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vendredi 18 novembre 2016

33 - La-Belle-est-venue

Auteur : Jacques Sadoul
Éditeur : J'ai Lu

La-Belle-est-venue est ma troisième incursion dans l’œuvre de Jacques Sadoul, après La mort du héros et Le ballet des sorcières, que j'avais beaucoup aimés. Nous sommes ici dans un genre très différent, mêlant questions métaphysiques, Égypte antique et fantastique. Et je me suis régalée.

Julien, la trentaine, chasseur de papillons, un peu sportif et amateur de femmes, est victime d'une crise cardiaque. À l'hôpital, son cœur s'arrête, et pendant quelques minutes, Julien est mort. Son corps en tous cas, car son esprit libéré survole la scène, en note tous les détails, avant de se retrouver dans un long tunnel puis face à un être de lumière débordant d'amour. Mais son heure n'est pas venue, et Julien doit réintégrer son corps, conscient d'avoir vécu quelque chose de très particulier, que dans le jargon on appelle NDE, Near Death Experience. À son réveil, son médecin l'oriente vers un psychiatre qui mène des recherches sur ce sujet, et qui lui propose, grâce à des séances d'hypnose et de relaxation, de revivre cette expérience. Mais au lieu de retrouver l'être de lumière, ce sont ses vies antérieures que Julien découvre à chaque séance, notamment celle de Gaëtan Duvernois, sa précédente incarnation, et celle de Méritré, une jeune Égyptienne ayant vécu au temps de Néfertiti, dont elle était une très proche amie...

J'ai tout simplement adoré cette histoire qui mêle habilement les récits de Julien et de Méritré, à la découverte des secrets de l'Égypte Antique et de la belle Néfertiti, dont on sait si peu de choses. Le récit est à deux voix, le style également, puisqu'on passe aisément d'un style moderne, rythmé, drôle lorsqu'on suit Julien à un style beaucoup plus littéraire, posé et poétique lorsqu'on en vient à Méritré. Comme dans Le ballet des sorcières, j'ai été ravie de découvrir un roman extrêmement bien documenté, et encore plus ici puisque l'Égypte Antique m'a passionnée pendant bien longtemps (depuis ma découverte du Dieu Fleuve, de Wilbur Smith, loin d'être une référence historique mais que j'ai lu et relu de nombreuses fois avec avidité). Mais on est loin du roman historique classique, et l'originalité de l'intrigue passe par le fait que l'histoire se construit autour de ces expériences sous hypnose avant de prendre vie dans notre réalité. L'auteur nous fait part de ses croyances, qu'on partage ou non, sur la dissociation de l'âme et du corps, et la réincarnation. Mais moi j'ai juste envie d'y croire. Ça m'amuse vraiment de partir du principe que tout ça est vrai, que le karma existe, que l'âme qui m'habite a vécu mille autres vies passionnantes, et j'aimerais bien aussi pouvoir "rencontrer" mes "moi" antérieurs ! Mais bon, je divague... 

Tout ce discours pour vous faire comprendre à quel point j'ai été fascinée et absorbée par ce roman, qui est réellement une très belle découverte. Merci à Ellane de me l'avoir mis entre les mains !




jeudi 30 juin 2016

16 - Barcelona

Auteur : Daniel Sanchez Pardos
Éditeur : Presses de la Cité

Barcelone, 1874. Gabriel Camarasa est le fils du dirigeant des Nouvelles illustrées, un journal à scandale récemment créé par son père au retour de leur exil à Londres. Lorsqu'Antoni Gaudì, jeune étudiant en architecture, sauve la vie de Gabriel devant l'incendie du principal concurrent des Nouvelles illustrées, aucun de ces deux personnages ne peut encore se douter qu'ils vont développer une amitié sincère au cœur de cette Barcelone troublée entre la République déclinante et le potentiel retour de la Monarchie...

J'ai eu la chance de recevoir Barcelona dans le cadre d'un Masse Critique, et je remercie chaudement les Presses de la Cité et Babelio pour cette belle découverte. Ce qui m'a tout d'abord attirée vers ce roman, c'est son contexte, l'Espagne de la fin du XIXe siècle, ses troubles politiques, mais également et surtout la présence de l'illustre Antoni Gaudì, que j'avais étudié en cours d'histoire de l'art. Bien évidemment j'en connais trop peu à la fois sur l'histoire de l'Espagne et sur la vie de l'architecte pour démêler le vrai du faux dans cette histoire, donc je préfère tout prendre comme une fiction historique, c'est plus sûr. 

Barcelona est un roman qui a su me séduire, me transporter dans une Barcelone d'un autre temps. J'ai aimé ce paradoxe entre les intrigues politiques des grandes familles riches d'un côté, et les bas fonds de la misère espagnole d'un autre. Tous tellement différents, mais qui se retrouvent au final tout aussi importants les uns que les autres dans l'intrigue. Et surtout, j'ai aimé le personnage d'Antoni Gaudì, plein de mystères, de suffisance, mais pourtant sympathique, qui n'hésite pas à nous entraîner dans ses activités spirites, ses expériences et ses discussions enflammées sur l'architecture, la politique, la vie... Et bien sûr ses déductions dignes d'un Sherlock Holmes qui aideront grandement Gabriel à démêler le vrai du faux dans cette intrigue politique et policière de grande ampleur.

J'ai donc beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé très agréable à lire malgré les sujets abordés, et très dépaysant. 

À découvrir !



Comme j'eus l'occasion de le découvrir aux premiers jours de notre relation, Gaudì était un homme aux habitudes régulières qui menait une vie profondément irrégulière, ou pour être plus précis, peut-être, un homme à l'esprit profondément irrégulier dont les journées s'organisaient autour d'une série d'habitudes aussi régulières que celles d'un employé de banque.

- Les amours impossibles n'existent que dans les romans, répondis-je. Dans la vie réelle, il y a tout au plus des amours improbables… 

- Je ne vous croyais pas au fait de ce genre de choses, Gaudi, mon ami, dis-je. Je ne vous imagine pas en train de lire la rubrique mondaine des journaux...
- Les personnes qui figurent dans cette section, Camarasa, mon ami, sont celles qui brassent l'argent qui nous donnera un jour à manger. Il nous faut connaître leurs noms, même si leurs faits et gestes nous ennuient souverainement.


jeudi 9 juillet 2015

16 - Le roi disait que j'étais diable

Auteur : Clarz Dupont-Monod
Éditeur : Grasset


Le roi disait que j'étais diable fait partie des "perdants" de la nouvelle session de mon club de lecture. J'avais bien évidemment voté pour, mais il n'a pas été retenu. Qu'à cela ne tienne, je le lis quand même, na !

C'est tout d'abord le sujet qui m'a attirée. Aliénor d'Aquitaine... Une femme et une reine que j'admire énormément, un sujet que j'aime découvrir, redécouvrir au travers des nombreuses œuvres qui s'en emparent. Pourquoi une telle fascination ? Mais je vous retourne la question, comment pourrait-elle ne pas fasciner ? Descendante d'une lignée d'hommes forts, craints et respectés, Aliénor se marie à 13 ans avec le futur roi de France, Louis VII, alliant ainsi le puissant duché d'Aquitaine au royaume franc. Jeune femme fière, élevée selon des valeurs de courage, de guerre, d'autorité, mais également éduquée à l'amour de la musique, de l'art et du luxe, Aliénor se voit mariée à un homme trop pieux, trop austère, dans un palais trop triste. 

Le roi disait que j'étais diable est ainsi un roman à deux voix, alternant celle d'Aliénor et celle de Louis, roi de France, meurtri entre son amour pour Dieu et sa passion dévorante pour sa femme, qu'il sait inaccessible et indomptable. Nous suivons donc ces deux êtres que tout oppose depuis le jour de leur mariage, jusqu'à son annulation plusieurs années plus tard, pour cause de consanguinité. Des années pendant lesquelles la jeune Aliénor subit les coups du sort, se bat, se perd puis se retrouve, fidèle au sang de ses ancêtres qui coulent dans ses veines ; des années pendant lesquelles la jeune fille se transforme en celle qui sera plus tard la reine d'Angleterre, la femme indomptable, crainte et respectée que l'histoire retiendra.

Oui, ce sujet me fascine. Mais je n'ai pourtant pas été transcendée par ce roman, que j'admets bien écrit, mais qui m'a par moments royalement ennuyée... Il est court, et c'est une bonne chose. Juste le temps pour moi de me plonger avec délices dans ces quelques années de la vie d'Aliénor, sans m’appesantir plus sur la manière dont cette histoire nous est contée.


   

jeudi 5 février 2015

03 - Passent les heures

Auteur : Justin Gakuto Go
Éditeur : Les Escales
Publié en : 2014

Tristan est un jeune Américain tout juste diplômé lorsqu'il reçoit un curieux courrier d'un prestigieux cabinet d'avocats à Londres, lui demandant de les contacter de toute urgence. Il découvre ainsi qu'au début du siècle, un certain Ashley, jeune homme féru d'escalade, ayant participé à la Grande Guerre et extrêmement fortuné, a vécu une histoire d'amour avec Imogen, qui était la sœur de son arrière grand-mère, Eleanor. Lorsqu'Ashley meurt, il lègue la plus grande partie de sa fortune à Imogen et à tout descendant direct. Sauf qu'Imogen disparait, et que personne ne vient réclamer cet héritage, bloqué pendant 80 ans dans un trust aux conditions très compliquées. Les avocats ont fini par découvrir que la grand-mère de Tristan serait peut-être la fille illégitime et cachée d'Imogen et Ashley, faisant de lui le dernier descendant direct encore vivant. Le seul hic, c'est qu'il n'y a aucune preuve, et que les avocats sont contraints par les clauses du contrat à ne mener aucune enquête, à n'engager personne, à n'en parler à personne. Et pour couronner le tout, il ne reste que 2 mois à peine à Tristan pour recoller les morceaux de ce puzzle familial, car les 80 ans arrivent à leur terme...

C'est donc une course contre la montre que nous propose ici Justin Gakuto Go, pendant laquelle on suit Tristan dans ses recherches sur ses origines et le passé de ses ancêtres. Mais cette trame principale est également un prétexte à d'autres histoire, celle d'un amour impossible, certes, mais également un récit plutôt bien documenté sur la Grande Guerre, et enfin un voyage à travers le monde aux côtés des différents protagonistes, qui va nous mener jusqu'au sommet de l'Everest, où Ashley a trouvé la mort. Les pages se tournent toutes seules, et j'aime cette attente entre deux séances de lecture, qui prouve bien à elle seule que le livre nous captive...

Il s'agit certes d'un premier roman, avec des imperfections, des longueurs, un rythme un peu saccadé, mais que j'ai pourtant trouvé très prometteur. Les récits de la guerre notamment m'ont passionnée, ils sont documentés sans être pédagogiques et on est très facilement transporté à chaque époque, dans chaque lieu, aux côtés d'Imogen, d'Ashley et de Tristan. La fin se tient bien, on s'y attend un peu en se demandant comment l'auteur va nous y amener, et il le fait tout en douceur, chose que j'ai beaucoup appréciée.

Une très belle découverte donc, et un auteur que je vais suivre avec beaucoup d’intérêt.


- Vous m'excuserez, mais vous ne paraissez pas très belliqueux pour un soldat. J'ai toujours imaginé qu'un militaire a des idées arrêtées sur tout.
- Un homme qui réfléchit ne peut nourrir aucune certitude sur rien. Encore moins sur les choses compliquées. Et la guerre est fichtrement compliquée.


Avant d'avoir été au front, Ashley avait souvent songé au destin de ces êtres dont la naissance est désirée, qui sont nourris, lavés et embrassés par des mères aimantes ; éduqués avec soin par des enseignants, soignés par des médecins et caressés par des femmes amoureuses, jusqu'au jour où des hommes qui n'ont aucune raison de les haïr leur arrachent tendon après tendon. C'était absurde, de quelque côté que ce soit. 

- Il pue la pisse, non ? Une vraie infection.
- Il y a des odeurs encore pires. Un peu de pisse, ça désinfecte mieux une tranchée qu'une savonnette. Je dis que c'est l'eau de Cologne de la Somme.
- N'empêche, il pue la pisse.

  

vendredi 23 janvier 2015

02 - Joujou

Auteur : Eve de Castro
Éditeur : Robert Laffont
Publié en :2014

Joseph Boruwlaski est le fils d'un comte et d'une comtesse polonais. Il a à peine 9 ans lorsque son père se suicide, laissant sa mère et leurs enfants dans une misère telle qu'elle se voit contrainte de laisser cet enfant qu'elle aime tant à une riche starostine, qui promet de prendre soin de lui. Car Joseph n'est pas un enfant ordinaire, c'est un Lilliputien. Pas un nain, non, car malgré sa petite taille, son corps a conservé des proportions tout à fait normales et harmonieuses. Neuf ans, c'est tôt pour quitter une mère qu'on aime tant... et pour découvrir la cruauté de la vie. Car la starostine n'a d'autre idée en tête que d'en faire son attraction principale, un monstre de foire qu'elle renomme "affectueusement" Joujou, et le traite comme le jouet qu'elle pense qu'il est...

Préambule où nous parlerons d'une malédiction, des plombs de l'horloge, 
d'une famille aux abois et d'une fausse fée polonaise

Ainsi se nomme le premier chapitre de Joujou, donnant tout de suite au lecteur le ton de l'histoire... Car même si le fond de l'intrigue est hautement cruel, et que les expériences et humiliations que Joseph devra surmonter tout au long de sa vie sont innommables, Eve de Castro nous raconte tout ça comme un conte, avec un détachement qui nous permet d'apprécier l'histoire sans en être véritablement touché. On peut ainsi lire sans peine la vie telle que Joseph la vit, à la découverte de lui-même, de son esprit avide de connaissances, de musique et de découvertes en tous genres, de son corps avide d'expériences que tout jeune homme normal a envie de connaître, de son cœur sensible comme tout un chacun à la maladie d'amour et au besoin de reconnaissance pour l'homme qu'il est et non la distraction qu'il peut apporter...

Ce livre m'intriguait par son sujet, et avec du recul je pense qu'un récit classique m'aurait vite lassée. Mais l'histoire telle que la raconte Eve de Castro a su me tenir sans peine de la première à la dernière page, et j'ai au final passé un très bon moment de lecture. Écrit comme un conte, j'ai fini par me persuader que c'en était un, mais dans ses remerciements l'auteur nous apprend que Joseph Boruwlaski, le célèbre nain polonais, a réellement existé. Quelle est la part de fiction et de réalité dans ce récit ? Je l'ignore, mais tout ce qui est écrit dans cet article de Wikipedia se retrouve dans ce roman, qui m'apparait à présent sous un jour tout nouveau... Joseph est mort à 97 ans, mesurant 99 cm, après une vie dans laquelle il a côtoyé tellement de passions, d'humiliations et de misère qu'on ne peut que l'admirer d'avoir vécu aussi longtemps.

Merci à La Griffe Noire de m'avoir donné l'envie de découvrir ce curieux personnage, et merci à mon cher et tendre pour ce merveilleux cadeau d'anniversaire.

Il s'empourpre jusqu'à la perruque. Voilà des années qu'il n'a rougi ainsi. Les flammes ne sont donc pas réservées à l'enfer, on peut aussi brûler devant la porte du paradis. La demoiselle est juste de l'autre côté. Comment pousse-t-on cette porte-là ?

- Votre Joujou, comtesse, a atteint ses quarante ans. Pour les gens de sa sorte, c'est un grand âge. Si vous tardez à le marier, il mourra sans descendance. Que diriez-vous de lui donner une épouse de son format et d'un beau noir luisant ? La demoiselle à laquelle je pense est nubile, véritablement exotique, et quand on la menace du fouet elle fait tout ce qu'on veut. Le produit de cette union serait une nouveauté absolue, un progrès inestimable pour l'agrément et pour la science. N'est-ce pas là une belle et bonne idée ?

 

lundi 17 novembre 2014

43 - Le lecteur de cadavres

Auteur : Antonio Garrido
Éditeur : Grasset
Publié en : 2014

Ce livre me fait de l’œil depuis sa sortie, grâce à la chronique de Gérard Collard (que vous trouverez ici). 

Nous sommes dans la Chine impériale du XIIIe siècle, gouvernée par la dynastie Song, et nous faisons la rencontre de Cí, un jeune homme féru de connaissances, dont l'unique souhait est d'étudier à l'université de Lin'an, la capitale de l'Empire. Mais Cí, en fils obéissant, doit suivre son père et sa famille lorsqu'ils retournent dans leur village natal. Là, il devra travailler durement dans les champs de son frère et abandonner son rêve. Lorsque son frère est arrêté pour meurtre, que son père et sa mère périssent dans l'incendie de leur maison, qu'il se retrouve seul avec sa sœur malade et qu'il se découvre le jouet de puissants qui cherchent à s'enrichir sur son dos, Cí n'a plus qu'une seule option : fuir son village et se rendre avec sa sœur à Lin'an, où il trouvera les remèdes pour la soigner et commencer une nouvelle vie... et peut-être une nouvelle chance de réaliser son rêve.

Quel dépaysement que ce Lecteur de cadavres ! Nous sommes plongés dans la Chine médiévale, avec ses us et coutumes, ses traditions, sa pensée confucianiste, sa misère, son organisation, ses crimes... Rien que pour ça, ce livre vaut la peine qu'on s'y arrête. Ce récit exotique est extrêmement bien documenté, même si on ne sait pas vraiment où est la frontière entre réalité et fiction, et tout est décrit de telle sorte que le lecteur est absorbé par le cadre, l'histoire, les odeurs... Et malgré les 600 pages, on ne s'ennuie jamais. L'histoire en elle-même, inspirée de la vie de Song Cì, connu comme étant le premier médecin légiste, est pleine de rebondissements, mais comme beaucoup l'ont dit avant moi, il y a une surenchère de malchance dans la vie de ce pauvre jeune homme, dont les péripéties personnelles auraient gagné à être plus simples. Néanmoins, cela n'enlève en rien le charme de cette histoire, le suspense de l'enquête, et ce décor envoûtant et passionnant...

Vous l'aurez compris, Le lecteur de cadavres m'a emballée, et je le recommande sans modération !


Il dit que les filles étaient comme la langouste : tout ce qu'elles faisaient, c'était manger et occasionner des dépenses. Ensuite, quand elles se mariaient, elles appartenaient à la famille de leur mari et c'était à lui de s'en charger, et à leurs beaux-parents dont elles s'occupaient jusqu'à leur mort.
- Et nous, elles nous oublient, ajouta-t-il. C'est un malheur de ne pas avoir d'enfants mâles. Eux, au moins, ils trouvent des femmes qui nous soignent quand nous sommes vieux.

Xu lui expliqua qu'il vivait avec ses deux épouses. Il avait eu trois filles mais, par chance, il avait réussi à les marier, si bien qu'il en était débarrassé. 

Le jus de chat était en effet un revigorant. Mais Cí n'était pas très sûr que le procédé employé pour l'obtenir fût à son goût.
- Si un jour tu as pressé une éponge, tu pourras l'imaginer, lui expliqua la femme en lui servant un autre verre. On attrape un beau chat et on lui brise les os avec un marteau en prenant soin de ne pas lui écraser la tête afin qu'il reste vivant. On le laisse reposer un peu et on met le feu à ses poils. Puis on l'ébouillante et on l'assaisonne à son goût. Après une heure de cuisson, on filtre dans un pichet, et voilà.

   

mardi 19 août 2014

35 - La vampire

Auteur : Paul Féval
Éditeur : Mille Saisons
Publié en : 2009

La Vampire est un roman fantastique écrit par Paul Féval en 1865. La lecture d'un auteur du XIXe siècle n'est malheureusement pas toujours chose aisée pour nous, pour moi en tous cas, et j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. Les 100 premières pages ont été fastidieuses, et il y avait même des phrases auxquelles je ne trouvais aucun sens, des divagations politiques et autres qui me laissaient de marbre. L'ennui m'a souvent prise et j'ai été maintes fois tentée d'abandonner.

Mais cela valait la peine de s'accrocher. Passé ce délai d'adaptation, la complexité de l'intrigue se révèle, puissante et passionnante, et cette écriture qui était si indigeste au départ devient indissociable de l'histoire. J'ai même fini par la trouver belle et par apprécier toutes ces figures de style et ce vocabulaire désuet. Paul Féval mêle très habilement l'historique au fantastique et aux croyances populaires dans ce récit, qui nous relate l'histoire de cette vampire qui ne garde sa beauté et sa jeunesse qu'en se recouvrant de la chevelure sanguinolente de jeunes filles, mais également une histoire d'amour inconditionnel entre une femme et un homme, entre un père et son enfant, et également entre un jeune homme et la médecine, entre un auteur et les acteurs politiques de son temps...

Au final, mon seul regret restera ma méconnaissance du contexte politique, très présent dans ce livre, qui m'a très certainement fait passer à côté de petites subtilités qui l'auraient rendu bien plus intéressant encore.

Je le recommande, mais ne vous laissez pas piéger par ces premières pages si fastidieuses...


Quand les poltrons de village ont peur, la nuit, dans les chemins creux, ils chantent à tue-tête. Paris est ainsi : au milieu de ses plus grandes épouvantes, il rit souvent à gorge. Paris riait donc en tremblant ou tremblait en riant, car les objections et les raisonnements ne peuvent rien contre certaines évidences. La panique se faisait tout doucement. Les personnes sages ne croyaient peut-être pas encore, mais l'inquiétude contagieuse les prenait, et les railleurs eux-mêmes, en colportant leurs moqueries, augmentaient la fièvre.

La jalousie de celles qui aiment profondément ne se trompe guère. Il est en elles un instinct subtil et sûr qui leur désigne la rivale préférée.
 

  

mardi 22 juillet 2014

31 - Le ballet des sorcières

Auteur : Jacques Sadoul
Éditeur : éditions du Rocher
Publié en : 2006

J'ai découvert l’œuvre de Jacques Sadoul avec La mort du héros, qui revisitait avec brio la légende des Nibelungen. Dans Le Ballet des sorcières, on quitte le pays des Rêves pour découvrir un monde bien plus proche du nôtre, dans lequel la magie noire, les rites sataniques et les sacrifices humains sont bien réels.

De nos jours... Le comte Aymond de Bruilh, avec la complicité de ses deux enfants, kidnappe des jeunes filles destinées à êtres des offrandes lors de messes sataniques. Le comte essaie désespérément d'appeler dans ce monde Lucifuge Rofocale, un puissant démon, afin qu'il lui permette de retrouver la richesse et la grandeur de ses ancêtres. Mais les choses tournent mal, et seule une ombre incomplète mais pourtant bien meurtrière, apparaît dans notre monde... Heureusement ce sursaut de magie noire appelle également à notre époque la nymphe Mylène, un personnage récurrent de l'œuvre de Sadoul, ainsi qu'un Maître-chat, Aï-d'Moloch. Eux seuls ont les capacités de renvoyer cet être-énergie, mais les choses encore une fois tournent mal et Morguy, la fille du comte, se retrouve propulsée au XVIIe siècle, période funeste pour les sorcières pourchassées et brûlées, notamment sur ordre d'un certain de Lancre...

L'histoire en elle-même ne m'a pas plus emportée que ça, mais cela ne signifie pas que ce roman est inintéressant, bien au contraire. D'un point de vue historique déjà, puisque Jacques Sadoul nous propose ici un récit documenté, le plus réaliste possible, de ce XVIIe siècle et ses mœurs démoniaques, ses chasses aux sorcières... Les personnages fictifs se mélangent sans problèmes aux personnages historiques, pour notre plus grand plaisir. La magie également est très présente dans Le Ballet des sorcières. De la magie noire bien évidemment, basée sur les croyances populaires de l'époque, qui prend vie ici. Et j'ai beaucoup aimé retrouver également la nymphe Mylène, personnage que j'avais découvert et apprécié pour sa duplicité et son mystère dans La mort du héros. On en apprend beaucoup sur ce démon/nymphe, d'où elle vient, ce qu'elle est, pourquoi elle a cette apparence, quels sont ses pouvoirs, ses limites...

Donc même si je n'ai pas trouvé l'histoire en elle-même aussi passionnante que ce que à quoi je m'attendais, j'ai beaucoup apprécié cette lecture pour ce qu'elle apporte comme informations réelles et fictives, et je retournerai très certainement à l'œuvre de Jacques Sadoul très bientôt.




dimanche 22 juin 2014

27 - Les Lames du Cardinal - Intégrale de la trilogie

Auteur : Pierre Pevel
Éditeur : Bragelonne
3 tomes publiés en : 2007-2009-2010

Souvenez-vous, Pierre Pevel a été l'un de mes gros coups de cœur de l'année dernière, lorsque j'ai eu la bonne idée d'ouvrir ses Enchantements d'Ambremer... Totalement envoûtée par ce premier tome, je me suis ensuite plongée dans L'Élixir d'oubli, tout aussi passionnant. J'ai cependant eu un autre coup de cœur l'année dernière, à la lecture des célèbres Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas. Vous comprenez ainsi que je n'ai pas hésité une seconde à acquérir cette superbe intégrale de Pierre Pevel, Les Lames du Cardinal, dans laquelle cet auteur que j'adore plonge son intrigue dans l'univers si passionnant d'Alexandre Dumas. 

Que sont donc ces Lames du Cardinal... Pour faire simple, je dirais que les Lames sont à Richelieu ce que les Mousquetaires sont au roi. Ou plutôt devrais-je parler au passé, car l'intrigue commence 5 ans après la dissolution des Lames, alors que Richelieu rappelle leur capitaine, La Fargue, afin de former à nouveau cette unité d'élite pour une mission particulièrement sensible... Et là, on entre à nouveau dans cet univers des Trois Mousquetaires, entre complots politiques, combats à l'épée, intrigues de cour, amours interdites, trahisons... Les Lames du Cardinal est ainsi un véritable roman de cape et d'épée qui, je peux le dire, m'a autant enthousiasmée que la célèbre trilogie de Dumas.

Mais qu'en est-il de l'univers de Pierre Pevel là-dedans ? Ne croyez pas que l'auteur s'est complètement effacé face au géant Dumas. Au contraire, il a réussi à mêler habilement son univers fantastique à la fiction historique. Les dragons et la magie sont bien présents dans ce récit, et sont même au cœur de l'intrigue. Et là où je dis que c'est habilement fait, c'est qu'ils s'intègrent tellement bien qu'on n'y trouve aucune bizarrerie ! Jusqu'à la dernière ligne, Pierre Pevel parvient sans peine à nous raconter une version alternative de l'histoire de France, sur fond de dragons et de puissante magie.

J'aime, j'aime et j'aime (et j'en veux encore) !

En prime, voici les trois couvertures de la trilogie originale (encore du beau travail de nos amis Bragelonniens)...
 



— L’important, se reprit le vieux soldat en agitant la jambe de bois tel un sceptre… L’important est que ce jean-foutre présente des excuses. Jean-foutre, madame attend.
— Madame, gémit l’autre avant de tâter encore de sa prothèse, je vous prie d’accepter mes plus sincères et plus respectueuses excuses. J’ai manqué à tous mes devoirs, ce que ma piètre nature, mon éducation négligée et mes habitudes déplorables ne sauraient justifier. Je promets de surveiller désormais ma conduite et mes actes et, conscient de mes fautes, je m’en remets à votre bienveillance. J’ajoute que je suis laid, que ma bouche sent comme le cul et que l’on ne peut croire, à ma vue, que le Très-Haut fit Adam à son image.


Elle était d’une beauté sévère et farouche qui frappait : silhouette élancée, port fier, teint pâle, yeux verts, lèvres sombres et pleines, longue chevelure noire dont une natte ne réussissait jamais à contraindre les lourdes boucles bien longtemps. Mais on s’étonnait surtout de ses cuissardes, de ses chausses noires et de son corset de cuir rouge passé sur une chemise blanche. C’était un accoutrement pour le moins audacieux. Et non contente de s’afficher ainsi en public, non contente de sortir en cheveux, elle portait l’épée et montait à cheval comme un homme. Vraiment, il y avait là matière à scandale…

 

jeudi 27 février 2014

Rencontre avec Mallock

Suite à ma découverte des Larmes de Pancrace, j'ai eu la chance de participer à une rencontre avec l'auteur, organisée par Babelio

Pendant un peu plus d'une heure, monsieur Mallock a répondu de manière honnête à nos questions sur son livre, son contenu, ses méthodes de travail, ses recherches, ses idées, son écriture, ses intérêts... Une heure passionnante pendant laquelle nous avons pu découvrir un auteur ouvert, humble, intéressé, disponible, drôle et visiblement heureux de nous rencontrer et d'être là. La séance de dédicaces également était très drôle, l'auteur cherchant à personnaliser chacun de ses petits mots en fonction de la personne en face de lui, ce qui a donné lieu à des dialogues assez cocasses...

Traduction : Pour Caroline. Merci mille fois d'être venue écouter le commissaire Mallock qui n'en est pas un !

Un grand merci à Babelio encore une fois, qui permet à des lecteurs anonymes comme moi de rencontrer des auteurs qu'ils ont adoré lire. Et bien sûr merci à monsieur Mallock pour cette superbe rencontre!

 

jeudi 13 février 2014

07 - Les larmes de Pancrace

Auteur : Jean-Denis Bruet-Ferreol alias Mallock
Éditeur : Fleuve Noir
Publié en : 2014

Un nouveau concours sur Babelio m'a donné l'occasion de recevoir gracieusement cet ouvrage, que je me suis empressée de lire en vue d'une rencontre organisée avec l'auteur le 26 février, dans les locaux d'Univers Poche (je peux déjà vous dire que j'ai hâte d'y être). Merci donc aux éditions Fleuve Noir pour cette découverte et ma prochaine rencontre avec un auteur que je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire : Mallock. Notons que l'auteur a choisi comme pseudonyme le nom de son personnage principal...

Nous avons un domaine viticole réputé, appartenant à parts égales aux familles Corneille et de Renom. Nous avons une victime : Jean de Renom. Nous avons un coupable tout trouvé, Camille, sa femme, fille de la députée candidate aux présidentielles Sophie Corneille. Et nous avons une malédiction lancée par le dernier des Templiers, Gil Gaelian du Gar, à l'encontre de Pancrace d'Armuth, ancêtre des de Renom, au XIVe siècle. Le tout nous offre une histoire bien ficelée, vécue au présent et au passé, qui nous ouvre petit à petit les portes de cette énigme séculaire que le commissaire Amédée Mallock s'évertue à démêler.

J'ai beaucoup aimé ce thriller de Mallock. Ce qui m'a plu ? Le cadre déjà, dans la région bordelaise, sur fond de canicule et de vin. L'auteur est un connaisseur, et n'hésite pas à partir dans des descriptions et explications sur la viticulture que j'ai trouvées passionnantes. Le commissaire Mallock ensuite, un personnage on ne peut plus sympathique, un peu devin sur les bords, et tellement humain et naturel. Son équipe de choc bien entendu, car l'un ne va pas sans l'autre. L'intrigue, pour continuer, avec ce parallèle entre le crime actuel et l'origine de la malédiction, un petit aperçu des guerres du XIVe siècle, les Templiers et leur trésor, la peste, la religion... L'écriture également, car loin d'être cantonnée aux classiques crime-indices-déductions-coupable des polars habituels, Mallock (l'auteur) n'hésite pas à faire, au milieu d'un langage majoritairement haut en couleurs, de petites embardées poétiques qui ajoutent un peu de beauté à ce monde brutal et sans pitié qu'il nous décrit. Et puis enfin la clé de l'histoire, car tout ce qui est autant tiré par les cheveux m'amuse au plus haut point !

Une belle lecture donc, et je me pencherai très volontiers sur les précédentes enquêtes d'Amédée Mallock (et sur les suivantes bien entendu).


Il y avait de la folie chez Sophie. Sans doute comme chez tous les gens qui, de la vie, veulent autant, toujours plus. Plus de puissance qu'ils ne peuvent en utiliser, plus d'amis qu'ils ne peuvent étreindre ou de piscines qu'ils ne peuvent traverser. Est-on normal lorsqu'on veut être oligarque ou président ? S'exposer à la haine quotidienne et à l'envie de tous ? 

Parfois Amédée se surprenait à expliquer les choses aux choses. Il murmurait des confidences aux objets. Une forme de superstition métaphysique, de respect pour ces êtres inanimés qui le servaient sans jamais se plaindre. Peut-être aussi souhait-il obtenir leur clémence ou leur pardon pour le mépris dans lequel ils étaient tenus par la plupart des hommes, la plupart du temps. Il était bizarre, Amédée, toujours prêt à s'engueuler avec quelqu'un et à faire copain-copain avec un cendrier abandonné sur une table de café !

Un ange et deux nuages passèrent dehors en jetant un regard curieux à l'intérieur. Ils repartirent en se racontant des histoires d'orage.

 
   

vendredi 29 novembre 2013

59 - Au revoir là-haut

Auteur : Pierre Lemaitre
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 2013

Les lauréats du célèbre prix Goncourt ne m'ont jamais plus intéressée que ça, jusqu'à cet Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, dont tout le monde me dit tant de bien. J'ai donc décidé cette année de me lancer dans la lecture de ce titre si brillamment primé.

Au revoir là-haut nous parle de l'après guerre. L'intrigue commence en 1918, quelques jours avant l'armistice, alors qu'Édouard se blesse très grièvement en sauvant la vie d'Albert, enterré vivant dans un trou d'obus lors d'une charge de dernière minute menée par le lieutenant Pradelle, un arriviste prêt à tout pour donner vie à ses rêves de gloire. Nous assistons ainsi aux dernières heures de cette guerre sanglante, et aux premières lueurs de cet après-guerre instable. Car on en parle peu de ce qui se passe après : la démobilisation, le rapatriement des corps, le retour à la "vie normale" des soldats et surtout les abus en tous genres qui enrichissent les escrocs les plus insensibles sur le dos d'un peuple meurtri par la guerre...

Le sujet peut sembler grave, lourd et déprimant. Et il l'est, mais pas sous la plume de Pierre Lemaitre, qui fait de son intrigue une épopée rythmée, colorée, dynamique, teintée d'un humour noir omniprésent... Les 100 premières pages sont géniales, on entre très rapidement dans le vif du sujet. Les personnages sont crédibles et attachants, et l'histoire est tout simplement surprenante et inattendue. J'ai dévoré ce livre jusqu'au point final, impatiente de connaître le fin mot de cette histoire abracadabrantesque.

J'ai adoré découvrir cet auteur à travers son premier roman de littérature générale, et j'ai à présent grande envie de le retrouver dans le style qui l'a fait connaître et pour lequel il a déjà été plusieurs fois récompensé, le thriller.

Monsieur Lemaitre, je vous dis donc "à bientôt !".


"Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement."

"Il perçut très confusément qu'il avait toujours sa jambe, ce qui était vrai. En capilotades, certes, mais encore à même de rendre (au moins partiellement) les services qu'on est en droit d'attendre d'une jambe de retour de la Première Guerre Mondiale."

"Les catastrophes tuent tout le monde, les épidémies déciment les enfants et les vieillards, il n'y a que les guerres pour massacrer les jeunes gens en si grand nombre."
  
 

vendredi 4 octobre 2013

47 - Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Auteur : Mathias Enard
Éditeur : Actes Sud
Publié en : 2010

Ce n'est jamais très risqué de se lancer dans un Goncourt des Lycéens, et je prends de plus en plus de plaisir à découvrir les différents ouvrages qui ont obtenu ce prix. En 2010, Mathias Enard était ainsi récompensé avec ce titre, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, qui trône depuis un moment déjà dans ma bibliothèque et que je n'avais encore pas eu l'occasion de lire. CaroLire me donne l'excuse parfaite pour enfin me lancer dans cette histoire.

On peut dire que cet ouvrage est un condensé d'originalité. L'histoire, pour commencer, relate une période de la vie du célèbre Michel-Ange, quelques années avant qu'il ne peigne ses chefs-d’œuvre de la chapelle Sixtine. Se sentant abandonné par le pape Jules II dont il doit réaliser le tombeau, Michel-Ange accepte de se rendre auprès du sultan Bajazet, à Istanbul, afin de construire un pont sur la Corne d'Or. Entre le travail même de l'artiste, débordant de génie et de passion, et sa découverte de ce pays si exotique et différent du sien, les chapitres vont nous plonger dans un doux rêve oriental dont on ne se réveillera qu'à la fin du livre. Car l'originalité de ce roman réside également dans sa construction en très courts chapitres, et dans la poésie qui s'en dégage crescendo jusqu'au point final.

Je n'ai aucune réserve concernant cet ouvrage, car même si on est dérouté par les premières minutes de lecture, l'envoûtement arrive suffisamment tôt pour nous happer et nous laisser avec un sentiment de douce mélancolie au moment de replacer ce chef-d’œuvre dans la bibliothèque... Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants est un véritable conte enchanteur, à lire, à découvrir, à savourer.


"Les rois sont des sauvages qui tuent leurs chevaux sous eux ; il y a bien longtemps qu'ils n'offrent plus d'éléphants à leurs princesses."

"Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour ; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples."


"Combien faudra-t-il d’œuvres d'art pour mettre la beauté dans le monde ?" 



 
 

vendredi 23 août 2013

39 - Les évaporés

Auteur : Thomas B. Reverdy
Éditeur : Flammarion
Publié en : 2013

C'est un nouveau Masse Critique qui m'a permis de découvrir cet auteur, dont je n'avais jamais entendu parler, et son dernier titre, Les évaporés. Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Flammarion et Babelio, car encore une fois, c'est une très belle découverte que je fais grâce à ces partenariats.

Il est évident que les mœurs japonaises sont très différentes des nôtres, et que des incompréhensions découlent forcément de ces différences. L'une de ces particularités du pays du Soleil Levant, c'est que tout adulte a le droit de disparaître, personne ne le recherchera. On dit qu'il s'est évaporé, tout simplement. La police ne fait rien car une disparition n'est pas un crime. La famille ne fait rien car elle est déshonorée. Ainsi, lorsque Kaze décide de s'évaporer, personne au Japon ne partira à sa recherche. C'est pourquoi sa fille, Yukiko, quitte son pays d'adoption, les États-Unis, et revient dans son pays de naissance afin de faire ce que personne au Japon ne fera jamais : retrouver son père. Elle entraîne dans sa quête Richard B., détective américain avec qui elle a vécu une histoire d'amour. Yukiko et Richard vont donc enquêter au Japon, remonter les pistes qui les mèneront à Kaze et aux raisons qui l'ont poussé à disparaître...

Au travers de cette écriture magnifique, de cette enquête, de cette histoire d'amour, c'est un Japon meurtri, un Japon de misère et de pauvreté, que nous présente Thomas B. Reverdy. Un Japon qui a subit les tremblements de terre, Fukushima, la domination des Yakuzas. Un Japon intransigeant et cruel pour ceux qui essaient de se reconstruire à partir de rien. Loin d'être une enquête palpitante, les recherches que mènent Yukiko et Richard sont plutôt une fenêtre ouverte sur ce Japon d'aujourd'hui, nu, tel qu'il est... Ce pays pourtant magnifique et qui nous fait tellement rêver.

Un roman, qui est loin d'être joyeux, certes, mais qui est très agréable à lire, et surtout qui témoigne de la souffrance de cette société japonaise suite aux tragiques événements que nous lui connaissons.


"Le passé est éternel, c'est le présent qui passe, le présent qui fuit et qui s'efface."

"Quand on n'est pas doué pour le bonheur, quand on ne sait pas retenir les belles choses, il vaudrait mieux s'abstenir de les fréquenter, parce que ça de termine souvent mal."

lundi 19 août 2013

37 - Vingt ans après

Auteur : Alexandre Dumas
Éditeur : Le Livre de Poche
Publié en : 1989

A peine refermé Les Trois Mousquetaires, me voici plongée dans la suite des aventures des célèbres d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis. 

C'est une histoire bien différente que nous avons ici. Les années ont passé, les quatre amis se sont perdus de vue, et ont poursuivi leur chemin chacun de leur côté. D'Artagnan, qui regrette ce temps plein d'action, de bravoure, de franche amitié, saute sur l'occasion lorsque Mazarin lui propose d'entrer à son service, avec pour première mission de retrouver et réunir ses anciens amis. Mais après des retrouvailles touchantes, d'Artagnan va vite se rendre compte que pendant ces vingt dernières années qui ont mené la France à la Fronde, les convictions politiques de chacun ont également évolué, et pas forcément dans la même direction...

J'ai eu un peu peur au début de cet ouvrage. Après avoir quitté dans Les Trois Mousquetaires un d'Artagnan fougueux, un homme d'action et de cœur qui a su contrer les plans du terrible Richelieu, nous retrouvons dans Vingt ans après un d'Artagnan au point mort depuis toutes ces années, désenchanté par la vie qu'il mène depuis le départ de ses amis. J'ai craint un roman bien moins entraînant et distrayant que son prédécesseur, mais, heureusement pour moi, ces craintes étaient vaines, et je l'ai bien vite compris. J'ai rapidement retrouvé tous ces éléments que j'avais tant apprécié, l'action, l'humour, les intrigues, l'émotion, et la superbe plume d'Alexandre Dumas, toujours aussi acérée, élégante et magnifique. Raoul, que nous découvrons ici, est un personnage aussi vrai et sympathique que nos quatre amis. Il m'a tout de suite plu, et j'ai hâte de le découvrir plus profondément dans le troisième opus qui lui est consacré : Le vicomte de Bragelonne, que je viens tout juste de réserver à la médiathèque...


"D’Artagnan n’était pas non plus de ces gens qui pensent que la nuit porte conseil ; la nuit d’Artagnan dormait. "

"A la veille d'une bataille, on pense à mille choses qu'on avait oubliées jusque-là et qui vous reviennent alors à l'esprit. La veille d'une bataille, les indifférents deviennent des amis, les amis deviennent des frères."


samedi 10 août 2013

36 - Les Trois Mousquetaires

Auteur : Alexandre Dumas
Éditeur : Pocket
Publié en : 2011

Difficile aujourd'hui de ne pas connaître la célèbre histoire d'Athos, Porthos, Aramis et du jeune et fougueux d'Artagnan... Et pourtant, je n'avais pas eu l'occasion jusqu'à présent de me plonger dans ce chef-d’œuvre d'Alexandre Dumas et d'en savourer l'histoire, l'action, l'humour et les dialogues.

Lorsqu'on se retrouve avec un tel pavé dans les mains, écrit par un auteur (certes connu et adulé) du XIXe siècle, on a quand même un peu peur de sentir le temps passer. Et bien non, pas du tout, Les Trois Mousquetaires se lit très facilement et ces moments pendant lesquels on se plonge dans ces pages sont de purs moments de plaisir et de délectation. J'ai tout simplement tout a-do-ré : les personnages, l'intrigue, les dialogues, la plume, tout est là pour faire de ce roman le chef-d’œuvre qu'il est devenu ! Entre aventures, combats à l'épée, scènes rocambolesques... Impossible de s'ennuyer, tant le rythme est haletant, l'histoire passionnante et le final grandiose et émouvant. Merci Monsieur Dumas pour cette superbe distraction !

Je ne regrette qu'une chose : ne pas l'avoir lu plus tôt. Et je n'ai qu'une envie : me plonger dans Vingt ans après. Oh, mais que vois-je ? Il est dans ma bibliothèque !!!


"Monsieur, dit le cardinal, vous avez été arrêté par mes ordres.
– On me l’a dit, Monseigneur.
– Savez-vous pourquoi ?
– Non, Monseigneur ; car la seule chose pour laquelle je pourrais être arrêté est encore inconnue de Son Éminence."

"Tous quatre se mirent en marche : Athos sur le cheval qu'il devait à sa femme, Aramis sur le cheval qu'il devait à sa maîtresse, Porthos sur le cheval qu'il devait à sa procureuse et d'Artagnan sur le cheval qu'il devait à sa bonne fortune, la meilleure maîtresse qui soit."

"On ne peut combattre l'extrême préoccupation que par l'extrême insouciance."


jeudi 11 juillet 2013

30 - Rouge de Paris

Auteur : Jean-Paul Desprat
Éditeur : Seuil
Publié en : 2013


Après Bleu de Sèvres et Jaune de Naples qui ont si bien su me transporter dans le Siècle des Lumières, j'ai découvert avec un plaisir toujours aussi intense Rouge de Paris.

1789. La Bastille est tombée, la famille royale est placée sous bonne garde aux Tuileries, nous sommes en plein dans la Révolution Française. C'est ici l'histoire de France que nous raconte Jean-Paul Desprat, laissant un peu de côté la porcelaine, qui est malgré tout bien présente, puisque les déboires de la Manufacture Royale qui nous sont relatés reflètent parfaitement les conséquences de ces temps troublés. Nous suivons cette fois Adèle et Paul, les enfants d'Anselme Masson. Adèle, la fille de Sèvre, qui a réussi là où sa mère avait échoué : travailler dans la manufacture en tant que femme et être reconnue pour son talent. Paul, engagé aux côtés de Mirabeau dans sa lutte pour "sauver la France".

Il est des œuvres pour lesquelles le contexte historique est un prétexte à la fiction. Ici c'est tout l'inverse, la saga familiale des Masson, aussi passionnante soit-elle, n'est là que pour témoigner de cette période troublée mais déterminante de l'histoire de France, que nous avons déjà vue en long, en large et en travers sur les bancs de l'école, mais qui nous est relatée ici avec beaucoup de justesse et, surtout, aucun parti pris. Et c'est ce que j'ai aimé dans ce tome. Ne sont jugés ici ni l'aristocratie, ni le roi et la reine, ni les différents protagonistes politiques de ces temps troublés. Ils sont présentés tels qu'ils sont, avec leurs défauts, certes, mais leurs qualités également. Et nous comprenons dans Rouge de Paris aussi bien la souffrance du peuple, que nous connaissons, que celle des nobles, dont personne ne nous a vraiment parlé.

Je me suis régalée du début à la fin de cette trilogie, et ce dernier tome clôt parfaitement cette saga historique, véritable fenêtre ouverte sur ce XVIIIe siècle français, ses arts, ses protagonistes et cette histoire sanglante qu'on lui connait.

Un grand merci aux éditions du Seuil et à Babelio pour la découverte de cette saga passionnante sur l'histoire de la porcelaine et sur l'histoire de France.


"- Elle m'a souri ! reprenait de plus belle Dominique, se croyant devenu le héros du jour par l'effet de ce regard posé sur lui par la princesse.
- C'est le métier des filles de roi de sourire, finit par laisser tomber Paul. D'ailleurs le peuple serait plus heureux si elles se bornaient à cela !"

"Les grands changements que nous avons engagés ne doivent pas concerner uniquement les gueux, les traîne-misère ou les ascètes... Nous n'avons pas vocation à tenir le plus grand hôpital des incurables d'Europe. Je rêve que l'on puisse donner à chacun le droit d'apprendre à lire et de boire son lait dans une tasse de porcelaine."

"Mais il est des hommes qui ne réussissent rien dans les occasions qui font les grandes circonstances. C'était le malheur de Louis XVI."

mercredi 3 juillet 2013

29 - Jaune de Naples

Auteur : Jean-Paul Desprat
Éditeur : Seuil
Publié en : 2010

Je continue ma découverte de l'histoire de la porcelaine avec Jaune de Naples, qui fait directement suite à Bleu de Sèvres

Pour situer le contexte historique, nous sommes au XVIIIe siècle, Marie-Antoinette a tout juste 15 ans et commence déjà à ravir le cœur des Français. Elle décide de s'intéresser à la célèbre porcelaine de Sèvres, fière de la renommée que cet art a su acquérir ces dernières années. C'est ainsi que la dauphine et sa sœur, Marie-Caroline, reine des Deux-Siciles, se lancent un défi : ce sera à celle qui aura la plus belle porcelaine. Mais le cas des Deux-Siciles est un peu compliqué : le beau-père de Marie-Caroline, actuel roi d'Espagne, a fermé la manufacture de Capodimonte il y a quelques années, et en a expressément interdit la réouverture. Marie-Antoinette envoie tout de même le chimiste du roi, Anselme Masson, à Naples, afin d'aider à la réouverture de cette manufacture. Mais c'est là un affront au roi d'Espagne qui tentera par tous les moyens de faire échouer l'entreprise, menace à laquelle s'ajoute celle des Anglais, qui voient d'un mauvais œil cette intrusion des Français dans leurs manigances politiques. Anselme et Eustache Masson vont ainsi se retrouver bien malgré eux les jouets des plus puissants...

C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé dans ce tome, aux chaudes couleurs de Naples, Anselme et son plus jeune frère, Eustache. Leur génie, leur passion pour les recherches sur les minéraux, sur la chimie, se transmettent encore plus aisément au lecteur. Et puis, il faut bien l'avouer, ceux qui complotent contre les envoyés de la France et leur barrent constamment la route sont bien là pour pimenter un peu cette histoire, lui donner un peu de relief et de suspense. Dans Jaune de Naples, on est plus dans l'historique que dans la fiction, avec ce Siècle des Lumières parfaitement décrit aussi bien au niveau de la pensée que des événements... Un second tome aussi passionnant et prenant, si ce n'est plus, que Bleu de Sèvres. J'ai hâte à présent de me lancer dans le dernier tome de cette trilogie : Rouge de Paris !


"La chimie est une science exacte ponctuée de hasards heureux."

"Ne vaut-il pas mieux des concurrents qui s'estiment que des rivaux qui se déchirent ? Entre amis concurrents, il y aura toujours l'aiguillon de l'ambition et de l'émulation qui les fera avancer mais, comme il resteront unis, il y aura aussi, chaque fois que nécessaire, le sursaut de l'entraide."
 
"- C'est toujours ainsi, dit Anselme, lorsque quelqu'un vous a trop fermement tenu la main, on le fuit et puis, ensuite, quand il n'est plus là, on le regrette et on se sent désemparé. L'affection étouffe parfois, mais lorsqu'elle s'évanouit on ressent un grand froid."

 

vendredi 21 juin 2013

28 - Bleu de Sèvres

Auteur : Jean-Paul Desprat
Éditeur : Seuil
Publié en : 2006

Pour changer un peu mes habitudes du moment, je reviens à mes premières amours littéraires : la fiction historique. J'ai en effet été bercée dans ma jeunesse par les grands classiques de Juliette Benzoni, Jeanne Bourin, Max Gallo ou encore Christian Jacq. Quelle joie de découvrir un autre de ces auteurs phares du genre, Jean-Paul Desprat.

La célèbre porcelaine de Sèvres est un savant mélange de sciences et d'art... tout comme Bleu de Sèvres, ce premier tome de la trilogie qui lui est consacrée. Nous sommes ici plongés dans une France du XVIIIe siècle, gouvernée par Louis XV et sa "bonne amie", la marquise de Pompadour, qui se vante d'avoir un goût sûr pour les arts et influence grandement les choix du roi en la matière. C'est ainsi que la porcelaine de Sèvres connait sa renommée, sous la direction de la marquise, qui souhaite que la France maîtrise cet art aussi bien que les pays d'Orient. Déjà pionnière dans sa fabrication de la porcelaine tendre, il ne reste plus qu'un pas vers la perfection : la découverte du secret de la pâte dure et du kaolin. C'est sur ce fond historique que notre intrigue prend place. Anselme et Mathieu Masson, après avoir enterré leur mère, confié leur petit frère à un collège jésuite et dit adieu à leurs proches, quittent leur Auvergne natale pour se rendre à Paris, où ils comptent bien briller : Anselme dans les sciences de la minéralogie et de la chimie, et Mathieu dans la musique. Très rapidement, Anselme va se retrouver à Sèvres, avec pour unique mission celle de découvrir les secrets de la porcelaine dure, tandis que son frère, aveugle et doué d'une sensibilité artistique très développée, va continuer son apprentissage de la musique auprès des plus grands de la capitale.

J'ai beaucoup aimé Bleu de Sèvres. L'écriture est très agréable, rendant accessible le fond historique, malgré quelques passages plus pédagogiques que narratifs... Mais dans l'ensemble le dosage est équilibré et très digeste, ce qui n'est pas une évidence dans ce genre de littérature. Au niveau de l'intrigue elle-même, on s'attache très rapidement à ces deux frères intrépides et pleins de rêves et d'ambitions, qui tentent leur chance à Paris, acceptant tout ce que cette ville peut leur apporter de bon ou de mauvais. Chaque personnage a son propre charisme et vous charme à sa manière... J'ai beaucoup aimé le contexte, les descriptions, les péripéties d'Anselme et de Mathieu... Et j'ai découvert beaucoup de choses concernant la fabrication et l'histoire de la porcelaine, en Orient et en Europe. Un sujet bien plus vaste qu'il n'y parait, et qui vaut bien que trois tomes de cette histoire lui soient consacrés !

Je m'attaque donc au second tome, Jaune de Naples, afin de découvrir la suite de cette aventure instructive, palpitante et pleine de surprises !


"Lorsque l'on a pris la cadence et le rythme de la vie de Paris, il en est toujours ainsi des délais que la succession des événements impose à ceux qui caressent la fortune. Un temps marqué, qui paraîtrait normal à tout autre homme de la terre, prend dans la capitale le caractère de quelque chose d'interminable et d'injuste."

"L'exigence est la vertu des âmes supérieures, le réflexe qui les porte à toujours désirer quelque chose de neuf pour ne pas s'ennuyer ni éprouver de sentiments communs. "


lundi 13 mai 2013

23 - Le Déchronologue

Auteur : Stéphane Beauverger
Éditeur : La Volte
Publié en : 2009

Invitée par mon amie Gaenaria à la 4e session du Club Sormand (son autre club de lecture), je me retrouve à lire des ouvrages qui sont bien loin de mes domaines de prédilection, comme ce Déchronologue, mélange savant de flibusterie et de failles temporelles.

Déjà, je vais essayer d'aborder le sujet de manière claire pour qui ne l'a pas lu. Nous sommes au XVIIe siècle aux Caraïbes, en des temps troublés où Français, Anglais et Espagnols se disputent mers et terres. Henri Villon est un capitaine français qui navigue à bord du Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps, seul capable de contrer ces failles temporelles qui apparaissent en mer, de plus en plus nombreuses et meurtrières.

Il est difficile de parler de ce roman, tant son histoire est riche et complexe, dans sa construction déjà, puisque, pour coller à l'intrigue, les chapitres ne sont pas dans l'ordre chronologique, et dans l'histoire elle-même, mélange bien dosé de réel et de science-fiction. L'écriture est superbe, prenante, et nous plonge au début de chaque chapitre dans une sorte d'envoûtement et de fascination sans cesse renouvelés. J'ai tout simplement adoré, et pourtant je lis peu de science-fiction. Mais je dois avouer que l'originalité est ce qui caractérise le mieux ce Déchronologue, et je salue le génie de l'auteur car cela a dû être bien compliqué de faire de cette histoire un roman qui se tient et qui a du sens.

La "fin" du roman constitue l'apogée de toutes ces émotions qui nous traversent à chaque chapitre, et j'ai été à deux doigts de tout relire, dans l'ordre chronologique cette fois, pour comprendre encore plus en profondeur l'étrangeté de ces événements qui ont marqué la vie d'Henri Villon. Merci au Club Sormand pour cette magnifique découverte !


"Les trônes ont ceci de commun avec les baquets d'aisance que leurs usagers les souillent dès qu'ils s'y posent." 

"Laissons aux brutes les tâches discutables et contentons-nous d’en discuter."