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vendredi 25 novembre 2016

34 - Les Visages de Dieu

Auteur : Mallock
Éditeur : Pocket

J'ai découvert le commissaire Amédée Mallock dans Les Larmes de Pancrace, une histoire que j'avais adorée et dévorée en me promettant de parcourir les aventures précédentes. On remonte donc le temps et me voici plongée dans la toute première aventure de cet ours au cœur tendre, usant d'opium pour synthétiser les indices récoltés au cours de ses enquête sous forme de rêves prémonitoires, plongé cette fois dans une affaire de serial killer au cœur de Paris.

Les visages de Dieu est le premier tome des Chroniques barbares, et de la barbarie on en a à revendre ici. Le Maquilleur, c'est ainsi que les flics ont surnommé ce tueur en série, qui s'amuse à maquiller ses victimes après les avoir droguées et leur avoir fait subir les pires tortures possibles. Le commissaire en charge de l'enquête patine, et c'est donc le très célèbre et redouté "Mallock-le-sorcier" qui va reprendre l'enquête, aidé de son équipe de choc et de ses précieuses visions.

Quel plaisir de retrouver ce cher Mallock, un personnage à la fois ours et caramel, au caractère bien trempé, qui a vu les pires horreurs possibles au cours de sa vie, mais qui ne reste vraiment marqué que par l'une d'elles : la mort de son fils. Et il y repensera souvent au cours de cette histoire, le Maquilleur ayant choisi parmi ses cibles une fillette et un bébé. Et il faut avoir le cœur bien accroché lorsqu'on découvre les nombreuses tortures que ces victimes ont subies, de l'amputation à l'empalement... et j'en passe. 

Donc oui il y a beaucoup d'horreurs dans ce livre, mais nous ne sommes pas ici dans ces histoires qui ne proposent qu'une surenchère d'images sanglantes et morbides pour attirer le public sans intrigue pertinente. Car nous sommes dans un Mallock, auteur éponyme de son héros. Et dans un Mallock, l'attrait se fait tout d'abord par une écriture vraiment belle, qu'on prend plaisir à lire. Loin d'être un simple roman de gare, un Mallock, c'est de la littérature. Ensuite il y a l'intrigue, dans un Mallock, elle est complexe, très bien ficelée, et pleine de suspense et de surprises. Et enfin il y a les personnages, notre cher commissaire bien évidemment, tellement attachant, mais également son équipe, son entourage, les rôles secondaires... Tous sont crédibles, bien définis, on s'y attache ou on les déteste, bref, quand on lit un Mallock, on vit l'histoire à fond. 

Avec tout ça, moi, les Mallock, j'en suis fan !

Et puisque j'ai eu la chance, grâce à Babelio, de rencontrer l'auteur et d'avoir un autographe dans mon exemplaire des Larmes de Pancrace, pour le plaisir je vous le remets ici !

lundi 18 juillet 2016

18 - Agatha Raisin enquête - La quiche fatale

Auteur : M. C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Agatha Raisin a 53 ans lorsqu'elle décide de réaliser un rêve d'enfant, quitter Londres pour vivre dans un cottage au cœur des Cotswolds. Mais voilà, passer du statut de chef d'entreprise tyrannique qui a l'habitude de se faire obéir au doigt et à l’œil à celui de jeune retraitée fraîchement arrivée dans un endroit inconnu, ce n'est pas si simple. Et Agatha va déployer tous les efforts pour s'intégrer et se faire à sa nouvelle vie. Et pourquoi pas gagner ce concours de quiche organisé par le village ? Ne sachant pas cuisiner, c'est dans une quicherie londonienne qu'Agatha se fournit, mais cela ne suffit pas, elle perd le concours, vraisemblablement truqué... Mais le juge du concours meurt le soir même, empoisonné par la quiche d'Agatha ! Tous les yeux se tournent enfin vers elle, mais certes pas de la manière dont elle le souhait...

Premier tome d'une longue série qui fait fureur outre-manche, La quiche fatale donne le ton des aventures d'Agatha Raisin : SO BRITISH ! C'est distrayant, drôle, l'histoire ne casse pas trois pattes à un canard, mais le décor et les personnages valent le détour. Agatha est une vieille femme aigrie et imbuvable, imbue de sa personne, mais on ne peut que s'attendrir des efforts qu'elle fait pour s'intégrer dans son village, et sa manie de ne jamais lâcher l'affaire lorsque quelque chose la turlupine la mènera à trouver la vérité sur cette affaire de quiche... J'ai beaucoup de sympathie également pour ce policier qui la prend en affection, Bill Wong, un personnage très intéressant et qui capte très rapidement notre attention, et que je me réjouis déjà de retrouver dans les opus suivants de la série.

En bref cette Miss Marple des temps modernes fait une parfaite lecture sans prise de tête pour l'été.

jeudi 7 juillet 2016

17 - Le temps est assassin

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Les Presses de la Cité

J'ai eu la chance de gagner ce dernier titre en date de Michel Bussi, Le temps est assassin, à l'occasion d'un concours sur la page Facebook de l'auteur. Merci aux Presses de la Cité !

1989 : Clotilde Idrissi a 15 ans, les idées noires et des rêves plein la tête. Petite fille d'un homme craint et respecté de la presqu'île de la Revellata, elle a pour habitude de revenir tous les étés en vacances sur le lieu de rencontre de ses parents, avec son frère Nicolas, dans un camping jouxtant la maison de son Papé. Mais cet été n'est pas comme les autres, et le soir du 23 août tout bascule. Un accident lui enlève ses parents et son frère. Clotilde est la seule survivante.

2016 : Clotilde Idrissi a 42 ans, un mari Franck, et une fille ado, Valentine. Elle décide qu'il est enfin temps pour elle de revenir sur les traces de son passé, de revoir son Papé, sa presqu'île, d'expliquer à Valou sa jeunesse et ce qu'elle a vécu ici il y a 27 ans. Il est temps pour elle de faire son pèlerinage et son deuil. Mais Clotilde ne se doute pas une seule seconde qu'elle y croisera les fantôme de son adolescence...

Encore une fois Michel Bussi a œuvré avec talent pour nous offrir un roman plein de suspense et de surprises. Nous sommes au cœur des traditions corses, leurs secrets de famille, leurs mœurs. Mais également immergés dans ces paysages magnifique, la mer, le maquis, les odeurs entêtantes, le soleil... Le temps est assassin est à la fois un livre qui fait chaud au cœur, et un roman noir, un drame qu'on ne peut imaginer et qui va frapper de plein fouet les personnages.

Encore une fois Michel Bussi a réussi à me bluffer, certes pas de manière aussi flagrante que dans Nymphéas noirs, qui reste mon préféré, mais Le temps est assassin se rajoute sans peine à cette liste de plus en plus longue des romans que je recommande sans modération.

Encore une fois, monsieur Michel Bussi, vous m'avez montré que vous n'êtes pas à court de surprises et que, de roman en roman, j'ai raison de vous suivre et de vous attendre !


La beauté, c'est un secret. En parler, c'est la violer.
Pour moi, la Corse, c'est ça...
Il faut l'aimer et la laisser en paix.


L'amour, c'est le père Noël pour les grandes personnes. 

- Faut vivre, mademoiselle, avait dit un jeune flic en posant une couverture de survie argenté sur son dos. Faut vivre pour eux. Pour ne pas les oublier.
Elle l'avait regardé comme un con, comme un curé qui parle de paradis. Il avait raison pourtant. Même les pires souvenirs finissent par s'oublier, si on en empile d'autres par-dessus, beaucoup d'autres. Même ceux qui vous ont cisaillé le cœur, ceux qui vous ont rayé le cerveau, même les plus intimes. Surtout les plus intimes.
Parce que de ceux-là, les autres s'en foutent.  

 

jeudi 30 juin 2016

16 - Barcelona

Auteur : Daniel Sanchez Pardos
Éditeur : Presses de la Cité

Barcelone, 1874. Gabriel Camarasa est le fils du dirigeant des Nouvelles illustrées, un journal à scandale récemment créé par son père au retour de leur exil à Londres. Lorsqu'Antoni Gaudì, jeune étudiant en architecture, sauve la vie de Gabriel devant l'incendie du principal concurrent des Nouvelles illustrées, aucun de ces deux personnages ne peut encore se douter qu'ils vont développer une amitié sincère au cœur de cette Barcelone troublée entre la République déclinante et le potentiel retour de la Monarchie...

J'ai eu la chance de recevoir Barcelona dans le cadre d'un Masse Critique, et je remercie chaudement les Presses de la Cité et Babelio pour cette belle découverte. Ce qui m'a tout d'abord attirée vers ce roman, c'est son contexte, l'Espagne de la fin du XIXe siècle, ses troubles politiques, mais également et surtout la présence de l'illustre Antoni Gaudì, que j'avais étudié en cours d'histoire de l'art. Bien évidemment j'en connais trop peu à la fois sur l'histoire de l'Espagne et sur la vie de l'architecte pour démêler le vrai du faux dans cette histoire, donc je préfère tout prendre comme une fiction historique, c'est plus sûr. 

Barcelona est un roman qui a su me séduire, me transporter dans une Barcelone d'un autre temps. J'ai aimé ce paradoxe entre les intrigues politiques des grandes familles riches d'un côté, et les bas fonds de la misère espagnole d'un autre. Tous tellement différents, mais qui se retrouvent au final tout aussi importants les uns que les autres dans l'intrigue. Et surtout, j'ai aimé le personnage d'Antoni Gaudì, plein de mystères, de suffisance, mais pourtant sympathique, qui n'hésite pas à nous entraîner dans ses activités spirites, ses expériences et ses discussions enflammées sur l'architecture, la politique, la vie... Et bien sûr ses déductions dignes d'un Sherlock Holmes qui aideront grandement Gabriel à démêler le vrai du faux dans cette intrigue politique et policière de grande ampleur.

J'ai donc beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé très agréable à lire malgré les sujets abordés, et très dépaysant. 

À découvrir !



Comme j'eus l'occasion de le découvrir aux premiers jours de notre relation, Gaudì était un homme aux habitudes régulières qui menait une vie profondément irrégulière, ou pour être plus précis, peut-être, un homme à l'esprit profondément irrégulier dont les journées s'organisaient autour d'une série d'habitudes aussi régulières que celles d'un employé de banque.

- Les amours impossibles n'existent que dans les romans, répondis-je. Dans la vie réelle, il y a tout au plus des amours improbables… 

- Je ne vous croyais pas au fait de ce genre de choses, Gaudi, mon ami, dis-je. Je ne vous imagine pas en train de lire la rubrique mondaine des journaux...
- Les personnes qui figurent dans cette section, Camarasa, mon ami, sont celles qui brassent l'argent qui nous donnera un jour à manger. Il nous faut connaître leurs noms, même si leurs faits et gestes nous ennuient souverainement.


mercredi 18 mai 2016

13 - Gagner la guerre

Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Éditeur : Folio

Ça y est, après un bon mois je viens enfin de terminer Gagner la guerre. On me l'avait mis dans les mains en me disant que ce livre était génial, et je me suis empressée de m'y plonger. 

Dans un monde fortement inspiré de la Renaissance Italienne et de l'Antiquité Romaine, additionné de magie et d'elfes, nous suivons les aventures de Benvenuto Gesufal, membre de la guilde des Chuchoteurs placé sous les ordres du Podestat de la République : Leonide Ducatore. Personnage haut en couleurs, assassin émérite, maître espion, Benvenuto va pourtant être l'instrument des manigances de son patron, et sera ainsi balloté au travers d'intrigues politiques qui le placeront sans cesse sur la corde raide...

Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans l'histoire, puisque j'ai été profondément déstabilisée au premier abord par des intrigues politiques dont je ne comprenais pas grand chose... Mais comme on m'a dit "lis ce livre, il est génial", j'ai persévéré un peu, et je suis rapidement tombée dans l'effet totalement inverse, je n'arrivais plus à me sortir cette histoire de la tête... C'est un pavé, plein d'aventures et de rebondissements, mais qu'on prend quand même le temps de savourer car l'univers créé par Jean-Philippe Jaworsky est tellement riche, aussi bien sur le plan politique que sur la psychologie des personnages, qu'on ne peut pas juste s'y attarder en passant. L'écriture est juste sublime, un langage à la fois recherché et très édulcoré, totalement à l'image du narrateur, Benvenuto. Et l'intrigue tient du pur génie.

J'avoue que j'ai un pincement au cœur à refermer définitivement cet ouvrage qui m'a tenue en haleine si longtemps... Gros coup de cœur !


Je suis allergique aux enterrements. Ça peut sembler bizarre, compte tenu de mon fonds de commerce, mais c’est ainsi. J’ai mes raisons. Tuer et inhumer, c’est deux activités très différentes. Buter un quidam, pour un affranchi, c’est gratifiant. Ça demande un minimum de cœur au ventre, ça nécessite un vrai sens du contact, c’est un peu sale, c’est rapide, c’est payant : bref, c’est une réelle expérience humaine, directe et sans complications. Enterrer le même quidam, par contre, quelle corvée ! C’est codifié, grégaire, faux cul, interminable. Ça sublime toutes les vicissitudes du banquet de mariage, en noir et sans le pince-fesse. La douleur sincère de quelques naïfs copule d’obscène manière avec les larmes obligées du plus grand nombre.

Chez les gens de qualité, faire assaut de charme est une seconde nature. C’est un divertissement, comme l’escrime, la guerre et la politique. Personne n’est dupe : on s’entraîne à croiser le fer, à toucher et à prendre… On s’engage à mots couverts et à sentiments mouchetés, on soigne la manière sans chercher à conclure, tout le plaisir réside dans la manœuvre et dans le mot d’esprit. Du moins, tant qu’on garde la maîtrise du jeu. 

Je sers l’État, ce qui implique que je dois parfois lui sacrifier certaines valeurs. Mais c’est parce que la République est portée par des êtres tels que moi que les personnes de qualité comme vous peuvent se permettre le luxe d’une moralité sans faille. 
  

jeudi 14 avril 2016

12 - Nymphéas noirs

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Presses de la Cité

Giverny, petit village de Normandie, fief du peintre impressionniste Claude Monet... C'est dans ce cadre pictural paradisiaque qu'une vieille femme découvre le cadavre d'un médecin. La victime était connu pour être un grand amateur d'art, rêvant de posséder un véritable Nymphéa, mais également collectionneur de femmes. L'inspecteur Laurenç, fraîchement nommé au commissariat de Vernon, est persuadé que l'assassin est le mari de cette magnifique institutrice aux yeux couleur nymphéas, alors que son acolyte préfère suivre la piste du trafic d'art et s'interroge sur le décès d'un enfant bien des années auparavant, dans des conditions semblables... Mais que dire de Fannette, cette fillette de 11 ans, qui peint avec tant de talent qu'elle a toutes ses chances de remporter le concours de la fondation Robinson ? Ou encore de cette vieille femme mystérieuse, qui se glisse telle une souris à chaque "tableau" de l'histoire, et qui prétend en connaître le fin mot ?

On m'avait annoncé que Nymphéas noirs était un ovni sur la planète romans policiers. Et, en effet, c'est un roman qu'on ne peut pas lâcher une fois ouvert, on y pense, on y repense, on veut savoir, on s'attache, on hypothétise... Et on découvre également l'univers de Monet et de l'impressionnisme... Un polar érudit passionnant, troublant, dont le suspense monte crescendo jusqu'aux derniers chapitres, menant à une fin que personne n'a pu imaginer. En tous cas pas moi, ça c'est sûr !

Nymphéas noirs est pour moi un roman magistral, de loin le meilleur Michel Bussi que j'ai lu jusqu'à présent. Lisez-le, que vous soyez ou non amateurs de peinture ou de polar, foncez ! Un gros coup de cœur !


Il n'existe aucune coïncidence dans toute cette série d'évènements. Rien n'est laissé au hasard dans cette affaire, bien au contraire. Chaque élément est à sa place, exactement, au juste moment. Chaque pièce de cet engrenage criminel a été savamment disposée et croyez-moi, je peux vous le jurer sur la tombe de mon mari, rien ne pourra l'arrêter. 

À tout prendre, pour être pleuré, mieux vaut crever jeune, en pleine gloire. Même si vous êtes le pire des salauds, pour être regretté, mieux vaut y passer le premier !  

Le crime de rêver je consens qu'on l'instaure
Si je rêve c'est bien de ce qu'on m'interdit
Je plaiderai coupable Il me plaît d'avoir tort
Aux yeux de la raison le rêve est un bandit 
                                                                   Louis Aragon 

   

mardi 29 mars 2016

10 - Anno Dracula

Auteur : Kim Newman
Éditeur : Bragelonne

Anno Dracula... Ce roman me faisait de l’œil depuis un moment déjà, grâce à ses nombreuses critiques enthousiastes, au thème pour le moins atypique, mais également grâce à cette superbe couverture qui invite à s'approprier l'objet...

Nous sommes au XIXe siècle,  dans un Londres que l'on connait, mais qui a une particularité : la cohabitation des vampires et des humains. Les non-morts peuvent en effet enfin "vivre au grand jour" suite au mariage de la reine Victoria et de Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula. Oui, ce même Dracula protagoniste du roman de Bram Stoker. Et c'est là l'un des principaux intérêts de cette histoire. Kim Newman emprunte personnages, faits et légendes de la littérature du genre, et mêle le tout dans un thriller fantastique haletant. Car vous pensez bien que la cohabitation entre humains et vampires ne peut pas se passer sans heurts, et l'intrigue se précise autour d'un mystérieux personnage, que nous connaissons tous sous le nom de Jack l'Éventreur, qui assassine des prostituées vampires du quartier de Whitechapel.

Beaucoup de personnages nous sont donc tout à fait familiers, comme Dracula bien entendu, mais aussi Jack l'Éventreur, Bram Stoker ou encore Van Helsing... Même Sherlock Holmes est mentionné à l'occasion. Et j'ai été étonnée de la facilité avec laquelle ces personnages littéraires ont été importés et intégrés à cette histoire, le plus naturellement du monde. Mais ceux qui m'ont le plus charmée sont deux protagonistes, Geneviève Dieudonné, une vampire plus ancienne que Vlad Tepes et bien plus sage, et Charles Beauregard, espion agissant pour le compte du mystérieux et intrigant Diogene's Club. Et c'est là mon seul regret concernant ce roman, j'aurais aimé que Geneviève et Charles soient un peu plus étudiés, qu'on gratte un peu plus profond au niveau de leurs caractères et de leurs vécus respectifs. Mais peut-être que ce sera fait dans les trois tomes suivants, je le découvrirai sans tarder.

Donc oui, vous l'aurez compris, Anno Dracula est un roman qui a tout pour plaire, plutôt atypique dans son genre, et je vous conseille de le découvrir, ne serait-ce que par curiosité ! Vous aurez même la chance d'avoir en bonus une fin alternative, qui n'a pas été retenue pour la version finale... À vous de savoir à quelle fin ira votre préférence, moi j'ai préféré la fin officielle !




- Mr Holmes aurait été capable de donner le nom de jeune fille de la mère de Scalpel d'Argent, chuchota Lestrade à Geneviève, et rien qu'en examinant la cendre d'un cigare.

Mary Jane allait toujours à l’église, quand elle le pouvait. On lui avait appris que Dieu pardonnait. Après tout, le Seigneur était revenu du tombeau et avait proposé aux siens de boire Son sang. Tout comme Miss Lucy.

— Si nous étions tous vampires, auprès de qui les vampires se nourriraient-ils ?
— Bah, il suffirait d’importer des Africains ou des autochtones d’Océanie, répondit Moreau sur le ton qu’il aurait employé pour faire remarquer à un arriéré mental que le ciel était bleu. Nous pourrions également élever un cheptel d’animaux inférieurs dans l’échelle de l’évolution à l’homo vampiricus. Si les vampires peuvent changer de forme, les autres créatures aussi.


À l’évidence, une longue existence n’assurait pas un développement proportionné de l’intelligence.  

 

lundi 29 février 2016

08 - Le meurtre de la Saint-Valentin

Auteur : Tom Savage
Éditeur : Albin Michel

Ce roman de Tom Savage a été sélectionné pour la dernière session de Caro-Lire. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas du tout le genre de roman qui m'attire en librairie. Publié en 1997, je m'attendais à une vieille histoire vaguement flippante, une vengeance amoureuse qui a mal vieilli. Et bien, figurez-vous que, contre toute attente, j'ai été plutôt séduite par Le meurtre de la Saint-Valentin.

Jill Talbot est une écrivaine de polars à succès, habitant un charmant appartement au cœur de Greenwich Village à New York, vivant une belle histoire d'amour avec Nate, un artiste passionné et follement amoureux d'elle, dont elle est enceinte. Mais ce bonheur se met à trembler peu à peu, lorsque Jill reçoit des lettres de menaces signées par un certain Valentin... Est-ce l’œuvre d'une personne qu'elle connait ou d'un fan dérangé ? Quoi qu'il en soit, Jill décide de ne pas se laisser abattre, prévient la police et engage un détective privé afin de faire la lumière sur toute cette affaire, avant le jour fatidique de la Saint-Valentin...

Le meurtre de la Saint-Valentin est un roman bien ficelé, qui se lit très facilement et très rapidement. D'autant plus rapidement que, sans être l'histoire du siècle, l'intrigue nous tient bien en haleine jusqu'à la fin, et il est difficile de reposer le livre une fois qu'on y plonge... Le mobile du meurtrier est dévoilée très tôt, mais malgré les nombreuses hypothèses plus ou moins justes que j'ai pu élaborer tout au long de la lecture, le mystère de son identité n'est finalement entièrement résolu qu'au dernier chapitre.

Alors oui, c'est une histoire qui a peut-être un peu vieilli, comparée aux polars à succès d'aujourd'hui, bien plus noirs et angoissants, mais ce roman de Tom Savage a tout pour nous faire passer un bon moment, et je remercie grandement mon club de lecture préféré pour sa découverte !


Et de trois, pensa-t-il. Trois d'abattues, il en reste encore une.
La voiture traversa la forêt et s'engagea sur un chemin de campagne pour rejoindre la route, roulant à vitesse modérée, paisible, pour éviter d'éveiller les soupçons. Au moment où elle se fondit dans la circulation, en direction de la ville, il chantonnait :
" My funny Valentine. "
Il pensa au dernier nom qui restait sur sa liste. Il cessa de chanter pour prononcer ce nom dans un souffle, à plusieurs reprises, puis ce souffle devint murmure, et le murmure un cri qui emplit la voiture, tinta dans ses oreilles, résonna à travers la nuit glaciale... 

vendredi 15 janvier 2016

01 - La Dame en blanc

Auteur : W. Wilkie Collins
Éditeur : Phébus

La dernière session de mon club de lecture m'a mis ce livre entre les mains. J'avais déjà entendu parler de W. Wilkie Collins, en grand bien, mais je n'avais jamais eu l'occasion de me plonger dans l'une de ses œuvres. J'attendais donc cette lecture avec impatience, et je n'ai pas du tout été déçue.

Parlons de l'histoire déjà. Le narrateur principal est Walter Hartright, un jeune dessinateur. Alors qu'il profitait de sa dernière soirée à Londres avant son départ pour Limmeridge House, où il doit enseigner son art à deux jeunes demoiselles de la haute société, Laura et Marian, Walter rencontre une jeune femme tout de blanc vêtue, fragile et apeurée, qui, par une grande coïncidence, se met à lui parler de Limmeridge House et de ses habitants. En vrai gentleman, Walter aide la jeune femme à regagner Londres en sécurité, car celle ci semble suivie, puis rentre chez lui et part comme convenu vers sa prochaine destination. Mais la dame en blanc reste bien présente dans son esprit, et Walter est bien décidé à faire toute la lumière à son sujet...

Malgré un début peu racoleur, dans lequel je trouve que l'intrigue est un peu longue à se mettre en place, c'est au final un vaste roman que nous offre là monsieur W. Wilkie Collins. À la fois histoire d'amour, d'amitié, intrigue familiale et politique, et portrait de la société anglaise du XIXe siècle, La dame en blanc a tout d'un grand roman haletant et plein de suspense, qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne. L'histoire est racontée par ses différents protagonistes, qui nous relatent chacun à leur tour les événements les concernant, ce qui pousse le lecteur à découvrir petit à petit les différents tenants et aboutissants de cette histoire, qui est loin d'être simple. Et je peux vous dire que, même si on assemble assez facilement toutes les pièces de ce puzzle, il manquera toujours un petit détail qui fera toute la lumière sur cette affaire. Suspense garanti !

Beaucoup disent de monsieur W. Wilkie Collins qu'il est le précurseur du thriller, et cette lecture, pourtant bien loin d'un thriller d'aujourd'hui, m'a totalement convaincue de cette affirmation. Un roman à découvrir absolument.


Là, derrière moi, au milieu de la route déserte qui se détachait plus claire dans la nuit, se tenais une femme sortie de terre comme par miracle ou bien tombée du ciel. Elle était tout de blanc vêtue et, le visage tendu vers moi d'un air interrogateur et anxieux, elle me montrait de la main la direction de Londres. J'étais bien trop surpris de cette soudaine et étrange apparition pour songer à lui demander ce qu'elle désirait.

Le plus grand criminel est capable de beaux sentiments.  

Le crime d'un imbécile est celui que l’on découvre. Celui d’un homme intelligent ne se découvre jamais.


lundi 15 juin 2015

14 - Ne lâche pas ma main

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Les Presses de la Cité
Publié en : 2014

J'ai eu la chance il y a peu de rencontrer Michel Bussi dans les locaux de Babelio, et j'ai découvert à cette occasion qu'il avait écrit Ne lâche pas ma main lors de vacances à la Réunion, utilisant l'île comme cadre de son histoire. Étant réunionnaise, il ne m'en a pas fallu plus pour me donner envie de découvrir ce thriller tropical.
 
Martial, sa femme Liane et leur fille Sofa sont en vacances à l'hôtel Alamanda, à Saint-Gilles. Lors d'un après-midi au bord de la piscine, Liane remonte dans sa chambre. Une heure plus tard, Martial, inquiet, la rejoint, et trouve une chambre déserte, vidée des affaires de sa femme, et une moquette tâchée de sang... Liane a disparu.
 
Ne lâche pas ma main est le 3e roman de Michel Bussi que je découvre, et encore une fois je me suis laissée prendre au jeu de ces intrigues très bien ficelées et pleines de suspense. De nombreux indices sont parsemés tout au long de l'histoire, et c'est vraiment amusant d'essayer de recoller tous les morceaux afin de démêler ce sac de nœuds. Mais Michel Bussi sait y faire, laissant juste ce qu'il faut d'indices pour titiller notre cerveau, mais pas assez pour qu'on ne puisse pas se priver du plaisir de la grande révélation finale. J'ai beaucoup apprécié certains personnages, comme Imelda par exemple, ou encore Christos. Ce que j'ai un peu moins aimé, principalement au début, c'est la vision que l'auteur nous propose de la Réunion. Mais il est vrai que j'ai quitté l'île il y a plus de 10 ans, et que les choses et les mentalités changent beaucoup avec le temps. Je ne me suis donc pas arrêtée là dessus, et j'ai été bien contente de retrouver les paysages, les lieux de cette île que j'aime tant dans la suite de l'intrigue.
 
Encore un roman de Michel Bussi qui m'a fait passer un bon moment, je poursuivrai bien évidemment bientôt ma découverte de son œuvre.
 
 
— Tu sais comment je fais, moi, pour pas la perdre, ma femme ?
Imelda ne répond pas. Elle tire sur les draps avec énergie et dégage la marmaille.
— Comme pour pas perdre mes clés, en fait.
Toujours pas de réponse. Imelda se baisse pour ramasser les coussins éparpillés dans la chambre.
— Je fais des doubles !
Christos sort de la pièce en éclatant de rire, juste avant de se prendre trois coussins dans la gueule.
 
Je voudrais pas te faire de peine, Aja, mais si j’accroche ces X-Men à une voile et que je les lâche dans les alizés, ils vont se retrouver au milieu du Dolomieu, grillés comme des moustiques sur un halogène.
 
Comme tu veux, papa.
Si tu crois que la police est plus efficace que les fées contre les sorcières.
 
 

lundi 11 mai 2015

11 - N'oublier jamais

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Pocket
Publié en : 2015

Grâce à Babelio, j'aurai très bientôt la chance de rencontrer Michel Bussi. Deux de ses livres m'ont été envoyés pour l'occasion, N'oublier jamais et Maman a tort. On m'avait déjà vivement conseillé de lire son Nymphéas noir, mais je n'ai encore jamais eu l'occasion de me plonger dans l'un des romans de l'auteur. C'est maintenant chose faite...

Jamal est un jeune arabe du 9-3, unijambiste mais très sportif grâce à sa prothèse qui lui permet de courir. Jamal est en vacances à Yport lorsqu'il croise au hasard de son jogging quotidien une jeune fille en haut d'une falaise, en pleurs, visiblement terrifiée et vêtue d'une robe déchirée. Il utilise alors une écharpe rouge trouvée sur le chemin un peu plus tôt pour essayer de la ramener en lieu sûr, mais la jeune fille ne le suit pas et se jette de la falaise. Jamal retrouve très rapidement son cadavre au pied de la falaise, l'écharpe étrangement enroulée autour du cou. Et c'est là que les ennuis commencent...

On s'en pose des questions, dans ce roman de Michel Bussi. On se triture les méninges pour essayer de comprendre le pourquoi du comment de cette histoire totalement folle. En ce qui me concerne, je n'avais rien deviné du dénouement final, la surprise a été totale et c'est un bon point pour ce roman, même si j'ai trouvé que l'intrigue est vraiment tirée par les cheveux. Le suspense est tout de même bien présent, et malgré quelques longueurs j'ai bien aimé.

Allez, trêve de bavardage, je me plonge tout de suite dans Maman a tort !


Leur mariage fut programmé pour le 2 octobre 2004. Le cadavre de Myrtille portait à l'annulaire sa bague de fiançailles.
Il y aurait eu beaucoup de monde au mariage de Myrtille.
Beaucoup, mais peut-être pas autant qu'il y en eut à son enterrement.  

J'ai cherché à me rappeler son vrai nom, celui qu'il avait donné aux flics le matin. Ça m'est revenu au bout de quelques minutes. Un nom à se foutre une balle pour un type qui avait sacrément l'air victime du système. Le Medef. Christian Le Medef. 

Une vieille dame tenait au bout d'une laisse interminable un petit chien ridicule, genre modèle qui fonctionnerait avec une télécommande et des piles, prétentieux au point d'insulter les mouettes à coups de jappements hystériques. 

 

mardi 24 mars 2015

07 - Rebecca

Auteur : Daphné du Maurier
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 2015 (pour la nouvelle traduction)

J'étais encore au lycée lorsque j'ai lu pour la première fois Rebecca. Malgré les années qui ont passé, j'en avais gardé le souvenir d'un roman angoissant et génial, qui m'avait vraiment captivée à l'époque. J'ai donc profité de la nouvelle traduction qui vient de sortir en librairie pour redécouvrir ce classique de la littérature anglaise. D'ailleurs la jaquette de cette nouvelle édition particulièrement réussie, et bien représentative de l'atmosphère de cette histoire...

Dans Rebecca, nous suivons une narratrice jeune et naïve, ni particulièrement belle, ni particulièrement intelligente, sans perspective d'avenir, qui rencontre lors d'un voyage un riche anglais, Maximilien de Winter, bien plus âgé qu'elle, et veuf depuis peu. Ces deux protagonistes vont tomber amoureux, se marier, et l'histoire commence réellement lorsque Max ramène sa jeune épouse dans sa célèbre et magnifique propriété de Manderley, encore très fortement hantée par la présence de la première Madame de Winter, Rebecca... 

Le suspense psychologique est la spécialité de Daphné du Maurier, et Rebecca en est l'un des meilleurs représentants. Le tour de force est bien entendu de faire d'une personne décédée son personnage principal, qu'on ne voit donc jamais, mais qui envahit tout le récit de sa présente pesante, angoissante et mystérieuse. Et c'est cette atmosphère qui nous tient en haleine tout au long de l'histoire. On veut savoir, on se doute, on émet des hypothèses, jusqu'à ce que la vérité éclate au grand jour et nous permette enfin de lâcher prise et de refermer le livre. J'ai adoré également la propriété de Manderley, sa maison, ses jardins, sa crique en bord de mer, et ses habitants. On ne peut qu'éprouver de la fascination pour ce domaine, on ne peut que l'aimer et rêver d'y aller un jour, d'en savourer chaque décor, chaque odeur, chaque couleur si bien décrits par l'auteur...

Rebecca est (malheureusement) le seul roman de Daphné du Maurier que j'ai lu, et je compte bien prendre le temps d'y remédier. L'univers et la plume de cette écrivaine semblent si riches et fascinants, je ne peux pas risquer de passer à côté d'autres chefs-d'œuvre ! 


- Si seulement on pouvait inventer quelque chose, dis-je vivement, qui conserve un souvenir dans un flacon, comme un parfum, et qui ne s'évapore, ne s'affadisse jamais. Quand on en aurait envie, on pourrait déboucher le flacon et on revivrait l'instant passé. 

Je me demandais combien il pouvait y avoir de gens dans le monde souffrant et continuant de souffrir parce qu'ils ne parvenaient pas à briser leur filet de timidité et de réserve, et qui dans leur aveugle folie construisaient devant eux un grand mur qui cachait la vérité. 

C'était Manderley, notre Manderley secret et silencieux comme toujours avec ses pierres grises luisant au clair de lune de mon rêve, les petits carreaux des fenêtres reflétant les pelouses vertes et la terrasse. Le temps n'avait pas pu détruire la parfaite symétrie de cette architecture, ni sa situation qui était celle d'un bijou au creux d'une paume.

vendredi 28 novembre 2014

45 - Docteur Sleep

Auteur : Stephen King
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 2013

Shining a été mon premier roman de Stephen King, et pourtant je l'ai lu il y a à peine 3 ans... Contrairement à la majorité, mes souvenirs sont donc encore assez nets, et les questions que m'ont laissées les dernières pages également : que devient le petit Danny ? comment son Don évolue-t-il ? comment un petit garçon qui a un fardeau aussi lourd à porter et qui a vécu tant d'horreurs peut-il affronter la vie ? Merci à Stephen King d'avoir répondu à ces questions dans Docteur Sleep.

Docteur Sleep, c'est Dan. Le petit Danny a bien grandi, a mal tourné, a touché le fond, s'est retrouvé aux Alcooliques Anonymes, puis a finalement choisi d'utiliser son Don pour aider les pensionnaires mourants d'un hospice à passer de l'autre côté, donnant ainsi enfin un sens à sa vie... Dan a eu maintes fois l'occasion de croiser des personnes possédant le Don, à plus ou moins grande échelle, parfois juste une étincelle. C'est le cas d'Abra, qui a "touché" l'esprit de Dan pour la première fois alors qu'elle avait à peine 2 mois, tant ce Don en elle est puissant. Et puis il y a ces "vampires" qui se font appeler le Nœud Vrai, vivant sur les routes, à la recherche d'enfants possédant ce Don, les kidnappant, les torturant pour les presser comme des oranges et se nourrir de leur vapeur. À partir de là, il est enfantin d'imaginer la réaction du Nœud Vrai lorsqu'ils vont capter l'existence d'Abra, et la puissance exceptionnelle de son Don... Ah oui, j'oubliais, et ne croyez pas que les cendres de l'Overlook ont enterré tous ses fantômes !

J'avais bien aimé Shining, mais sans plus. Par contre j'ai dévoré Docteur Sleep, que j'ai trouvé bien plus dense, bien plus intense, bien plus prenant que son aîné, auquel il donne même plus de substance par ses révélations. Les éléments d'un bon Stephen King sont évidemment là, comme le thème de l'addiction, à l'alcool bien sûr, mais également l'addiction du Nœud Vrai à la vapeur. Les personnages sont aboutis, psychologiquement fascinants, et on n'a aucun mal à s'attacher à eux, ni à les suivre dans leurs aventures. J'ai trouvé l'histoire superbe, jouant plus sur nos émotions que sur nos frayeurs pour une fois, pleine de suspense, d'action et de renversements de situation qui nous font rapidement oublier qu'on a un pavé de 600 pages entre les mains.

J'ai adoré, et je le recommande sans hésiter à tous ceux qui ont lu et aimé Shining, bien entendu (quant aux autres, qu'est-ce que vous attendez pour vous y mettre ???).


L'esprit est un tableau noir. L'alcool, la brosse à effacer.

L'avantage de vieillir, c'est de ne plus avoir peur de mourir jeune.

Les bébés vous raconteraient tous les secrets de l’univers, si seulement ils pouvaient parler. [...] sauf que le bon Dieu s’était arrangé pour que, le temps qu’ils soient capables de dire autre chose que gouh-gouh-gah-gah, ils aient tout oublié, comme nous oublions nos rêves, même les plus lumineux, quelques heures à peine après le réveil.


lundi 17 novembre 2014

43 - Le lecteur de cadavres

Auteur : Antonio Garrido
Éditeur : Grasset
Publié en : 2014

Ce livre me fait de l’œil depuis sa sortie, grâce à la chronique de Gérard Collard (que vous trouverez ici). 

Nous sommes dans la Chine impériale du XIIIe siècle, gouvernée par la dynastie Song, et nous faisons la rencontre de Cí, un jeune homme féru de connaissances, dont l'unique souhait est d'étudier à l'université de Lin'an, la capitale de l'Empire. Mais Cí, en fils obéissant, doit suivre son père et sa famille lorsqu'ils retournent dans leur village natal. Là, il devra travailler durement dans les champs de son frère et abandonner son rêve. Lorsque son frère est arrêté pour meurtre, que son père et sa mère périssent dans l'incendie de leur maison, qu'il se retrouve seul avec sa sœur malade et qu'il se découvre le jouet de puissants qui cherchent à s'enrichir sur son dos, Cí n'a plus qu'une seule option : fuir son village et se rendre avec sa sœur à Lin'an, où il trouvera les remèdes pour la soigner et commencer une nouvelle vie... et peut-être une nouvelle chance de réaliser son rêve.

Quel dépaysement que ce Lecteur de cadavres ! Nous sommes plongés dans la Chine médiévale, avec ses us et coutumes, ses traditions, sa pensée confucianiste, sa misère, son organisation, ses crimes... Rien que pour ça, ce livre vaut la peine qu'on s'y arrête. Ce récit exotique est extrêmement bien documenté, même si on ne sait pas vraiment où est la frontière entre réalité et fiction, et tout est décrit de telle sorte que le lecteur est absorbé par le cadre, l'histoire, les odeurs... Et malgré les 600 pages, on ne s'ennuie jamais. L'histoire en elle-même, inspirée de la vie de Song Cì, connu comme étant le premier médecin légiste, est pleine de rebondissements, mais comme beaucoup l'ont dit avant moi, il y a une surenchère de malchance dans la vie de ce pauvre jeune homme, dont les péripéties personnelles auraient gagné à être plus simples. Néanmoins, cela n'enlève en rien le charme de cette histoire, le suspense de l'enquête, et ce décor envoûtant et passionnant...

Vous l'aurez compris, Le lecteur de cadavres m'a emballée, et je le recommande sans modération !


Il dit que les filles étaient comme la langouste : tout ce qu'elles faisaient, c'était manger et occasionner des dépenses. Ensuite, quand elles se mariaient, elles appartenaient à la famille de leur mari et c'était à lui de s'en charger, et à leurs beaux-parents dont elles s'occupaient jusqu'à leur mort.
- Et nous, elles nous oublient, ajouta-t-il. C'est un malheur de ne pas avoir d'enfants mâles. Eux, au moins, ils trouvent des femmes qui nous soignent quand nous sommes vieux.

Xu lui expliqua qu'il vivait avec ses deux épouses. Il avait eu trois filles mais, par chance, il avait réussi à les marier, si bien qu'il en était débarrassé. 

Le jus de chat était en effet un revigorant. Mais Cí n'était pas très sûr que le procédé employé pour l'obtenir fût à son goût.
- Si un jour tu as pressé une éponge, tu pourras l'imaginer, lui expliqua la femme en lui servant un autre verre. On attrape un beau chat et on lui brise les os avec un marteau en prenant soin de ne pas lui écraser la tête afin qu'il reste vivant. On le laisse reposer un peu et on met le feu à ses poils. Puis on l'ébouillante et on l'assaisonne à son goût. Après une heure de cuisson, on filtre dans un pichet, et voilà.

   

lundi 3 novembre 2014

42 - Misery

Auteur : Stephen King
Éditeur : J'ai Lu
Publié en : 1994 (écrit en 1990)

Cela fait bien longtemps que je me dis que ce serait bien de me plonger dans l’œuvre de Stephen King. Mais une liste de livres à lire qui n'en finit pas de déborder a maintes et maintes fois repoussé ce projet. Heureusement, mon club de lecture CaroLire a mis 2 titres de l'auteur en tête de liste pour la fin de l'année, Misery et Docteur Sleep. J'ai commencé par Misery, certainement par souci chronologique...

Annie Wilkes est une ancienne infirmière au passé trouble et sanglant, complètement maniaco-dépressive, et fan de la série de romans Misery Chastain. L'auteur de ces romans, Paul Sheldon, est victime d'un grave accident de la route, et se réveille douloureusement, les jambes en miettes, dans une chambre de la maison d'Annie, qui l'a bien sûr reconnu, soigné et drogué au Novril...
Mais Annie Wilkes est justement en train de lire le dernier opus des aventures de Misery, et ne sait pas encore que l'auteur, las de ce personnage et de ces histoires populaires qu'il assimile à de l'argent facile et de la mauvaise littérature, a fait mourir la protagoniste de ses romans, espérant ainsi pouvoir enfin se consacrer à des histoires plus sérieuses, qui mettront enfin son génie en lumière...
Reste à savoir à quel point la mort de son héroïne va contrarier Annie...

Je viens juste de terminer Misery, et j'en tremble encore. J'ai pourtant eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire au début, je n'arrivais pas à éprouver ni sympathie ni empathie pour Paul, ni dégoût pour Annie... Et bien je peux vous dire que ça a vite changé ! Annie Wilkes est un personnage fascinant, complexe. Elle est totalement imprévisible et pour moi c'est elle qui tient tout le roman du début à la fin, qui garde notre intérêt intact. Tout comme Paul Sheldon, on craint chacune de ses réactions, et lorsqu'il projette quelque chose, on ne peut s'empêcher d'imaginer ce que l'esprit complètement tordu d'Annie va bien pouvoir inventer pour le punir. Et tout comme Paul Sheldon, on bascule vite dans l'horreur et le malsain. Je pense notamment à la fameuse scène de la hache, ou encore à la bougie du gâteau d'anniversaire (j'en ai encore des frissons brrrrr).

Stephen King n'utilise aucun artifice surnaturel dans Misery, mais le résultat est au rendez-vous, car l'auteur maîtrise à la perfection son récit, nous amenant crescendo jusqu'au grand final tant attendu, aussi horrible et dérangé qu'on aurait pu l'espérer, et tellement jouissif !

J'ajoute qu'en tant que membre de la grande famille Édition, je ne pouvais pas rester insensible au Retour de Misery, qu'Annie l'oblige à écrire afin de ressusciter son idole. Avoir deux romans en un, qui se "parlent" tout au long de l'ouvrage, c'est une cerise sur le gâteau que j'ai pu savourer à sa juste valeur (même si on est bien d'accord que les romans à l'eau-de-rose et complètement tordus comme les aventures de Misery Chastain ne sont pas du tout ma tasse de thé, hein ? xD).

Voilà, je finirais en disant qu'à mon avis, le nom d'Annie Wilkes (brrrr) me fera frissonner encore bien longtemps après avoir refermé ce livre...


Fous un écrivain à poil, fais le tour de ses cicatrices, et il te racontera en détails l'histoire de la plus petite d'entre elles. Les grandes sont à l'origine de tes romans, pas l'amnésie. C'est tout à fait utile d'avoir un peu de talent pour devenir écrivain, mais la seule chose qui soit absolument indispensable, c'est la capacité de se souvenir de la moindre cicatrice.

Tenez, Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, et cet espèce de bouseux du Mississippi, Faulkner, un truc comme ça ; eh bien, ces types ont beau avoir gagné le prix Pulitzer ou le prix Machin, c'étaient rien que des voyous, des biscornouilles d'ivrognes.


mardi 30 septembre 2014

38 - Avant d'aller dormir

Auteur : S. J. Watson
Éditeur : Sonatine
Publié en : 2011

Cela fait déjà un moment que ce livre est dans ma PAL, et c'est bien évidemment la sortie de l'adaptation au cinéma qui m'a poussée à l'ouvrir. J'aurais dû le faire bien avant, car une fois ouvert, j'ai eu beaucoup de mal à le refermer...

Avant d'aller dormir nous raconte l'histoire de Christine, une femme qui, suite à un accident il y a plusieurs années, se réveille tous les matins amnésique. Elle se souvient selon les jours de sa jeunesse, mais n'a aucune idée de la femme qu'elle a été. 20 années se sont évaporées de sa mémoire. C'est son mari, Ben, qui, chaque matin, lui explique patiemment qui elle est avant de la laisser seule pour une longue journée de doutes et de questions pendant qu'il est au travail. Un médecin très intrigué par son cas et persuadé de pouvoir l'aider, le Dr Nash, l'approche un jour et lui donne l'idée de tenir un journal dans lequel elle relate, chaque jour, les souvenirs qui lui reviennent, les événements qui marquent son présent si fugace. C'est ce journal que nous découvrons dans ce roman.

J'ai adoré cette lecture, que j'ai trouvé surprenante, intéressante et pleine de suspense. Le fait de lire le journal de Christine au jour le jour plonge le lecteur dans la même confusion, on se pose les mêmes questions, on élabore les mêmes hypothèses sur ce qu'a pu être sa vie, sur son accident, sur son entourage. Et, tout comme Christine, on suit avidement cette quête de vérité, cette recherche de soi-même, au point d'en vouloir toujours plus (ce qui rend très difficile le fait de devoir refermer le livre le soir pour dormir !). Le "grand final" s'annonce petit à petit et devient évident, mais on le savoure tout aussi bien.

Une vraie immersion donc, avec une histoire de fond prenante et intrigante. Une histoire que je vais m'empresser de revivre différemment dans les salles obscures très bientôt.


Que sommes-nous d'autre que la somme de nos souvenirs ?  

Tout ce que je veux, c’est me sentir normale. Vivre comme tout le monde, avec des expériences enrichissantes, chaque jour donnant forme au suivant. Je veux mûrir, apprendre des choses et accumuler du savoir.

Comme mon corps m'est étranger ! Comme il m'est inconnu. Comment puis-je être heureuse de l'offrir à quelqu'un d'autre, alors que je ne le reconnais pas moi-même ? 

vendredi 22 août 2014

36 - Le protectorat de l'ombrelle T2 - Sans forme

Auteur : Gail Carriger
Éditeur : Orbit
Publié en : 2011


"Une histoire de vampires, de loups-garous et de dirigeables."

Tout est résumé dans cette unique accroche. Dans Le protectorat de l'ombrelle, que j'ai découvert au début de l'année avec le premier tome, Sans âme, Gail Carriger nous offre un savant mélange entre bit-lit, steampunk et humour anglais...

Rappelons-le, Alexia n'est pas un personnage ordinaire, puisqu'elle est la seule paranaturelle de Londres. Elle n'a pas d'âme, ce qui lui permet d'un seul contact d'ôter tout pouvoir surnaturel à un vampire ou un loup-garou, ou encore d'exorciser définitivement un fantôme. Dans ce tome, elle est amenée à enquêter sur un phénomène très étrange qui supprimerait les pouvoirs des êtres surnaturels dans un périmètre précis, et qui se déplace vers l'Écosse. Virus ? Arme ? Il y a là de quoi piquer la curiosité d'Alexia, toujours aussi intelligente et intrépide que dans le premier tome.

J'ai retrouvé dans cette suite la fraîcheur, la folie et l'humour anglais collé-monté qui m'ont tant plus dans Sans âme. Sans être la série du siècle, Le protectorat de l'ombrelle n'en est pas moins très distrayant. Le temps passe vite à sa lecture, on rigole, on s'interroge, il y a de l'action et aucun temps mort. Une parfaite lecture de vacances pour qui ne souhaite pas se triturer les méninges.

Si vous pensez le lire, prenez bien soin d'avoir le tome 3, Sans forme, sous la main. Vous ne pourrez pas ne pas enchaîner les deux tomes ! D'ailleurs je m'y mets tout de suite.


« Oh, ma chère sœur, tu ne t’es pas mise à écrire, tout de même ? » Félicité poursuivit sa diatribe. « En toute franchise, toute cette lecture, c’est plus qu’assez. Je croyais que le mariage te guérirait de ce penchant funeste. Je ne lis jamais si je peux l’éviter. C’est très mauvais pour les yeux. Et cela cause d’horribles rides sur le front, juste là. » Elle pointa un doigt entre ses sourcils, puis dit à lady Maccon, sur un ton plein de pitié : « Oh, je vois que tu n’as plus besoin de t’inquiéter de ça, Alexia. »

Oh, monsieur Tunstel , quel courage excessif vous avez eu en venant ainsi à mon secours. Vous avez été si héroïque, disait-elle. Imaginez qu’on apprenne que j’ai été poignardée par une femme de chambre, et une Française, rien de moins ? Si j’étais morte, je n’aurais jamais pu vivre avec ça ! Comment puis-je suffisamment vous remercier ?

  

dimanche 22 juin 2014

27 - Les Lames du Cardinal - Intégrale de la trilogie

Auteur : Pierre Pevel
Éditeur : Bragelonne
3 tomes publiés en : 2007-2009-2010

Souvenez-vous, Pierre Pevel a été l'un de mes gros coups de cœur de l'année dernière, lorsque j'ai eu la bonne idée d'ouvrir ses Enchantements d'Ambremer... Totalement envoûtée par ce premier tome, je me suis ensuite plongée dans L'Élixir d'oubli, tout aussi passionnant. J'ai cependant eu un autre coup de cœur l'année dernière, à la lecture des célèbres Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas. Vous comprenez ainsi que je n'ai pas hésité une seconde à acquérir cette superbe intégrale de Pierre Pevel, Les Lames du Cardinal, dans laquelle cet auteur que j'adore plonge son intrigue dans l'univers si passionnant d'Alexandre Dumas. 

Que sont donc ces Lames du Cardinal... Pour faire simple, je dirais que les Lames sont à Richelieu ce que les Mousquetaires sont au roi. Ou plutôt devrais-je parler au passé, car l'intrigue commence 5 ans après la dissolution des Lames, alors que Richelieu rappelle leur capitaine, La Fargue, afin de former à nouveau cette unité d'élite pour une mission particulièrement sensible... Et là, on entre à nouveau dans cet univers des Trois Mousquetaires, entre complots politiques, combats à l'épée, intrigues de cour, amours interdites, trahisons... Les Lames du Cardinal est ainsi un véritable roman de cape et d'épée qui, je peux le dire, m'a autant enthousiasmée que la célèbre trilogie de Dumas.

Mais qu'en est-il de l'univers de Pierre Pevel là-dedans ? Ne croyez pas que l'auteur s'est complètement effacé face au géant Dumas. Au contraire, il a réussi à mêler habilement son univers fantastique à la fiction historique. Les dragons et la magie sont bien présents dans ce récit, et sont même au cœur de l'intrigue. Et là où je dis que c'est habilement fait, c'est qu'ils s'intègrent tellement bien qu'on n'y trouve aucune bizarrerie ! Jusqu'à la dernière ligne, Pierre Pevel parvient sans peine à nous raconter une version alternative de l'histoire de France, sur fond de dragons et de puissante magie.

J'aime, j'aime et j'aime (et j'en veux encore) !

En prime, voici les trois couvertures de la trilogie originale (encore du beau travail de nos amis Bragelonniens)...
 



— L’important, se reprit le vieux soldat en agitant la jambe de bois tel un sceptre… L’important est que ce jean-foutre présente des excuses. Jean-foutre, madame attend.
— Madame, gémit l’autre avant de tâter encore de sa prothèse, je vous prie d’accepter mes plus sincères et plus respectueuses excuses. J’ai manqué à tous mes devoirs, ce que ma piètre nature, mon éducation négligée et mes habitudes déplorables ne sauraient justifier. Je promets de surveiller désormais ma conduite et mes actes et, conscient de mes fautes, je m’en remets à votre bienveillance. J’ajoute que je suis laid, que ma bouche sent comme le cul et que l’on ne peut croire, à ma vue, que le Très-Haut fit Adam à son image.


Elle était d’une beauté sévère et farouche qui frappait : silhouette élancée, port fier, teint pâle, yeux verts, lèvres sombres et pleines, longue chevelure noire dont une natte ne réussissait jamais à contraindre les lourdes boucles bien longtemps. Mais on s’étonnait surtout de ses cuissardes, de ses chausses noires et de son corset de cuir rouge passé sur une chemise blanche. C’était un accoutrement pour le moins audacieux. Et non contente de s’afficher ainsi en public, non contente de sortir en cheveux, elle portait l’épée et montait à cheval comme un homme. Vraiment, il y avait là matière à scandale…

 

mardi 3 juin 2014

26 - Les quinze premières vies d'Harry August

Auteur : Claire North
Éditeur : Delpierre
Publié en : 2014

Je suis particulièrement chanceuse en ce moment En effet, j'ai eu l'occasion de découvrir ce roman de Claire North qui fait d'ores et déjà fureur au Royaume-Uni... D'où un teaser qui n'a pu qu'éveiller ma curiosité (ci-contre). 

Les quinze premières vies d'Harry August nous relate l'histoire d'un homme qui, à chaque mort, renaît et doit revivre la même vie, tout en conservant les souvenirs de son ancienne vie. Tout cela pose évidemment de nombreuses questions : pourquoi ce cycle infernal ? que faire de ces connaissances acquises lors des précédentes vies ? a-t-on le droit, en sachant ce qu'il va advenir, d'influer sur le cours de l'histoire ? y a-t-il d'autres personnes dans la même situation ?

Harry August va donc employer son temps au travers de ses différentes vies à élucider tous ces mystères et comprendre qui il est réellement et quel est son destin...

J'ai trouvé cette histoire surprenante et passionnante. Harry nous raconte ses différentes vies de manière décousue, reliant les éléments selon leurs relations de causes à effets, revenant sur des rencontres particulières, des moments intenses, douloureux, des événements qui ont influé sur les choix qu'il fera dans ses vies à venir. Et la grande question qui nous reste en tête est de savoir à quel point chaque décision de notre vie peut influer sur le futur de toute l'humanité. Bon, je suis quand même consciente qu'à mon niveau, tourner à droite ou à gauche au prochain carrefour ne va pas mettre en danger grand monde, mais quand même, le questionnement est bien là, et c'est ce qui fait tout l'intérêt de cette lecture.

Je qualifierai ce livre de thriller temporel (je ne sais pas si ce terme existe, mais c'est ce qui me vient à l'esprit). Je l'ai trouvé génial, prenant, haletant, surtout la seconde moitié du livre. Si vous voulez une intrigue originale et pleine de suspense, alors n'hésitez pas, Les quinze premières vies d'Harry August est un roman qui ne vous laissera certainement pas indifférent !


Je portais mon corps d’enfant comme une vieille femme aurait porté un bikini minuscule offert par une amie aux os friables.

Un officier américain très sérieux appelé Walter S. Brody m’enseigna les mystères du baptisme, de l’anabaptisme, du mormonisme et du luthéranisme, concluant : « Ma m’man les a tous essayés à un moment ou à un autre, et elle a découvert que le meilleur moyen de parler à Dieu, c’est de le faire seul. »

Au nom de la guerre, les hommes s’autorisent à tuer leur prochain. Au nom d’une croisade, ils sont dans l’obligation morale de le détruire.

   

lundi 26 mai 2014

25 - La Trilogie de la Lune T1 - La Lune seule le sait

Auteur : Johan Heliot
Éditeur : Folio
Publié en : 2007

C'est dans le cadre de la dernière session du Club Sormand que je me lance dans cette lecture d'un genre que je connais peu, le steampunk (définition ci-dessous). J'avoue que je partais avec un peu de réticence et pas mal d'a priori sur ce livre, allez savoir pourquoi... Alors qu'en est-il réellement de ce roman de Johan Heliot, La Lune seule le sait ?

Pour aussi bizarre que cela puisse paraître, le personnage principal de ce roman n'est autre que... Jules Verne. Oui, le Jules Verne que nous connaissons, auteur visionnaire de chefs-d’œuvre tels que De la Terre à la Lune. De retour de son exil volontaire aux Caraïbes, Jules Verne se voit confier une mission cruciale pour les opposants à l'Empire : aller sur la Lune afin d'y retrouver Louise Michel (oui, oui, celle de la Commune). Car il faut savoir que dans un contexte historique somme toute très réaliste, Johan Heliot a intégré quelques "petites" touches personnelles, comme par exemple l'arrivée sur Terre des Ishkiss, un peuple extra-humain en voie d'extinction qui a offert à l'Empire ses technologies spatiales en échange du savoir technique qui leur permet de survivre, créant une alliance qui, au premier abord, n'est que bénéfices pour les deux parties, mais qui s'avère être bien plus que ça...

Vous comprenez maintenant mieux pourquoi j'ai ouvert cet ouvrage du bout des doigts... Mais si vous voulez tout savoir, le bilan n'est pas totalement négatif, et c'est une lecture que je ne regrette pas. L'histoire est très bien écrite, un roman d'aventures comme on les aimes avec un Jules Verne qui ressemble tout à fait à l'image qu'on peut en avoir. J'ai bien aimé les tenants et les aboutissants de cette alliance Empire/Ishkiss, mais pour moi ce n'est pas le principal attrait de ce roman. Ce qui en fait tout son intérêt, c'est ce monde remodelé par Johan Heliot, avec ces descriptions on ne peut plus originales des extra-humains, leur nature, leur pensée, leur politique, leurs technologies. Toute cette fiction futuriste s'intègre parfaitement au Second Empire que l'on connait. Mais une fois passé l'attrait de la nouveauté, ça devient long, et j'ai bien peiné à terminer ce roman.

Mais bon, je vous le conseille quand même, La Lune seule le sait est un roman qui ne peut que faire du bien à votre imagination !


On croit coucher de simples mots faits d’encre et de passion sur le papier, puis l’on s’aperçoit un jour que c’est de chair et de sang qu’il s’agit… 


Extrait de Wikipédia :
L'expression steampunk, qui signifie littéralement punk à vapeur, parfois traduite par futur à vapeur, est un terme inventé pour qualifier un genre de littérature né à la fin du XXe siècle, dont l'action se déroule dans l'atmosphère de la société industrielle du XIXe siècle. Le terme fait référence à l'utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l'époque victorienne. Aujourd'hui le steampunk est considéré comme un esthétisme pouvant intéresser à la fois des œuvres littéraire fantastique, de fantasy, d'anticipation et certains sous-genres de la science-fiction.