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jeudi 20 juillet 2017

06 et 07 - Agatha Raisin enquête T5 et T6 - Pour le meilleur et pour le pire / Vacances tous risques

Auteur : M.C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Après la lecture passionnante mais douloureuse du Portail, il me fallait quelque chose de vraiment léger pour soulager mon esprit... Les aventures rocambolesques d'Agatha Raisin sont tout à fait appropriées pour ce genre de situation, je me suis donc lancée dans la lecture des deux derniers tomes parus à ce jour, Pour le meilleur et pour le pire et Vacances tous risques.

Je ne parlerai pas des intrigues afin de ne pas spoiler ceux qui n'ont pas encore lu le tome précédent. J'ai tout simplement retrouvé le plaisir et l'amusement que je retrouve à chaque fois que je me plonge dans cette collection, qui, il faut l'avouer, ne casse pas trois pattes à un canard, mais permet un pur divertissement, de la rigolade, et aucune prise de tête ! 

Dans la lignée des tomes précédents, et toujours sur fond de meurtre et d'enquête, Pour le meilleur et pour le pire et Vacances tous risques nous prouvent que nous ne sommes pas au bout de nos surprises en suivant Agatha dans ses pérégrinations, loin de là ! Après 6 tomes on pourrait penser connaître le personnage, mais elle arrive toujours à nous surprendre... Et, à mon grand étonnement, James Lacey également, car il se révèle bien plus complexe et mystérieux qu'il ne le laisse paraitre au premier abord ! 

Les deux prochains tomes sont prévus pour novembre, j'ai hâte !

mercredi 28 juin 2017

05 - Le portail

Auteur : François Bizot
Éditeur : Folio

François Bizot est un anthropologue français, spécialiste du bouddhisme du Sud-Est asiatique. En 1971, au Cambodge, il est fait prisonnier par les Khmers rouges, et retenu plusieurs mois en captivité par un lieutenant de Pol Pot, Douch, avec lequel il établira un lien privilégié qui le mènera à la liberté. De tous les détenus présents dans le camp, lui seul en sortira vivant. Dans Le portail, il nous raconte sa détention et la chute de Phnom Penh, qu'il a vécue jusqu'à l'évacuation de la ville.

Avant qu'on me mette cet ouvrage dans les mains, je ne connaissais rien de François Bizot, du Cambodge ou des Khmers rouges. J'ai cette honte de ne m'être jamais intéressée à ce sujet (et la honte qu'on en parle si peu voire pas tout tout dans nos manuels scolaires...). C'est donc en aveugle totale de l'Histoire de ce pays que je me suis plongée dans ce récit, que j'ai découvert au fur et à mesure, avec effarement. Car les Khmers rouges ont commis un véritable génocide dont personne ne parle, décimant 21% de la population cambodgienne de l'époque...

François Bizot nous relate les faits tels qu'il les a vécus, avec sa connaissance de l'instant, ses émotions de l'instant, ses souvenirs de l'instant... Et c'est, je pense, ce qui fait la force de son récit, le lecteur est plongé dans le moment présent, et le réalisme de cette époque nous prend à la gorge à chaque page... Le tout servi par une écriture fluide et travaillée, et qui sait rendre l'information facilement accessible au lecteur.

Plus qu'une "lecture intéressante", Le portail est un témoignage historique essentiel à mettre entre toutes les mains... Je ne prétends pas avoir compris tous les rouages politiques de cette période, ni les tenants et les aboutissants des événements dont nous parle l'auteur. Il est évident que d'autres lectures sur le sujet seront nécessaires pour réellement comprendre ce qui s'est passé et appréhender toute l'horreur de ce génocide. 

Je remercie chaudement celui qui m'a mis ce livre entre les mains, m'ouvrant ainsi les yeux sur le Cambodge et cette période de son Histoire qui ne doit surtout pas tomber dans l'oubli.

 

mardi 17 janvier 2017

02 - Chanson douce

Auteur : Leïla Slimani
Éditeur : Gallimard

"Le bébé est mort". Ce sont les premiers mots de ce roman de Leïla Slimani, et ils donnent le ton de l'histoire. Une mère rentre du travail et découvre les corps meurtris de ses enfants, l'un sans vie, l'autre respirant à peine... Leur nourrice, leur assassin, git également, ayant essayé en vain de mettre fin à ses jours. Mais comment une nourrice aussi aimée, aussi parfaite, aussi indispensable en est-elle venue à commettre un acte aussi horrible ? C'est ce que l'auteur va nous expliquer tout au long de son roman...

J'ai beaucoup aimé cette lecture. Certes le premier chapitre, très court, est horrible, mais on passe vite à un ton un peu plus léger en remontant le temps, même si on sent très bien la présence de cette épée de Damoclès au-dessus de cette famille... On apprend à découvrir les personnages, on suit leur évolution, on les comprend (ou pas), mais on s'y attache très facilement, et on en vient parfois à oublier l'horreur qui clôt cette histoire. L'écriture est fluide, agréable, rien à dire, ça se lit tout seul, c'est très réaliste. Et je crois que c'est ce réalisme qui est le plus dérangeant, cette histoire pourrait très bien être la retranscription d'un fait divers véridique...

Chanson douce est le premier roman de Leïla Slimani que je parcours, et je recommande sans hésiter ce drame psychologique aux amateurs du genre.

vendredi 30 décembre 2016

36 - Soleil levant

Auteur : Michael Crichton
Éditeur : Pocket

À Los Angeles, une jeune femme se fait assassiner dans la tour Nakamoto lors d'une soirée réunissant le gratin de la scène politique et quelques stars du show-business. L'agent de liaison en poste cette nuit-là se voit confier la délicate mission de résoudre ce crime de la manière la plus discrète possible, tout en ménageant les susceptibilités nippones vis à vis des États-Unis. Il aura besoin de toute l'aide que pourra lui apporter un confrère spécialiste du Japon... Ce crime n'est que le point de départ de l'intrigue, mais le cœur de l'histoire est cette guerre économique que le Japon et les États-Unis mènent. Ou plutôt que le Japon mène envers des États-Unis qui ont tendance à se laisser faire. 

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, même si je ne m'attendais pas du tout à ce genre de développements. La confrontation de deux cultures si différentes est très bien expliquée. Pour les Japonais, les affaires s'apparentent à une guerre qu'il faut gagner à tout prix, et dans laquelle leur honneur est en jeu. Toutes leurs décisions découlent de ce fait, et sans l'aide de John Connor, qui connait par cœur leur manière de penser, le lieutenant Smith aurait eu bien du mal à démêler toute cette histoire, au final plus politique que criminelle.

Le duo de protagonistes fonctionne très bien, même si j'aurais apprécié en savoir un peu plus sur le mystérieux Connor et son passé au pays du Soleil Levant. Le parti pris de l'auteur concernant la main-mise du Japon sur les États-Unis est originale et pousse à la réflexion, mais je préfère ne pas trop donner foi à ses idées et garder mon âme d'enfant et mes yeux émerveillés envers ce peuple à la culture si surprenante...

jeudi 3 novembre 2016

31 et 32 - Agatha Raisin enquête - Pas de pot pour la jardinière / Randonnée mortelle

 
Auteur : M. C. Beaton
Éditeur : Albin Michel
















À peine les tomes 3 et 4 des aventures d'Agatha Raisin sortis, j'ai eu envie de me replonger dans la vie trépidante de cette quinquagénaire, jeune retraitée, qui essaie de s'acclimater au climat campagnard après des années de vie londonienne en tant que femme d'affaires impitoyable et crainte de tous. Car elle est exécrable notre Agatha, mais tellement attendrissante aussi ! Je ne sais pas si je la déteste ou bien si je l'adore. Le fait est qu'elle a toujours le chic pour se retrouver au milieu d'enquêtes policières, et qu'elle a pris le goût de les résoudre elle-même ! Enfin, soyons francs, elle n'est pas toute seule, puisque son charmant voisin James Lacey l'accompagne volontiers dans ces investigations...

Dans Pas de pot pour la jardinière, Agatha et James découvrent le corps d'une habitante du village planté dans son jardin. Cette histoire est dans la veine des 2 premiers tomes, même ton, même humour, même Agatha, toujours aussi gaffeuse et désireuse de se mettre au premier plan coûte que coûte. Je dirais que ce tome 3 est sans surprise, mais tout aussi distrayant que les tomes précédents.

Par contre le tome 4, Randonnée mortelle, marque un vrai tournant dans les aventures d'Agatha. Cette fois, l'enquête passe au second plan, laissant la part belle au duo Agatha / James qui prend vraiment de l'ampleur. Je n'en dirai pas plus, Agatha étant ce qu'elle est, elle vous réserve encore quelques belles surprises.

Encore une fois, les aventures d'Agatha Raisin ne cassent pas trois pattes à un canard, mais c'est distrayant, sans prise de tête, et de temps en temps ça fait juste DU BIEN ! Et du coup, j'ai hâte de découvrir la suite, à quand la parution en France ?


jeudi 11 août 2016

21 - L'homme au parapluie et autres nouvelles

Auteur : Roald Dahl
Éditeur : Gallimard (collection Folio) - édition bilingue

Mon club de lecture favori m'a fait découvrir très récemment Roald Dahl. Enfin, découvrir est un bien grand mot, car je crois qu'il est bien difficile de ne pas avoir croisé l'une de ses œuvres au cours de notre vie ! Je n'en nommerai qu'une, la plus célèbre selon moi : Charlie et la chocolaterie (ou bien serait-ce Les Gremlins ?). Bref, passons. Je connaissais donc une petite partie de son œuvre, mais je ne connaissais pas le bonhomme. Principalement connu pour ses ouvrages à destination de la jeunesse, c'est avec ce recueil de nouvelles pour adultes que j'ai décidé de réaliser ma première immersion dans son univers...

L'homme au parapluie et autres nouvelles nous plonge dans plusieurs histoires drôles, grinçantes et originales. Que ce soit ce vieil homme qui ne ménage pas sa peine pour pouvoir boire à l’œil, ou encore la société À moi la vengeance S.A.R.L., qui s'enrichit des critiques d'un chroniqueur peu scrupuleux, on passe vraiment un bon moment du début à la fin de ce recueil, ce qui est une prouesse en soi étant donné la difficulté de l'exercice.

J'ai eu la chance de pouvoir emprunter une édition bilingue à la médiathèque, et je me suis lancée à lire ces nouvelles en version originale, moi qui ne suis pas du tout habituée à lire en anglais. Et bien si vous en avez l'occasion, faites-le ! C'est vraiment un régal, et en cas de souci la traduction française est en vis-à-vis sur chaque page !

Je recommande sans hésiter, et je continue de ce pas mon immersion dans l'univers de ce grand monsieur avec, cette fois, un album jeunesse...

jeudi 4 août 2016

20 - Agatha Raisin enquête : Remède de cheval

Auteur : M.C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Il ne m'a pas fallu très longtemps pour me plonger de nouveau dans les aventures d'Agatha Raisin. Il faut dire que les péripéties de cette petite bonne femme ont largement de quoi nous distraire en cette période estivale.

J'avais déjà beaucoup aimé le 1er tome, mais c'est réellement avec Remède de cheval que les aventures d'Agatha Raisin prennent toute leur ampleur, La quiche fatale servant principalement de mise en place du décor et des personnages. 

Nous suivons donc de nouveau ici les déboires d'Agatha afin de s'intégrer à son charmant petit village des Cotswolds. Cette fois, c'est la mort d'un vétérinaire qui titille sa fibre de détective, et c'est accompagnée de son très charmant voisin (qu'elle s'évertue à séduire par tous les moyens possibles et imaginables) qu'elle va mener l'enquête. Nous suivons donc ce duo improbable tout au long de leurs recherches, parsemées de situations cocasses en tous genres. Et on rit, bien plus que dans le 1er tome.

Du pur divertissement à l'anglaise, un livre qui fait du bien et que je recommande !

Les tomes 3 et 4 paraissent en novembre aux éditions Albin Michel, j'ai hâte de les découvrir...


Je pense que vous mettez votre nez partout quand ce n'est pas nécessaire, mais que vous êtes d'une naïveté touchante quand ça l'est.

C'est alors que Freda entra, flanquée d'un homme. Dans son tailleur vert pâle et son corsage de soie blanche, elle avait l'air aussi calme et fraîche qu'une laitue.

- Il y a énormément de veuves dans le coin. Les hommes vivent moins longtemps.
- Du moins quand ils sont mariés.

lundi 18 juillet 2016

18 - Agatha Raisin enquête - La quiche fatale

Auteur : M. C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Agatha Raisin a 53 ans lorsqu'elle décide de réaliser un rêve d'enfant, quitter Londres pour vivre dans un cottage au cœur des Cotswolds. Mais voilà, passer du statut de chef d'entreprise tyrannique qui a l'habitude de se faire obéir au doigt et à l’œil à celui de jeune retraitée fraîchement arrivée dans un endroit inconnu, ce n'est pas si simple. Et Agatha va déployer tous les efforts pour s'intégrer et se faire à sa nouvelle vie. Et pourquoi pas gagner ce concours de quiche organisé par le village ? Ne sachant pas cuisiner, c'est dans une quicherie londonienne qu'Agatha se fournit, mais cela ne suffit pas, elle perd le concours, vraisemblablement truqué... Mais le juge du concours meurt le soir même, empoisonné par la quiche d'Agatha ! Tous les yeux se tournent enfin vers elle, mais certes pas de la manière dont elle le souhait...

Premier tome d'une longue série qui fait fureur outre-manche, La quiche fatale donne le ton des aventures d'Agatha Raisin : SO BRITISH ! C'est distrayant, drôle, l'histoire ne casse pas trois pattes à un canard, mais le décor et les personnages valent le détour. Agatha est une vieille femme aigrie et imbuvable, imbue de sa personne, mais on ne peut que s'attendrir des efforts qu'elle fait pour s'intégrer dans son village, et sa manie de ne jamais lâcher l'affaire lorsque quelque chose la turlupine la mènera à trouver la vérité sur cette affaire de quiche... J'ai beaucoup de sympathie également pour ce policier qui la prend en affection, Bill Wong, un personnage très intéressant et qui capte très rapidement notre attention, et que je me réjouis déjà de retrouver dans les opus suivants de la série.

En bref cette Miss Marple des temps modernes fait une parfaite lecture sans prise de tête pour l'été.

jeudi 30 juin 2016

16 - Barcelona

Auteur : Daniel Sanchez Pardos
Éditeur : Presses de la Cité

Barcelone, 1874. Gabriel Camarasa est le fils du dirigeant des Nouvelles illustrées, un journal à scandale récemment créé par son père au retour de leur exil à Londres. Lorsqu'Antoni Gaudì, jeune étudiant en architecture, sauve la vie de Gabriel devant l'incendie du principal concurrent des Nouvelles illustrées, aucun de ces deux personnages ne peut encore se douter qu'ils vont développer une amitié sincère au cœur de cette Barcelone troublée entre la République déclinante et le potentiel retour de la Monarchie...

J'ai eu la chance de recevoir Barcelona dans le cadre d'un Masse Critique, et je remercie chaudement les Presses de la Cité et Babelio pour cette belle découverte. Ce qui m'a tout d'abord attirée vers ce roman, c'est son contexte, l'Espagne de la fin du XIXe siècle, ses troubles politiques, mais également et surtout la présence de l'illustre Antoni Gaudì, que j'avais étudié en cours d'histoire de l'art. Bien évidemment j'en connais trop peu à la fois sur l'histoire de l'Espagne et sur la vie de l'architecte pour démêler le vrai du faux dans cette histoire, donc je préfère tout prendre comme une fiction historique, c'est plus sûr. 

Barcelona est un roman qui a su me séduire, me transporter dans une Barcelone d'un autre temps. J'ai aimé ce paradoxe entre les intrigues politiques des grandes familles riches d'un côté, et les bas fonds de la misère espagnole d'un autre. Tous tellement différents, mais qui se retrouvent au final tout aussi importants les uns que les autres dans l'intrigue. Et surtout, j'ai aimé le personnage d'Antoni Gaudì, plein de mystères, de suffisance, mais pourtant sympathique, qui n'hésite pas à nous entraîner dans ses activités spirites, ses expériences et ses discussions enflammées sur l'architecture, la politique, la vie... Et bien sûr ses déductions dignes d'un Sherlock Holmes qui aideront grandement Gabriel à démêler le vrai du faux dans cette intrigue politique et policière de grande ampleur.

J'ai donc beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé très agréable à lire malgré les sujets abordés, et très dépaysant. 

À découvrir !



Comme j'eus l'occasion de le découvrir aux premiers jours de notre relation, Gaudì était un homme aux habitudes régulières qui menait une vie profondément irrégulière, ou pour être plus précis, peut-être, un homme à l'esprit profondément irrégulier dont les journées s'organisaient autour d'une série d'habitudes aussi régulières que celles d'un employé de banque.

- Les amours impossibles n'existent que dans les romans, répondis-je. Dans la vie réelle, il y a tout au plus des amours improbables… 

- Je ne vous croyais pas au fait de ce genre de choses, Gaudi, mon ami, dis-je. Je ne vous imagine pas en train de lire la rubrique mondaine des journaux...
- Les personnes qui figurent dans cette section, Camarasa, mon ami, sont celles qui brassent l'argent qui nous donnera un jour à manger. Il nous faut connaître leurs noms, même si leurs faits et gestes nous ennuient souverainement.


mardi 7 juin 2016

15 - Les Maraudeurs

Auteur : Tom Cooper
Éditeur : Albin Michel

Décidément mes lectures me font beaucoup voyager en ce moment... Après le bush australien, me voici au cœur du bayou, en Louisiane, avec ce roman de Tom Cooper, Les Maraudeurs.

Jeannette est une petite ville de Louisiane qui vit de la pêche à la crevette. Mais après la double tragédie de l'ouragan Katrina et de la marée noire, ses habitants luttent quotidiennement pour survivre au cœur de ces marais appauvris et pollués...

Dans Les Maraudeurs, nous suivons le destin de plusieurs d'entre eux, entre le père et le fils Trench qui essaient de survivre à la disparition de la mère lors de l'ouragan et à des crevettes qui ne les nourrissent plus, Lindquist, un pêcheur manchot dévasté par son addiction aux médicaments et persuadé qu'il trouvera le fameux trésor du célèbre pirate Laffitte au fond du bayou, les frères Toup, qui se sont attribué une île perdue dans le marais pour leur trafic de marijuana, ou encore Grimes, natif de Jeannette mais qui a la ville et ses habitants en horreur, obligé d'y revenir pour le compte de la société pétrolière qui cherche à embobiner les habitants en achetant leur silence sur la catastrophe dont ils sont à l'origine...

Dès les premières pages l'ambiance particulière de la Louisiane est bien présente, et on se laisse bercer par le destin de ces personnages. Mais ce roman est loin de n'être qu'un portrait de la dureté de la vie dans le bayou... Tom Cooper y dénonce aussi bien l'incompétence des autorités suite aux dégâts de Katrina et leur corruption quotidienne, que la main-mise des sociétés pétrolières sur l'image que le monde extérieur peut avoir sur la marée noire, tellement éloignée de la réalité de ceux qui vivent au cœur de ce drame écologique, et bien loin des considérations humaines.

Au final, Les Maroudeurs est un roman qui se lit très bien, avec des personnages attachants, mais qui soulève de nombreuses vérités cachées sous un humour noir et un cynisme permanents.


Ils se remirent au travail. Au bout d'un moment, Hanson retourna la question à Cosgrove et lui demanda comment il avait atterri là.
"Ivresse sur la voie publique", dit Cosgrove.
Hanson secoua la tête et renifla, l'air incrédule. "À la Nouvelle-Orléans ? dit-il. C'est comme si les flics allaient au cimetière coffrer les gens parce qu'ils son morts." 


Ils ne dirent plus rien pendant un moment. Lindquist rejeta à l'eau un poisson-tambour, Wes une petite sébaste criblée de lésions grosses comme des petits piments.
"Tu sens ça ?" demanda Lindquist.
Wes hocha la tête d'un air dégoûté.
"Tu crois qu'il y a du poison là-dedans ?
- À la télé ils disent qu'il n'y a rien. L'Agence de protection de je ne sais plus quoi.
- Protection de l'environnement ?
- Voilà, c'est ça.
- Et tu les crois ?
- J'en sais rien.
- Moi, j'ai vu des crevettes qui n'avaient pas d'yeux, dit Lindquist.
- Moi, un jour, j'ai vu une sébaste qui en avait trois.
- Et moi une sirène avec trois nibards."
Ils pouffèrent de rire.


 

mardi 29 mars 2016

10 - Anno Dracula

Auteur : Kim Newman
Éditeur : Bragelonne

Anno Dracula... Ce roman me faisait de l’œil depuis un moment déjà, grâce à ses nombreuses critiques enthousiastes, au thème pour le moins atypique, mais également grâce à cette superbe couverture qui invite à s'approprier l'objet...

Nous sommes au XIXe siècle,  dans un Londres que l'on connait, mais qui a une particularité : la cohabitation des vampires et des humains. Les non-morts peuvent en effet enfin "vivre au grand jour" suite au mariage de la reine Victoria et de Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula. Oui, ce même Dracula protagoniste du roman de Bram Stoker. Et c'est là l'un des principaux intérêts de cette histoire. Kim Newman emprunte personnages, faits et légendes de la littérature du genre, et mêle le tout dans un thriller fantastique haletant. Car vous pensez bien que la cohabitation entre humains et vampires ne peut pas se passer sans heurts, et l'intrigue se précise autour d'un mystérieux personnage, que nous connaissons tous sous le nom de Jack l'Éventreur, qui assassine des prostituées vampires du quartier de Whitechapel.

Beaucoup de personnages nous sont donc tout à fait familiers, comme Dracula bien entendu, mais aussi Jack l'Éventreur, Bram Stoker ou encore Van Helsing... Même Sherlock Holmes est mentionné à l'occasion. Et j'ai été étonnée de la facilité avec laquelle ces personnages littéraires ont été importés et intégrés à cette histoire, le plus naturellement du monde. Mais ceux qui m'ont le plus charmée sont deux protagonistes, Geneviève Dieudonné, une vampire plus ancienne que Vlad Tepes et bien plus sage, et Charles Beauregard, espion agissant pour le compte du mystérieux et intrigant Diogene's Club. Et c'est là mon seul regret concernant ce roman, j'aurais aimé que Geneviève et Charles soient un peu plus étudiés, qu'on gratte un peu plus profond au niveau de leurs caractères et de leurs vécus respectifs. Mais peut-être que ce sera fait dans les trois tomes suivants, je le découvrirai sans tarder.

Donc oui, vous l'aurez compris, Anno Dracula est un roman qui a tout pour plaire, plutôt atypique dans son genre, et je vous conseille de le découvrir, ne serait-ce que par curiosité ! Vous aurez même la chance d'avoir en bonus une fin alternative, qui n'a pas été retenue pour la version finale... À vous de savoir à quelle fin ira votre préférence, moi j'ai préféré la fin officielle !




- Mr Holmes aurait été capable de donner le nom de jeune fille de la mère de Scalpel d'Argent, chuchota Lestrade à Geneviève, et rien qu'en examinant la cendre d'un cigare.

Mary Jane allait toujours à l’église, quand elle le pouvait. On lui avait appris que Dieu pardonnait. Après tout, le Seigneur était revenu du tombeau et avait proposé aux siens de boire Son sang. Tout comme Miss Lucy.

— Si nous étions tous vampires, auprès de qui les vampires se nourriraient-ils ?
— Bah, il suffirait d’importer des Africains ou des autochtones d’Océanie, répondit Moreau sur le ton qu’il aurait employé pour faire remarquer à un arriéré mental que le ciel était bleu. Nous pourrions également élever un cheptel d’animaux inférieurs dans l’échelle de l’évolution à l’homo vampiricus. Si les vampires peuvent changer de forme, les autres créatures aussi.


À l’évidence, une longue existence n’assurait pas un développement proportionné de l’intelligence.  

 

lundi 29 février 2016

08 - Le meurtre de la Saint-Valentin

Auteur : Tom Savage
Éditeur : Albin Michel

Ce roman de Tom Savage a été sélectionné pour la dernière session de Caro-Lire. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas du tout le genre de roman qui m'attire en librairie. Publié en 1997, je m'attendais à une vieille histoire vaguement flippante, une vengeance amoureuse qui a mal vieilli. Et bien, figurez-vous que, contre toute attente, j'ai été plutôt séduite par Le meurtre de la Saint-Valentin.

Jill Talbot est une écrivaine de polars à succès, habitant un charmant appartement au cœur de Greenwich Village à New York, vivant une belle histoire d'amour avec Nate, un artiste passionné et follement amoureux d'elle, dont elle est enceinte. Mais ce bonheur se met à trembler peu à peu, lorsque Jill reçoit des lettres de menaces signées par un certain Valentin... Est-ce l’œuvre d'une personne qu'elle connait ou d'un fan dérangé ? Quoi qu'il en soit, Jill décide de ne pas se laisser abattre, prévient la police et engage un détective privé afin de faire la lumière sur toute cette affaire, avant le jour fatidique de la Saint-Valentin...

Le meurtre de la Saint-Valentin est un roman bien ficelé, qui se lit très facilement et très rapidement. D'autant plus rapidement que, sans être l'histoire du siècle, l'intrigue nous tient bien en haleine jusqu'à la fin, et il est difficile de reposer le livre une fois qu'on y plonge... Le mobile du meurtrier est dévoilée très tôt, mais malgré les nombreuses hypothèses plus ou moins justes que j'ai pu élaborer tout au long de la lecture, le mystère de son identité n'est finalement entièrement résolu qu'au dernier chapitre.

Alors oui, c'est une histoire qui a peut-être un peu vieilli, comparée aux polars à succès d'aujourd'hui, bien plus noirs et angoissants, mais ce roman de Tom Savage a tout pour nous faire passer un bon moment, et je remercie grandement mon club de lecture préféré pour sa découverte !


Et de trois, pensa-t-il. Trois d'abattues, il en reste encore une.
La voiture traversa la forêt et s'engagea sur un chemin de campagne pour rejoindre la route, roulant à vitesse modérée, paisible, pour éviter d'éveiller les soupçons. Au moment où elle se fondit dans la circulation, en direction de la ville, il chantonnait :
" My funny Valentine. "
Il pensa au dernier nom qui restait sur sa liste. Il cessa de chanter pour prononcer ce nom dans un souffle, à plusieurs reprises, puis ce souffle devint murmure, et le murmure un cri qui emplit la voiture, tinta dans ses oreilles, résonna à travers la nuit glaciale... 

vendredi 15 janvier 2016

01 - La Dame en blanc

Auteur : W. Wilkie Collins
Éditeur : Phébus

La dernière session de mon club de lecture m'a mis ce livre entre les mains. J'avais déjà entendu parler de W. Wilkie Collins, en grand bien, mais je n'avais jamais eu l'occasion de me plonger dans l'une de ses œuvres. J'attendais donc cette lecture avec impatience, et je n'ai pas du tout été déçue.

Parlons de l'histoire déjà. Le narrateur principal est Walter Hartright, un jeune dessinateur. Alors qu'il profitait de sa dernière soirée à Londres avant son départ pour Limmeridge House, où il doit enseigner son art à deux jeunes demoiselles de la haute société, Laura et Marian, Walter rencontre une jeune femme tout de blanc vêtue, fragile et apeurée, qui, par une grande coïncidence, se met à lui parler de Limmeridge House et de ses habitants. En vrai gentleman, Walter aide la jeune femme à regagner Londres en sécurité, car celle ci semble suivie, puis rentre chez lui et part comme convenu vers sa prochaine destination. Mais la dame en blanc reste bien présente dans son esprit, et Walter est bien décidé à faire toute la lumière à son sujet...

Malgré un début peu racoleur, dans lequel je trouve que l'intrigue est un peu longue à se mettre en place, c'est au final un vaste roman que nous offre là monsieur W. Wilkie Collins. À la fois histoire d'amour, d'amitié, intrigue familiale et politique, et portrait de la société anglaise du XIXe siècle, La dame en blanc a tout d'un grand roman haletant et plein de suspense, qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne. L'histoire est racontée par ses différents protagonistes, qui nous relatent chacun à leur tour les événements les concernant, ce qui pousse le lecteur à découvrir petit à petit les différents tenants et aboutissants de cette histoire, qui est loin d'être simple. Et je peux vous dire que, même si on assemble assez facilement toutes les pièces de ce puzzle, il manquera toujours un petit détail qui fera toute la lumière sur cette affaire. Suspense garanti !

Beaucoup disent de monsieur W. Wilkie Collins qu'il est le précurseur du thriller, et cette lecture, pourtant bien loin d'un thriller d'aujourd'hui, m'a totalement convaincue de cette affirmation. Un roman à découvrir absolument.


Là, derrière moi, au milieu de la route déserte qui se détachait plus claire dans la nuit, se tenais une femme sortie de terre comme par miracle ou bien tombée du ciel. Elle était tout de blanc vêtue et, le visage tendu vers moi d'un air interrogateur et anxieux, elle me montrait de la main la direction de Londres. J'étais bien trop surpris de cette soudaine et étrange apparition pour songer à lui demander ce qu'elle désirait.

Le plus grand criminel est capable de beaux sentiments.  

Le crime d'un imbécile est celui que l’on découvre. Celui d’un homme intelligent ne se découvre jamais.


mercredi 28 octobre 2015

23 - Le Pape, le Kid et l'Iroquois

Auteur : Anonyme
Éditeur : Sonatine

Le dernier Masse Critique a encore une fois fait mon bonheur, puisque j'ai gagné Le Pape, le Kid et l'Iroquois, ouvrage qui se situe dans la continuité de la saga du Bourbon Kid et de Pscyho Killer, de ce mystérieux auteur anonyme. Un grand merci aux éditions Sonatine et à Babelio !!!

Le livre sans nom, L'Œil de la Lune, Le cimetière du diable, Le livre de la mort sont les quatre ouvrages dans lesquels on découvre et on apprend à connaître le fameux Bourbon Kid, tueur sans pitié qui "pète un câble" lorsqu'il boit du whisky et se met à tuer tout le monde. D'un autre côté, Psycho Killer nous présentait l'Iroquois, un meurtrier tout aussi implacable, qui a froidement assassiné la moitié de la ville B Movie Hell. Je vous laisse imaginer ce qui pourrait se passer lorsque le Bourbon Kid reçoit pour mission de tuer l'Iroquois avant que celui-ci ne tue le Pape... et je suis persuadée que même si vous avez beaucoup d'imagination, vous êtes bien loin de la réalité.

Évidemment, plus on est de fous, plus on rit. Les ouvrages de cet auteur regorgent de personnages plus excentriques et déjantés les uns que les autres, et nos deux mastodontes du meurtre ne sont pas venus sans renforts... On retrouve ainsi avec beaucoup de plaisir Rodeo Rex, Elvis, Dante et Kacy, mais également Jack, Jasmine (personnage que j'adore et qui est en très grande forme dans ce tome), Devon Pincent et Bébé. Et bien sûr, toute histoire qui se respecte a son lot de nouveaux personnages, j'ai nommé (entre autres) Frankenstein, le Dr Jeckyll, Mozart... et le Pape. Celui qu'il faut sauver.

Dans Le Pape, le Kid et l'Iroquois, l'intrigue est plutôt du genre roman d'espionnage, comme dans Psycho Killer. Et l'auteur a introduit l'univers fantastique du Bourbon Kid avec brio dans ce thème, mélangeant agents secrets et zombies. De l'humour noir, il y en a toujours autant, ainsi que des références au cinéma populaire, "beaucoup" de sang et d'autres substances malodorantes comme toujours, un budget balistique très conséquent, des personnages tous plus fous les uns que les autres... le tout sur la bande originale de Grease entrecoupée de quelques chansons de Bugs Bunny. Tout ça nous donne un cocktail détonnant, bourré d'action et de rebondissements, et aucune morale. De la pure distraction en somme !

J'adore. Aussi bien le Bourbon Kid, que l'Iroquois, que leurs "amis", que leurs aventures... Tout est à prendre au premier degré, mais qu'est-ce que ça fait du bien de lire ce genre d'histoires de temps en temps ! Arrêtons un peu d'être sérieux. Et, au fait, au cas où vous ne l'auriez pas compris, j'attends impatiemment la suite !



"Oh, mon Dieu, tu l'as tué !"
L'iroquois se pencha par-dessus la falaise et regarda dans le vide. Puis il se retourna face à elle.
"Non, dit-il.
- Tu veux dire qu'il va bien ? il est pas mort ?
- Non. Il est mort.
- Donc, tu l'as tué ?
- Non. Il est tombé.
- Je t'ai vu de mes propres yeux le jeter dans le vide !"
Il y eut une pause le temps que l'Iroquois prenne en compte ce que Bébé venait de dire. "Non, il est tombé, répéta-t-il. Quand j'ai lâché sa jambe."

"Mais le truc, Jasmine, c'est que j'aime quand Denise me torture. Je suis un peu tordu, comme mec. Je prends grave mon pied. Mais toi, je doute que ça te plaise autant. Et Denise, ça la fait vraiment tripper d'entendre ses victimes hurler de douleur. D'ailleurs, tu sais quoi ? J'aimerais beaucoup t'entendre hurler de douleur, aussi.
- Vous n'avez qu'à passer du Justin Bieber", répliqua Jasmine, agacée par son discours à rallonge. 


mardi 13 octobre 2015

22 - Psycho Killer

Auteur : Anonyme
Éditeur : Sonatine


Psycho Killer, de cet auteur mystérieux qui signe Anonyme, nous présente un personnage haut en couleurs, directement sorti des films d'horreur, et surnommé l'Iroquois à cause de sa crête rouge. Un tueur impitoyable, effrayant, qui massacre sans frémir tout ce qui se trouve devant lui... Un psychopathe sanglant, qui vient d'effectuer une arrivée fracassante dans la paisible ville de B Movie Hell (oui, oui, c'est bien un nom de ville), en décapitant un jeune flic alors qu'il se soulageait dans les bois.

Cette nouvelle histoire d'Anonyme est un véritable hommage au cinéma. Aux films d'horreur bien évidemment, les plus célèbres, Halloween, Massacre à la tronçonneuse, et bien d'autres films dont j'ai bien sûr entendu parler mais que je n'ai jamais vus (je déteste les films d'horreur, mais en livre ça ne me dérange pas du tout), mais également à d'autres films tout aussi connus mais bien plus mielleux, comme Dirty Dancing ou Coyote Girls. Et ce mix culturel nous promet une histoire bien palpitante, et elle l'est sans conteste. De l'action, il y en a. De l'humour aussi, ainsi que des personnages comme toujours charismatiques et bien déjantés. Et au milieu de tout ça, une vraie intrigue digne d'un bon polar, avec des flics véreux ou pas, des faux agents du FBI, des innocents pas si innocents, du sexe et du sang bien entendu... et puis aussi, il faut l'avouer, quelques scènes kitsch à la James Bond !

J'avais tout de même un peu peur de me retrouver dans une pâle copie des aventures du Bourbon Kid, et j'espérais que l'auteur saurait se renouveler dans cette nouvelle histoire. Je n'ai pas été déçue, ça n'a rien à voir, et c'est tout aussi jouissif, mais de manière un peu différente, puisque tout en étant (légèrement) plus classique dans le thème du thriller/polar, Anonyme a su garder ce "petit" brin de folie et ce décalage qui m'ont fait adorer ses précédents romans. Et on retrouve bien cet humour noir et ces scènes complètement déjantées et très rock'n roll qu'on avait tant appréciées, toujours à prendre au premier degré, bien sûr !

Je le conseille, à tous les adeptes des ouvrages de l'auteur, aux fans de cinéma et à tous ceux qui souhaitent passer un bon moment sans se prendre la tête et ne se formalisent pas d'un peu de vulgaire et d'un trop plein d'hémoglobine.


- Quoi ? demande Fonseca.
- Le flic, hier, il l'a tué avec un couperet, c'est bien ça ?
- Oui. Pourquoi ?
- Massacre à la tronçonneuse. L'arme préférée du tueur, c'était un couperet.
- Vraiment ? Parce que même si je ne l'ai jamais vu, j'aurais plutôt imaginé que c'était une tronçonneuse.

Il semblait régner un chaos de tous les diables derrière elle, mais elle avait l’horrible sentiment que si elle se retournait pour voir ce qui se passait, elle verrait le psychopathe masqué lui courir après. S'il ressemblait aux tueurs masqués de la plupart des films d’horreur, il marcherait très lentement mais parviendrait tout de même à la rattraper. Aussi se fit-elle la promesse que si elle trébuchait, elle ferait ce qu'il y avait de plus censé à faire, c'est-à-dire se relever immédiatement, contrairement à la plupart des personnages de films d'horreur, qui se mettaient inexplicablement à ramper au lieu de se relever et de courir.

- Ils vont nous tuer ! dit-elle. Ils sont nombreux et armés. Ils vont nous tuer.
- Non, ils ne vont pas nous tuer. Mon premier plan est tombé à l'eau, c'est tout.
- Oh non. C'était quoi, le plan ?
- Partir en courant et tuer tous ceux qui se trouvent sur notre chemin. Mais c'est impossible maintenant. [...]
- Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Plan B.
- C'est quoi, le plan B ?
- On va sortir lentement et je vais tuer tout le monde.


jeudi 1 octobre 2015

21 - Le livre de la mort

Auteur : Anonyme
Éditeur : Le Livre de Poche

Après Le livre sans nom, L'Oeil de la Lune et Le Cimetière du diable, Le Livre de la mort est le 4e tome des aventures du Bourbon Kid, ce tueur sanguinaire et sans pitié qui "pète un plomb" après avoir bu un verre de Bourbon et tue tout ce qui passe dans son champ de vision. 

On retrouve avec grand plaisir les protagonistes de cette aventure délirante : Sanchez, le patron du Tapioca, toujours aussi pleutre, maladroit mais qui parvient à chaque fois on ne sait comment à s'en sortir ; Ramsès Gaïus, la momie revenue à la vie, qui possède à présent l'Œil de la Lune et les pouvoirs illimités que procure cette pierre magique ; Dante et Kacy, devenus vampires malgré eux et cherchant désespérément à redevenir humains ; Beth, le grand amour du Bourbon Kid et bien entendu le Bourbon Kid lui-même... On les retrouve tous, et plus en forme que jamais ! L'histoire suit directement l'intrigue de L'Œil de la Lune, mais il est nécessaire de lire Le cimetière du diable pour comprendre certains passages du Livre de la mort. Car Ramsès Gaïus a pour ambition de gouverner tout Santa Mondega, puis le monde entier, et, afin de le contrer, le Bourbon Kid a besoin de perdre de nouveau son âme, qu'il avait réussi à récupérer, mais qui l'encombre plus qu'autre chose maintenant qu'il faut agir... Et pour redevenir ce tueur sans pitié qu'il était, et sauver Beth qui a été enlevée par Ramsès, il est prêt à tous les sacrifices.

Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, nous avons donc ici un nouvel opus tout aussi délirant, sanglant, fantastique, déjanté, mortel, et purement jouissif. Du pur plaisir ! À prendre au premier degré, bien entendu...


"- Tu vois ? dit Dante en pointant du doigt les taches les plus marronâtres. C'est de la merde. Le Kid a enfoncé son fusil à canon scié dans le cul d'un flic et lui a explosé les boyaux. La merde a giclé dans tous les sens. C'est vraiment dégueulasse.
- Et si on prenait plutôt l'escalier ?" suggéra Kacy.
Dante entra dans la cabine et appuya sur un bouton du cadran qui se trouvait à sa droite.
"Allez, ramène-toi, dit-il. C'est rien que de la merde. Et du sang."
Il jeta un coup d’œil par terre, dans un coin qui restait dissimulé à Kacy. "Et un testicule, apparemment. Super-poilu, pour le coup."


Tex approcha un peu plus son visage de l'écran afin de mieux y voir. "Un des types s'est fait décapiter, dit-il. L'autre s'est fait couper en deux dans le sens de la longueur.
- Coupé en quoi ?
- En deux. À partir du bas de l'abdomen. Dans le sens de la longueur, tu vois. Comme une tartine.
- Putain !
- Tu m'étonnes. Ça doit pas être agréable.  "


"Yo, barman, lança-t-il. C'est quoi ta couleur préférée ?"
Berkley se retourna en un éclair et marmonna un mot, un seul : "Merde."
Le Kid tira un pistolet de l'étui, un Desert Eagle doré avec viseur laser. L'arme pesait dans sa main. Un poids parfait. Il la braqua sur le malheureux barman et le point rouge du laser apparut au milieu de son front.
BANG !
La tête de Berkley explosa, sa cervelle giclant de l'arrière de son crâne pour s'écraser contre le mur qui se trouvait derrière lui. Son corps s'effondra.
Elvis considéra le cadavre par-dessus le comptoir. "Pourquoi est-ce qu'il a répondu 'merde' ? demanda-t-il, perplexe. C'est pas vraiment une couleur, non ?"
Le Kid ignora sa question. "Armes discrètes, mon cul, dit-il en admirant le pistolet qu'il tenait. Passe moi des cartouches pour cette saloperie.
- Il aurait du répondre 'marron', dit Elvis en secouant la tête. Marron, c'est une couleur. La merde, non. La merde, c'est une chose. Ou un état de fait."
 

mercredi 16 septembre 2015

19 - Qui a peur de la mort ?

Auteur : Nnedi Okorafor
Éditeur : Eclipse

Cela fait déjà un moment que ce livre me fait de l’œil, et son succès m'a fait sagement attendre mon tour à la bibliothèque. Lorsque j'ai enfin pu en lire les premières lignes, j'ai difficilement pu le refermer jusqu'à la dernière...

Onyesonwu, dont le nom signifie littéralement Qui a peur de la mort ?, est une ewu, c'est-à-dire née du viol d'une femme Okeke par un homme Nuru. Dans cette Afrique post-apocalyptique, être ewu est une malédiction. Rejetée par les Okeke aussi bien que par les Nurus, Onye, guidée par la colère et le désir de vengeance envers son père et envers les cruautés subies par le peuple Okeke, va au devant de sa destinée, étant tout à fait consciente que sa route est semée d'embûches et que seule la mort l'attend au bout du chemin. Heureusement elle pourra compter sur ses amies, qui ont su passer outre sa nature d'ewu et comprendre son combat, et sur son compagnon, un ewu comme elle.

Qui a peur de la mort ? nous confronte aux traditions africaines les plus secrètes, les plus cruelles, comme l'esclavage, l'excision, le viol, la place des femmes au sein de la société... Mais nous sommes également plongés au cœur des croyances, de la religion, de la magie, du folklore africain. Ce mélange de réel et de fantastique en fait un roman tout à fait prenant, à la fois documentaire et quête initiatique, même si le lecteur lambda (donc moi) est bien incapable de savoir à quel point les faits sont inspirés des réalités de ces pays d'Afrique dont on sait si peu de choses. Et pour ne rien gâcher, l'écriture est belle, fluide, et facile...

J'ai adoré ce livre, malgré quelques longueurs dont on aurait bien pu se passer, et je le recommande chaudement.


Nous restâmes là, à nous regarder, un instant.
- Tu as des yeux de tigre, dit-il. Et ces animaux se sont éteints voilà des décennies.
- Vous avez des yeux de vieillard, rétorquais-je. Et les vieillards n'en ont plus pour longtemps. 

Selon une ancienne loi, le premier fils né hors mariage du chef devait remplacer son père. Le père du chef avait contourné cette règle en se mariant avec toutes les femmes avec qui il avait des relations. À sa mort, il avait plus de 300 épouses.

  

18 - Tiré à quatre épingles

Auteur : Pascal Marmet
Éditeur : Michalon Éditions

J'ai eu la chance récemment de pouvoir participer à un Masse Critique spécial, et d'être sélectionnée pour la lecture de ce polar français de Pascal Marmet, Tiré à quatre épingles. Tout d'abord, un grand merci à Babelio et à l'éditeur pour ce nouveau concours, et un grand merci à l'auteur pour la petite dédicace du livre.

Tiré à quatre épingles, ou une aventure du commandant François Chanel au cœur d'un Paris haut en couleurs, qui nous fait voyager dans les croyances africaines. Une enquête bien ficelée, même si on en aperçoit rapidement les tenants et aboutissants, une histoire qui se lit très bien, des pages qui se tournent toutes seules. Et surtout des personnages très réalistes, auxquels on s'attache sans y penser, notamment ce François Chanel bien sympathique, qu'on espère de tout cœur retrouver dans d'autres aventures. En bref, une parfaite lecture d'été !


Elle avait l'air d'une quiche, avait le goût de la quiche pas cuite et, en réalité, nous avions affaire à une pâte d'acier trempé.

- On parle de quoi alors ? De la pluie et du beau temps ?
- Pourquoi pas ? Au Japon, on ne dit pas "je t'aime", mais "la lune est belle". N'est-ce pas là un excellent sujet de conversation et un joli détour pour se rencontrer ?
- C'est des conneries pour Blanche-Neige au bois boueux !


  

lundi 15 juin 2015

14 - Ne lâche pas ma main

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Les Presses de la Cité
Publié en : 2014

J'ai eu la chance il y a peu de rencontrer Michel Bussi dans les locaux de Babelio, et j'ai découvert à cette occasion qu'il avait écrit Ne lâche pas ma main lors de vacances à la Réunion, utilisant l'île comme cadre de son histoire. Étant réunionnaise, il ne m'en a pas fallu plus pour me donner envie de découvrir ce thriller tropical.
 
Martial, sa femme Liane et leur fille Sofa sont en vacances à l'hôtel Alamanda, à Saint-Gilles. Lors d'un après-midi au bord de la piscine, Liane remonte dans sa chambre. Une heure plus tard, Martial, inquiet, la rejoint, et trouve une chambre déserte, vidée des affaires de sa femme, et une moquette tâchée de sang... Liane a disparu.
 
Ne lâche pas ma main est le 3e roman de Michel Bussi que je découvre, et encore une fois je me suis laissée prendre au jeu de ces intrigues très bien ficelées et pleines de suspense. De nombreux indices sont parsemés tout au long de l'histoire, et c'est vraiment amusant d'essayer de recoller tous les morceaux afin de démêler ce sac de nœuds. Mais Michel Bussi sait y faire, laissant juste ce qu'il faut d'indices pour titiller notre cerveau, mais pas assez pour qu'on ne puisse pas se priver du plaisir de la grande révélation finale. J'ai beaucoup apprécié certains personnages, comme Imelda par exemple, ou encore Christos. Ce que j'ai un peu moins aimé, principalement au début, c'est la vision que l'auteur nous propose de la Réunion. Mais il est vrai que j'ai quitté l'île il y a plus de 10 ans, et que les choses et les mentalités changent beaucoup avec le temps. Je ne me suis donc pas arrêtée là dessus, et j'ai été bien contente de retrouver les paysages, les lieux de cette île que j'aime tant dans la suite de l'intrigue.
 
Encore un roman de Michel Bussi qui m'a fait passer un bon moment, je poursuivrai bien évidemment bientôt ma découverte de son œuvre.
 
 
— Tu sais comment je fais, moi, pour pas la perdre, ma femme ?
Imelda ne répond pas. Elle tire sur les draps avec énergie et dégage la marmaille.
— Comme pour pas perdre mes clés, en fait.
Toujours pas de réponse. Imelda se baisse pour ramasser les coussins éparpillés dans la chambre.
— Je fais des doubles !
Christos sort de la pièce en éclatant de rire, juste avant de se prendre trois coussins dans la gueule.
 
Je voudrais pas te faire de peine, Aja, mais si j’accroche ces X-Men à une voile et que je les lâche dans les alizés, ils vont se retrouver au milieu du Dolomieu, grillés comme des moustiques sur un halogène.
 
Comme tu veux, papa.
Si tu crois que la police est plus efficace que les fées contre les sorcières.
 
 

mercredi 3 juin 2015

12 - Maman a tort

Auteur : Michel Bussi
Éditeur : Les Presses de la Cité
Publié en : 2015

Marianne Augresse, commandante au commissariat du Havre, patine sur l'enquête du casse de Deauville, qui a causé la mort de 2 des malfaiteurs, la fuite d'un 3e, Timo Soler, blessé, et le soupçon d'un 4e complice, le dangereux Alexis Zerda. Proche de la quarantaine, Marianne est pourtant obsédée par une chose, devenir mère. C'est très certainement cette sensibilité sur les enfants qui va l'amener à croire ce psychologue scolaire, Vasile, venu lui faire part d'un cas étrange : Malone lui a raconté qu'avant il avait un autre nom, qu'il vivait près de la mer et d'un château à 4 tours, il se souvient d'un bateau pirates, d'une forêt d'ogres, et surtout... Malone lui a avoué, du haut de ses 3 ans, que sa mère n'est pas sa mère. Et il semblerait que ce soit son doudou, une sorte de rat bizarre nommé Gouti, qui lui raconte tous les soirs des histoires pour l'aider à se souvenir de sa vraie maman...

Maman a tort est mon second livre de Michel Bussi, et contrairement à N'oublie jamais, pour lequel je suis assez mitigée, celui-ci m'a beaucoup plu. Les personnages tout d'abord, que j'ai trouvé très réels, surtout Marianne (et Malone, bien entendu, comment ne pas s'attacher à ce petit bout de chou ?). L'histoire ensuite, que j'ai trouvé très bien construite, avec des rebondissements là où il faut. Et même si j'avais un peu deviné un des points clés dès la moitié du livre, je me suis laissée porter sans peine par le récit jusqu'au bout, avide d'en connaître tous les tenants et aboutissants. La fin n'est pas tout à fait à la hauteur du livre, mais bon, ça passe quand même.

Merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour cette opération spéciale Michel Bussi, j'ai hâte de le rencontrer demain et d'écouter ce qu'il a à nous dire sur ce roman bien sûr, et sur son œuvre dans son ensemble !

Ce psy avait des yeux étoilés à vous persuader qu'il existe une vie sur Mars, à vous convaincre de monter à deux dans une fusée pour aller la repeupler. 

Tout se joue dans les premières années de notre existence. Tout est gravé à jamais! Mais par contre, du point de vue strict de la mémoire directe des faits... rien! C'est assez stupéfiant comme paradoxe, non? Notre vie est guidée par des évènements, des actes de violence ou des marques d'amour dont nous n'avons aucune preuve. Une boite noire à laquelle nous n'aurons jamais accès.

Tu vois, Gouti, les vrais trésors ne sont pas ceux qu'on cherche toute sa vie, ils sont cachés près de nous depuis toujours. Si on les plante un jour, si on les cultive et on les arrose tous les soirs, en oubliant même pourquoi à la fin, ils fleuriront un beau matin alors qu'on ne les espérait plus.