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mardi 17 janvier 2017

02 - Chanson douce

Auteur : Leïla Slimani
Éditeur : Gallimard

"Le bébé est mort". Ce sont les premiers mots de ce roman de Leïla Slimani, et ils donnent le ton de l'histoire. Une mère rentre du travail et découvre les corps meurtris de ses enfants, l'un sans vie, l'autre respirant à peine... Leur nourrice, leur assassin, git également, ayant essayé en vain de mettre fin à ses jours. Mais comment une nourrice aussi aimée, aussi parfaite, aussi indispensable en est-elle venue à commettre un acte aussi horrible ? C'est ce que l'auteur va nous expliquer tout au long de son roman...

J'ai beaucoup aimé cette lecture. Certes le premier chapitre, très court, est horrible, mais on passe vite à un ton un peu plus léger en remontant le temps, même si on sent très bien la présence de cette épée de Damoclès au-dessus de cette famille... On apprend à découvrir les personnages, on suit leur évolution, on les comprend (ou pas), mais on s'y attache très facilement, et on en vient parfois à oublier l'horreur qui clôt cette histoire. L'écriture est fluide, agréable, rien à dire, ça se lit tout seul, c'est très réaliste. Et je crois que c'est ce réalisme qui est le plus dérangeant, cette histoire pourrait très bien être la retranscription d'un fait divers véridique...

Chanson douce est le premier roman de Leïla Slimani que je parcours, et je recommande sans hésiter ce drame psychologique aux amateurs du genre.

vendredi 25 novembre 2016

34 - Les Visages de Dieu

Auteur : Mallock
Éditeur : Pocket

J'ai découvert le commissaire Amédée Mallock dans Les Larmes de Pancrace, une histoire que j'avais adorée et dévorée en me promettant de parcourir les aventures précédentes. On remonte donc le temps et me voici plongée dans la toute première aventure de cet ours au cœur tendre, usant d'opium pour synthétiser les indices récoltés au cours de ses enquête sous forme de rêves prémonitoires, plongé cette fois dans une affaire de serial killer au cœur de Paris.

Les visages de Dieu est le premier tome des Chroniques barbares, et de la barbarie on en a à revendre ici. Le Maquilleur, c'est ainsi que les flics ont surnommé ce tueur en série, qui s'amuse à maquiller ses victimes après les avoir droguées et leur avoir fait subir les pires tortures possibles. Le commissaire en charge de l'enquête patine, et c'est donc le très célèbre et redouté "Mallock-le-sorcier" qui va reprendre l'enquête, aidé de son équipe de choc et de ses précieuses visions.

Quel plaisir de retrouver ce cher Mallock, un personnage à la fois ours et caramel, au caractère bien trempé, qui a vu les pires horreurs possibles au cours de sa vie, mais qui ne reste vraiment marqué que par l'une d'elles : la mort de son fils. Et il y repensera souvent au cours de cette histoire, le Maquilleur ayant choisi parmi ses cibles une fillette et un bébé. Et il faut avoir le cœur bien accroché lorsqu'on découvre les nombreuses tortures que ces victimes ont subies, de l'amputation à l'empalement... et j'en passe. 

Donc oui il y a beaucoup d'horreurs dans ce livre, mais nous ne sommes pas ici dans ces histoires qui ne proposent qu'une surenchère d'images sanglantes et morbides pour attirer le public sans intrigue pertinente. Car nous sommes dans un Mallock, auteur éponyme de son héros. Et dans un Mallock, l'attrait se fait tout d'abord par une écriture vraiment belle, qu'on prend plaisir à lire. Loin d'être un simple roman de gare, un Mallock, c'est de la littérature. Ensuite il y a l'intrigue, dans un Mallock, elle est complexe, très bien ficelée, et pleine de suspense et de surprises. Et enfin il y a les personnages, notre cher commissaire bien évidemment, tellement attachant, mais également son équipe, son entourage, les rôles secondaires... Tous sont crédibles, bien définis, on s'y attache ou on les déteste, bref, quand on lit un Mallock, on vit l'histoire à fond. 

Avec tout ça, moi, les Mallock, j'en suis fan !

Et puisque j'ai eu la chance, grâce à Babelio, de rencontrer l'auteur et d'avoir un autographe dans mon exemplaire des Larmes de Pancrace, pour le plaisir je vous le remets ici !

vendredi 18 novembre 2016

33 - La-Belle-est-venue

Auteur : Jacques Sadoul
Éditeur : J'ai Lu

La-Belle-est-venue est ma troisième incursion dans l’œuvre de Jacques Sadoul, après La mort du héros et Le ballet des sorcières, que j'avais beaucoup aimés. Nous sommes ici dans un genre très différent, mêlant questions métaphysiques, Égypte antique et fantastique. Et je me suis régalée.

Julien, la trentaine, chasseur de papillons, un peu sportif et amateur de femmes, est victime d'une crise cardiaque. À l'hôpital, son cœur s'arrête, et pendant quelques minutes, Julien est mort. Son corps en tous cas, car son esprit libéré survole la scène, en note tous les détails, avant de se retrouver dans un long tunnel puis face à un être de lumière débordant d'amour. Mais son heure n'est pas venue, et Julien doit réintégrer son corps, conscient d'avoir vécu quelque chose de très particulier, que dans le jargon on appelle NDE, Near Death Experience. À son réveil, son médecin l'oriente vers un psychiatre qui mène des recherches sur ce sujet, et qui lui propose, grâce à des séances d'hypnose et de relaxation, de revivre cette expérience. Mais au lieu de retrouver l'être de lumière, ce sont ses vies antérieures que Julien découvre à chaque séance, notamment celle de Gaëtan Duvernois, sa précédente incarnation, et celle de Méritré, une jeune Égyptienne ayant vécu au temps de Néfertiti, dont elle était une très proche amie...

J'ai tout simplement adoré cette histoire qui mêle habilement les récits de Julien et de Méritré, à la découverte des secrets de l'Égypte Antique et de la belle Néfertiti, dont on sait si peu de choses. Le récit est à deux voix, le style également, puisqu'on passe aisément d'un style moderne, rythmé, drôle lorsqu'on suit Julien à un style beaucoup plus littéraire, posé et poétique lorsqu'on en vient à Méritré. Comme dans Le ballet des sorcières, j'ai été ravie de découvrir un roman extrêmement bien documenté, et encore plus ici puisque l'Égypte Antique m'a passionnée pendant bien longtemps (depuis ma découverte du Dieu Fleuve, de Wilbur Smith, loin d'être une référence historique mais que j'ai lu et relu de nombreuses fois avec avidité). Mais on est loin du roman historique classique, et l'originalité de l'intrigue passe par le fait que l'histoire se construit autour de ces expériences sous hypnose avant de prendre vie dans notre réalité. L'auteur nous fait part de ses croyances, qu'on partage ou non, sur la dissociation de l'âme et du corps, et la réincarnation. Mais moi j'ai juste envie d'y croire. Ça m'amuse vraiment de partir du principe que tout ça est vrai, que le karma existe, que l'âme qui m'habite a vécu mille autres vies passionnantes, et j'aimerais bien aussi pouvoir "rencontrer" mes "moi" antérieurs ! Mais bon, je divague... 

Tout ce discours pour vous faire comprendre à quel point j'ai été fascinée et absorbée par ce roman, qui est réellement une très belle découverte. Merci à Ellane de me l'avoir mis entre les mains !




mardi 18 octobre 2016

22 - Riquet à la Houppe

Auteur : Amélie Nothomb
Éditeur : Albin Michel

Revoici l'annuelle rentrée littéraire, avec son lot de romans tentant leur chance pour les prix littéraires de l'automne... J'ai beau être dans le milieu, cette course à la popularité ne m'attire pas tellement. Et pourtant, il faut avouer que chaque année je reviens à l'une des plus célèbres de nos auteures. Les romans d'Amélie Nothomb sont, à mon avis, de qualité très inégale, mais un aspect les réunit tous et me pousse vers eux chaque année : leur originalité. Ce cru 2016 se nomme Riquet à la Houppe, et on peut s'attendre avec un titre pareil à une revisite du conte éponyme de Charles Perrault, au même titre que son Barbe Bleue de 2012.

Je ne dirais rien de l'histoire de Riquet à la houppe. L'originalité de l'auteure est telle qu'une simple phrase en 4e suffit à piquer notre curiosité, et je ne souhaite pas gâcher le plaisir de la découverte à qui que ce soit. Ce que je peux dire, en revanche, est que j'ai été très agréablement surprise. J'ai beaucoup aimé cette histoire, sa morale, ses protagonistes. Et pour moi, Riquet à la Houppe est bien meilleur que les "Nothomb" de ces dernières années.

Alors ne vous laissez pas gagner par une lassitude très déplacée dans l’œuvre d'Amélie Nothomb, ce cru 2016 peut vous réserver bien des surprises, et j'espère en tous cas que vous passerez, comme moi, une bonne heure de plaisir littéraire.

Et pour finir, juste un mot pour préciser à quel point c'est agréable de rencontrer une femme aussi adorable, spontanée et généreuse, là où d'autres auteurs bien moins vendeurs ne le sont plus depuis bien longtemps...

jeudi 7 juillet 2016

17 - Le temps est assassin

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Les Presses de la Cité

J'ai eu la chance de gagner ce dernier titre en date de Michel Bussi, Le temps est assassin, à l'occasion d'un concours sur la page Facebook de l'auteur. Merci aux Presses de la Cité !

1989 : Clotilde Idrissi a 15 ans, les idées noires et des rêves plein la tête. Petite fille d'un homme craint et respecté de la presqu'île de la Revellata, elle a pour habitude de revenir tous les étés en vacances sur le lieu de rencontre de ses parents, avec son frère Nicolas, dans un camping jouxtant la maison de son Papé. Mais cet été n'est pas comme les autres, et le soir du 23 août tout bascule. Un accident lui enlève ses parents et son frère. Clotilde est la seule survivante.

2016 : Clotilde Idrissi a 42 ans, un mari Franck, et une fille ado, Valentine. Elle décide qu'il est enfin temps pour elle de revenir sur les traces de son passé, de revoir son Papé, sa presqu'île, d'expliquer à Valou sa jeunesse et ce qu'elle a vécu ici il y a 27 ans. Il est temps pour elle de faire son pèlerinage et son deuil. Mais Clotilde ne se doute pas une seule seconde qu'elle y croisera les fantôme de son adolescence...

Encore une fois Michel Bussi a œuvré avec talent pour nous offrir un roman plein de suspense et de surprises. Nous sommes au cœur des traditions corses, leurs secrets de famille, leurs mœurs. Mais également immergés dans ces paysages magnifique, la mer, le maquis, les odeurs entêtantes, le soleil... Le temps est assassin est à la fois un livre qui fait chaud au cœur, et un roman noir, un drame qu'on ne peut imaginer et qui va frapper de plein fouet les personnages.

Encore une fois Michel Bussi a réussi à me bluffer, certes pas de manière aussi flagrante que dans Nymphéas noirs, qui reste mon préféré, mais Le temps est assassin se rajoute sans peine à cette liste de plus en plus longue des romans que je recommande sans modération.

Encore une fois, monsieur Michel Bussi, vous m'avez montré que vous n'êtes pas à court de surprises et que, de roman en roman, j'ai raison de vous suivre et de vous attendre !


La beauté, c'est un secret. En parler, c'est la violer.
Pour moi, la Corse, c'est ça...
Il faut l'aimer et la laisser en paix.


L'amour, c'est le père Noël pour les grandes personnes. 

- Faut vivre, mademoiselle, avait dit un jeune flic en posant une couverture de survie argenté sur son dos. Faut vivre pour eux. Pour ne pas les oublier.
Elle l'avait regardé comme un con, comme un curé qui parle de paradis. Il avait raison pourtant. Même les pires souvenirs finissent par s'oublier, si on en empile d'autres par-dessus, beaucoup d'autres. Même ceux qui vous ont cisaillé le cœur, ceux qui vous ont rayé le cerveau, même les plus intimes. Surtout les plus intimes.
Parce que de ceux-là, les autres s'en foutent.  

 

mercredi 18 mai 2016

13 - Gagner la guerre

Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Éditeur : Folio

Ça y est, après un bon mois je viens enfin de terminer Gagner la guerre. On me l'avait mis dans les mains en me disant que ce livre était génial, et je me suis empressée de m'y plonger. 

Dans un monde fortement inspiré de la Renaissance Italienne et de l'Antiquité Romaine, additionné de magie et d'elfes, nous suivons les aventures de Benvenuto Gesufal, membre de la guilde des Chuchoteurs placé sous les ordres du Podestat de la République : Leonide Ducatore. Personnage haut en couleurs, assassin émérite, maître espion, Benvenuto va pourtant être l'instrument des manigances de son patron, et sera ainsi balloté au travers d'intrigues politiques qui le placeront sans cesse sur la corde raide...

Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans l'histoire, puisque j'ai été profondément déstabilisée au premier abord par des intrigues politiques dont je ne comprenais pas grand chose... Mais comme on m'a dit "lis ce livre, il est génial", j'ai persévéré un peu, et je suis rapidement tombée dans l'effet totalement inverse, je n'arrivais plus à me sortir cette histoire de la tête... C'est un pavé, plein d'aventures et de rebondissements, mais qu'on prend quand même le temps de savourer car l'univers créé par Jean-Philippe Jaworsky est tellement riche, aussi bien sur le plan politique que sur la psychologie des personnages, qu'on ne peut pas juste s'y attarder en passant. L'écriture est juste sublime, un langage à la fois recherché et très édulcoré, totalement à l'image du narrateur, Benvenuto. Et l'intrigue tient du pur génie.

J'avoue que j'ai un pincement au cœur à refermer définitivement cet ouvrage qui m'a tenue en haleine si longtemps... Gros coup de cœur !


Je suis allergique aux enterrements. Ça peut sembler bizarre, compte tenu de mon fonds de commerce, mais c’est ainsi. J’ai mes raisons. Tuer et inhumer, c’est deux activités très différentes. Buter un quidam, pour un affranchi, c’est gratifiant. Ça demande un minimum de cœur au ventre, ça nécessite un vrai sens du contact, c’est un peu sale, c’est rapide, c’est payant : bref, c’est une réelle expérience humaine, directe et sans complications. Enterrer le même quidam, par contre, quelle corvée ! C’est codifié, grégaire, faux cul, interminable. Ça sublime toutes les vicissitudes du banquet de mariage, en noir et sans le pince-fesse. La douleur sincère de quelques naïfs copule d’obscène manière avec les larmes obligées du plus grand nombre.

Chez les gens de qualité, faire assaut de charme est une seconde nature. C’est un divertissement, comme l’escrime, la guerre et la politique. Personne n’est dupe : on s’entraîne à croiser le fer, à toucher et à prendre… On s’engage à mots couverts et à sentiments mouchetés, on soigne la manière sans chercher à conclure, tout le plaisir réside dans la manœuvre et dans le mot d’esprit. Du moins, tant qu’on garde la maîtrise du jeu. 

Je sers l’État, ce qui implique que je dois parfois lui sacrifier certaines valeurs. Mais c’est parce que la République est portée par des êtres tels que moi que les personnes de qualité comme vous peuvent se permettre le luxe d’une moralité sans faille. 
  

jeudi 14 avril 2016

12 - Nymphéas noirs

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Presses de la Cité

Giverny, petit village de Normandie, fief du peintre impressionniste Claude Monet... C'est dans ce cadre pictural paradisiaque qu'une vieille femme découvre le cadavre d'un médecin. La victime était connu pour être un grand amateur d'art, rêvant de posséder un véritable Nymphéa, mais également collectionneur de femmes. L'inspecteur Laurenç, fraîchement nommé au commissariat de Vernon, est persuadé que l'assassin est le mari de cette magnifique institutrice aux yeux couleur nymphéas, alors que son acolyte préfère suivre la piste du trafic d'art et s'interroge sur le décès d'un enfant bien des années auparavant, dans des conditions semblables... Mais que dire de Fannette, cette fillette de 11 ans, qui peint avec tant de talent qu'elle a toutes ses chances de remporter le concours de la fondation Robinson ? Ou encore de cette vieille femme mystérieuse, qui se glisse telle une souris à chaque "tableau" de l'histoire, et qui prétend en connaître le fin mot ?

On m'avait annoncé que Nymphéas noirs était un ovni sur la planète romans policiers. Et, en effet, c'est un roman qu'on ne peut pas lâcher une fois ouvert, on y pense, on y repense, on veut savoir, on s'attache, on hypothétise... Et on découvre également l'univers de Monet et de l'impressionnisme... Un polar érudit passionnant, troublant, dont le suspense monte crescendo jusqu'aux derniers chapitres, menant à une fin que personne n'a pu imaginer. En tous cas pas moi, ça c'est sûr !

Nymphéas noirs est pour moi un roman magistral, de loin le meilleur Michel Bussi que j'ai lu jusqu'à présent. Lisez-le, que vous soyez ou non amateurs de peinture ou de polar, foncez ! Un gros coup de cœur !


Il n'existe aucune coïncidence dans toute cette série d'évènements. Rien n'est laissé au hasard dans cette affaire, bien au contraire. Chaque élément est à sa place, exactement, au juste moment. Chaque pièce de cet engrenage criminel a été savamment disposée et croyez-moi, je peux vous le jurer sur la tombe de mon mari, rien ne pourra l'arrêter. 

À tout prendre, pour être pleuré, mieux vaut crever jeune, en pleine gloire. Même si vous êtes le pire des salauds, pour être regretté, mieux vaut y passer le premier !  

Le crime de rêver je consens qu'on l'instaure
Si je rêve c'est bien de ce qu'on m'interdit
Je plaiderai coupable Il me plaît d'avoir tort
Aux yeux de la raison le rêve est un bandit 
                                                                   Louis Aragon 

   

vendredi 12 février 2016

03 - La santé parles plantes

Auteur : Francis Mizio
Éditeur : Hélios

Une fois de plus, un Masse Critique a fait mon bonheur. Merci aux éditions Hélios et à Babelio pour la découverte de ce polar complètement déjanté de Francis Mizio, La santé par les plantes. Je dois avouer que je n'avais sélectionné cet ouvrage que parce qu'il intéressait beaucoup une amie, me disant que si je le gagnais je le lui offrirais... Le hasard et la chance ont voulu que nous recevions toutes deux ce même titre, nous l'avons toutes deux lu quasiment en même temps, et nous l'avons toutes deux adoré.

Je ne vais pas vous parler du synopsis. Et ne lisez pas non plus la 4e de couverture. Je vous conseille de plonger directement dans le feu de l'action, car l'histoire commence fort et le ton est donné dès le premier chapitre. Je vous dirais juste que vous y croiserez un patron de laboratoire qui a de gros soucis de santé qui lui pourrissent la vie, un autre obsédé par l'hygiène, un biochimiste indien sans scrupules, un couple de militants écolos, toute une galerie de personnages complètement déjantés, et quelques leçons sur le mode de reproduction de certaines espèces d'oiseaux et d'insectes des forêts amazoniennes. Et là, déjà, j'en ai trop dit.

Comme vous pouvez le constater, ce polar est une succession de surprises et de rires du début à la fin. Tout est à prendre au premier degré, bien sûr. L'histoire se lit vite, il n'y a aucun temps mort, et c'est tout simplement du pur plaisir. Alors, n'hésitez plus, et foncez !



L'intelligence humaine a cela de fascinant qu'elle n'est qu'une compilation de différentes sortes de stupidités et que chacun d'entre nous, étant plus stupide dans un domaine que dans un autre, arrive toujours à passer pour un malin s'il est plongé dans un milieu d'idiots non spécialisés.


mercredi 16 septembre 2015

18 - Tiré à quatre épingles

Auteur : Pascal Marmet
Éditeur : Michalon Éditions

J'ai eu la chance récemment de pouvoir participer à un Masse Critique spécial, et d'être sélectionnée pour la lecture de ce polar français de Pascal Marmet, Tiré à quatre épingles. Tout d'abord, un grand merci à Babelio et à l'éditeur pour ce nouveau concours, et un grand merci à l'auteur pour la petite dédicace du livre.

Tiré à quatre épingles, ou une aventure du commandant François Chanel au cœur d'un Paris haut en couleurs, qui nous fait voyager dans les croyances africaines. Une enquête bien ficelée, même si on en aperçoit rapidement les tenants et aboutissants, une histoire qui se lit très bien, des pages qui se tournent toutes seules. Et surtout des personnages très réalistes, auxquels on s'attache sans y penser, notamment ce François Chanel bien sympathique, qu'on espère de tout cœur retrouver dans d'autres aventures. En bref, une parfaite lecture d'été !


Elle avait l'air d'une quiche, avait le goût de la quiche pas cuite et, en réalité, nous avions affaire à une pâte d'acier trempé.

- On parle de quoi alors ? De la pluie et du beau temps ?
- Pourquoi pas ? Au Japon, on ne dit pas "je t'aime", mais "la lune est belle". N'est-ce pas là un excellent sujet de conversation et un joli détour pour se rencontrer ?
- C'est des conneries pour Blanche-Neige au bois boueux !


  

jeudi 9 juillet 2015

16 - Le roi disait que j'étais diable

Auteur : Clarz Dupont-Monod
Éditeur : Grasset


Le roi disait que j'étais diable fait partie des "perdants" de la nouvelle session de mon club de lecture. J'avais bien évidemment voté pour, mais il n'a pas été retenu. Qu'à cela ne tienne, je le lis quand même, na !

C'est tout d'abord le sujet qui m'a attirée. Aliénor d'Aquitaine... Une femme et une reine que j'admire énormément, un sujet que j'aime découvrir, redécouvrir au travers des nombreuses œuvres qui s'en emparent. Pourquoi une telle fascination ? Mais je vous retourne la question, comment pourrait-elle ne pas fasciner ? Descendante d'une lignée d'hommes forts, craints et respectés, Aliénor se marie à 13 ans avec le futur roi de France, Louis VII, alliant ainsi le puissant duché d'Aquitaine au royaume franc. Jeune femme fière, élevée selon des valeurs de courage, de guerre, d'autorité, mais également éduquée à l'amour de la musique, de l'art et du luxe, Aliénor se voit mariée à un homme trop pieux, trop austère, dans un palais trop triste. 

Le roi disait que j'étais diable est ainsi un roman à deux voix, alternant celle d'Aliénor et celle de Louis, roi de France, meurtri entre son amour pour Dieu et sa passion dévorante pour sa femme, qu'il sait inaccessible et indomptable. Nous suivons donc ces deux êtres que tout oppose depuis le jour de leur mariage, jusqu'à son annulation plusieurs années plus tard, pour cause de consanguinité. Des années pendant lesquelles la jeune Aliénor subit les coups du sort, se bat, se perd puis se retrouve, fidèle au sang de ses ancêtres qui coulent dans ses veines ; des années pendant lesquelles la jeune fille se transforme en celle qui sera plus tard la reine d'Angleterre, la femme indomptable, crainte et respectée que l'histoire retiendra.

Oui, ce sujet me fascine. Mais je n'ai pourtant pas été transcendée par ce roman, que j'admets bien écrit, mais qui m'a par moments royalement ennuyée... Il est court, et c'est une bonne chose. Juste le temps pour moi de me plonger avec délices dans ces quelques années de la vie d'Aliénor, sans m’appesantir plus sur la manière dont cette histoire nous est contée.


   

vendredi 3 juillet 2015

15 - Les racines du mal

Auteur : Maurice G. Dantec
Éditeur : Folio
Grand prix de l'Imaginaire, roman francophone, 1996
Prix Rosny aîné, 1996


Andreas Schaltzmann vit dans un monde où les aliens se sont alliés au nazis pour gouverner la Terre et assujettir ses habitants. Il se sent contaminé par un virus qui le fait pourrir de l'intérieur. Mais Andreas ne lâche pas le morceau, il se révolte et essaie tant bien que mal de rester fidèle à ce qu'il est, en tuant les agents de la Gestapo ou les collabos qu'il croise.

Le lecteur sait et devine très rapidement qu'Andreas Schaltzmann vit dans son propre monde intérieur, un univers psychologique dans lequel il est traqué, mort de peur, et qui fait de lui l'un des tueurs en série les plus craints du "commun des mortels". Finalement arrêté, sa folie est étudiée par une cellule psychologique, composée d'un cogniticien, d'une psychologue et de notre protagoniste, Darquandier (alias Dark), concepteur d'une neuromatrice ultra-performante capable de simuler un cerveau humain afin de le comprendre et de prévoir ses réactions.

Passée la courte introduction du tueur en série paranoïaque, c'est donc l'histoire de Dark que nous relate ce roman de Maurice G. Dantec. Écrit en 1995, ce livre est réellement futuriste dans les technologies de pointe qu'il utilise, ne manquant certainement pas d'imagination alors que le monde n'en était qu'à l'aube de l'Internet. D'ailleurs en ce qui me concerne, cette superbe neuromatrice (qui m'a souvent fait penser au Jarvis d'Iron Man en passant), est le personnage central de cette histoire. C'est de la science-fiction bien entendu, mais je trouve qu'il serait beaucoup plus représentatif de parler de ce roman comme d'un polar scientifique, qui aborde des sujets aussi vastes et variés que la psychologie, la sociologie, l'intelligence artificielle, la philosophie, l'ésotérisme, et j'en passe...

Malgré quelques passages trop longs à mon goût (trop de blabla scientifique pour moi), j'ai adoré ce roman, que j'ai lu avec avidité jusqu'à un épilogue à la hauteur de mes espérances (j'avais un peu peur d'être déçue par une fin trop facile) et je le recommande chaudement !

PS : faut quand même parfois avoir le cœur bien accroché, je vous préviens...



La manie du secret n'épargne personne, dès lors qu'on fait partie d'un système dont la principale source d'énergie réside dans le jeu ô combien excitant du pouvoir.

Il faut bien comprendre que les "véritables scientifiques" sont avant tout des êtres doués d'imagination. C'est-à-dire capables de faire "rupture" avec l'ordre informationnel qui les entoure. Il faut de l'imagination pour entrevoir les structures cachées qui sous-tendent l'univers, au-delà de ce que nous donnent à voir nos sens et nos instruments.

L'amour ressemble à s'y méprendre au mécanisme des bombes atomiques, deux morceaux de matière fissile rassemblés brusquement pour atteindre la masse critique.
Réaction en chaîne.

Haute énergie.


lundi 15 juin 2015

14 - Ne lâche pas ma main

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Les Presses de la Cité
Publié en : 2014

J'ai eu la chance il y a peu de rencontrer Michel Bussi dans les locaux de Babelio, et j'ai découvert à cette occasion qu'il avait écrit Ne lâche pas ma main lors de vacances à la Réunion, utilisant l'île comme cadre de son histoire. Étant réunionnaise, il ne m'en a pas fallu plus pour me donner envie de découvrir ce thriller tropical.
 
Martial, sa femme Liane et leur fille Sofa sont en vacances à l'hôtel Alamanda, à Saint-Gilles. Lors d'un après-midi au bord de la piscine, Liane remonte dans sa chambre. Une heure plus tard, Martial, inquiet, la rejoint, et trouve une chambre déserte, vidée des affaires de sa femme, et une moquette tâchée de sang... Liane a disparu.
 
Ne lâche pas ma main est le 3e roman de Michel Bussi que je découvre, et encore une fois je me suis laissée prendre au jeu de ces intrigues très bien ficelées et pleines de suspense. De nombreux indices sont parsemés tout au long de l'histoire, et c'est vraiment amusant d'essayer de recoller tous les morceaux afin de démêler ce sac de nœuds. Mais Michel Bussi sait y faire, laissant juste ce qu'il faut d'indices pour titiller notre cerveau, mais pas assez pour qu'on ne puisse pas se priver du plaisir de la grande révélation finale. J'ai beaucoup apprécié certains personnages, comme Imelda par exemple, ou encore Christos. Ce que j'ai un peu moins aimé, principalement au début, c'est la vision que l'auteur nous propose de la Réunion. Mais il est vrai que j'ai quitté l'île il y a plus de 10 ans, et que les choses et les mentalités changent beaucoup avec le temps. Je ne me suis donc pas arrêtée là dessus, et j'ai été bien contente de retrouver les paysages, les lieux de cette île que j'aime tant dans la suite de l'intrigue.
 
Encore un roman de Michel Bussi qui m'a fait passer un bon moment, je poursuivrai bien évidemment bientôt ma découverte de son œuvre.
 
 
— Tu sais comment je fais, moi, pour pas la perdre, ma femme ?
Imelda ne répond pas. Elle tire sur les draps avec énergie et dégage la marmaille.
— Comme pour pas perdre mes clés, en fait.
Toujours pas de réponse. Imelda se baisse pour ramasser les coussins éparpillés dans la chambre.
— Je fais des doubles !
Christos sort de la pièce en éclatant de rire, juste avant de se prendre trois coussins dans la gueule.
 
Je voudrais pas te faire de peine, Aja, mais si j’accroche ces X-Men à une voile et que je les lâche dans les alizés, ils vont se retrouver au milieu du Dolomieu, grillés comme des moustiques sur un halogène.
 
Comme tu veux, papa.
Si tu crois que la police est plus efficace que les fées contre les sorcières.
 
 

lundi 8 juin 2015

13 - La nuit des temps

Auteur : René Barjavel
Éditeur : Pocket
Publié en : 2005

Au cours d'une expédition au pôle Sud, des scientifiques français découvrent un étrange signal provenant de la glace qu'ils sont en train de sonder. Mieux encore, leur appareil révèle la présence de ruines, qui pourraient dater d'il y a 900 000 ans, le signal provenant du cœur de ces ruines. Il ne leur en faut pas plus pour comprendre qu'il sont à l'aube de découvertes cruciales qui remettraient en cause toute l'histoire de l'Humanité.

Wouaouh.
C'est le seul mot qui me vient à l'esprit après avoir lu ce roman. Un petit bijou de beauté et d'originalité. On m'avait vanté cette histoire comme étant la plus belle histoire d'amour de la science-fiction, je trouve que ce n'est pas encore assez pour décrire le lien qui unit Eléa et Païkan. Mais La nuit des temps ne se résume pas du tout à une histoire d'amour, aussi belle soit elle. C'est également l'histoire d'une civilisation merveilleuse, intelligente, très avancée techniquement, mais qui s'est laissé déborder par sa technologie à tel point qu'elle est sur le point de se détruire elle-même. C'est l'histoire de scientifiques passionnés qui s'unissent malgré les différences politiques de leurs pays respectifs afin de comprendre des concepts et technologies qui pourraient résoudre les maux de notre monde, tels que la famine, la maladie, la pauvreté. La nuit des temps est une épopée entre présent et passé futuriste, une quête de la vérité, la révélation de l'amour le plus pur et parfait qui puisse exister. Et il y avait bien longtemps qu'un livre ne m'avait pas autant émue...

Un véritable coup de cœur, et un véritable coup au cœur. À lire et relire sans modération !


On n’avait jamais vu d’yeux aussi grands, d’un bleu aussi profond. Ils avaient un peu pâli, ils n’étaient plus du bleu de fond de la nuit, mais du bleu d’après le crépuscule, du côté d’où la nuit vient, après la tempête, quand le grand vent a lavé le ciel avec les vagues. Et des poissons d’or y sont restés accrochés.

Devant l’énormité de l’enjeu, personne, bien que ne doutant de personne, n’osait faire confiance à personne – pas même à soi.
- Coban sait... Pensez-vous que cet homme représente un danger pour l’humanité, ou pensez-vous au contraire qu’il va lui apporter la possibilité de faire de la Terre un nouvel Eden ?
- Moi, l’Eden, hein... on n’y a pas été !... On sait pas si c’était tellement formidable !


mercredi 3 juin 2015

12 - Maman a tort

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Les Presses de la Cité
Publié en : 2015

Marianne Augresse, commandante au commissariat du Havre, patine sur l'enquête du casse de Deauville, qui a causé la mort de 2 des malfaiteurs, la fuite d'un 3e, Timo Soler, blessé, et le soupçon d'un 4e complice, le dangereux Alexis Zerda. Proche de la quarantaine, Marianne est pourtant obsédée par une chose, devenir mère. C'est très certainement cette sensibilité sur les enfants qui va l'amener à croire ce psychologue scolaire, Vasile, venu lui faire part d'un cas étrange : Malone lui a raconté qu'avant il avait un autre nom, qu'il vivait près de la mer et d'un château à 4 tours, il se souvient d'un bateau pirates, d'une forêt d'ogres, et surtout... Malone lui a avoué, du haut de ses 3 ans, que sa mère n'est pas sa mère. Et il semblerait que ce soit son doudou, une sorte de rat bizarre nommé Gouti, qui lui raconte tous les soirs des histoires pour l'aider à se souvenir de sa vraie maman...

Maman a tort est mon second livre de Michel Bussi, et contrairement à N'oublie jamais, pour lequel je suis assez mitigée, celui-ci m'a beaucoup plu. Les personnages tout d'abord, que j'ai trouvé très réels, surtout Marianne (et Malone, bien entendu, comment ne pas s'attacher à ce petit bout de chou ?). L'histoire ensuite, que j'ai trouvé très bien construite, avec des rebondissements là où il faut. Et même si j'avais un peu deviné un des points clés dès la moitié du livre, je me suis laissée porter sans peine par le récit jusqu'au bout, avide d'en connaître tous les tenants et aboutissants. La fin n'est pas tout à fait à la hauteur du livre, mais bon, ça passe quand même.

Merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour cette opération spéciale Michel Bussi, j'ai hâte de le rencontrer demain et d'écouter ce qu'il a à nous dire sur ce roman bien sûr, et sur son œuvre dans son ensemble !

Ce psy avait des yeux étoilés à vous persuader qu'il existe une vie sur Mars, à vous convaincre de monter à deux dans une fusée pour aller la repeupler. 

Tout se joue dans les premières années de notre existence. Tout est gravé à jamais! Mais par contre, du point de vue strict de la mémoire directe des faits... rien! C'est assez stupéfiant comme paradoxe, non? Notre vie est guidée par des évènements, des actes de violence ou des marques d'amour dont nous n'avons aucune preuve. Une boite noire à laquelle nous n'aurons jamais accès.

Tu vois, Gouti, les vrais trésors ne sont pas ceux qu'on cherche toute sa vie, ils sont cachés près de nous depuis toujours. Si on les plante un jour, si on les cultive et on les arrose tous les soirs, en oubliant même pourquoi à la fin, ils fleuriront un beau matin alors qu'on ne les espérait plus.

lundi 11 mai 2015

11 - N'oublier jamais

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Pocket
Publié en : 2015

Grâce à Babelio, j'aurai très bientôt la chance de rencontrer Michel Bussi. Deux de ses livres m'ont été envoyés pour l'occasion, N'oublier jamais et Maman a tort. On m'avait déjà vivement conseillé de lire son Nymphéas noir, mais je n'ai encore jamais eu l'occasion de me plonger dans l'un des romans de l'auteur. C'est maintenant chose faite...

Jamal est un jeune arabe du 9-3, unijambiste mais très sportif grâce à sa prothèse qui lui permet de courir. Jamal est en vacances à Yport lorsqu'il croise au hasard de son jogging quotidien une jeune fille en haut d'une falaise, en pleurs, visiblement terrifiée et vêtue d'une robe déchirée. Il utilise alors une écharpe rouge trouvée sur le chemin un peu plus tôt pour essayer de la ramener en lieu sûr, mais la jeune fille ne le suit pas et se jette de la falaise. Jamal retrouve très rapidement son cadavre au pied de la falaise, l'écharpe étrangement enroulée autour du cou. Et c'est là que les ennuis commencent...

On s'en pose des questions, dans ce roman de Michel Bussi. On se triture les méninges pour essayer de comprendre le pourquoi du comment de cette histoire totalement folle. En ce qui me concerne, je n'avais rien deviné du dénouement final, la surprise a été totale et c'est un bon point pour ce roman, même si j'ai trouvé que l'intrigue est vraiment tirée par les cheveux. Le suspense est tout de même bien présent, et malgré quelques longueurs j'ai bien aimé.

Allez, trêve de bavardage, je me plonge tout de suite dans Maman a tort !


Leur mariage fut programmé pour le 2 octobre 2004. Le cadavre de Myrtille portait à l'annulaire sa bague de fiançailles.
Il y aurait eu beaucoup de monde au mariage de Myrtille.
Beaucoup, mais peut-être pas autant qu'il y en eut à son enterrement.  

J'ai cherché à me rappeler son vrai nom, celui qu'il avait donné aux flics le matin. Ça m'est revenu au bout de quelques minutes. Un nom à se foutre une balle pour un type qui avait sacrément l'air victime du système. Le Medef. Christian Le Medef. 

Une vieille dame tenait au bout d'une laisse interminable un petit chien ridicule, genre modèle qui fonctionnerait avec une télécommande et des piles, prétentieux au point d'insulter les mouettes à coups de jappements hystériques. 

 

mercredi 22 avril 2015

09 - La Cour des Miracles

Éditeur : Le Grimoire, collection Mille Saisons
Publié en : 2015

J'ai acheté ce recueil de nouvelles à l'occasion du Salon du Livre de cette année, car j'ai trouvé le concept original et sympathique. Cet ouvrage regroupe une 20e de nouvelles placées sous le signe des littératures de l'imaginaire, toutes ayant un rapport avec le thème très général de la Cour des miracles. À la fin de sa lecture, le lecteur est invité à voter pour sa nouvelle préférée. L'auteur gagnant aura la possibilité de publier un roman issu de la nouvelle. J'ai eu la chance au Salon de pouvoir rencontrer quelques uns de ces auteurs, et deux illustratrices, qui ont tous rendu mon exemplaire unique en son genre. Très sympathiques, enjoués, motivés et passionnés, je leur souhaite à tous bonne chance dans ce concours !

Illustratrice : Amélie Grossmann

Auteur : Olivier Vanderbecq

Auteur : Philippe Aurèle Le Roux

Auteur : Jean-Pierre Favard

Auteur : Kéti Touche / Illustratrice : Morganne Lemaire

J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ces nouvelles. Si certaines m'ont semblé trop faciles, plusieurs m'ont intéressée et intriguée. J'ai un peu hésité pour mon vote, car deux nouvelles très différentes m'ont beaucoup plu, Les enfants du rêve, de Jonathan Millet et Le tyran malgré lui, de Jean-Michel Mengoli.

Dans Les enfants du rêve, un capitaine arrête une jeune femme aveugle et pleine d'étranges tatouages, et nous suivons son procès. Nous découvrons donc à travers ses aveux son crime, ses motivations, mais également, et surtout, le monde dans lequel elle vit. C'est principalement cet univers créé par l'auteur qui m'a séduite, certes classique, mais avec une pointe de magie et beaucoup d'originalité. La plume également m'a beaucoup touchée, et m'a donné envie de découvrir plus en profondeur cet auteur. Une nouvelle toute en émotion, donc...

L'intrigue que l'on découvre dans Le tyran malgré lui est d'un genre littéraire très différent. Dans un monde où on a la possibilité de voir des bribes de son futur, le jeune Lysandre se voit devenir un véritable tyran qui asservit toutes les nations. Afin d'éviter de devenir ce monstre qu'il a entraperçu, Lysandre se fait enfermer dans une prison de haute sécurité. Plusieurs années plus tard, Christopher Solary le fait libérer, car il pense avoir trouvé le moyen de détourner les visions, en les déguisant pour qu'elles se réalisent sous forme de mascarade... J'ai trouvé ce sujet très original, et l'intrigue très bien menée, même si j'ai eu des soupçons dans les nombreuses hypothèses que mon esprit (rarement au repos dans ce genre de lecture) a envisagé. 

Si beaucoup de nouvelles m'ont plu, Les enfant du rêve et Le tyran malgré lui sont les seules à m'avoir réellement donné envie de lire le roman de l'auteur (qui, selon les règles du concours, doit se passer dans le même univers). Mais ces deux nouvelles sont tellement différentes qu'il a été très difficile de les départager. Après de longues tergiversations, j'ai décidé de voter pour Les enfants du rêve, qui a été mon premier coup de cœur.

Concernant les illustrations, je laisse le choix de la meilleure à mon amoureux, c'est plus son domaine que le mien. Et puis les dédicaces nous sont dédiées à tous les deux, faut bien qu'il participe aussi au vote ! ^_^

Merci aux Mille Saisons pour ce concours qui m'a bien amusée ! Et si vous êtes intéressés, sachez que les votes sont ouverts jusqu'à la fin de l'année (chaque livre possède en 3e de couverture un code unique permettant un vote unique).

  
Drak concentrait les problèmes : il s'agissait tout de même du genre de lieu où, lors d'un cas avéré de nécrophilie, la première étape était de savoir si la victime était consentante au moment des faits. (Debout les morts !, Mélaine Legrand)

Si tu dois faire quelque chose de pas bien catholique, mais pas trop quand même, fais-le. Les remords s'effacent un jour ou l'autre, la misère laisse des cicatrices qui ne se referment pas.
(La vie des gueux amadouée en proverbes, Jean-Pierre Misset) 

- Il est gentil, ce prêtre... Un peu alcoolique mais on peut pas lui en vouloir. La voix du Christ ne peut pas venir toute seule.
(La valse des miracles, Ethel Karskens)

  


vendredi 3 avril 2015

08 - Manderley for ever


Auteur : Tatiana de Rosnay
Éditeurs : Albin Michel / Héloïse d'Ormesson
Publié en : 2015

Ce début d'année, les librairies ont accueilli à la fois la nouvelle traduction du très célèbre Rebecca de Daphné du Maurier, que je viens tout juste de relire avec beaucoup de plaisir, et la biographie de cette auteur, écrite par Tatiana du Rosnay. Je ne suis pas très fan des biographies en temps normal, mais dans ce cas particulier il m'a semblé intéressant d'enchaîner les deux...

Deux mots sur Tatiana du Rosnay dans un premier temps... Écrivaine et journaliste française, nous la connaissons tous pour son best-seller Elle s'appelait Sarah (que je n'ai pas encore lu !). Depuis toujours, Daphné du Maurier est sa romancière préférée, et c'est tout naturellement qu'elle en est venue à s'intéresser plus profondément à la vie de l'auteur et à en écrire la biographie.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire Manderley for ever, à suivre Tatiana du Rosnay sur les traces de son auteur favorite. On oublie rapidement qu'on est dans une biographie, et on se plonge sans difficultés dans la vie de Daphné, qui, depuis son plus jeune âge, a toujours été différente, en marge de la société dans laquelle elle a grandi. On comprend d'où lui vient son goût de l'écriture, quels événements ont inspiré telle ou telle histoire, ses déboires, ses doutes, jusqu'à la parution de Rebecca, qui a marqué un tournant dans sa vie d'écrivaine. Mais on découvre également la jeune fille, l'adolescente, la femme, la mère, l'épouse, à travers ses amours, ses passions, ses craintes, ses envies. Tout en étant extrêmement bien documenté, cette biographie ne laisse pas de côté les tourments intérieurs de l'auteur. Daphné du Maurier écrivait beaucoup, dans son journal et à ses proches, et il est tout à fait possible de retracer ainsi son état d'esprit au fil des années, ce que parvient très bien à faire Tatiana du Rosnay.

Manderley for ever m'a laissée avec un sentiment de nostalgie vis à vis de Daphné du Maurier, que j'ai découvert et appris à aimer tout au long de ces 400 et quelques pages. Elle m'a donné l'image d'une femme forte, qui a croqué la vie à pleines dents, vivant selon ses envies sans laisser le monde et ses règles prendre le pas sur ce qu'elle était vraiment. Je suis à présent curieuse de découvrir son œuvre, les nombreux romans, biographies et nouvelles qu'elle nous a laissés.


La magie des livres est une drogue, un sortilège, une échappatoire, aussi puissante, aussi envoûtante que le Pays Imaginaire de Peter Pan.

Daphné fait partie de ces écrivains qui préfèrent regarder en arrière, pas de l'avant, qui sont capables de noircir des pages entières sur ce qui fut, un lieu, une trace, mettre des mots sur la fugacité de l'instant, la fragilité du souvenir qu'il faut embouteiller comme un parfum.


Daphné regarde les vagues se briser sur la falaise. Elle ouvre la fenêtre, respire l'air salé de la mer. Cela lui fait du bien, quelques instants. Mais la douleur revient, lancinante. Un romancier qui n'écrit plus est une entité sans vie. Un mort vivant. 




mardi 3 mars 2015

05 - Éternité, l'intégrale de la trilogie

Auteur : Magali Ségura
Éditeur : Bragelonne
Publié en : 2014

Terre de Sel est un pays gouverné par l'Acier et la Magie, qui assurent son équilibre. L'Acier étant représenté par de puissants guerriers, et la Magie par des sorciers, les Majeurs, et leurs esclaves, les Mineurs. Une sorcière Mineure, Naslie, se voit confier par les dieux la graine d'Éternité, et la jeune femme décide d'en faire don à sa terre, ce qui est loin de plaire à l'Ancien, un sorcier Majeur auquel elle a ainsi désobéi... Contrairement à l'ordre établi, Naslie survit à cette épopée, et c'est un grand guerrier de l'Acier, Yshem, qui se charge de la mettre en lieu sûr, la protège pendant quelques mois, avant de repartir à la rencontre de son destin... sans savoir que Naslie attend leur enfant.

Cette nouvelle trilogie de Magali Ségura commence presque 9 ans après l'épopée de la graine d'Éternité...  9 ans pendant lesquels la Mineure et son fils, Jelis, ont fui sans arrêt, se sont cachés de village en village, craignant les foudres de l'Ancien. Jelis ignore tout de son père. Il ne sait même pas qu'il est le fruit de l'union de l'Acier et de la Magie, devenant ainsi une menace pour l'équilibre de son monde...

L'histoire d'Éternité est complexe et difficile à aborder simplement en quelques mots. Tout ce que je peux vous conseiller, si vous souhaitez en savoir plus, c'est de vous plonger dans cet univers, de découvrir ses personnages, comme je viens de le faire. Car l'expérience est magique et mérite qu'on s'y arrête. J'étais déjà tombée amoureuse de l'écriture de Magali Ségura en lisant Leïlan. J'ai retrouvé dans Éternité tout ce que j'avais aimé à l'époque, une écriture simple et sensible, très féminine, qui nous fait vivre pleinement les sentiments des protagonistes. Les personnages débordent d'humanité, et par là même de crédibilité. L'histoire en elle-même commence comme tout roman de Fantasy, au premier abord rien d'original, mais elle évolue rapidement vers une épopée plus sombre, plus dure et cruelle, d'une noirceur à laquelle on ne s'attend pas forcément de la part de Magali Ségura quand on a lu Leïlan.

J'ai adoré, j'ai été complètement envoûtée par cette nouvelle trilogie et je ne peux que vous recommander de vous y plonger à votre tour, vous ne le regretterez pas.


Quand il parlera aux dieux, il...Il faudra qu'il leur donne quelque chose pour les remercier du don qu'ils lui accordent. Il pourra leur offrir sa richesse, sa jeunesse, sa loyauté... Plus son sacrifice sera grand, plus il sera puissant. C'est de là que viennent la cupidité et les ambitions de tous les sorciers.

De tout temps à jamais, mourir après son enfant restera absurde et inconcevable.  

- Tu sais pourquoi on pense qu'ils sont plusieurs, les dieux ?
- Non, répondit Jelis.
- Parce qu'on n'arrive pas à les comprendre s'ils sont une seule et même personne. Mais si tu imagines qu'ils sont plusieurs, alors tout devient plus cohérent. Ils ne sont pas d'accord entre eux.
- C'est ça ton explication.
- Si tu en as une meilleure, je t'en prie, sans rancune, monte une nouvelle religion ! 

vendredi 23 janvier 2015

02 - Joujou

Auteur : Eve de Castro
Éditeur : Robert Laffont
Publié en :2014

Joseph Boruwlaski est le fils d'un comte et d'une comtesse polonais. Il a à peine 9 ans lorsque son père se suicide, laissant sa mère et leurs enfants dans une misère telle qu'elle se voit contrainte de laisser cet enfant qu'elle aime tant à une riche starostine, qui promet de prendre soin de lui. Car Joseph n'est pas un enfant ordinaire, c'est un Lilliputien. Pas un nain, non, car malgré sa petite taille, son corps a conservé des proportions tout à fait normales et harmonieuses. Neuf ans, c'est tôt pour quitter une mère qu'on aime tant... et pour découvrir la cruauté de la vie. Car la starostine n'a d'autre idée en tête que d'en faire son attraction principale, un monstre de foire qu'elle renomme "affectueusement" Joujou, et le traite comme le jouet qu'elle pense qu'il est...

Préambule où nous parlerons d'une malédiction, des plombs de l'horloge, 
d'une famille aux abois et d'une fausse fée polonaise

Ainsi se nomme le premier chapitre de Joujou, donnant tout de suite au lecteur le ton de l'histoire... Car même si le fond de l'intrigue est hautement cruel, et que les expériences et humiliations que Joseph devra surmonter tout au long de sa vie sont innommables, Eve de Castro nous raconte tout ça comme un conte, avec un détachement qui nous permet d'apprécier l'histoire sans en être véritablement touché. On peut ainsi lire sans peine la vie telle que Joseph la vit, à la découverte de lui-même, de son esprit avide de connaissances, de musique et de découvertes en tous genres, de son corps avide d'expériences que tout jeune homme normal a envie de connaître, de son cœur sensible comme tout un chacun à la maladie d'amour et au besoin de reconnaissance pour l'homme qu'il est et non la distraction qu'il peut apporter...

Ce livre m'intriguait par son sujet, et avec du recul je pense qu'un récit classique m'aurait vite lassée. Mais l'histoire telle que la raconte Eve de Castro a su me tenir sans peine de la première à la dernière page, et j'ai au final passé un très bon moment de lecture. Écrit comme un conte, j'ai fini par me persuader que c'en était un, mais dans ses remerciements l'auteur nous apprend que Joseph Boruwlaski, le célèbre nain polonais, a réellement existé. Quelle est la part de fiction et de réalité dans ce récit ? Je l'ignore, mais tout ce qui est écrit dans cet article de Wikipedia se retrouve dans ce roman, qui m'apparait à présent sous un jour tout nouveau... Joseph est mort à 97 ans, mesurant 99 cm, après une vie dans laquelle il a côtoyé tellement de passions, d'humiliations et de misère qu'on ne peut que l'admirer d'avoir vécu aussi longtemps.

Merci à La Griffe Noire de m'avoir donné l'envie de découvrir ce curieux personnage, et merci à mon cher et tendre pour ce merveilleux cadeau d'anniversaire.

Il s'empourpre jusqu'à la perruque. Voilà des années qu'il n'a rougi ainsi. Les flammes ne sont donc pas réservées à l'enfer, on peut aussi brûler devant la porte du paradis. La demoiselle est juste de l'autre côté. Comment pousse-t-on cette porte-là ?

- Votre Joujou, comtesse, a atteint ses quarante ans. Pour les gens de sa sorte, c'est un grand âge. Si vous tardez à le marier, il mourra sans descendance. Que diriez-vous de lui donner une épouse de son format et d'un beau noir luisant ? La demoiselle à laquelle je pense est nubile, véritablement exotique, et quand on la menace du fouet elle fait tout ce qu'on veut. Le produit de cette union serait une nouveauté absolue, un progrès inestimable pour l'agrément et pour la science. N'est-ce pas là une belle et bonne idée ?

 

lundi 29 décembre 2014

48 - L'Adversaire

Auteur : Emmanuel Carrère
Éditeur : Folio
Publié en : 2002

Fait divers (source Wikipedia) : Jean-Claude Romand, né le 11 février 1954 à Lons-le-Saunier, est connu pour avoir menti à ses proches pendant 18 ans sur sa vie réelle en s'inventant une profession de médecin et de chercheur et pour avoir assassiné sa femme, ses enfants et ses parents en janvier 1993, car ils étaient sur le point de découvrir la vérité.

Avouez qu'il y a là de quoi intriguer. Moi en tous cas, cette histoire vraie m'a intriguée, et on peut dire que ce drame a obnubilé Emmanuel Carrère pendant quelques temps. Dans L'Adversaire, l'auteur ne fait pas que nous raconter sa vision de cette tragédie, ce qu'il pense en être la raison. Il nous raconte comment, intrigué par cet homme qui a commis l'irréparable, il l'a contacté en prison afin de retracer sa vie, son parcours, et de comprendre comment une chose aussi impensable a pu se produire. Car il n'y a pas seulement le meurtre de sa famille, il y a également 18 ans de mensonges, d'une vie qui n'est et ne sera jamais la sienne, et que personne dans son entourage, pas même sa femme, ni son meilleur ami, n'ont pu soupçonner la supercherie.

Ce fait divers m'a intriguée, oui, et c'est bien ce qui m'a amenée à lire L'Adversaire jusqu'au bout. Car j'ai trouvé que ce n'était pas simple de lire Emmanuel Carrère. Le style est pompeux, lourd, assez indigeste, rendant la lecture pénible par moments. Heureusement que le livre est court, car je suis bien contente d'en être venue à bout.

Au final, le voile ne sera jamais complètement levé sur Jean-Claude Romand. Personne ne pourra jamais savoir qui il était réellement, pour la simple et bonne raison que, convaincu de ses mensonges, il ne le sait pas lui-même... Mais L'Adversaire apporte tout de même un éclairage intéressant, qui répond à pas mal de questions et assouvit sans problème ma curiosité.


Un ami, un véritable ami, c'est aussi un témoin, quelqu'un dont le regard permet d'évaluer mieux sa propre vie, et chacun depuis vingt ans avait sans faillir, sans grands mots, tenu ce rôle pour l'autre.

Les gens ne savent pas ce que c'est, la folie. C'est terrible. C'est ce qu'il y a de plus terrible au monde.