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jeudi 20 juillet 2017

06 et 07 - Agatha Raisin enquête T5 et T6 - Pour le meilleur et pour le pire / Vacances tous risques

Auteur : M.C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Après la lecture passionnante mais douloureuse du Portail, il me fallait quelque chose de vraiment léger pour soulager mon esprit... Les aventures rocambolesques d'Agatha Raisin sont tout à fait appropriées pour ce genre de situation, je me suis donc lancée dans la lecture des deux derniers tomes parus à ce jour, Pour le meilleur et pour le pire et Vacances tous risques.

Je ne parlerai pas des intrigues afin de ne pas spoiler ceux qui n'ont pas encore lu le tome précédent. J'ai tout simplement retrouvé le plaisir et l'amusement que je retrouve à chaque fois que je me plonge dans cette collection, qui, il faut l'avouer, ne casse pas trois pattes à un canard, mais permet un pur divertissement, de la rigolade, et aucune prise de tête ! 

Dans la lignée des tomes précédents, et toujours sur fond de meurtre et d'enquête, Pour le meilleur et pour le pire et Vacances tous risques nous prouvent que nous ne sommes pas au bout de nos surprises en suivant Agatha dans ses pérégrinations, loin de là ! Après 6 tomes on pourrait penser connaître le personnage, mais elle arrive toujours à nous surprendre... Et, à mon grand étonnement, James Lacey également, car il se révèle bien plus complexe et mystérieux qu'il ne le laisse paraitre au premier abord ! 

Les deux prochains tomes sont prévus pour novembre, j'ai hâte !

dimanche 12 février 2017

04 - Cycles des Princes d'Ambre T1 - Les neuf princes d'Ambre

Auteur : Roger Zelazny
Éditeur : Folio SF

Un homme se réveille séquestré dans un hôpital psychiatrique. Il a perdu la mémoire, et ne sait ni sur quels ordres il est emprisonné, ni pourquoi. C'est la ruse qui l'aidera à retrouver le nom et l'adresse de sa sœur, celle qui l'a fait interner, et à s'évader... Les souvenirs vont commencer petit à petit à refaire surface lorsqu'il se retrouvera face à elle... Il s'appelle Corwin, il est l'un des neuf princes d'Ambre qui se battent depuis des siècles pour le trône laissé vacant à la mort de leur père, Oberon. Et c'est son frère Éric qui l'a exilé en Ombre-Terre, dans le but de se débarrasser de son concurrent le plus sérieux...

Le premier mot qui me vient à l'esprit lorsque je repense à cette lecture, c'est ORIGINALITÉ. Pour moi, dans ma modeste vie de lectrice avide, beaucoup de choses dans ce premier tome du Cycle des Princes d'Ambre sont du jamais vu. Que ce soit la ville d'Ambre , terre réelle dont tous les autres univers parallèles découlent et n'en sont que l'Ombre, ou bien la magie qu'ils utilisent à travers les Atouts, ou encore l'existence de cette ville-miroir, Rebma, dans laquelle chaque événement a une incidence sur Ambre... Nous découvrons une famille digne de Game of Thrones, aussi cruelle, sans cœur et sans pitié, et aussi fins stratèges... Et nous découvrons tout ceci petit à petit, au fil des souvenirs retrouvés de Corwin, qui est loin d'être le seul personnage auquel on s'est attaché tout au long de l'ouvrage...

Ce premier tome a tout pour plaire, il est original, ça je l'ai déjà dit, mais bourré d'action, et tellement surprenant qu'on a du mal à le lâcher, on veut absolument savoir quelle découverte, quel souvenir nous pourrons lire à la page suivante. Et là je peux vous dire que j'ai hâte de parcourir la suite du cycle ! 

03 - Beignets de tomates vertes

Auteur : Fannie Flag
Éditeur : J'ai Lu

Nous sommes en Alabama, dans les années 80. Evelyn est une femme au foyer de 40 ans qui a totalement perdu confiance en elle, perdu le sens de la vie. Mais elle fait la connaissance dans une maison de retraite de Ninny Threadgoode, une vieille femme avec qui elle va rapidement lier une amitié sincère, et qu'elle viendra visiter tous les dimanches. À chacune de ces rencontres, Ninny va lui faire partager la vie de sa famille et des habitants du petit village de Whistle Stop, dans un Alabama des années 30 en pleine crise. Nous allons donc, aux côtés des deux femmes, faire la connaissance d'Idgie et Ruth, qui gèrent le Whistle Stop Café et servent entre autres les délicieux beignets de tomates vertes, et de toutes les personnes qui vont graviter autour d'elles au fil des années...

On m'avait déjà vanté les mérites de cet ouvrage, et c'est avec beaucoup de curiosité que je me suis lancée dans sa lecture. Fannie Flag a du talent, et dès la première page, on est transporté dans cette Amérique profonde, aux côtés des membres de la famille Threadgoode, d'Idgie en particulier, qu'on ne peut qu'apprécier... On s'attache aux personnages, on vit leurs aventures comme si on faisait partie de la famille, comme si on y était. La magie de la littérature est là, dans ce roman témoin d'une époque révolue, un temps où tout était loin d'être rose, mais où on savait apprécier la valeur de la vie, les petits moments et les peines qui remplissent une existence... Et ça, c'est un message qu'Evelyn avait besoin d'entendre, et qui va l'aider petit à petit à reprendre sa vie en main.

Beignets de tomates vertes est un roman très touchant, qui nous fait voyager, très facile à lire, drôle et triste, dans lequel les personnages et les émotions sont réels, un témoin de l'Histoire... Un ouvrage que je recommande chaudement !

Un grand merci à Ellane, qui encore une fois m'a mis dans les mains un ouvrage qui n'aurait jamais attiré mon attention en librairie, et qui m'a prouvé une fois de plus que sortir de temps en temps des sentiers battus fait drôlement du bien ^_^


mardi 10 janvier 2017

01 - Steamboat

Auteur : Craig Johnson
Éditeur : Gallmeister

C'est dans le cadre de mon club de lecture que j'ai été amenée à découvrir Craig Johnson à travers ce cours ouvrage, Steamboat. Première excursion donc dans l'univers de l'auteur, j'ai cru comprendre que Steamboat est un ovni dans son œuvre, une histoire qui aurait dû être une nouvelle et qui est allée bien au-delà, devenant un roman à part entière. Je ne peux donc faire aucune comparaison avec les polars de l'auteur, et d'après ce que j'ai compris ce n'est pas plus mal, car j'ai lu Steamboat avec un œil neuf et sans attentes, et j'ai pu en savourer toute la saveur...

Walt Longmire est le shérif d'Ansaroka, dans le Wyoming. Un soir de Noël, il reçoit la visite d'une femme asiatique, qui lui demande de l'emmener auprès de l'ancien shérif, ce qu'il fait. Une fois réunis, cette femme va prononcer un seul mot, "Steamboat", et réveiller dans l'esprit des deux hommes des souvenirs datant de nombreuses années auparavant, par une nuit enneigée et venteuse, au cours de laquelle ils ont risqué leur propre vie afin de sauver celle d'une enfant sur le point de mourir dans le but de l'emmener à l'hôpital à bord d'un vieux coucou légendaire, le Steamboat...

J'ai beaucoup aimé ce roman de Craig Johnson. L'histoire est belle, les personnages attachants, il n'y a aucun temps mort. On s'attache, on vit leur aventure de la dernière chance à fond, comme si on y était... Mais ce que j'ai le plus apprécié, c'est Steamboat, cet avion qui est au cœur de l'histoire, aussi vivant que n'importe quel autre personnage. Steamboat, c'était le nom d'un fougueux cheval de rodéo, qui était doux comme un agneau dès lors qu'on se tenait à ses côtés, mais qui refusait de laisser quiconque le monter... Ce n'est pas pour rien que son nom a été donné à ce bombardier de la Seconde Guerre mondiale, aussi indomptable et imprévisible, et qui va littéralement prendre vie sous nos yeux et lutter contre la tempête afin de sauver lui aussi cette petite fille.

J'ai adoré, Steamboat n'est peut-être pas du tout représentatif de l'œuvre de Craig Johnson, mais me donne en tous cas l'envie de la découvrir (à commencer par Little Bird, que l'on m'a chaudement recommandé depuis un moment déjà). Dans tous les cas, ce roman reste une très belle lecture de Noël, une histoire positive qui montre qu'en cette période de magie et de féerie, les miracles sont possibles.


vendredi 30 décembre 2016

36 - Soleil levant

Auteur : Michael Crichton
Éditeur : Pocket

À Los Angeles, une jeune femme se fait assassiner dans la tour Nakamoto lors d'une soirée réunissant le gratin de la scène politique et quelques stars du show-business. L'agent de liaison en poste cette nuit-là se voit confier la délicate mission de résoudre ce crime de la manière la plus discrète possible, tout en ménageant les susceptibilités nippones vis à vis des États-Unis. Il aura besoin de toute l'aide que pourra lui apporter un confrère spécialiste du Japon... Ce crime n'est que le point de départ de l'intrigue, mais le cœur de l'histoire est cette guerre économique que le Japon et les États-Unis mènent. Ou plutôt que le Japon mène envers des États-Unis qui ont tendance à se laisser faire. 

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, même si je ne m'attendais pas du tout à ce genre de développements. La confrontation de deux cultures si différentes est très bien expliquée. Pour les Japonais, les affaires s'apparentent à une guerre qu'il faut gagner à tout prix, et dans laquelle leur honneur est en jeu. Toutes leurs décisions découlent de ce fait, et sans l'aide de John Connor, qui connait par cœur leur manière de penser, le lieutenant Smith aurait eu bien du mal à démêler toute cette histoire, au final plus politique que criminelle.

Le duo de protagonistes fonctionne très bien, même si j'aurais apprécié en savoir un peu plus sur le mystérieux Connor et son passé au pays du Soleil Levant. Le parti pris de l'auteur concernant la main-mise du Japon sur les États-Unis est originale et pousse à la réflexion, mais je préfère ne pas trop donner foi à ses idées et garder mon âme d'enfant et mes yeux émerveillés envers ce peuple à la culture si surprenante...

vendredi 16 décembre 2016

35 - L'Œuf de dragon

Auteur : Georges R. R. Martin
Éditeur : J'ai Lu

Grâce à Babelio et aux éditions J'ai Lu, j'ai eu la chance de gagner au dernier Masse Critique ce préquelle du Trône de fer, L’Œuf de dragon. Un grand merci !

Je suis une grande fan du Trône de fer, aussi bien de la série télévisée que de la série littéraire (et j'attends le dernier tome avec impatience !!!). Et c'est avec beaucoup d'excitation que je me suis lancée dans la lecture de cette nouvelle mettant en scène un chevalier errant, Dunk, et son écuyer qui n'est autre qu'Aegon Targaryen, alias l'Œuf, alors âgé d'une douzaine d'années. Au hasard des chemins, nos deux protagonistes vont se retrouver au milieu d'un mariage accompagné de joutes de chevaliers, le prix de la victoire n'étant rien d'autre qu'un authentique œuf de dragon. Mais (comme souvent avec les mariages dans Le Trône de fer), les festivités vont tourner au vinaigre et nos deux personnages vont se retrouver au cœur d'un vaste complot politique sur fond de trahison.

Sur le papier, cette nouvelle a tout pour plaire. Je dis bien sur le papier, car personnellement j'ai été déçue. Peut-être attendais-je trop de ce préquelle, mais j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, à m'attacher aux personnages (toujours trop nombreux !). J'ai trouvé ça plutôt lent, il y a beaucoup de parlotte et peu d'action au final. Ça se lit, mais péniblement, et c'est bien dommage...

Je suis tout de même contente de cette lecture, simplement pour ce petit voyage dans cet univers que j'aime tant, et je ne décourage personne de la lire car beaucoup ont adoré. Comme on dit, il en faut pour tous les goûts !

jeudi 20 octobre 2016

23 à 30 - Harry Potter

Auteur : J.K. Rowling
Éditeur : Gallimard Jeunesse


Et le tome 8 !


"Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises."

En vue de la parution le 14 octobre du tome 8 d'Harry Potter, j'ai consacré ces dernières semaines à la relecture des 7 précédents tomes.

Alors tout d'abord quelques mots sur l'histoire originale. Je les ai lus comme tout le monde il y a 10-15 ans, lorsque la folie Harry Potter a enflammé les cœurs de millions de personnes. Et comme une grande majorité d'entre eux, j'ai adoré et je suis devenue fan du sorcier à lunettes bien sûr, mais surtout de l'univers magique et enchanté créé par J.K. Rowling (qui n'a jamais rêvé d'aller à Poudlard ???). Enfin bref, j'étais une grande fan, et j'avais un peu peur avant de me lancer dans cette relecture que tout ça n'ait pas vieilli avec moi, je craignais d'être déçue. Que nenni mes amis ! Dès le premier tome j'ai retrouvé mon âme d'enfant, les étoiles dans mes yeux, et cette avidité de continuer à lire encore et encore, quitte à ne pas dormir de la nuit et à être crevée le lendemain à l'école (oups, pardon, je voulais dire au boulot). J'ai adoré redécouvrir cette histoire, cet univers, d'ailleurs j'avais oublié pas mal de choses, et il y en d'autres que j'ai mieux comprises. Un régal ! Et comme rien n'a donc changé, même si pour moi les 7 tomes forment un tout, j'ai toujours cette même préférence pour Le prisonnier d'Azkaban, et pour les personnages de Sirius Black et Severus Rogue.

Le tome 8 à peine sorti, j'ai finalement pu découvrir ce qui se passe par la suite. En ce qui concerne l'histoire je ne dirai pas grand chose afin de ne pas gâcher le plaisir de ceux qui ne l'ont pas encore lu, sachez juste que ce tome est dans la totale continuité du tome 7, puisque la première scène du premier acte est exactement la même que le dernier chapitre des Reliques de la mort. Et nous replongeons, encore une fois, avec délices dans cet univers toujours magique et merveilleux, dans une nouvelle histoire mettant en scène à la fois des personnages nouveaux et des personnages connus, que nous prenons plaisir à retrouver, avec toujours autant de rebondissements, de sortilèges, d'humour, de bons sentiments. J'ai tout simplement adoré, et pour moi ce n'est pas une suite, mais ce tome 8 s'intègre parfaitement dans le grand TOUT qu'est la saga Harry Potter.

Il y a pourtant un bémol, mais très léger, c'est le format pièce de théâtre. J'ai eu un peu de mal à m'y faire (surtout après un roman aussi dense que le tome 7), mais une fois entrée dans l'histoire tout va bien. C'était une expérience cependant un peu frustrante, car évidemment on entre moins en profondeur dans l'histoire, dans la psychologie des personnages, j'ai l'impression qu'au final on les connait moins. J'aurais aimé aller encore plus loin, en découvrir toujours plus sur le monde magique et ce que nos personnages favoris sont devenus. Mais bon, c'était vraiment histoire de mettre un bémol, hein ? Et je dois avouer que je suis assez perplexe également, et je manque certainement cruellement d'imagination, mais je ne vois pas du tout comment les metteurs en scène ont pu reproduire certains passages dans une pièce de théâtre ! Ou bien sont-ils un peu sorciers eux aussi... Dans tous les cas, j'espère sincèrement que la pièce viendra en France, afin de pouvoir la découvrir dans sa forme initiale.

En attendant de me replonger dans l'univers de J.K. Rowling avec Les animaux fantastiques le mois prochain au cinéma (une pentalogie, youpiiii !), je n'ai plus qu'à revoir les films, car j'ai vraiment du mal à me dire que pour l'instant j'en ai fini avec Harry...


"Méfait accompli."



jeudi 11 août 2016

21 - L'homme au parapluie et autres nouvelles

Auteur : Roald Dahl
Éditeur : Gallimard (collection Folio) - édition bilingue

Mon club de lecture favori m'a fait découvrir très récemment Roald Dahl. Enfin, découvrir est un bien grand mot, car je crois qu'il est bien difficile de ne pas avoir croisé l'une de ses œuvres au cours de notre vie ! Je n'en nommerai qu'une, la plus célèbre selon moi : Charlie et la chocolaterie (ou bien serait-ce Les Gremlins ?). Bref, passons. Je connaissais donc une petite partie de son œuvre, mais je ne connaissais pas le bonhomme. Principalement connu pour ses ouvrages à destination de la jeunesse, c'est avec ce recueil de nouvelles pour adultes que j'ai décidé de réaliser ma première immersion dans son univers...

L'homme au parapluie et autres nouvelles nous plonge dans plusieurs histoires drôles, grinçantes et originales. Que ce soit ce vieil homme qui ne ménage pas sa peine pour pouvoir boire à l’œil, ou encore la société À moi la vengeance S.A.R.L., qui s'enrichit des critiques d'un chroniqueur peu scrupuleux, on passe vraiment un bon moment du début à la fin de ce recueil, ce qui est une prouesse en soi étant donné la difficulté de l'exercice.

J'ai eu la chance de pouvoir emprunter une édition bilingue à la médiathèque, et je me suis lancée à lire ces nouvelles en version originale, moi qui ne suis pas du tout habituée à lire en anglais. Et bien si vous en avez l'occasion, faites-le ! C'est vraiment un régal, et en cas de souci la traduction française est en vis-à-vis sur chaque page !

Je recommande sans hésiter, et je continue de ce pas mon immersion dans l'univers de ce grand monsieur avec, cette fois, un album jeunesse...

jeudi 4 août 2016

20 - Agatha Raisin enquête : Remède de cheval

Auteur : M.C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Il ne m'a pas fallu très longtemps pour me plonger de nouveau dans les aventures d'Agatha Raisin. Il faut dire que les péripéties de cette petite bonne femme ont largement de quoi nous distraire en cette période estivale.

J'avais déjà beaucoup aimé le 1er tome, mais c'est réellement avec Remède de cheval que les aventures d'Agatha Raisin prennent toute leur ampleur, La quiche fatale servant principalement de mise en place du décor et des personnages. 

Nous suivons donc de nouveau ici les déboires d'Agatha afin de s'intégrer à son charmant petit village des Cotswolds. Cette fois, c'est la mort d'un vétérinaire qui titille sa fibre de détective, et c'est accompagnée de son très charmant voisin (qu'elle s'évertue à séduire par tous les moyens possibles et imaginables) qu'elle va mener l'enquête. Nous suivons donc ce duo improbable tout au long de leurs recherches, parsemées de situations cocasses en tous genres. Et on rit, bien plus que dans le 1er tome.

Du pur divertissement à l'anglaise, un livre qui fait du bien et que je recommande !

Les tomes 3 et 4 paraissent en novembre aux éditions Albin Michel, j'ai hâte de les découvrir...


Je pense que vous mettez votre nez partout quand ce n'est pas nécessaire, mais que vous êtes d'une naïveté touchante quand ça l'est.

C'est alors que Freda entra, flanquée d'un homme. Dans son tailleur vert pâle et son corsage de soie blanche, elle avait l'air aussi calme et fraîche qu'une laitue.

- Il y a énormément de veuves dans le coin. Les hommes vivent moins longtemps.
- Du moins quand ils sont mariés.

mardi 26 juillet 2016

19 - Comme un conte

Auteur : Graham Joyce
Éditeur : Bragelonne

J'ai profité de la dernière OP Bragelonne qui proposait des centaines d'ebook à 0,99 € pour renflouer un peu ma i-bibliothèque, et Comme un conte fait partie de mes nouvelles acquisitions... Alors déjà, merci à Bragelonne pour ces opérations qui nous permettent d'ouvrir des livres qu'on n'aurait jamais achetés de peur d'être déçus ! Car celui-ci est pour moi une vraie découverte, et je l'ai dévoré du début à la fin...

Tara est une adolescente de 16 ans lorsqu'elle disparait du jour au lendemain sans laisser de traces. De nombreuses pistes ont été suivies, de l'enlèvement à la fugue, et sa famille s'est finalement résignée à ne jamais retrouver le corps de leur fille qu'ils pensent morte... Mais 20 ans plus tard, Tara réapparait... Malgré les années, elle a conservé son apparence d'adolescente, et elle explique qu'elle vient de passer 6 mois chez les fées... 6 mois qui dans la vie de ses proches se sont transformés en 20 longues années... 

Je ne connaissais pas du tout Graham Joyce, et la première chose que je peux vous dire sur ce roman est que j'ai adoré son style, sa plume. Dès les premiers mots j'ai été emportée dans cette histoire entre réalité et contes, et je me suis complètement déconnectée de mon quotidien à chaque fois que je m'y replongeais. J'ai été très agréablement surprise par l'intrigue qui est loin d'être aussi simple que ce que le synopsis peut laisser transparaître, et j'ai donc avancé vers l'inconnu en savourant tout au long de l'histoire chaque évolution, chaque révélation, chaque tournant. Les chapitres sont racontés par différents narrateurs, autant de points de vue qui éclairent le mystère chacun à leur manière, distillant petit à petit des indices sur ce qui a réellement pu se passer pendant ces 20 ans de la vie de Tara.

Comme un conte se lit tout seul, sans prise de tête, et on se laisse bercer tranquillement mais avec beaucoup d'attente et l'envie de savoir, jusqu'à la fin de l'histoire... J'ai adoré, et je recommande !


Il arrive, dans la vie, qu’une porte s’ouvre et qu’on distingue l’éclat des reflets sur l’eau, et on sait que si on ne s’y engouffre pas, la porte va se refermer d’un coup, peut-être pour toujours. On peut essayer de se convaincre qu’on avait le choix ; mais peut-être qu’on aurait dit oui quoi qu’il arrive. On était libre de refuser comme on est libre de retenir sa respiration. On aurait dit oui, quoi qu’il arrive. 

Les besoins prosaïques de la vie quotidienne étouffaient tout impact du miraculeux ; ils exigeaient qu’on relègue le glorieux à l’arrière-plan. 

Si la pathologie est effectivement de nature paranoïaque, l’histoire inventera de nouveaux problèmes afin de désamorcer toute version positive des événements. Elle ne connaîtra pas de « fin ». 

 


lundi 18 juillet 2016

18 - Agatha Raisin enquête - La quiche fatale

Auteur : M. C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Agatha Raisin a 53 ans lorsqu'elle décide de réaliser un rêve d'enfant, quitter Londres pour vivre dans un cottage au cœur des Cotswolds. Mais voilà, passer du statut de chef d'entreprise tyrannique qui a l'habitude de se faire obéir au doigt et à l’œil à celui de jeune retraitée fraîchement arrivée dans un endroit inconnu, ce n'est pas si simple. Et Agatha va déployer tous les efforts pour s'intégrer et se faire à sa nouvelle vie. Et pourquoi pas gagner ce concours de quiche organisé par le village ? Ne sachant pas cuisiner, c'est dans une quicherie londonienne qu'Agatha se fournit, mais cela ne suffit pas, elle perd le concours, vraisemblablement truqué... Mais le juge du concours meurt le soir même, empoisonné par la quiche d'Agatha ! Tous les yeux se tournent enfin vers elle, mais certes pas de la manière dont elle le souhait...

Premier tome d'une longue série qui fait fureur outre-manche, La quiche fatale donne le ton des aventures d'Agatha Raisin : SO BRITISH ! C'est distrayant, drôle, l'histoire ne casse pas trois pattes à un canard, mais le décor et les personnages valent le détour. Agatha est une vieille femme aigrie et imbuvable, imbue de sa personne, mais on ne peut que s'attendrir des efforts qu'elle fait pour s'intégrer dans son village, et sa manie de ne jamais lâcher l'affaire lorsque quelque chose la turlupine la mènera à trouver la vérité sur cette affaire de quiche... J'ai beaucoup de sympathie également pour ce policier qui la prend en affection, Bill Wong, un personnage très intéressant et qui capte très rapidement notre attention, et que je me réjouis déjà de retrouver dans les opus suivants de la série.

En bref cette Miss Marple des temps modernes fait une parfaite lecture sans prise de tête pour l'été.

jeudi 30 juin 2016

16 - Barcelona

Auteur : Daniel Sanchez Pardos
Éditeur : Presses de la Cité

Barcelone, 1874. Gabriel Camarasa est le fils du dirigeant des Nouvelles illustrées, un journal à scandale récemment créé par son père au retour de leur exil à Londres. Lorsqu'Antoni Gaudì, jeune étudiant en architecture, sauve la vie de Gabriel devant l'incendie du principal concurrent des Nouvelles illustrées, aucun de ces deux personnages ne peut encore se douter qu'ils vont développer une amitié sincère au cœur de cette Barcelone troublée entre la République déclinante et le potentiel retour de la Monarchie...

J'ai eu la chance de recevoir Barcelona dans le cadre d'un Masse Critique, et je remercie chaudement les Presses de la Cité et Babelio pour cette belle découverte. Ce qui m'a tout d'abord attirée vers ce roman, c'est son contexte, l'Espagne de la fin du XIXe siècle, ses troubles politiques, mais également et surtout la présence de l'illustre Antoni Gaudì, que j'avais étudié en cours d'histoire de l'art. Bien évidemment j'en connais trop peu à la fois sur l'histoire de l'Espagne et sur la vie de l'architecte pour démêler le vrai du faux dans cette histoire, donc je préfère tout prendre comme une fiction historique, c'est plus sûr. 

Barcelona est un roman qui a su me séduire, me transporter dans une Barcelone d'un autre temps. J'ai aimé ce paradoxe entre les intrigues politiques des grandes familles riches d'un côté, et les bas fonds de la misère espagnole d'un autre. Tous tellement différents, mais qui se retrouvent au final tout aussi importants les uns que les autres dans l'intrigue. Et surtout, j'ai aimé le personnage d'Antoni Gaudì, plein de mystères, de suffisance, mais pourtant sympathique, qui n'hésite pas à nous entraîner dans ses activités spirites, ses expériences et ses discussions enflammées sur l'architecture, la politique, la vie... Et bien sûr ses déductions dignes d'un Sherlock Holmes qui aideront grandement Gabriel à démêler le vrai du faux dans cette intrigue politique et policière de grande ampleur.

J'ai donc beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé très agréable à lire malgré les sujets abordés, et très dépaysant. 

À découvrir !



Comme j'eus l'occasion de le découvrir aux premiers jours de notre relation, Gaudì était un homme aux habitudes régulières qui menait une vie profondément irrégulière, ou pour être plus précis, peut-être, un homme à l'esprit profondément irrégulier dont les journées s'organisaient autour d'une série d'habitudes aussi régulières que celles d'un employé de banque.

- Les amours impossibles n'existent que dans les romans, répondis-je. Dans la vie réelle, il y a tout au plus des amours improbables… 

- Je ne vous croyais pas au fait de ce genre de choses, Gaudi, mon ami, dis-je. Je ne vous imagine pas en train de lire la rubrique mondaine des journaux...
- Les personnes qui figurent dans cette section, Camarasa, mon ami, sont celles qui brassent l'argent qui nous donnera un jour à manger. Il nous faut connaître leurs noms, même si leurs faits et gestes nous ennuient souverainement.


mardi 7 juin 2016

15 - Les Maraudeurs

Auteur : Tom Cooper
Éditeur : Albin Michel

Décidément mes lectures me font beaucoup voyager en ce moment... Après le bush australien, me voici au cœur du bayou, en Louisiane, avec ce roman de Tom Cooper, Les Maraudeurs.

Jeannette est une petite ville de Louisiane qui vit de la pêche à la crevette. Mais après la double tragédie de l'ouragan Katrina et de la marée noire, ses habitants luttent quotidiennement pour survivre au cœur de ces marais appauvris et pollués...

Dans Les Maraudeurs, nous suivons le destin de plusieurs d'entre eux, entre le père et le fils Trench qui essaient de survivre à la disparition de la mère lors de l'ouragan et à des crevettes qui ne les nourrissent plus, Lindquist, un pêcheur manchot dévasté par son addiction aux médicaments et persuadé qu'il trouvera le fameux trésor du célèbre pirate Laffitte au fond du bayou, les frères Toup, qui se sont attribué une île perdue dans le marais pour leur trafic de marijuana, ou encore Grimes, natif de Jeannette mais qui a la ville et ses habitants en horreur, obligé d'y revenir pour le compte de la société pétrolière qui cherche à embobiner les habitants en achetant leur silence sur la catastrophe dont ils sont à l'origine...

Dès les premières pages l'ambiance particulière de la Louisiane est bien présente, et on se laisse bercer par le destin de ces personnages. Mais ce roman est loin de n'être qu'un portrait de la dureté de la vie dans le bayou... Tom Cooper y dénonce aussi bien l'incompétence des autorités suite aux dégâts de Katrina et leur corruption quotidienne, que la main-mise des sociétés pétrolières sur l'image que le monde extérieur peut avoir sur la marée noire, tellement éloignée de la réalité de ceux qui vivent au cœur de ce drame écologique, et bien loin des considérations humaines.

Au final, Les Maroudeurs est un roman qui se lit très bien, avec des personnages attachants, mais qui soulève de nombreuses vérités cachées sous un humour noir et un cynisme permanents.


Ils se remirent au travail. Au bout d'un moment, Hanson retourna la question à Cosgrove et lui demanda comment il avait atterri là.
"Ivresse sur la voie publique", dit Cosgrove.
Hanson secoua la tête et renifla, l'air incrédule. "À la Nouvelle-Orléans ? dit-il. C'est comme si les flics allaient au cimetière coffrer les gens parce qu'ils son morts." 


Ils ne dirent plus rien pendant un moment. Lindquist rejeta à l'eau un poisson-tambour, Wes une petite sébaste criblée de lésions grosses comme des petits piments.
"Tu sens ça ?" demanda Lindquist.
Wes hocha la tête d'un air dégoûté.
"Tu crois qu'il y a du poison là-dedans ?
- À la télé ils disent qu'il n'y a rien. L'Agence de protection de je ne sais plus quoi.
- Protection de l'environnement ?
- Voilà, c'est ça.
- Et tu les crois ?
- J'en sais rien.
- Moi, j'ai vu des crevettes qui n'avaient pas d'yeux, dit Lindquist.
- Moi, un jour, j'ai vu une sébaste qui en avait trois.
- Et moi une sirène avec trois nibards."
Ils pouffèrent de rire.


 

lundi 23 mai 2016

14 - La vengeance du wombat et autres histoires du bush

Auteur : Kenneth Cook
Éditeur : Le Livre de Poche

C'est à l'occasion d'une session de mon club de lecture consacrée aux nouvelles que je me suis lancée dans ce titre de Kenneth Cook. Je trouvais le titre drôle, et le sujet intéressant, promettant de belles rigolades en perspective...

Le narrateur est un écrivain bedonnant, la cinquantaine, pas sportif pour un sou, porté sur la boisson, qui parcours les contrées reculées australiennes, le fameux bush, à la recherche d'histoires à écrire. Et on peut dire qu'il a le chic pour se mettre dans des situations totalement improbables au contact de la faune locale et des autochtones... Alors de nouvelle en nouvelle, il va se faire attaquer par un wombat, encourir la vengeance d'un kangourou ingrat ou encore sur un bateau remorqué loin des côtes par un énorme requin... Et j'en passe.

Alors oui, il y a certains moments où sa poisse, sa trouille, et sa malchance nous font rire. Mais il faut bien avouer que le reste du temps, je me suis bien ennuyée, à me demander "pourquoi". Les mauvais plans, on les vois arriver dès les premières lignes de chaque nouvelle, et notre écrivain ne peut s'empêcher d'y foncer tête baissée, sans avoir retenu la leçon de ses mésaventures précédentes (ou pire, il s'en rappelle, mais il retourne quand même à l’échafaud). 

Voilà, moi j'ai trouvé ça drôle, mais à petite dose... Heureusement c'était tout de même très dépaysant !


Au clair de lune comme à l’aurore, l’endroit est serein, charmant, parfait pour le repos et la méditation.
Ne vous en approchez jamais.
Il est truffé de wombats redoutables.
J’aimais beaucoup les wombats, avant. A première vue, ces aimables créatures ressemblent à des oursons, se baladent tranquillement la nuit et mastiquent innocemment des racines. La vérité est tout autre.  


De nos jours, le quokka est toutefois considéré par tous comme étant inoffensif, en raison de sa petite taille ; ce qui s’inscrit dans une longue série de grandes illusions qu’entretiennent les gens sur les marsupiaux d’Australie. Comme la plupart sont petits, les gens ne les croient pas dangereux. Quelle bévue !  

Le taux d'échec des kangourous au saut de clôture est très élevé. Ils effectuent un bond déterminé à leur approche, s'élèvent gracieusement dans les airs, se prennent habituellement les pattes arrières dans le haut de la clôture et tombent la tête la première.ils se relèvent ensuite, l'air idiot , et s'en vont en clopinant. 

mardi 5 avril 2016

11 - L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage

Auteur : Haruki Murakami
Éditeur : Belfond

Haruki Murakami est un auteur que j'apprécie beaucoup, et j'étais particulièrement impatiente de découvrir ce roman, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

Tsukuru Tazaki, lors de ses années de lycée, faisait partie d'un groupe de cinq amis. Son seul regret était de ne pas avoir, comme eux, le nom d'une couleur dans son patronyme. Il pensait que cela le rendait plus quelconque, qu'il lui manquait quelque chose. Mais leur entente était si parfaite, si harmonieuse, que ces considérations passaient au second plan. Lorsque Tsukuru a décidé de quitter Nagoya pour étudier dans une université de Tokyo, cette amitié a perduré, et chacun de ses retours dans sa ville natale était une fête. Jusqu'au jour où, sans explication aucune, Bleu lui annonce qu'il n'appartient plus à leur groupe, et demande à Tsukuru de ne plus essayer de les contacter. Profondément blessé, le jeune homme laisse défiler les années, sans parvenir à s'épanouir à Tokyo. Mais il rencontre Sarah, avec qui il a envie de vraiment créer quelque chose, et qui le persuade de retourner sur les traces de son passé, de rencontrer ses anciens amis, et de découvrir enfin la vérité...

Encore une fois, j'ai adoré découvrir ce roman de Haruki Murakami. Je n'ai pas souvenir d'avoir été un jour déçue par cet auteur. Lorsque je lis l'une de ses œuvres, je suis dans ce que j'appelle de la littérature contemplative. J'ai l'impression que le temps s'arrête, et je me surprends à faire attention à tout ce qui m'entoure, comme si cette lecture décuplait mes sens, ou me rendait plus consciente de la vie. Car c'est l'impression que ces personnages donnent à chaque fois, d'être conscients de la vie qui les entoure, et de trouver un sens au moindre geste, au moindre son... On retrouve beaucoup de traits communs avec les précédentes œuvres de l'auteur, comme l'importance donnée à la musique ou à la philosophie, par exemple... Le rythme est lent, mais j'aime savourer ces histoires dépaysantes qui m'ouvrent à chaque fois une fenêtre nouvelle sur ce pays du soleil levant qui me fascine tant... Je pourrais juste émettre un regret, car j'ai trouvé dans ce roman moins de magie, de fantastique que dans les autres titres de Murakami que j'ai eu l'occasion de découvrir. Mais l'histoire n'en est pas moins prenante, et on se prend à chercher désespérément la vérité, à savoir enfin ce qui a bien pu se passer parmi ces cinq amis qui puisse bouleverser ainsi une telle harmonie.

Pour la première fois dans mon histoire d'amour avec les livres, j'ai osé découvrir une œuvre en audiolivre. J'ai choisi cet ouvrage, car je sais que pour se lancer dans la lecture d'un Murakami, il faut avoir l'esprit disponible. Ce n'était pas mon cas, et la fatigue aidant, j'ai choisi l'option de facilité. J'ai bien aimé l'expérience, même si, forcément, le point de vue de l'orateur annihile mon imagination... Mais il faut bien admettre le côté pratique de la chose, on peut ainsi "lire" en conduisant, dans l'obscurité de la chambre le soir, en cuisinant... et assouvir ainsi l'urgence que l'on éprouve de savoir la suite :) Mais restons sincères, les audiolivres n'arriveront jamais à la cheville du livre papier pour moi.



À considérer l'ensemble de leur vie, on pouvait affirmer que ces cinq amis avaient bien plus de points communs que de différences.
Pourtant, le hasard faisait que Tsukuru Tazaki se distinguait légèrement sur un point : son patronyme ne comportait pas de couleur. Les deux garçons s'appelaient Akamatsu - pin rouge -, Ômi - mer bleue -, et les deux filles, respectivement Shirane - racine blanche - et Kurono - champ noir. Mais le nom de "Tazaki" n'avait strictement aucun rapport avec une couleur. D’emblée, Tsukuru avait éprouvé a cet égard une curieuse sensation de mise a l'index. Bien entendu, que le nom d'une personne contienne une couleur ou non ne disait rien de son caractère. Tsukuru le savait bien. Néanmoins, il regrettait qu'il en soit ainsi pour lui. Et, à son propre étonnement, il était plutôt blessé. D'autant que les autres, naturellement, s’étaient mis a s'appeler par leur couleur. Rouge. Bleu. Blanche. Noire. Lui seul demeurait simplement "Tsukuru". Combien de fois avait-il sérieusement pensé que ç’aurait été bien mieux si son patronyme avait eu une couleur ! Alors, tout aurait été parfait. 

  

mardi 29 mars 2016

10 - Anno Dracula

Auteur : Kim Newman
Éditeur : Bragelonne

Anno Dracula... Ce roman me faisait de l’œil depuis un moment déjà, grâce à ses nombreuses critiques enthousiastes, au thème pour le moins atypique, mais également grâce à cette superbe couverture qui invite à s'approprier l'objet...

Nous sommes au XIXe siècle,  dans un Londres que l'on connait, mais qui a une particularité : la cohabitation des vampires et des humains. Les non-morts peuvent en effet enfin "vivre au grand jour" suite au mariage de la reine Victoria et de Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula. Oui, ce même Dracula protagoniste du roman de Bram Stoker. Et c'est là l'un des principaux intérêts de cette histoire. Kim Newman emprunte personnages, faits et légendes de la littérature du genre, et mêle le tout dans un thriller fantastique haletant. Car vous pensez bien que la cohabitation entre humains et vampires ne peut pas se passer sans heurts, et l'intrigue se précise autour d'un mystérieux personnage, que nous connaissons tous sous le nom de Jack l'Éventreur, qui assassine des prostituées vampires du quartier de Whitechapel.

Beaucoup de personnages nous sont donc tout à fait familiers, comme Dracula bien entendu, mais aussi Jack l'Éventreur, Bram Stoker ou encore Van Helsing... Même Sherlock Holmes est mentionné à l'occasion. Et j'ai été étonnée de la facilité avec laquelle ces personnages littéraires ont été importés et intégrés à cette histoire, le plus naturellement du monde. Mais ceux qui m'ont le plus charmée sont deux protagonistes, Geneviève Dieudonné, une vampire plus ancienne que Vlad Tepes et bien plus sage, et Charles Beauregard, espion agissant pour le compte du mystérieux et intrigant Diogene's Club. Et c'est là mon seul regret concernant ce roman, j'aurais aimé que Geneviève et Charles soient un peu plus étudiés, qu'on gratte un peu plus profond au niveau de leurs caractères et de leurs vécus respectifs. Mais peut-être que ce sera fait dans les trois tomes suivants, je le découvrirai sans tarder.

Donc oui, vous l'aurez compris, Anno Dracula est un roman qui a tout pour plaire, plutôt atypique dans son genre, et je vous conseille de le découvrir, ne serait-ce que par curiosité ! Vous aurez même la chance d'avoir en bonus une fin alternative, qui n'a pas été retenue pour la version finale... À vous de savoir à quelle fin ira votre préférence, moi j'ai préféré la fin officielle !




- Mr Holmes aurait été capable de donner le nom de jeune fille de la mère de Scalpel d'Argent, chuchota Lestrade à Geneviève, et rien qu'en examinant la cendre d'un cigare.

Mary Jane allait toujours à l’église, quand elle le pouvait. On lui avait appris que Dieu pardonnait. Après tout, le Seigneur était revenu du tombeau et avait proposé aux siens de boire Son sang. Tout comme Miss Lucy.

— Si nous étions tous vampires, auprès de qui les vampires se nourriraient-ils ?
— Bah, il suffirait d’importer des Africains ou des autochtones d’Océanie, répondit Moreau sur le ton qu’il aurait employé pour faire remarquer à un arriéré mental que le ciel était bleu. Nous pourrions également élever un cheptel d’animaux inférieurs dans l’échelle de l’évolution à l’homo vampiricus. Si les vampires peuvent changer de forme, les autres créatures aussi.


À l’évidence, une longue existence n’assurait pas un développement proportionné de l’intelligence.  

 

jeudi 3 mars 2016

09 - L'attrape-cœurs

Auteur : J.D. Salinger
Éditeur : Pocket

Holden est un ado paumé de 16 ans, issu d'une famille aisée, qui se fait renvoyer une nouvelle fois de son collège, trois jours avant les vacances de Noël. Craignant d'affronter ses parents, il décide de fuguer. Écrit à la première personne, nous allons donc vivre avec lui, de l'intérieur, ces trois jours d'errance, de réflexions, de rencontres, au hasard des rues new-yorkaises.

L'attrape-cœurs  est un grand classique de la littérature américaine, mais je ne l'ai pas trouvé très évident à lire. Enfin non. Ça se lit plutôt rapidement, il n'y a pas de temps morts, on finit sans peine par s'attacher à ce jeune ado en pleine recherche de soi, mais déjà dès les premières pages, je me suis demandée où l'auteur voulait nous mener... Et ce sentiment ne m'a pas quittée une seconde, jusqu'à la fin de l'ouvrage. Il faut dire que le style narratif est assez déconcertant, c'est un ado qui parle, avec ses tics, ses fautes de langage, son vocabulaire "jeune". Holden erre au rythme de son impulsion du moment, de ses réflexions souvent contradictoires, de ses mensonges... L'innocence de l'enfance est toujours bien présente, mais on distingue déjà nettement les remarques plus pertinentes de l'adulte à venir. 

Je pense que c'est ce thème universel du passage à l'âge adulte et de la remise en question de tout ce qui nous entoure à cette période clé de notre vie qui est tant apprécié dans ce livre, et qui en a fait un classique. Mais pour moi, la question reste la même. Certes, j'ai été contente de partager un peu de cette expérience avec Holden, mais quel est le but de tout ça ? Qu'est-ce que l'auteur a essayé de nous dire ? Je crois que je suis complètement passée à côté de L'attrape-cœurs...



Supposez un très beau gars ou un gars qui se prend pour quelqu’un d’extra, ce type-là il sera toujours à vous demander de lui rendre un grand service. Parce qu’il s’adore il se figure que vous aussi vous l’adorez, et que vous mourez d’envie de lui rendre service. En un sens c’est assez poilant. 

Et j’ai un de ces rires très fort et pas malin. Au point que si jamais un jour j’étais celui qui serait assis derrière moi au cinoche je prendrais la peine de me pencher vers moi pour me dire de la fermer, please. 

J’espère que lorsque je mourrai quelqu’un aura le bon sens de me jeter dans une rivière. N’importe quoi plutôt que le cimetière. Avec des gens qui viennent le dimanche vous poser un bouquet de fleurs sur le ventre et toutes ces conneries. Est-ce qu’on a besoin de fleurs quand on est mort ? 

  

lundi 29 février 2016

08 - Le meurtre de la Saint-Valentin

Auteur : Tom Savage
Éditeur : Albin Michel

Ce roman de Tom Savage a été sélectionné pour la dernière session de Caro-Lire. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas du tout le genre de roman qui m'attire en librairie. Publié en 1997, je m'attendais à une vieille histoire vaguement flippante, une vengeance amoureuse qui a mal vieilli. Et bien, figurez-vous que, contre toute attente, j'ai été plutôt séduite par Le meurtre de la Saint-Valentin.

Jill Talbot est une écrivaine de polars à succès, habitant un charmant appartement au cœur de Greenwich Village à New York, vivant une belle histoire d'amour avec Nate, un artiste passionné et follement amoureux d'elle, dont elle est enceinte. Mais ce bonheur se met à trembler peu à peu, lorsque Jill reçoit des lettres de menaces signées par un certain Valentin... Est-ce l’œuvre d'une personne qu'elle connait ou d'un fan dérangé ? Quoi qu'il en soit, Jill décide de ne pas se laisser abattre, prévient la police et engage un détective privé afin de faire la lumière sur toute cette affaire, avant le jour fatidique de la Saint-Valentin...

Le meurtre de la Saint-Valentin est un roman bien ficelé, qui se lit très facilement et très rapidement. D'autant plus rapidement que, sans être l'histoire du siècle, l'intrigue nous tient bien en haleine jusqu'à la fin, et il est difficile de reposer le livre une fois qu'on y plonge... Le mobile du meurtrier est dévoilée très tôt, mais malgré les nombreuses hypothèses plus ou moins justes que j'ai pu élaborer tout au long de la lecture, le mystère de son identité n'est finalement entièrement résolu qu'au dernier chapitre.

Alors oui, c'est une histoire qui a peut-être un peu vieilli, comparée aux polars à succès d'aujourd'hui, bien plus noirs et angoissants, mais ce roman de Tom Savage a tout pour nous faire passer un bon moment, et je remercie grandement mon club de lecture préféré pour sa découverte !


Et de trois, pensa-t-il. Trois d'abattues, il en reste encore une.
La voiture traversa la forêt et s'engagea sur un chemin de campagne pour rejoindre la route, roulant à vitesse modérée, paisible, pour éviter d'éveiller les soupçons. Au moment où elle se fondit dans la circulation, en direction de la ville, il chantonnait :
" My funny Valentine. "
Il pensa au dernier nom qui restait sur sa liste. Il cessa de chanter pour prononcer ce nom dans un souffle, à plusieurs reprises, puis ce souffle devint murmure, et le murmure un cri qui emplit la voiture, tinta dans ses oreilles, résonna à travers la nuit glaciale... 

mardi 23 février 2016

25 à 35 (2015) / 4 à 7 (2016) - Le trône de fer, du tome 2 au tome 15








Auteur :
Georges R. R. Martin

Éditeur : Pygmalion


Le trône de fer, ou plutôt Game of thrones, le titre original étant tellement plus adapté que sa traduction française, est l'un de mes gros coups de cœur de l'année dernière, et de ce début d'année. Déjà complètement fan de la série d'HBO, c'est à la suite de la diffusion de la saison 5 l'année dernière que j'ai souhaité redécouvrir l'histoire des Sept Royaumes au travers des ouvrages publiés par Pygmalion.

Je ne pense pas qu'il y ait encore beaucoup de monde qui ne connaisse pas Game of thrones, donc je ne reviens que brièvement sur le synopsis : un trône de fer et plusieurs grandes maisons qui se le disputent (les dragons Targaryens, les lions Lannister, les loups Stark, les cerfs Baratheon...), donnant lieu à d'innombrables complots, trahisons, amitiés et inimitiés... tout cela pendant que les morts se relèvent de l'autre côté du Mur, annonçant la venue de l'hiver.

Quand on se plonge dans Game of thrones, c'est une immersion complète, on est transporté dans cet univers créé par Georges R. R. Martin. Et c'est bien difficile d'en sortir. Les tomes s'enchaînent, on veut absolument connaître la suite, en savoir plus sur chaque personnage et leur destinée. Le découpage "1 chapitre / 1 personnage" est intelligent, mais il peut se passer des tomes entiers sans qu'on ne retrouve certains protagonistes, et au final je trouve ça bien frustrant également. 

Un régal de lecture, qui m'a transportée autant que la série, quoi que d'une manière toute différente puisque très vite chaque "support" prend son indépendance et les destinées suivent au final des chemins bien différents. Mais c'est également l'un des aspects que j'ai particulièrement aimés ici, d'apprécier autant l’œuvre littéraire et la série, deux versions que j'ai fini par voir bien distinctes l'une de l'autre, et tout aussi passionnantes.

Seul bémol pour la traduction française qui laisse beaucoup à désirer... C'est dans ces moments-là que je regrette de ne pas avoir un meilleur niveau me permettant une lecture fluide et aisée dans la langue de Shakespeare...

Un gros coup de cœur donc, à confirmer avec ce dernier tome que j'attends avec impatience... Et je supplie l'auteur de ne plus nous faire attendre trop longtemps pour découvrir enfin le dénouement de Game of thrones !


Lorsqu'on s'amuse au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr, il n'y a pas de moyen terme.

Voici que débute ma garde. 
Jusqu'à ma mort, je la monterai.
Je vivrai et mourrai à mon poste.
Je suis l'épée dans les ténèbres. 

Je suis le veilleur au rempart.
Je suis le feu qui flambe contre le froid, la lumière qui rallume l'aube, le cor qui secoue les dormeurs, le bouclier protecteur des royaumes humains.
Je voue mon existence et mon honneur à la Garde de nuit. 

Pour cette nuit-ci comme pour toutes les nuits à venir. 

On a beau marteler l'étain, si fort qu'on s'y prenne, on n'en fera jamais du fer, mais il n'en a pas moins son utilité.




vendredi 29 janvier 2016

02 - Sanchez, un conte de Noël

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Auteur : Anonyme
Éditeur : Sonatine

"Ce coup-ci, c'est vraiment pour se marrer." (Anonyme)

Oui, oui, je sais, nous sommes déjà fin janvier et les fêtes de Noël ne sont plus qu'un lointain rêve... Mais comment passer à côté de cette nouvelle d'Anonyme, réalisée pour les fans de Sanchez ? Comment ça, qui est Sanchez ????? Mais c'est le patron du Tapioca, dans les aventures du Bourbon Kid ! Vous vous souvenez, un de mes gros coups de cœur de ces derniers temps ? Ben oui, je ne pouvais clairement pas passer à côté d'un nouveau pur moment de franche rigolade...

Alors, déjà, si vous n'avez pas lu tous les tomes du Bourbon Kid, mais également Psycho Killer, ne vous lancez pas dans cette nouvelle, vous vous priveriez de beaucoup de plaisir et vous vous poseriez beaucoup de questions. Je vais même être assez vaste sur le sujet, de peur de spoiler. Nous retrouvons donc ici Sanchez, qui, comme toujours à l'insu de lui-même, se retrouve seul à pouvoir arrêter une prise d'otages par des terroristes italiens.

On connait bien maintenant le genre d'Anonyme, et on s'attend donc à des scènes comiques et cocasses, de l'action, du sang, du politiquement incorrect et de l'humour noir. Alors oui, on retrouve tous ces éléments dans cette courte nouvelle, mais pas autant que ce que j'espérais toutefois. Légère déception, donc. Par contre, Sanchez est à son apogée, encore plus... Sanchez que d'habitude, à savoir égocentrique à souhait, terriblement maladroit, stupide et toujours à côté de la plaque, et pourtant tellement attachant comme personnage !

Alors, même si on ne rit pas autant que pour les romans d'Anonyme, laissez vous tenter par cette petite parenthèse, vous en serez très fortement récompensés... au dernier paragraphe !