-Orléans s'intéresse-t-il autant à cette affaire vieille de plus d'un siècle au cœur de Manhattan ? Dans quelles circonstances sont mortes les 36 victimes du charnier ? Et, surtout, quel est donc le lien entre cette histoire passée et les récents meurtres commis aux alentours du Muséum d'histoire naturelle ? Autant de questions qui trouveront rapidement des réponses tout au long de ce roman, les auteurs entretenant sans peine le suspense et l'intérêt du lecteur. Il faut dire que la résolution de chaque mystère nous ouvre les portes sur un mystère plus grand, le tout jusqu'à la révélation finale, passionnante et terrible.

A la limite du fantastique, ce thriller scientifique se lit vite, un véritable page-turner à l'américaine comme on les aime. J'ai passé un très bon moment de lecture avec La chambre des curiosités, je le recommande sans hésiter.


- Quelle est donc cette expression dont usent les Arabes pour décrire l’ange de la mort ? fît à mi-voix Pendergast, comme pour lui-même. L’exterminateur des plaisirs terrestres. Quelle pensée magnifique !

La vieille femme eut un petit rire méprisant.
- Mon cher petit, tu sais aussi bien que moi qu'il y a mille brutes sanguinaires pour un sage. En offrant à Einstein deux siècles pour parfaire son œuvre scientifique, tu donnes deux siècles à tous les autres pour progresser en barbarie.



vendredi 30 août 2013

42 - La mort du héros

Auteur : Jacques Sadoul
Éditeur : J'ai Lu
Publié en : 1986

La mort du héros est une histoire liée au Cycle de R., mais qui peut se lire indépendamment. C'est d'ailleurs sans aucune connaissance de l’œuvre de Jacques Sadoul que je me suis lancée dans cette lecture.

Nous sommes ici dans un conte fantastique. L'histoire se déroule dans le Monde du Rêve, un endroit imaginé et créé par les cauchemars des adultes et les songes des enfants qui vivent dans la Réalité. Le Monde du Rêve est un endroit certes fort beau et peuplé de créatures légendaires telles les majestueuses licornes, mais il s'agit également d'un lieu on ne peut plus dangereux, surtout à la tombée de la nuit, alors que les créatures nocturnes s'éveillent... C'est dans ce contexte que l'auteur nous offre sa version de la célèbre légende scandinave des Nibelungen. On y retrouve les principaux éléments, à commencer par Sigurd (que nous connaissons mieux sous le nom de Siegfried), le héros, qui réussit à vaincre le dragon Fafnir, à s'emparer du trésor des nains et devient ainsi roi des Nibelungen. Tel Achille, Sigurd, après s'être immergé dans le sang de Fafnir, devient immortel, excepté au milieu du dos, à l'endroit où une feuille était restée collée à sa chair. Nous retrouvons également entre autres Gudrun, que Sigurd délivre de sa captivité et épouse, et Brünhild, la reine des Amazones, qui, par amour, fierté et désespoir, causera la perte du héros.

C'est une version très réussie de cette légende scandinave que nous propose ici Jacques Sadoul. Ce Monde du Rêve est vraiment bien trouvé et très intéressant, ce qui me donne envie de découvrir le Cycle de R. dans lequel il prend place. Outre les divers éléments de l'histoire "originale", on trouve ici des personnages mystérieux, notamment la nymphe Mylène, qui semble tirer toutes les ficelles mais dont on ne connait pas le véritable dessein... La mort du héros se lit très facilement, à la manière d'un conte pour enfants, mais avec suffisamment d'action, de rebondissements et de suspense pour capter l'attention de tous. Une lecture agréable et reposante, à mettre dans les mains de tous les amateurs de mythologie et de fantasy.


"Une femme s'apprivoise ou se mate, comme une jeune pouliche, lui répondit le jeune homme."

"Elle était résolue à ne pas faire preuve de faiblesse et à ne jamais laisser deviner sa tristesse; une reine ne doit pas s'abaisser aux sentiments vulgaires des gens du peuple."

"- Les dieux sont donc mauvais ?
- Ils sont mauvais et, plus ils sont puissants, plus ils sont indiciblement mauvais."

 

jeudi 27 septembre 2012

38 - Shining

Auteur : Stephen King
Éditeur : J'ai Lu
Écrit en : 1977

Cela faisait longtemps que j'avais envie de découvrir le maître de l'épouvante, Stephen King, mais je n'avais jamais eu le courage d'ouvrir l'un de ses romans (peur de faire des cauchemars ?). Gaenaria m'a conseillé et prêté Shining, l'un des plus connus, me voilà donc lancée...

Bon, l'histoire tout le monde la connait, entre le livre et le film... En bref, Danny est un petit garçon de 5 ans qui possède le Don. Il perçoit des brides de passé et d'avenir, comprend les pensées des gens, voit des fantômes... Lorsque son père, Jack, trouve un travail de gardien d'hiver d'un grand hôtel, l'Overlook, toute la petite famille (Jack, Wendy et Danny) emménage pour de longs mois neigeux, isolés et coupés du monde. Mais l'Overlook a été le témoin de nombreux meurtres et crimes horribles depuis sa construction, qui ont transformé peu à peu l'hôtel en une puissance maléfique qui veut s'emparer de Danny.

Malgré quelques lenteurs qui m'ont empêché d'entrer dans l'histoire au début du livre, j'ai bien aimé Shining. Je ne m'attendais pas vraiment à ça, mais je ne sais pas non plus à quoi je m'attendais. Il y a beaucoup de suspense, les personnages ont une profondeur psychologique qui ne cesse de s'étoffer au fil des pages. Par contre je n'ai pas vraiment eu peur. Quelques passages à la fin sont assez flippants, mais je ne suis pas assez entrée dans l'histoire pour me sentir concernée par tout ce qui se passait dans le livre... Je pense qu'avec le film ce sera différent, je ne sais pas si je vais avoir le courage un jour de le regarder !

Une bonne expérience, un peu décevante cependant car à force d'entendre tout le monde encenser Stephen King je m'attendais à quelque chose de vraiment transcendant... Mais j'ai très envie de découvrir d'autres titres qui me donneront peut-être plus de frissons !

 

mercredi 16 mai 2012

20 - Stardust

Auteur : Neil Gaiman
Éditeur : J'ai Lu
Écrit en : 1999

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un livre qui commence par "Il était une fois". Quel régal de se plonger dans l'univers de Neil Gaiman !  Car l'auteur nous offre ici un véritable conte, plein de magie, de péripéties et d'aventures en tous genre, dans un monde  immense et passionnant.

Wall est un paisible village dans lequel vit Dunstan Thorn. Un village qui porte bien son nom, car il  est bordé par un énorme mur, gardé jour et nuit par les habitants du village. Au-delà ce mur, c'est Féérie, une immense contrée peuplée de créatures magiques en tous genre, des fées, des gnomes, des sorcières, des nymphes... un endroit où les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent. Il est absolument interdit de se rendre en Féérie, excepté une fois tous les 9 ans, à l'occasion d'une grande foire permettant aux habitants des deux côtés du mur de faire commerce de leurs rares denrées. A l'occasion de cette foire, Dunstan proposera son toit à un voyageur, qui lui offre en échange l’Élue de son Cœur, à lui, à son premier né, et au premier né de son premier né. Dunstan ne comprend pas du tout ce que ça veut dire (nous non plus d'ailleurs...). Mais à la foire du lendemain, il tombe sous le charme (ou l'enchantement ?) d'une demoiselle de l'autre côté du mur, qu'il rejoindra la nuit pour faire des folies avant de la quitter à tout jamais. Quelques mois plus tard, un bébé sera déposé derrière le mur, à Wall, du nom de Tristran Thorn. Ainsi commence cette histoire...

Tristran grandit dans l'ignorance de ses origines, et tombe follement amoureux d'une belle jeune fille adulée de tout le village : Victoria. Il lui promet monts et merveilles si elle consent à lui donner un baiser, lorsqu'une étoile filante tombe du ciel. Victoria, dédaigneuse et totalement désintéressée par l'amour de Tristran, accepte alors de lui accorder tout ce qu'il souhaite, i compris sa main, s'il lui rapporte cette étoile tout juste tombée de l'autre côté du mur. Celle-ci et aucune autre... C'est ainsi que commence le périple de Tristran, qui va traverser les merveilles de Féérie, rencontrer des personnages plus magiques et étranges les uns que les autres, échapper à la reine des Sorcières, chevaucher une Licorne, kidnapper une pauvre Étoile blessée pour ensuite essayer de la sauver des dangers qui la menacent... Et tout ça pour l’Élue de son Cœur.

Nous avons ici tous les éléments nécessaires à un magnifique conte, que j'imagine tout à fait raconté par un "ancien" au coin du feu le soir... De l'action, de l'amour, de la magie, du suspense... Le tout dans l'univers toujours si passionnant de Neil Gaimann. Stardust est tout simplement une histoire à découvrir et à redécouvrir pour ravir notre âme d'enfant !



vendredi 9 décembre 2011

43 - L'affaire Charles Dexter Ward

Auteur : H.P. Lovecraft
Editeur : J'ai Lu
Année : 1928 

H.P. Lovecraft... Un nom qui revient bien souvent dans mes conversations avec Ylgana. Un auteur que j'avais hâte de découvrir. L'affaire Charles Dexter Ward est donc le premier de ses livres que je lis (et certainement pas le dernier).

Charles Dexter Ward est un jeune homme qui découvre un jour la tombe d'un de ses ancêtres, Joseph Curwen. A partir de ce moment, il va développer une véritable passion pour la vie de cet ancêtre, qui tournera au fur à mesure à l'obsession puis à la folie, jusqu'à sa disparition inexpliquée de l'asile plusieurs années plus tard, sous les yeux de son médecin et ami de son père, le Dr Willet. Il faut dire que Joseph Curwen a eu une vie des plus intrigantes, étonnamment longue et ponctuée de recherches terribles et effrayantes en sorcellerie et en nécromancie... Le Dr Willet ira au fond de l'histoire afin de comprendre la folie et les événements inexpliqués de la vie de son patient.

Dès les premières pages de cette courte histoire de Lovecraft, l'auteur nous impose une lourdeur dans l'intrigue, une ambiance pesante et effrayante qui couvre chaque découverte faite par Charles. Le lecteur ne peut qu'être happé par cette terreur. En tous cas, moi, je n'ai pas pu en détourner les yeux jusqu'au point final hier soir, et encore aujourd'hui je ressens un certain malaise en repensant à ce roman. Le style est particulier mais j'ai tout de suite été ensorcelée par l'écriture de Lovecraft. Le lecteur vit sa propre terreur crescendo tout le long du livre, en accord avec les différentes découvertes que Charles ou le Dr Willett mettent à jour au fur et à mesure, jusqu'à un final poignant qui ne gâche en rien l'histoire (j'ai toujours un peu peur de la fin souvent bâclée ou décevante lorsque j'ai affaire à des livres aussi courts...).

En un mot : génial.

jeudi 8 septembre 2011

35 - Les chroniques des Crépusculaires

Auteur : Mathieu Gaborit
Éditeur : J'ai Lu
Année : 1995-1996 

C'est sur les conseils toujours avisés d'Ylgana que je me suis lancée dans la lecture de cet ouvrage de fantasy. 

Dès les premières pages j'ai été marquée par l'originalité de cette histoire : l'intrigue est tout à fait inattendue, les personnages tous plus étranges et énigmatiques les uns que les autres, et surtout ce qui m'a réellement séduite d'emblée, c'est la magie totalement inédite utilisée dans cet univers fantastique. On a ainsi affaire à des rapières qui ont une âme, des instruments de musique qui permettent, s'ils sont correctement utilisés bien entendu, d'accéder par exemple au plus profond de l'esprit, et surtout à une magie faisant appel à des Danseurs (ça vous intrigue, hein ?). L'univers créé par Mathieu Gaborit est riche et cohérent, la lecture est fluide et l'histoire est addictive, classique par moments mais bien tournée, avec de bonnes surprises.

Un très bon moment de lecture donc, que je recommande à tous les fans de fantasy qui souhaitent sortir un peu des sentiers battus.