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vendredi 30 décembre 2016

36 - Soleil levant

Auteur : Michael Crichton
Éditeur : Pocket

À Los Angeles, une jeune femme se fait assassiner dans la tour Nakamoto lors d'une soirée réunissant le gratin de la scène politique et quelques stars du show-business. L'agent de liaison en poste cette nuit-là se voit confier la délicate mission de résoudre ce crime de la manière la plus discrète possible, tout en ménageant les susceptibilités nippones vis à vis des États-Unis. Il aura besoin de toute l'aide que pourra lui apporter un confrère spécialiste du Japon... Ce crime n'est que le point de départ de l'intrigue, mais le cœur de l'histoire est cette guerre économique que le Japon et les États-Unis mènent. Ou plutôt que le Japon mène envers des États-Unis qui ont tendance à se laisser faire. 

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, même si je ne m'attendais pas du tout à ce genre de développements. La confrontation de deux cultures si différentes est très bien expliquée. Pour les Japonais, les affaires s'apparentent à une guerre qu'il faut gagner à tout prix, et dans laquelle leur honneur est en jeu. Toutes leurs décisions découlent de ce fait, et sans l'aide de John Connor, qui connait par cœur leur manière de penser, le lieutenant Smith aurait eu bien du mal à démêler toute cette histoire, au final plus politique que criminelle.

Le duo de protagonistes fonctionne très bien, même si j'aurais apprécié en savoir un peu plus sur le mystérieux Connor et son passé au pays du Soleil Levant. Le parti pris de l'auteur concernant la main-mise du Japon sur les États-Unis est originale et pousse à la réflexion, mais je préfère ne pas trop donner foi à ses idées et garder mon âme d'enfant et mes yeux émerveillés envers ce peuple à la culture si surprenante...

vendredi 25 novembre 2016

34 - Les Visages de Dieu

Auteur : Mallock
Éditeur : Pocket

J'ai découvert le commissaire Amédée Mallock dans Les Larmes de Pancrace, une histoire que j'avais adorée et dévorée en me promettant de parcourir les aventures précédentes. On remonte donc le temps et me voici plongée dans la toute première aventure de cet ours au cœur tendre, usant d'opium pour synthétiser les indices récoltés au cours de ses enquête sous forme de rêves prémonitoires, plongé cette fois dans une affaire de serial killer au cœur de Paris.

Les visages de Dieu est le premier tome des Chroniques barbares, et de la barbarie on en a à revendre ici. Le Maquilleur, c'est ainsi que les flics ont surnommé ce tueur en série, qui s'amuse à maquiller ses victimes après les avoir droguées et leur avoir fait subir les pires tortures possibles. Le commissaire en charge de l'enquête patine, et c'est donc le très célèbre et redouté "Mallock-le-sorcier" qui va reprendre l'enquête, aidé de son équipe de choc et de ses précieuses visions.

Quel plaisir de retrouver ce cher Mallock, un personnage à la fois ours et caramel, au caractère bien trempé, qui a vu les pires horreurs possibles au cours de sa vie, mais qui ne reste vraiment marqué que par l'une d'elles : la mort de son fils. Et il y repensera souvent au cours de cette histoire, le Maquilleur ayant choisi parmi ses cibles une fillette et un bébé. Et il faut avoir le cœur bien accroché lorsqu'on découvre les nombreuses tortures que ces victimes ont subies, de l'amputation à l'empalement... et j'en passe. 

Donc oui il y a beaucoup d'horreurs dans ce livre, mais nous ne sommes pas ici dans ces histoires qui ne proposent qu'une surenchère d'images sanglantes et morbides pour attirer le public sans intrigue pertinente. Car nous sommes dans un Mallock, auteur éponyme de son héros. Et dans un Mallock, l'attrait se fait tout d'abord par une écriture vraiment belle, qu'on prend plaisir à lire. Loin d'être un simple roman de gare, un Mallock, c'est de la littérature. Ensuite il y a l'intrigue, dans un Mallock, elle est complexe, très bien ficelée, et pleine de suspense et de surprises. Et enfin il y a les personnages, notre cher commissaire bien évidemment, tellement attachant, mais également son équipe, son entourage, les rôles secondaires... Tous sont crédibles, bien définis, on s'y attache ou on les déteste, bref, quand on lit un Mallock, on vit l'histoire à fond. 

Avec tout ça, moi, les Mallock, j'en suis fan !

Et puisque j'ai eu la chance, grâce à Babelio, de rencontrer l'auteur et d'avoir un autographe dans mon exemplaire des Larmes de Pancrace, pour le plaisir je vous le remets ici !

lundi 18 juillet 2016

18 - Agatha Raisin enquête - La quiche fatale

Auteur : M. C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Agatha Raisin a 53 ans lorsqu'elle décide de réaliser un rêve d'enfant, quitter Londres pour vivre dans un cottage au cœur des Cotswolds. Mais voilà, passer du statut de chef d'entreprise tyrannique qui a l'habitude de se faire obéir au doigt et à l’œil à celui de jeune retraitée fraîchement arrivée dans un endroit inconnu, ce n'est pas si simple. Et Agatha va déployer tous les efforts pour s'intégrer et se faire à sa nouvelle vie. Et pourquoi pas gagner ce concours de quiche organisé par le village ? Ne sachant pas cuisiner, c'est dans une quicherie londonienne qu'Agatha se fournit, mais cela ne suffit pas, elle perd le concours, vraisemblablement truqué... Mais le juge du concours meurt le soir même, empoisonné par la quiche d'Agatha ! Tous les yeux se tournent enfin vers elle, mais certes pas de la manière dont elle le souhait...

Premier tome d'une longue série qui fait fureur outre-manche, La quiche fatale donne le ton des aventures d'Agatha Raisin : SO BRITISH ! C'est distrayant, drôle, l'histoire ne casse pas trois pattes à un canard, mais le décor et les personnages valent le détour. Agatha est une vieille femme aigrie et imbuvable, imbue de sa personne, mais on ne peut que s'attendrir des efforts qu'elle fait pour s'intégrer dans son village, et sa manie de ne jamais lâcher l'affaire lorsque quelque chose la turlupine la mènera à trouver la vérité sur cette affaire de quiche... J'ai beaucoup de sympathie également pour ce policier qui la prend en affection, Bill Wong, un personnage très intéressant et qui capte très rapidement notre attention, et que je me réjouis déjà de retrouver dans les opus suivants de la série.

En bref cette Miss Marple des temps modernes fait une parfaite lecture sans prise de tête pour l'été.

jeudi 14 avril 2016

12 - Nymphéas noirs

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Presses de la Cité

Giverny, petit village de Normandie, fief du peintre impressionniste Claude Monet... C'est dans ce cadre pictural paradisiaque qu'une vieille femme découvre le cadavre d'un médecin. La victime était connu pour être un grand amateur d'art, rêvant de posséder un véritable Nymphéa, mais également collectionneur de femmes. L'inspecteur Laurenç, fraîchement nommé au commissariat de Vernon, est persuadé que l'assassin est le mari de cette magnifique institutrice aux yeux couleur nymphéas, alors que son acolyte préfère suivre la piste du trafic d'art et s'interroge sur le décès d'un enfant bien des années auparavant, dans des conditions semblables... Mais que dire de Fannette, cette fillette de 11 ans, qui peint avec tant de talent qu'elle a toutes ses chances de remporter le concours de la fondation Robinson ? Ou encore de cette vieille femme mystérieuse, qui se glisse telle une souris à chaque "tableau" de l'histoire, et qui prétend en connaître le fin mot ?

On m'avait annoncé que Nymphéas noirs était un ovni sur la planète romans policiers. Et, en effet, c'est un roman qu'on ne peut pas lâcher une fois ouvert, on y pense, on y repense, on veut savoir, on s'attache, on hypothétise... Et on découvre également l'univers de Monet et de l'impressionnisme... Un polar érudit passionnant, troublant, dont le suspense monte crescendo jusqu'aux derniers chapitres, menant à une fin que personne n'a pu imaginer. En tous cas pas moi, ça c'est sûr !

Nymphéas noirs est pour moi un roman magistral, de loin le meilleur Michel Bussi que j'ai lu jusqu'à présent. Lisez-le, que vous soyez ou non amateurs de peinture ou de polar, foncez ! Un gros coup de cœur !


Il n'existe aucune coïncidence dans toute cette série d'évènements. Rien n'est laissé au hasard dans cette affaire, bien au contraire. Chaque élément est à sa place, exactement, au juste moment. Chaque pièce de cet engrenage criminel a été savamment disposée et croyez-moi, je peux vous le jurer sur la tombe de mon mari, rien ne pourra l'arrêter. 

À tout prendre, pour être pleuré, mieux vaut crever jeune, en pleine gloire. Même si vous êtes le pire des salauds, pour être regretté, mieux vaut y passer le premier !  

Le crime de rêver je consens qu'on l'instaure
Si je rêve c'est bien de ce qu'on m'interdit
Je plaiderai coupable Il me plaît d'avoir tort
Aux yeux de la raison le rêve est un bandit 
                                                                   Louis Aragon 

   

lundi 29 février 2016

08 - Le meurtre de la Saint-Valentin

Auteur : Tom Savage
Éditeur : Albin Michel

Ce roman de Tom Savage a été sélectionné pour la dernière session de Caro-Lire. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas du tout le genre de roman qui m'attire en librairie. Publié en 1997, je m'attendais à une vieille histoire vaguement flippante, une vengeance amoureuse qui a mal vieilli. Et bien, figurez-vous que, contre toute attente, j'ai été plutôt séduite par Le meurtre de la Saint-Valentin.

Jill Talbot est une écrivaine de polars à succès, habitant un charmant appartement au cœur de Greenwich Village à New York, vivant une belle histoire d'amour avec Nate, un artiste passionné et follement amoureux d'elle, dont elle est enceinte. Mais ce bonheur se met à trembler peu à peu, lorsque Jill reçoit des lettres de menaces signées par un certain Valentin... Est-ce l’œuvre d'une personne qu'elle connait ou d'un fan dérangé ? Quoi qu'il en soit, Jill décide de ne pas se laisser abattre, prévient la police et engage un détective privé afin de faire la lumière sur toute cette affaire, avant le jour fatidique de la Saint-Valentin...

Le meurtre de la Saint-Valentin est un roman bien ficelé, qui se lit très facilement et très rapidement. D'autant plus rapidement que, sans être l'histoire du siècle, l'intrigue nous tient bien en haleine jusqu'à la fin, et il est difficile de reposer le livre une fois qu'on y plonge... Le mobile du meurtrier est dévoilée très tôt, mais malgré les nombreuses hypothèses plus ou moins justes que j'ai pu élaborer tout au long de la lecture, le mystère de son identité n'est finalement entièrement résolu qu'au dernier chapitre.

Alors oui, c'est une histoire qui a peut-être un peu vieilli, comparée aux polars à succès d'aujourd'hui, bien plus noirs et angoissants, mais ce roman de Tom Savage a tout pour nous faire passer un bon moment, et je remercie grandement mon club de lecture préféré pour sa découverte !


Et de trois, pensa-t-il. Trois d'abattues, il en reste encore une.
La voiture traversa la forêt et s'engagea sur un chemin de campagne pour rejoindre la route, roulant à vitesse modérée, paisible, pour éviter d'éveiller les soupçons. Au moment où elle se fondit dans la circulation, en direction de la ville, il chantonnait :
" My funny Valentine. "
Il pensa au dernier nom qui restait sur sa liste. Il cessa de chanter pour prononcer ce nom dans un souffle, à plusieurs reprises, puis ce souffle devint murmure, et le murmure un cri qui emplit la voiture, tinta dans ses oreilles, résonna à travers la nuit glaciale... 

vendredi 12 février 2016

03 - La santé parles plantes

Auteur : Francis Mizio
Éditeur : Hélios

Une fois de plus, un Masse Critique a fait mon bonheur. Merci aux éditions Hélios et à Babelio pour la découverte de ce polar complètement déjanté de Francis Mizio, La santé par les plantes. Je dois avouer que je n'avais sélectionné cet ouvrage que parce qu'il intéressait beaucoup une amie, me disant que si je le gagnais je le lui offrirais... Le hasard et la chance ont voulu que nous recevions toutes deux ce même titre, nous l'avons toutes deux lu quasiment en même temps, et nous l'avons toutes deux adoré.

Je ne vais pas vous parler du synopsis. Et ne lisez pas non plus la 4e de couverture. Je vous conseille de plonger directement dans le feu de l'action, car l'histoire commence fort et le ton est donné dès le premier chapitre. Je vous dirais juste que vous y croiserez un patron de laboratoire qui a de gros soucis de santé qui lui pourrissent la vie, un autre obsédé par l'hygiène, un biochimiste indien sans scrupules, un couple de militants écolos, toute une galerie de personnages complètement déjantés, et quelques leçons sur le mode de reproduction de certaines espèces d'oiseaux et d'insectes des forêts amazoniennes. Et là, déjà, j'en ai trop dit.

Comme vous pouvez le constater, ce polar est une succession de surprises et de rires du début à la fin. Tout est à prendre au premier degré, bien sûr. L'histoire se lit vite, il n'y a aucun temps mort, et c'est tout simplement du pur plaisir. Alors, n'hésitez plus, et foncez !



L'intelligence humaine a cela de fascinant qu'elle n'est qu'une compilation de différentes sortes de stupidités et que chacun d'entre nous, étant plus stupide dans un domaine que dans un autre, arrive toujours à passer pour un malin s'il est plongé dans un milieu d'idiots non spécialisés.


mardi 13 octobre 2015

22 - Psycho Killer

Auteur : Anonyme
Éditeur : Sonatine


Psycho Killer, de cet auteur mystérieux qui signe Anonyme, nous présente un personnage haut en couleurs, directement sorti des films d'horreur, et surnommé l'Iroquois à cause de sa crête rouge. Un tueur impitoyable, effrayant, qui massacre sans frémir tout ce qui se trouve devant lui... Un psychopathe sanglant, qui vient d'effectuer une arrivée fracassante dans la paisible ville de B Movie Hell (oui, oui, c'est bien un nom de ville), en décapitant un jeune flic alors qu'il se soulageait dans les bois.

Cette nouvelle histoire d'Anonyme est un véritable hommage au cinéma. Aux films d'horreur bien évidemment, les plus célèbres, Halloween, Massacre à la tronçonneuse, et bien d'autres films dont j'ai bien sûr entendu parler mais que je n'ai jamais vus (je déteste les films d'horreur, mais en livre ça ne me dérange pas du tout), mais également à d'autres films tout aussi connus mais bien plus mielleux, comme Dirty Dancing ou Coyote Girls. Et ce mix culturel nous promet une histoire bien palpitante, et elle l'est sans conteste. De l'action, il y en a. De l'humour aussi, ainsi que des personnages comme toujours charismatiques et bien déjantés. Et au milieu de tout ça, une vraie intrigue digne d'un bon polar, avec des flics véreux ou pas, des faux agents du FBI, des innocents pas si innocents, du sexe et du sang bien entendu... et puis aussi, il faut l'avouer, quelques scènes kitsch à la James Bond !

J'avais tout de même un peu peur de me retrouver dans une pâle copie des aventures du Bourbon Kid, et j'espérais que l'auteur saurait se renouveler dans cette nouvelle histoire. Je n'ai pas été déçue, ça n'a rien à voir, et c'est tout aussi jouissif, mais de manière un peu différente, puisque tout en étant (légèrement) plus classique dans le thème du thriller/polar, Anonyme a su garder ce "petit" brin de folie et ce décalage qui m'ont fait adorer ses précédents romans. Et on retrouve bien cet humour noir et ces scènes complètement déjantées et très rock'n roll qu'on avait tant appréciées, toujours à prendre au premier degré, bien sûr !

Je le conseille, à tous les adeptes des ouvrages de l'auteur, aux fans de cinéma et à tous ceux qui souhaitent passer un bon moment sans se prendre la tête et ne se formalisent pas d'un peu de vulgaire et d'un trop plein d'hémoglobine.


- Quoi ? demande Fonseca.
- Le flic, hier, il l'a tué avec un couperet, c'est bien ça ?
- Oui. Pourquoi ?
- Massacre à la tronçonneuse. L'arme préférée du tueur, c'était un couperet.
- Vraiment ? Parce que même si je ne l'ai jamais vu, j'aurais plutôt imaginé que c'était une tronçonneuse.

Il semblait régner un chaos de tous les diables derrière elle, mais elle avait l’horrible sentiment que si elle se retournait pour voir ce qui se passait, elle verrait le psychopathe masqué lui courir après. S'il ressemblait aux tueurs masqués de la plupart des films d’horreur, il marcherait très lentement mais parviendrait tout de même à la rattraper. Aussi se fit-elle la promesse que si elle trébuchait, elle ferait ce qu'il y avait de plus censé à faire, c'est-à-dire se relever immédiatement, contrairement à la plupart des personnages de films d'horreur, qui se mettaient inexplicablement à ramper au lieu de se relever et de courir.

- Ils vont nous tuer ! dit-elle. Ils sont nombreux et armés. Ils vont nous tuer.
- Non, ils ne vont pas nous tuer. Mon premier plan est tombé à l'eau, c'est tout.
- Oh non. C'était quoi, le plan ?
- Partir en courant et tuer tous ceux qui se trouvent sur notre chemin. Mais c'est impossible maintenant. [...]
- Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Plan B.
- C'est quoi, le plan B ?
- On va sortir lentement et je vais tuer tout le monde.


mercredi 16 septembre 2015

18 - Tiré à quatre épingles

Auteur : Pascal Marmet
Éditeur : Michalon Éditions

J'ai eu la chance récemment de pouvoir participer à un Masse Critique spécial, et d'être sélectionnée pour la lecture de ce polar français de Pascal Marmet, Tiré à quatre épingles. Tout d'abord, un grand merci à Babelio et à l'éditeur pour ce nouveau concours, et un grand merci à l'auteur pour la petite dédicace du livre.

Tiré à quatre épingles, ou une aventure du commandant François Chanel au cœur d'un Paris haut en couleurs, qui nous fait voyager dans les croyances africaines. Une enquête bien ficelée, même si on en aperçoit rapidement les tenants et aboutissants, une histoire qui se lit très bien, des pages qui se tournent toutes seules. Et surtout des personnages très réalistes, auxquels on s'attache sans y penser, notamment ce François Chanel bien sympathique, qu'on espère de tout cœur retrouver dans d'autres aventures. En bref, une parfaite lecture d'été !


Elle avait l'air d'une quiche, avait le goût de la quiche pas cuite et, en réalité, nous avions affaire à une pâte d'acier trempé.

- On parle de quoi alors ? De la pluie et du beau temps ?
- Pourquoi pas ? Au Japon, on ne dit pas "je t'aime", mais "la lune est belle". N'est-ce pas là un excellent sujet de conversation et un joli détour pour se rencontrer ?
- C'est des conneries pour Blanche-Neige au bois boueux !


  

vendredi 3 juillet 2015

15 - Les racines du mal

Auteur : Maurice G. Dantec
Éditeur : Folio
Grand prix de l'Imaginaire, roman francophone, 1996
Prix Rosny aîné, 1996


Andreas Schaltzmann vit dans un monde où les aliens se sont alliés au nazis pour gouverner la Terre et assujettir ses habitants. Il se sent contaminé par un virus qui le fait pourrir de l'intérieur. Mais Andreas ne lâche pas le morceau, il se révolte et essaie tant bien que mal de rester fidèle à ce qu'il est, en tuant les agents de la Gestapo ou les collabos qu'il croise.

Le lecteur sait et devine très rapidement qu'Andreas Schaltzmann vit dans son propre monde intérieur, un univers psychologique dans lequel il est traqué, mort de peur, et qui fait de lui l'un des tueurs en série les plus craints du "commun des mortels". Finalement arrêté, sa folie est étudiée par une cellule psychologique, composée d'un cogniticien, d'une psychologue et de notre protagoniste, Darquandier (alias Dark), concepteur d'une neuromatrice ultra-performante capable de simuler un cerveau humain afin de le comprendre et de prévoir ses réactions.

Passée la courte introduction du tueur en série paranoïaque, c'est donc l'histoire de Dark que nous relate ce roman de Maurice G. Dantec. Écrit en 1995, ce livre est réellement futuriste dans les technologies de pointe qu'il utilise, ne manquant certainement pas d'imagination alors que le monde n'en était qu'à l'aube de l'Internet. D'ailleurs en ce qui me concerne, cette superbe neuromatrice (qui m'a souvent fait penser au Jarvis d'Iron Man en passant), est le personnage central de cette histoire. C'est de la science-fiction bien entendu, mais je trouve qu'il serait beaucoup plus représentatif de parler de ce roman comme d'un polar scientifique, qui aborde des sujets aussi vastes et variés que la psychologie, la sociologie, l'intelligence artificielle, la philosophie, l'ésotérisme, et j'en passe...

Malgré quelques passages trop longs à mon goût (trop de blabla scientifique pour moi), j'ai adoré ce roman, que j'ai lu avec avidité jusqu'à un épilogue à la hauteur de mes espérances (j'avais un peu peur d'être déçue par une fin trop facile) et je le recommande chaudement !

PS : faut quand même parfois avoir le cœur bien accroché, je vous préviens...



La manie du secret n'épargne personne, dès lors qu'on fait partie d'un système dont la principale source d'énergie réside dans le jeu ô combien excitant du pouvoir.

Il faut bien comprendre que les "véritables scientifiques" sont avant tout des êtres doués d'imagination. C'est-à-dire capables de faire "rupture" avec l'ordre informationnel qui les entoure. Il faut de l'imagination pour entrevoir les structures cachées qui sous-tendent l'univers, au-delà de ce que nous donnent à voir nos sens et nos instruments.

L'amour ressemble à s'y méprendre au mécanisme des bombes atomiques, deux morceaux de matière fissile rassemblés brusquement pour atteindre la masse critique.
Réaction en chaîne.

Haute énergie.


mardi 4 mars 2014

10 - In tenebris

Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Pocket
Publié en : mars 2004

L'année dernière, je découvrais avec beaucoup de frissons et de plaisir L'âme du Mal, le premier tome de cette trilogie du Mal de Maxime Chattam. Ce fut un véritable coup de cœur, et me voici donc plongée dans la suite, In tenebris.

Suite aux événements du premier tome, Joshua Brolin a démissionné de la police, parcouru le monde à la recherche de réponses, avant de se reconvertir en détective privé spécialisé dans les disparitions. Une enquête concernant Rachel, une jeune femme qui a mystérieusement disparu, l'amène jusqu'à la ville de New York, au sein d'une affaire criminelle d'une ampleur et d'une cruauté inimaginables.

Joshua Brolin a beaucoup évolué depuis L'âme du Mal, et même si j'ai été un peu peiner de ne pas retrouver au début ce personnage que j'avais tant apprécié. Mais tout le monde évolue, et j'ai fini peu à peu par m'y habituer et par comprendre la raison de ces changements. Même détruit et hanté, il reste néanmoins un personnage très intéressant, qui a une dimension psychologique très profonde, et de véritables compétences de profileur. L'enquête en elle-même est très bien ficelée, j'ai eu beau imaginer toutes les hypothèses possibles, la clé de l'énigme ne m'est pas apparue avant la révélation finale. La cruauté, la complexité et l'ampleur de cette affaire sont effrayantes. On retrouve ici encore ce réalisme omniprésent dans tout ce que raconte Maxime Chattam, et la seule chose que je peux regretter c'est qu'il décrive aussi bien les crimes commis et les tortures qu'ont subi les victimes... J'ai parfois eu des nausées tellement c'est réaliste, effrayant et... malheureusement possible.

Encore un thriller de Maxime Chattam que j'ai adoré, largement à la hauteur de L'âme du Mal... Un excellent moment de lecture ! J'ai hâte maintenant de découvrir quelle nouvelle face du Mal va nous apparaître dans le troisième tome.


Vivre n'était pas gratuit, la naissance devenait alors la première facture, et il faudrait payer les suivantes pour pouvoir repousser au plus loin l'échéance finale. 

Les flics sont les témoins quotidiens de la folie humaine, en cela ils sont terriblement seuls. Ces deux-là se comprenaient et cette idée les réchauffa. 

[...] il se fit la remarque que c' était la première fois qu' il voyait des barres de HLM avec vue sur la mer. Ici plus qu'ailleurs , l'ironie du monde moderne était criante, on parquait les gens dans des cages en prenant soin de leur donner un balcon avec vue sur une liberté inexhaustible qui leur échappait.

 

mardi 18 février 2014

08 - La 7e femme

Auteur : Frédérique Molay
Éditeur : Fayard
Publié en : 2006

Le dernier événement de mon club de lecture CaroLire m'a mis dans les mains ce polar de Frédérique Molay, La 7e femme. Me voici donc plongée dans cette enquête sordide au cœur de Paris, récompensée du prix du Quai des Orfèvres en 2007.

Nico Sirsky, commissaire divisionnaire au 36 quai des Orfèvres, est confronté dans cette histoire à un serial killer qui prend plaisir à faire souffrir ses victimes avant de les tuer, et qui s'amuse à le provoquer. "7 jours, 7 femmes" est l'un des messages laissés à l'attention de monsieur le commissaire, message qui annonce une course contre la montre à la recherche du plus infime indice qui pourrait arrêter ce monstre le plus tôt possible.

Voici un polar bien écrit, bien ficelé, bien documenté, qui nous mène directement dans les coulisses du célèbre 36 quai des Orfèvres. Nico fait appel à toutes les ressources possibles et imaginables dont il peut disposer afin de trouver au plus vite le coupable. Parallèlement à l'enquête, on suit la vie privée du commissaire, et c'est là que j'ai été moins conquise, tout étant "trop" pour être naturel. Nico est un jeune prodige, commissaire divisionnaire à 38 ans, ça tient du miracle. Et en plus de ça, il est beau, attentif aux femmes, conscient de son pouvoir de séduction mais soucieux de ne pas s'en servir... En bref, il est trop parfait pour être crédible. Rajoutons à ce portrait son coup de foudre pour Caroline, qui elle aussi est magnifique, médecin prodige également, patiente, compréhensive, pleine de sang froid... Et bien, ça fait beaucoup, vous ne trouvez pas ? Cet aspect de l'histoire qui se déroule en dehors de l'enquête ne m'a pas vraiment conquise...

En bref, La 7e femme est un polar qui m'a fait passer un bon moment, mais sans plus. Je ne pense pas qu'il me marquera beaucoup, mais je ne regrette en rien sa lecture.


Comme à chaque fois, toute émotion l'avait quitté. Il était comme un esprit libre qui volait à travers la pièce. Il détestait cette impression, ce pouvoir qu'il avait de se concentrer même dans les cas les plus morbides.

 

jeudi 13 février 2014

07 - Les larmes de Pancrace

Auteur : Jean-Denis Bruet-Ferreol alias Mallock
Éditeur : Fleuve Noir
Publié en : 2014

Un nouveau concours sur Babelio m'a donné l'occasion de recevoir gracieusement cet ouvrage, que je me suis empressée de lire en vue d'une rencontre organisée avec l'auteur le 26 février, dans les locaux d'Univers Poche (je peux déjà vous dire que j'ai hâte d'y être). Merci donc aux éditions Fleuve Noir pour cette découverte et ma prochaine rencontre avec un auteur que je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire : Mallock. Notons que l'auteur a choisi comme pseudonyme le nom de son personnage principal...

Nous avons un domaine viticole réputé, appartenant à parts égales aux familles Corneille et de Renom. Nous avons une victime : Jean de Renom. Nous avons un coupable tout trouvé, Camille, sa femme, fille de la députée candidate aux présidentielles Sophie Corneille. Et nous avons une malédiction lancée par le dernier des Templiers, Gil Gaelian du Gar, à l'encontre de Pancrace d'Armuth, ancêtre des de Renom, au XIVe siècle. Le tout nous offre une histoire bien ficelée, vécue au présent et au passé, qui nous ouvre petit à petit les portes de cette énigme séculaire que le commissaire Amédée Mallock s'évertue à démêler.

J'ai beaucoup aimé ce thriller de Mallock. Ce qui m'a plu ? Le cadre déjà, dans la région bordelaise, sur fond de canicule et de vin. L'auteur est un connaisseur, et n'hésite pas à partir dans des descriptions et explications sur la viticulture que j'ai trouvées passionnantes. Le commissaire Mallock ensuite, un personnage on ne peut plus sympathique, un peu devin sur les bords, et tellement humain et naturel. Son équipe de choc bien entendu, car l'un ne va pas sans l'autre. L'intrigue, pour continuer, avec ce parallèle entre le crime actuel et l'origine de la malédiction, un petit aperçu des guerres du XIVe siècle, les Templiers et leur trésor, la peste, la religion... L'écriture également, car loin d'être cantonnée aux classiques crime-indices-déductions-coupable des polars habituels, Mallock (l'auteur) n'hésite pas à faire, au milieu d'un langage majoritairement haut en couleurs, de petites embardées poétiques qui ajoutent un peu de beauté à ce monde brutal et sans pitié qu'il nous décrit. Et puis enfin la clé de l'histoire, car tout ce qui est autant tiré par les cheveux m'amuse au plus haut point !

Une belle lecture donc, et je me pencherai très volontiers sur les précédentes enquêtes d'Amédée Mallock (et sur les suivantes bien entendu).


Il y avait de la folie chez Sophie. Sans doute comme chez tous les gens qui, de la vie, veulent autant, toujours plus. Plus de puissance qu'ils ne peuvent en utiliser, plus d'amis qu'ils ne peuvent étreindre ou de piscines qu'ils ne peuvent traverser. Est-on normal lorsqu'on veut être oligarque ou président ? S'exposer à la haine quotidienne et à l'envie de tous ? 

Parfois Amédée se surprenait à expliquer les choses aux choses. Il murmurait des confidences aux objets. Une forme de superstition métaphysique, de respect pour ces êtres inanimés qui le servaient sans jamais se plaindre. Peut-être aussi souhait-il obtenir leur clémence ou leur pardon pour le mépris dans lequel ils étaient tenus par la plupart des hommes, la plupart du temps. Il était bizarre, Amédée, toujours prêt à s'engueuler avec quelqu'un et à faire copain-copain avec un cendrier abandonné sur une table de café !

Un ange et deux nuages passèrent dehors en jetant un regard curieux à l'intérieur. Ils repartirent en se racontant des histoires d'orage.

 
   

lundi 9 décembre 2013

62 - Les Enchantements d'Ambremer

Auteur : Pierre Pevel
Éditeur : Le Livre de Poche
Publié en : 2007

Imaginez un Paris 1900 que nous connaissons bien. Placez-y des êtres merveilleux, tels les fées, les gnomes, les magiciens, les sirènes, les licornes... cohabitant au grand jour avec les humains. Ajoutez un soupçon de magie et d'ensorcellements en tous genres... Bienvenue dans le monde inventé par Pierre Pevel pour son roman, Les Enchantements d'Ambremer.

Ce roman est un conte, par son contexte, son décor, la nature de ses personnages, un conte qui nous enchante et nous plonge dès les premières lignes dans le merveilleux, la magie, la beauté. Mais son intrigue a tout d'un roman policier, et ne cesse d'étonner le lecteur. Car Pierre Pevel nous conte ici l'histoire d'un magicien, Griffont, enquêtant sur ce qui ne semble être qu'un trafic d'objets enchantés, mais qui va l'emporter dans un complot bien plus complexe, dangereux, magique et plein de rebondissements et de révélations inattendues. Le mélange des deux genres est parfaitement dosé et on vogue du merveilleux au suspense sans même s'en rendre compte. J'ai tout simplement adoré, à la fois ce monde enchanteur, ces personnages superbes, cette intrigue magique, tout !

Un magnifique roman que je recommande à tous les amateurs de surnaturel !


"A présent imaginez... Imaginez des nuées d'oiseaux multicolores nichés parmi les gargouilles de Notre-Dame; imaginez que, sur les Champs-Élysées, le feuillage des arbres diffuse à la nuit une douce lumière mordorée ; imaginez des sirènes dans la Seine ; imaginez une ondine pour chaque fontaine, une dryade pour chaque square ; imaginez des saules rieurs qui s'esclaffent ; imaginez des chats ailés, un rien pédants, discutant philosophie ; imaginez le bois de Vincennes peuplé de farfadets cachés sous les dolmens (...) Imaginez tout cela, et vous commencerez à vous faire une petite idée du Paris des Merveilles..."

"La vie est une tragédie dont il est permis de rire."

"- Bigre ! conclut le chêne. Que de mystères !... Un antiquaire malhonnête que l'on rend amnésique, un diplomate mondain assassiné, des Russes massacrés, des gargouilles sanguinaires. Quelle affiche !"
   

mercredi 4 décembre 2013

60 - Le manoir des immortelles

Auteur : Thierry Jonquet
Éditeur : Folio (collection Folio policier)
Publié en : 2009


Dernier livre de l'année sélectionné pour le club de lecture CaroLire, Le manoir des immortelles est un court roman policier dont l'intrigue se situe dans les rues bien connues de notre capitale. Après la découverte de plusieurs cadavres d'hommes décapités à la faux, le commissaire Salarnier va remonter la piste de ce tueur mystérieux qui se prend pour la Mort...

Le manoir des immortelles est mon premier livre de Thierry Jonquet, et je n'ai pas été vraiment enthousiasmée par sa lecture. J'admets que l'intrigue et le mobile sont originaux, les personnages sont crédibles, il n'y a pas de temps mort (ha ha pour le jeu de mots... '-_-). Mais je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire centrée sur la Mort. Tout était trop évident, et sans suspense... ben j'ai honte d'avouer que je me suis ennuyée à lire ce livre, ce qui est quand même embêtant car il fait moins de 200 pages. 

Peut-être n'est-ce pas là l'ouvrage le plus représentatif du talent de Thierry Jonquet, et je me laisserai tout de même tenter par d'autres comme Mygale par exemple, dont on m'a déjà vanté les mérites il y a quelques temps !


"La Mort se penchait sur lui; une Mort peu académique, incarnée par une jeune femme ailée, dont la douceur des traits était soulignée par une chevelure d'un noir de jais. Elle était vêtue d'une robe vert sombre. La Mort était belle."

"La Mort, symbolisée par le squelette, ou le cadavre momifié, entraîne les vivants dans une sarabande légère qui dégénère bientôt dans les voies les plus diverses..."

  

dimanche 11 août 2013

Blacksad

Auteur/illustrateur : Juan Diaz Canales / Juanjo Guarnido
Éditeur : Dargaud

J'ai découvert cette série grâce à la critique que Gaenaria en a fait sur son blog, qui promettait quelque chose d'intéressant aussi bien artistiquement qu'au niveau de l'intrigue. Et je n'ai pas du tout été déçue, Blacksad étant un de mes gros coups de cœur BD de ces derniers mois.

Les séries policières ne sont pourtant pas mon fort... Mais il faut avouer que celle-ci a du caractère. Les personnages anthropomorphes sont extrêmement bien trouvés, leur espèce reflétant parfaitement le rôle et le caractère du personnage dans l'histoire. Les dessins sont bien réalisés, avec une patte graphique bien présente, agréable, pertinente et qui parvient sans peine à recréer cette ambiance de polar noir qui plane sur les différentes intrigues policières proposées.

Les enquêtes sont très bien ficelées et abordent des sujets à la fois classiques (infidélité, meurtre...) que politiques (racisme, communisme...). Blacksad lui-même est un détective charismatique et fort sympathique, qui va au fond des choses et ne laisse rien au hasard, quitte à se prendre quelques coups de temps en temps... Ce qui ne fait d'ailleurs pas souffrir son humour, bien présent tout au long de la série.

En bref, j'ai adoré. Il parait qu'un 5e tome sort en décembre, je l'attends impatiemment !





mercredi 31 juillet 2013

34 - Les vacances d'Hercule Poirot

Auteur : Agatha Christie
Éditeur : éditions du Masque
Publié en : 1948

CaroLire nous a proposé pour sa session de l'été ce roman tout à fait approprié à cette période de plage et de farniente : Les vacances d'Hercule Poirot. Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas plongée dans un ouvrage d'Agatha Christie (depuis le lycée !), c'est donc avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé le célèbre détective et ses enquêtes mystérieuses.

Même si Hercule Poirot est loin d'être comme tout le monde, il lui arrive quand même de prendre des vacances. Nous le retrouvons ainsi dans un hôtel bien fréquenté, au calme sur une île à l'écart des sites touristiques, avec ses plages privées, ses cryptes et ses grottes... Mais, comme là où Hercule Poirot passe, il y a toujours quelqu'un qui trépasse (sinon il n'y aurait pas d'histoire), le célèbre détective se retrouve à élucider le meurtre de l'une des pensionnaires de l'hôtel. 

Enquête classique : interrogatoires, indices, le tout passé au peigne fin par M. Poirot pour nous donner un final explicatif des plus surprenants. Classique, certes, mais comme toujours, le flegme anglais et ce sens de la déduction la plus improbable qui caractérisent le bonhomme suffisent à rendre toute histoire classique charmante et agréable. Et j'ai beau essayer à chaque fois de faire attention au moindre indice, lorsque le voile est levé je me rends toujours compte que je suis passée à côté de tout plein de choses... Il est clair que j'aurais fait une bien piètre détective ! 

Dans tous les cas, j'ai passé un très bon moment de lecture...


"Au "Jolly Roger" séjournait une personnalité de tout premier plan, du moins était-ce là l'opinion de l'intéressé. Étendu sur un transatlantique ultra-perfectionné, resplendissant dans un costume blanc crème immaculé, un panama rabattu sur les yeux, les moustaches retroussées avec panache, Hercule Poirot embrassait la baie du regard."

"Elle était pour lui comme une enfant qui ne saurait, dans le livre de la vie, aller au-delà d'une certaine page bien déterminée."

"- C'est un peu comme votre puzzle, Madame. On assemble les pièces. C'est comme une mosaïque - pleine de couleurs et de motifs différents - et chaque petit élément, si biscornu soit il, doit y trouver sa place."


mardi 11 juin 2013

27 - Le Club des Apprentis Criminels

Auteur : Audrey Françaix
Éditeur : Octobre
Publié en : 2012


Je suis décidément gâtée avec les nombreuses opérations Masse Critique organisées par Babelio et nos chers éditeurs français. Le Club des Apprentis Criminels est arrivé dans ma boîte aux lettres la semaine dernière, et je me suis empressée de découvrir cette histoire qui promettait d'être bien loufoque et distrayante.

Commençons par l'intrigue... Une bande de vieux (je pourrais dire "personnes âgées" pour être plus politiquement correcte, mais ça ne cadre pas avec le ton de l'ouvrage) qui se connaissent plus ou moins se trouvent réunis suite au décès d'une connaissance commune. Se rajoute à ce petit groupe un jeune garçon qui passe son temps à tenir compagnie aux pensionnaires en fin de vie des "Jours Heureux", une maison de retraite de haut standing. Mais un invité imprévu et indésirable, suivi d'un tragique accident, et ce petit groupe se retrouve vite dans l'embarras et doit prendre une décision : condamner l'un des leurs ou bien masquer son crime pour les protéger tous. La victime étant un homme horripilant à souhait, un déchet de la nature, le choix est vite fait. C'est ainsi que ce secret partagé va donner naissance au Club des Apprentis Criminels, une bande de "justiciers" qui élimine petit à petit ses ennemis... alors qu'un "Justicier Sanglant" rôde déjà dans la ville depuis quelques années, exécutant la sentence que la justice n'a pas été capable de prononcer.

Les situations cocasses et les meurtres s'enchaînent de la première à la dernière page, dans un rythme effréné et souvent drôle et distrayant. Mais j'ai eu parfois l'impression que c'était trop. Trop de meurtres, trop de tournures de phrases qui se veulent piquantes et originales, trop de situations incontrôlables... On finit par tout anticiper et ne plus s'étonner de rien. Il aurait fallu un peu plus de souffle au texte pour laisser au lecteur le temps de digérer ce qu'il lit et de se poser des questions sur la moralité de cette histoire. Par contre, un bon retournement de situation aux 3/4 du roman change un peu la donne et redonne de l'intérêt à l'histoire.  J'ai beaucoup aimé la fin également, pleine d'émotion. Le Club des Apprentis Criminels a donc été pour moi un roman certes vite lu, mais marrant et avec lequel j'ai passé un bon moment.

Encore merci aux éditions Octobre et à Babelio pour ces Masse Critique qui me ravissent à chaque découverte !


"Le petit Michel était orphelin. C'était peut-être pour ça qu'il s'en tirait mieux que le grand Kévin. Parfois, il était préférable de ne pas avoir de parents, plutôt que de se coltiner des cinglés obsédés par l'idée de transmettre à leur progéniture le gène de la débilité."

"- Wouaouh ! s'exclama Paul. Si on m'avait dit qu'elle cachait un flingue sous sa robe de nonne, je l'aurais cru... mais je n'aurais pas imaginé qu'elle ait osé s'en servir !
"

mercredi 24 avril 2013

21 - Deux d'un coup

Auteur : Liviu Rebreanu
Éditeur : Les éditions Noir sur Blanc
Publié en : 1995

A l'occasion du Salon du Livre 2013, qui honorait la littérature roumaine, le blog CaroLire a proposé plusieurs ouvrages d'auteurs roumains. Suite à un vote "du public", me voici avec ce petit roman policier de Liviu Rebreanu dans les mains.

Deux d'un coup commence par la découverte d'un couple âgé assassiné à son domicile. Ils étaient riches et particulièrement avares, au point de vivre comme des malheureux et de ne quasiment rien manger afin d'épargner encore plus d'argent. Entre la famille qui se dispute l'héritage et les voisins envieux qui sont dans le besoin, le nombre de coupables potentiels a de quoi occuper le juge Dolga pendant quelques temps. Les interrogatoires se suivent, et le juge arrive très rapidement à discerner qui, selon lui, est le meurtrier, espérant que cela lui donnera la promotion et la renommée qu'il attend impatiemment...

Avec Deux d'un coup, le choc des cultures est rude. Nous sommes plongés dès le début au cœur d'une petite ville roumaine, avec des noms très bizarres qu'on a du mal à retenir, une église orthodoxe à laquelle on est peu habitués, et des mentalités bien différentes de chez nous... Mais c'est ce dépaysement que j'apprécie et que je recherche lorsque je lis un roman étranger. L'histoire en elle-même est très bien ficelée, l'enquête, sans être palpitante, présente des pistes assez brouillées pour rendre le lecteur confus et incertain. Mais, à ma plus grande fierté, pour une fois mes soupçons étaient fondés (c'est suffisamment rare pour que je le note ici !). J'ajoute également que j'ai particulièrement aimé la fin, très juste et émouvante.

En bref un univers et une histoire que j'ai pris grand plaisir à découvrir... J'aimerais bien poursuivre mon initiation à la littérature roumaine avec une histoire plus portée sur la vie, les mœurs, les us et coutumes...



"Quel crime horrible, messieurs ! dit le policier, qui avait envie de parler. C'est signe que nous commençons à nous civiliser et à ressembler à une grande ville !"


vendredi 1 mars 2013

13 - Une chance du diable

Auteur : David Donachie
Éditeur : Phébus
Publié en : 2000

Voici le genre de livres qui réveille ma fibre bretonne, celle qui m'attire inlassablement vers la mer... Une chance du diable narre l'histoire des frères Ludlow. Harry est le capitaine d'un navire de corsaires, expérimenté, avec un sens de l'honneur aigu et un caractère bien trempé. Son jeune frère, James, est tout l'opposé, un gentleman raffiné, limite arrogant, érudit et plein de bonnes manières, un artiste doué lorsqu'il s'agit de dessin. Une très vieille rancune envers Harry amène les deux frères à se retrouver à bord d'un navire de la marine royale anglaise commandé d'une main très (trop) ferme par le capitaine Carter. Harry et le capitaine se connaissent en effet depuis plusieurs années, et ont toujours eu des relations très tendues, jusqu'à en venir aux mains. Ce qui, à l'époque, a eu de très mauvaises conséquences sur leurs deux carrières respectives... Cette animosité va se répandre dans tout le navire, jusqu'au moment fatidique où...

Un meurtre, un coupable bien trop évident, une enquête palpitante dans le milieu marin, voilà ce que nous propose David Donachie dans ce roman. Nous avons ici un superbe portrait de la marine, des enjeux politiques qui la régissent, des règles de hiérarchie, de la vie à bord d'un navire, impitoyable et qui n'offre aucun cadeau. Cette histoire est pleine d'action et de rebondissements, laissant tout de même la part belle à la réflexion et à la résolution de ce crime mystérieux. Une chance du diable n'est certes pas le roman le plus passionnant que j'ai lu, mais j'ai passé un très bon moment. En tous cas, le dépaysement est garanti ! Je m'en vais de ce pas retrouver les frères Ludlow dans un autre titre de David Donachie, Trafic au plus bas.


"Nul ne songeait à paresser lorsque son navire était mené par un homme comme Carter. Dans la Marine, de nombreuses fautes étaient passibles du fouet et s'attarder dans son hamac en était une."

"Si les gens se mettaient à se donner des coups de couteau à la moindre parole de travers, l'avancement serait rapide au sein de la marine royale, considérant de quelle façon les officiers ne cessent de se piétiner la susceptibilité."

"- Il n'a plus qu'une balle, fit observer un de ceux qui se trouvaient sur le devant.
- T'as raison, Smithy. Tu te la prends et je te promets qu'on te vengera."

 

vendredi 15 février 2013

09 - Le retour de Silas Jones

Auteur : Tom Franklin
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 2012

Très fortement conseillé par Ellane, ce roman de Tom Franklin me faisait de l’œil depuis un bon moment déjà. Et c'est avec beaucoup de plaisir et de curiosité que je me suis lancée dans cette lecture du Retour de Silas Jones.

Après quelques années d'absence, Silas Jones revient dans son village du Mississipi, afin d'y occuper la fonction de constable (agent de police). Lorsqu'il découvre un homme, Larry, aux portes de la mort après s'être fait tirer dessus, Silas se rappelle son passé dans cette campagne ; son amitié secrète avec ce jeune garçon Blanc ; sa jeunesse en tant qu'enfant Noir vivant à une époque où les races s'acceptent mais ne se mélangent pas ; son départ pour la Marine, qui l'a éloigné pendant plusieurs années des événements de son village. Pendant son absence, Larry, déjà mal aimé de ses compatriotes, a été accusé de la disparition et du meurtre d'une jeune fille. Il est ainsi devenu un paria, détesté de tous. Un drame qui refait surface suite à une nouvelle disparition, peu avant que Larry se fasse tirer dessus. Y a-t-il un rapport entre ces deux faits ? Larry est-il coupable de ces crimes ? Entre enquête et souvenirs, Silas va tenter peu à peu de recoller tous les morceaux de ces tragédies et de lever le voile sur son passé...

Ce livre est un pur plaisir à lire. Certes, l'intrigue, tout en étant attrayante, n'est en rien originale. Mais l'intérêt de cette histoire ne réside pas dans son contenu, mais bien dans sa forme. Car Tom Franklin possède une plume magnifique qui donne vie à tout ce qu'il écrit... On s'attache sans difficulté aux personnages, aux paysages, aux petits moments de la vie de chacun. On vit cette lecture sans se presser, en prenant le temps de savourer cette prose. Et tout au long de cette narration, jamais on ne s'ennuie. Tom Franklin nous parle de la vie dans un petit village du Mississipi, des relations père-fils, de la violence, de la ségrégation, mais toujours avec beaucoup de justesse et de pudeur, et avec une telle poésie des mots que le message passe sans effort.

Un vrai régal, je vous conseille très fortement de lire Le retour de Silas Jones.


"Il avait toujours supposé que la colère ressentie par les Noirs était une réaction à l’attitude des Blancs envers eux. C’est vous qu’êtes responsables de tout ! Mais si un Blanc voulait être ami avec un Noir, lui offrait des cadeaux et même un endroit où habiter, le Noir ne devrait-il pas lui en être reconnaissant ?"

"Il regagna la cabane à travers la forêt qui s’assombrissait, conscient que toutes ces terres – plus de deux cent cinquante hectares – appartenaient, ou appartiendraient à Larry. Et Silas qui, lui, n’avait rien, leva la tête vers le ciel qui avait maintenant disparu. On ne distinguait même plus la cime des arbres, tandis que la nuit descendait le long des lianes. Il se mit à courir, effrayé non pas par les ténèbres envahissantes, mais par la colère qui lui rongeait les côtes."

"Silas la suivait sans se rendre encore compte combien le manteau symbolisait la défaite, la honte, la perte et le désespoir. Après s’être montré à ce point incapable de comprendre, il voyait clairement comment le garçon d’alors était devenu l’homme qu’il était aujourd’hui."