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mardi 29 mars 2016

10 - Anno Dracula

Auteur : Kim Newman
Éditeur : Bragelonne

Anno Dracula... Ce roman me faisait de l’œil depuis un moment déjà, grâce à ses nombreuses critiques enthousiastes, au thème pour le moins atypique, mais également grâce à cette superbe couverture qui invite à s'approprier l'objet...

Nous sommes au XIXe siècle,  dans un Londres que l'on connait, mais qui a une particularité : la cohabitation des vampires et des humains. Les non-morts peuvent en effet enfin "vivre au grand jour" suite au mariage de la reine Victoria et de Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula. Oui, ce même Dracula protagoniste du roman de Bram Stoker. Et c'est là l'un des principaux intérêts de cette histoire. Kim Newman emprunte personnages, faits et légendes de la littérature du genre, et mêle le tout dans un thriller fantastique haletant. Car vous pensez bien que la cohabitation entre humains et vampires ne peut pas se passer sans heurts, et l'intrigue se précise autour d'un mystérieux personnage, que nous connaissons tous sous le nom de Jack l'Éventreur, qui assassine des prostituées vampires du quartier de Whitechapel.

Beaucoup de personnages nous sont donc tout à fait familiers, comme Dracula bien entendu, mais aussi Jack l'Éventreur, Bram Stoker ou encore Van Helsing... Même Sherlock Holmes est mentionné à l'occasion. Et j'ai été étonnée de la facilité avec laquelle ces personnages littéraires ont été importés et intégrés à cette histoire, le plus naturellement du monde. Mais ceux qui m'ont le plus charmée sont deux protagonistes, Geneviève Dieudonné, une vampire plus ancienne que Vlad Tepes et bien plus sage, et Charles Beauregard, espion agissant pour le compte du mystérieux et intrigant Diogene's Club. Et c'est là mon seul regret concernant ce roman, j'aurais aimé que Geneviève et Charles soient un peu plus étudiés, qu'on gratte un peu plus profond au niveau de leurs caractères et de leurs vécus respectifs. Mais peut-être que ce sera fait dans les trois tomes suivants, je le découvrirai sans tarder.

Donc oui, vous l'aurez compris, Anno Dracula est un roman qui a tout pour plaire, plutôt atypique dans son genre, et je vous conseille de le découvrir, ne serait-ce que par curiosité ! Vous aurez même la chance d'avoir en bonus une fin alternative, qui n'a pas été retenue pour la version finale... À vous de savoir à quelle fin ira votre préférence, moi j'ai préféré la fin officielle !




- Mr Holmes aurait été capable de donner le nom de jeune fille de la mère de Scalpel d'Argent, chuchota Lestrade à Geneviève, et rien qu'en examinant la cendre d'un cigare.

Mary Jane allait toujours à l’église, quand elle le pouvait. On lui avait appris que Dieu pardonnait. Après tout, le Seigneur était revenu du tombeau et avait proposé aux siens de boire Son sang. Tout comme Miss Lucy.

— Si nous étions tous vampires, auprès de qui les vampires se nourriraient-ils ?
— Bah, il suffirait d’importer des Africains ou des autochtones d’Océanie, répondit Moreau sur le ton qu’il aurait employé pour faire remarquer à un arriéré mental que le ciel était bleu. Nous pourrions également élever un cheptel d’animaux inférieurs dans l’échelle de l’évolution à l’homo vampiricus. Si les vampires peuvent changer de forme, les autres créatures aussi.


À l’évidence, une longue existence n’assurait pas un développement proportionné de l’intelligence.  

 

jeudi 1 octobre 2015

21 - Le livre de la mort

Auteur : Anonyme
Éditeur : Le Livre de Poche

Après Le livre sans nom, L'Oeil de la Lune et Le Cimetière du diable, Le Livre de la mort est le 4e tome des aventures du Bourbon Kid, ce tueur sanguinaire et sans pitié qui "pète un plomb" après avoir bu un verre de Bourbon et tue tout ce qui passe dans son champ de vision. 

On retrouve avec grand plaisir les protagonistes de cette aventure délirante : Sanchez, le patron du Tapioca, toujours aussi pleutre, maladroit mais qui parvient à chaque fois on ne sait comment à s'en sortir ; Ramsès Gaïus, la momie revenue à la vie, qui possède à présent l'Œil de la Lune et les pouvoirs illimités que procure cette pierre magique ; Dante et Kacy, devenus vampires malgré eux et cherchant désespérément à redevenir humains ; Beth, le grand amour du Bourbon Kid et bien entendu le Bourbon Kid lui-même... On les retrouve tous, et plus en forme que jamais ! L'histoire suit directement l'intrigue de L'Œil de la Lune, mais il est nécessaire de lire Le cimetière du diable pour comprendre certains passages du Livre de la mort. Car Ramsès Gaïus a pour ambition de gouverner tout Santa Mondega, puis le monde entier, et, afin de le contrer, le Bourbon Kid a besoin de perdre de nouveau son âme, qu'il avait réussi à récupérer, mais qui l'encombre plus qu'autre chose maintenant qu'il faut agir... Et pour redevenir ce tueur sans pitié qu'il était, et sauver Beth qui a été enlevée par Ramsès, il est prêt à tous les sacrifices.

Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, nous avons donc ici un nouvel opus tout aussi délirant, sanglant, fantastique, déjanté, mortel, et purement jouissif. Du pur plaisir ! À prendre au premier degré, bien entendu...


"- Tu vois ? dit Dante en pointant du doigt les taches les plus marronâtres. C'est de la merde. Le Kid a enfoncé son fusil à canon scié dans le cul d'un flic et lui a explosé les boyaux. La merde a giclé dans tous les sens. C'est vraiment dégueulasse.
- Et si on prenait plutôt l'escalier ?" suggéra Kacy.
Dante entra dans la cabine et appuya sur un bouton du cadran qui se trouvait à sa droite.
"Allez, ramène-toi, dit-il. C'est rien que de la merde. Et du sang."
Il jeta un coup d’œil par terre, dans un coin qui restait dissimulé à Kacy. "Et un testicule, apparemment. Super-poilu, pour le coup."


Tex approcha un peu plus son visage de l'écran afin de mieux y voir. "Un des types s'est fait décapiter, dit-il. L'autre s'est fait couper en deux dans le sens de la longueur.
- Coupé en quoi ?
- En deux. À partir du bas de l'abdomen. Dans le sens de la longueur, tu vois. Comme une tartine.
- Putain !
- Tu m'étonnes. Ça doit pas être agréable.  "


"Yo, barman, lança-t-il. C'est quoi ta couleur préférée ?"
Berkley se retourna en un éclair et marmonna un mot, un seul : "Merde."
Le Kid tira un pistolet de l'étui, un Desert Eagle doré avec viseur laser. L'arme pesait dans sa main. Un poids parfait. Il la braqua sur le malheureux barman et le point rouge du laser apparut au milieu de son front.
BANG !
La tête de Berkley explosa, sa cervelle giclant de l'arrière de son crâne pour s'écraser contre le mur qui se trouvait derrière lui. Son corps s'effondra.
Elvis considéra le cadavre par-dessus le comptoir. "Pourquoi est-ce qu'il a répondu 'merde' ? demanda-t-il, perplexe. C'est pas vraiment une couleur, non ?"
Le Kid ignora sa question. "Armes discrètes, mon cul, dit-il en admirant le pistolet qu'il tenait. Passe moi des cartouches pour cette saloperie.
- Il aurait du répondre 'marron', dit Elvis en secouant la tête. Marron, c'est une couleur. La merde, non. La merde, c'est une chose. Ou un état de fait."
 

mardi 26 août 2014

37 - Le protectorat de l'ombrelle T3 - Sans honte

Auteur : Gail Carriger
Éditeur : Orbit
Publié en : 2012

Impossible de terminer le tome 2 de la série du Protectorat de l'ombrelle sans enchaîner directement avec la suite. Après Sans forme, me voici donc plongée dans Sans honte...

Dans ce tome, c'est accompagnée de son amie française, l'inventrice Geneviève Lefoux, et de Floote, l'énigmatique mais si diablement efficace valet de feu son père, qu'Alexia se rend en Italie afin d'y rencontrer les Templiers et d'y trouver les réponses au "problème" révélé à la fin du tome précédent. Encore une fois, les dangers seront nombreux, les tentatives d'assassinat également, sans compter les fautes de goût de ce peuple latin barbare que sont les Italiens... Ah, Alexia a quitté le chic et les bonnes manières londonniennes, ça c'est sûr. Mais, heureusement pour elle, en Italie, il y a le pesto !

Sans grande surprise, et pour mon plus grand bonheur bien entendu, ce troisième tome se place en ligne directe de ses prédécesseurs. De l'aventure, de l'humour "so British", des inventions surprenantes dans un monde plein de surprises. On en apprend également un peu plus sur les paranormaux dans ce tome, chose intéressante car ces êtres sans âme sont tellement énigmatiques... Le protectorat de l'ombrelle est une série vraiment addictive, dont les pages se tournent toutes seules et remplissent parfaitement l'unique rôle qu'on attend d'elles : la distraction !

À suivre donc très bientôt avec la suite, Sans cœur !


« Elle était un peu comme un navet, ma femme. »
Alexia décida d’être un peu amusée par son absence de sentiments. « Un navet ? Que voulez-vous dire ? »
L’horloger sourit à nouveau. Il était clair qu’il espérait qu’on lui pose cette question. « Insipide, bon en accompagnement, mais vraiment mangeable uniquement quand il n’y a rien de mieux à se mettre sous la dent.   


La plus grande loi non écrite des êtres surnaturels était que l’on ne volait pas les humains des autres, tout simplement.

"Je me suis rappelé cette horrible chose que j'avais entendu sur l'Italie." Ivy, submergée par un excès d'émotion, se tamponna le coin de l'oeil avec son mouchoir. "Ce que j'ai entendu... Oh, je peux à peine en parler... J'ai entendu dire qu'en Italie ils boivent... (elle s'interrompit) du café." Elle frémit délicatement. "C'est si abominablement mauvais pour l'estomac." Elle serra la main d'Alexia avec ferveur dans les siennes, avec le mouchoir humide. "Bonne chance."

  

vendredi 22 août 2014

36 - Le protectorat de l'ombrelle T2 - Sans forme

Auteur : Gail Carriger
Éditeur : Orbit
Publié en : 2011


"Une histoire de vampires, de loups-garous et de dirigeables."

Tout est résumé dans cette unique accroche. Dans Le protectorat de l'ombrelle, que j'ai découvert au début de l'année avec le premier tome, Sans âme, Gail Carriger nous offre un savant mélange entre bit-lit, steampunk et humour anglais...

Rappelons-le, Alexia n'est pas un personnage ordinaire, puisqu'elle est la seule paranaturelle de Londres. Elle n'a pas d'âme, ce qui lui permet d'un seul contact d'ôter tout pouvoir surnaturel à un vampire ou un loup-garou, ou encore d'exorciser définitivement un fantôme. Dans ce tome, elle est amenée à enquêter sur un phénomène très étrange qui supprimerait les pouvoirs des êtres surnaturels dans un périmètre précis, et qui se déplace vers l'Écosse. Virus ? Arme ? Il y a là de quoi piquer la curiosité d'Alexia, toujours aussi intelligente et intrépide que dans le premier tome.

J'ai retrouvé dans cette suite la fraîcheur, la folie et l'humour anglais collé-monté qui m'ont tant plus dans Sans âme. Sans être la série du siècle, Le protectorat de l'ombrelle n'en est pas moins très distrayant. Le temps passe vite à sa lecture, on rigole, on s'interroge, il y a de l'action et aucun temps mort. Une parfaite lecture de vacances pour qui ne souhaite pas se triturer les méninges.

Si vous pensez le lire, prenez bien soin d'avoir le tome 3, Sans forme, sous la main. Vous ne pourrez pas ne pas enchaîner les deux tomes ! D'ailleurs je m'y mets tout de suite.


« Oh, ma chère sœur, tu ne t’es pas mise à écrire, tout de même ? » Félicité poursuivit sa diatribe. « En toute franchise, toute cette lecture, c’est plus qu’assez. Je croyais que le mariage te guérirait de ce penchant funeste. Je ne lis jamais si je peux l’éviter. C’est très mauvais pour les yeux. Et cela cause d’horribles rides sur le front, juste là. » Elle pointa un doigt entre ses sourcils, puis dit à lady Maccon, sur un ton plein de pitié : « Oh, je vois que tu n’as plus besoin de t’inquiéter de ça, Alexia. »

Oh, monsieur Tunstel , quel courage excessif vous avez eu en venant ainsi à mon secours. Vous avez été si héroïque, disait-elle. Imaginez qu’on apprenne que j’ai été poignardée par une femme de chambre, et une Française, rien de moins ? Si j’étais morte, je n’aurais jamais pu vivre avec ça ! Comment puis-je suffisamment vous remercier ?

  

mardi 19 août 2014

35 - La vampire

Auteur : Paul Féval
Éditeur : Mille Saisons
Publié en : 2009

La Vampire est un roman fantastique écrit par Paul Féval en 1865. La lecture d'un auteur du XIXe siècle n'est malheureusement pas toujours chose aisée pour nous, pour moi en tous cas, et j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. Les 100 premières pages ont été fastidieuses, et il y avait même des phrases auxquelles je ne trouvais aucun sens, des divagations politiques et autres qui me laissaient de marbre. L'ennui m'a souvent prise et j'ai été maintes fois tentée d'abandonner.

Mais cela valait la peine de s'accrocher. Passé ce délai d'adaptation, la complexité de l'intrigue se révèle, puissante et passionnante, et cette écriture qui était si indigeste au départ devient indissociable de l'histoire. J'ai même fini par la trouver belle et par apprécier toutes ces figures de style et ce vocabulaire désuet. Paul Féval mêle très habilement l'historique au fantastique et aux croyances populaires dans ce récit, qui nous relate l'histoire de cette vampire qui ne garde sa beauté et sa jeunesse qu'en se recouvrant de la chevelure sanguinolente de jeunes filles, mais également une histoire d'amour inconditionnel entre une femme et un homme, entre un père et son enfant, et également entre un jeune homme et la médecine, entre un auteur et les acteurs politiques de son temps...

Au final, mon seul regret restera ma méconnaissance du contexte politique, très présent dans ce livre, qui m'a très certainement fait passer à côté de petites subtilités qui l'auraient rendu bien plus intéressant encore.

Je le recommande, mais ne vous laissez pas piéger par ces premières pages si fastidieuses...


Quand les poltrons de village ont peur, la nuit, dans les chemins creux, ils chantent à tue-tête. Paris est ainsi : au milieu de ses plus grandes épouvantes, il rit souvent à gorge. Paris riait donc en tremblant ou tremblait en riant, car les objections et les raisonnements ne peuvent rien contre certaines évidences. La panique se faisait tout doucement. Les personnes sages ne croyaient peut-être pas encore, mais l'inquiétude contagieuse les prenait, et les railleurs eux-mêmes, en colportant leurs moqueries, augmentaient la fièvre.

La jalousie de celles qui aiment profondément ne se trompe guère. Il est en elles un instinct subtil et sûr qui leur désigne la rivale préférée.
 

  

jeudi 24 avril 2014

20 - La soif primordiale

Auteur : Pablo de Santis
Éditeur : Métailié
Publié en : 2012

Dans le cadre de l'événement CaroLire consacré au Salon du Livre, j'ai eu l'occasion de découvrir ce roman de l'argentin Pablo de Santis : La soif primordiale.

Nous sommes dans la Buenos Aires des années 50, et nous découvrons le personnage de Santiago, tout juste arrivé de province. Après un passage chez son oncle qui lui a appris comment réparer les vieilles machines à écrire, Santiago se fait embaucher dans un journal, afin de tenir la rubrique ésotérique. Mais le ministère de l'Occulte va également faire appel à ses compétences, et Santiago découvre ainsi des êtres à part, qui se font appeler les Antiquaires, immortels, perdus dans le passé et les vieux livres, vivant dans l'ombre et subissant la soif primordiale, la soif du sang.

Dans La soif primordiale, Pablo de Santis revisite le mythe du vampire, bien loin des classiques, mais on y retrouve pourtant tous les éléments fondateurs.  Ce qui m'avait au premier abord attirée dans ce livre, c'est ce mélange entre le côté historique et culturel de l'Argentine d'une part, et l'aspect fantastique des vampires d'autre part. Mais il faut avouer que le "folklore" argentin, bien présent au début du roman, disparaît très rapidement, et que le vampire n'est ici qu'une pâle copie de ce qu'il peut être dans d'autres œuvres majeures traitant du sujet (je pense bien entendu à Bram Stocker).

Une petite déception donc pour moi... Cela ne veut pas dire que ce roman n'est pas agréable à lire, ni qu'il manque de qualités. Il manquait juste le petit truc qui fait qu'on s'y intéresse pleinement et qu'on a envie de continuer cette histoire. Je tiens quand même à préciser que j'ai particulièrement apprécié les passages qui parlent des livres anciens et du métier de libraire. Des sujets qui me tiennent à cœur et que j'adore explorer.


C'est ainsi que j'ai commencé à lire. Mon attention fut au début attirée par de nombreux livres qui n'étaient pas massicotés. Il ne me vint pas à l'idée que l'on devait soi-même couper les pages, je me disais que ces livres étaient ainsi et qu'il était impératif de les lire avec difficulté, comme un espion. Des livres destinés à garder un secret.

Les études sont pour les femmes un passe-temps qu'elles pratiquent jusqu'à ce qu'elles se marient.

  

mardi 25 février 2014

09 - Le Livre perdu des sortilèges

Auteur : Deborah Harkness
Éditeur : Le Livre de Poche
Publié en : 2012

Diana Bishop est la dernière descendante d'une puissante lignée de sorciers. Lorsque ses parents sont assassinés alors qu'elle n'est qu'une enfant, elle décide de tourner le dos à la magie et de se consacrer aux études. Devenue une historienne réputée, spécialisée en alchimie, elle emprunte un jour par hasard l'Ashmole 782, un manuscrit alchimique qui s'avère être ensorcelé. A partir de ce moment, Diana va se retrouver traquée par de nombreuses créatures qui désirent mettre la main sur ce livre qui, selon la légende, détient la clé de l'origine des trois espèces non humaines : les sorciers, les vampires et les démons. C'est ainsi que Diana va faire la connaissance de Matthew Clairmont, un vampire très puissant qui s'intéresse de très près à l'Ashmole 782...

Le livre perdu des sortilèges pourrait être vu comme un Roméo et Juliette fantastique. L'histoire d'amour interdite entre un vampire et une sorcière, mièvre à souhait, c'est du déjà vu, et je comprendrais que cette partie de l'histoire puisse en rebuter certains. Mais pour moi, ce livre est bien plus que ça. Deborah Harkness s'amuse tout au long de l'histoire à nous parler de passé et de présent, d'Histoire, de Sciences, d'Alchimie, de vieux livres, de mystères et de magie. Et c'est l'intelligence de cette histoire qui fait tout son intérêt, bien au-delà de la relation entre Diana et Matthew. J'ai adoré les décors, les vieilles bibliothèques, les châteaux et maisons hantées, l'atmosphère gothique qui plane sur l'histoire. J'ai trouvé passionnantes et originales la découvertes des us et coutumes des vampires, sorciers et démons, leurs relations, leurs hiérarchies. La magie, très présente et puissante, était à la hauteur de mes attentes. Et la fin, bien sûr, qui nous promet de palpitantes aventures dans le second tome, que j'ai d'ores et déjà réservé à la médiathèque.

Un livre, certes pas exceptionnel, mais prenant, bien rythmé, bien documenté, qui m'a fait passer un très bon moment dans ce monde créé par Deborah Harkness.


- J'ai déjà vu un tel courage, surtout chez des femmes, continua-t-il sans relever. Les hommes ne le possèdent pas. Notre résolution naît de la peur ; ce n'est que de la bravade.

J'en avais déjà croisé quelques-uns, puisque je travaillais dans un domaine qui me mettait en contact avec des scientifiques et que les vampires pullulent dans les laboratoires du monde entier. La science récompense la patience et les longues recherches. Et grâce à leurs habitudes de travail solitaire, les scientifiques ont peu de chances d'être reconnus par quiconque en dehors de leurs collègues immédiats. Cela permettait de mener plus facilement une existence qui durait des siècles. 

Chaque fois que je prends un livre ou un document du passé, je me bats avec des gens qui vivaient il y a cinq siècles. Ils ont leurs secrets et leurs obsessions, toutes les choses qu'ils ne veulent ou ne peuvent pas révéler. Mon travail consiste à les découvrir.


vendredi 7 février 2014

06 - Le protectorat de l'ombrelle T1 - Sans âme

Auteur : Gail Carriger
Éditeur : Orbit
Publié en : 2011

Dans un Londres du XIXe siècle, le premier tome du Protectorat de l'Ombrelle nous présente le personnage d'Alexia Tarabotti, une "vieille fille" de 26 ans exclue de la catégorie des femmes à marier par son teint trop mat (son père était italien) et son caractère trop affirmé et indépendant. Issue de la haute société, Alexia a cependant des qualités que ne possèdent pas ses amies : elle est intelligente, à la pointe de la mode et surtout... Alexia est une paranaturelle.

Les paranaturels sont très rares. Ne possédant aucune âme, ils ont la capacité de faire disparaître le temps d'un simple contact les pouvoirs des êtres surnaturels, comme les vampires et les loups-garous. Lorsque mademoiselle Tarabotti est attaquée par un vampire mal éduqué et affamé lors d'un bal, elle finit donc par tuer ce malotru sans manières grâce à sa précieuse ombrelle. Cet événement (la première scène du livre, et l'une des plus drôles selon moi) marque le début de cette aventure, pleine de péripéties rocambolesques, de rebondissements en tous genres et de bonnes manières (ou pas).

Ce roman est drôle, rafraîchissant et original. On retrouve tous les éléments de la bit-lit "traditionnelle", les vampires, loups-garous et tout ce qui s'en suit, mais la pointe d'humour anglais qui gouverne toute cette histoire, associée à un très grand sens de l'auto-dérision, et tout ce qu'on sait de ce genre littéraire s'envole rapidement en fumée. Divertissement garanti !


"Un vampire m'a attaquée la nuit dernière."
Ivy fit semblant de s'évanouir.
Alexia maintint son amie debout par la force en raidissant le bras sur lequel elle s'appuyait. "Inutile de tituber, il n'y a personne d'important pour te rattraper dans les environs."
Ivy se redressa et dit sur un ton plein de véhémence: "Dieu du ciel, Alexia, mais comment fais-tu pour te fourrer dans ce genre de situation ?"
Alexia haussa les épaules et se mit à marcher plus vite, si bien qu'Ivy dut trotter sur quelques pas pour rester à sa hauteur.
"Qu'as-tu fait?" Elle n'allait pas se laisser dissuader.
"Je l'ai frappé avec mon ombrelle, bien entendu.
- Non !
- En plein sur la tête. Je ferais la même chose à quiconque m'attaquerait, être surnaturel ou pas. Il est venu me voir comme ça, sans qu'on ait été présentés ni rien!" 



samedi 3 août 2013

35 - Symfonia T2 - L'Orchestre de l'Atome

Auteur : Manon Toulemont
Éditeur : éditions du Rocher
Publié en : 2013

Après la découverte l'année dernière du premier roman de Manon Toulemont, Symfonia - Ouverture, je n'avais qu'une hâte : lire la suite. Malheureusement pour moi, ce 2e tome s'est fait attendre ! C'est donc avec un réel plaisir et un grand soulagement que j'ai enfin pu me replonger dans cet univers qui m'avait tant envoûtée...

Evnôm, au cœur de la forêt de Brocéliande, est une école réservée aux différents mouvements de la Symfonia, la force qui régit l'univers : la magie blanche, la magie noire, la télépathie et la métamorphose. Les élèves sont donc répartis dans ces quatre catégories. Nous retrouvons ainsi l'enchanteresse Ophélie, la sorcière Alice et le télépathe Joseph. Dragon Rouge, au cœur de l'Allemagne, est un organisme secret dirigé par un groupe sans scrupules nommé Wolf, qui recrutent les prédateurs non humains afin d'en faire des meurtriers sous leurs ordres. Suite aux événements du premier tome, Wolf compte désormais dans ses rangs Pacôme, le vampire maladroit, et Ange, le siroy artiste. Deux institutions aux antipodes donc, mais qui vont se rejoindre par les liens fraternels qui unissent Pacôme et Alice, frère et sœur séparés malgré eux, mais surtout par cette troisième entité, basée à Vienne, qui cherche à comprendre le fonctionnement de la Symfonia afin de créer un orchestre maléfique aux sombres desseins...

J'ai retrouvé dans L'Orchestre de l'Atome tous les éléments que j'avais tant appréciés dans Ouverture, la surprise en moins. Un monde complexe, composé de personnages avec une réelle profondeur psychologique, bien évidemment liée à leur nature particulière. Un monde peuplé de nombreuses créatures issues de différents folklores et réunies ici dans un ensemble cohérent. Mais également un monde réel, que nous connaissons, qui vit en marge de tous ces éléments fantastiques, même s'il est bien moins présent que dans le tome 1. L'action et l'humour sont toujours bien présents, et font de ce livre une histoire des plus passionnantes et addictives. A quand la suite ???


"Le véritable crime, Pacôme, ce n’est pas de commettre un meurtre ; c’est de le commettre mal."

"Ses crocs refusaient de rentrer dans leur gaine et semblaient parfois vouloir s'arracher de ses gencives pour partir d'eux-mêmes en quête de nourriture."


 

mardi 30 avril 2013

22 - L'Eternel

Auteur : Joann Sfar
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 2013

Je l'attendais avec beaucoup d'excitation, ce premier roman de Joann Sfar. J'aime beaucoup son œuvre (du moins le peu que j'en ai vu et lu), et l'humour qu'il glisse au travers de ses histoires. Et, autant le dire tout de suite, je n'ai pas du tout été déçue par L’Éternel, qui m'a fait passer un très bon moment.

Ce roman est du grand n'importe quoi, mais dans le bon sens du terme. Dès qu'on croit qu'on comprend de quoi ça parle et quelle est l'histoire, un rebondissement nous ramène au point de départ, et nous devons changer systématiquement notre point de vue sur l'histoire. Tantôt récit de guerre avec ses horreurs, ses victimes, ses viols... tantôt récit fantastique, avec la naissance du vampire et la découverte de sa condition... tantôt conte avec son lot de créatures surnaturelles... tantôt réaliste avec le retour à la psychanalyse terre à terre... tout ça pour mener à un grand tout qu'on ne peut catégoriser, mais un grand tout franchement distrayant ! J'ai été écœurée par certains passages, émue par d'autres puis j'ai éclaté de rire à plusieurs reprises, et à aucun moment je ne me suis ennuyée. Alors oui, je m'attendais à aimer ce livre, mais je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire et j'ai été très agréablement surprise...

Certes, on peut dire qu'il s'agit d'un énième roman de vampires, et je n'irai pas jusqu'à clamer que Joann Sfar a renouvelé le genre. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il parvient avec cet Éternel à surprendre et à distraire. Que demander de plus ?


"Le vampire poussa un cri qu'il ne connaissait pas. Si l'on avait écrasé une scolopendre et qu'en expirant elle se fût vidée de son air, et si l'air expurgé avait traversé une crécelle, peut-être aurait-on obtenu un bruit semblable."

"Il se force à ne pas me sauter dessus. Il essaie de se convaincre que je ne suis pas son dîner, ou qu'il n'a pas faim. Combien de temps ça reste efficace, chez un vampire, le surmoi ?"

"Mon petit, lâcha-t-il, un chrétien qui s'adonne à la psychanalyse me semble aussi incongru que Madonna avec son bracelet de kabbaliste !" 

  

mardi 16 avril 2013

19 - Exhumer l'ombre

Auteur : Storm Constantine
Éditeur : L'Oxymore
Publié en : 2001


Exhumer l'ombre est la suite d'Enterrer l'ombre, que j'ai découvert il y a peu à la médiathèque, et que j'ai beaucoup apprécié. Nos personnages continuent ici leur quête de la vérité, dans une parfaite continuité avec le premier tome (ce qui est normal puisque dans la version originale il n'y a qu'un seul livre). J'ai donc retrouvé avec un grand plaisir Gimel et Rayojini dans ce monde sombre et beau créé par Storm Constantine. 

Mais je dois avouer que je ne m'attendais pas du tout à cette histoire, qui va de surprise en surprise. Tout ce qui a été mis en place dans Enterrer l'ombre aurait dû avoir une suite logique qui n'a pas du tout eu lieu, tellement les rebondissements et retournements de situation se suivent. On finit, tout comme nos personnages, par être confus, par ne plus savoir qui est qui, quel est le bien et le mal, où est la vérité dans ce flot incessant d'informations contraires... Et on attend avec impatience de tourner la page pour découvrir le fin mot de cette histoire étrange, originale et magnifique. Une lecture qui m'a beaucoup touchée et une écriture sublime...



"Il était nu, pas même vêtu de chair. Ses cheveux étaient des flammes, étaient lumière. Ses ailes étaient engoncées dans les angles de la pièce. Il était trop grand pour l'espace. Il l'occupait entier."

"Mes pouvoirs, dont j'étais si fière, pouvaient n'être pas plus grands que ceux d'une fourmi, en comparaison des pouvoirs de ceux auxquels je pourrais être opposée."

"A un moment, je vis le bassin virer au rouge, l'instant d'après, le temps avait cessé de galoper autour de moi. J'étais seule, comme peut-être je l'avais toujours été. Il n'y avait aucun cloître, aucun lys, rien. Je me tenais dans une grande rue, longée de hauts murs, totalement seule."

 

mardi 26 mars 2013

16 - Enterrer l'ombre

Auteur : Storm Constantine
Éditeur : L'Oxymore
Publié en : 2001

Enterrer l'ombre : " invoque un émerveillement venu d'un autre monde, beauté et poésie,
élégance aristocratique... complexe et évocateur. "         (Starbust)

" ... un véritable chef-d’œuvre de la Fantasy dans lequel Storm Constantine revisite
le mythe vampirique de la façon la plus surprenante et la plus belle qui soit. "          (Elegy)


Ces quelques mots en 4e de couverture ont piqué ma curiosité. Comment peut-on encore surprendre avec le mythe vampirique ? Et bien Storm Constantine y arrive très bien avec Enterrer l'ombre. La lecture de ce roman nous plonge dans un univers d'une originalité passionnante, avec des personnages à contre-courant de ce que nous avons déjà pu lire, et une histoire qui (selon moi) ne ressemble à rien de ce qui existe dans la littérature du genre... Une histoire que je ne classerais pas dans la catégorie vampire, car ce n'est pas lui faire honneur.

Commençons par les Eloims, une race très ancienne jouissant de la vie éternelle, dont les mœurs ressemblent beaucoup à ceux de la haute aristocratie : raffinement, élégance, et bien sûr une étiquette très pointilleuse et une hiérarchie très marquée. Ce sont en général des Artisans, des artistes peintres, chanteurs, acteurs, qui vivent leur art avec passion et se nourrissent de l'ichor des humains (inconscients de la présence de tels êtres parmi eux). Afin d'assurer leur subsistance et leurs secrets, les Eloims font appel à des Mécènes, des humains très riches et puissants qui leur fournissent protection, discrétion et nourriture en échange de leur Art. Enfin il y a les terrâmiens, des humains "initiés" qui sont formés dès le plus jeune âge à pénétrer la terrâme des personnes malades afin de les soigner.

Dans Enterrer l'ombre, nous suivons un récit à deux voix, celles de Rayo, une jeune terrâmienne, et de Gimel, une Eloim. Car une étrange maladie pousse depuis quelques temps les Eloims à se suicider, et Gimel, accompagnée de son frère jumeau Beth, pense que seule une puissante terrâmienne peut pénétrer leurs esprits et comprendre la raison de ce mal. C'est ainsi que Gimel va créer un lien avec la jeune Rayo, à peine intitiée, et l'accompagner discrètement tout au long de sa formation afin de la préparer à affronter la terrâme particulière des Eloims.

Cette histoire est vraiment étrange, et c'est ce qui lui donne tout son charme. Dans Enterrer l'ombre, tout est beau, que ce soit la violence, l'amour, la mort... Les deux narratrices nous racontent avec beaucoup de calme les événements, les paysages, les personnages, leur recherche de la vérité. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'action ou de poussée d'adrénaline dans ce roman, mais juste qu'on prend le temps de le lire, et qu'on prend du plaisir à y passer du temps, malgré quelques longueurs qui passent presque inaperçu. Une très belle découverte pour moi, je vais d'ailleurs m'empresser de lire le 2e (et dernier) tome !


"Vraiment, j'adore les humains malgré toutes leurs faiblesses. Ils ont cette immédiateté, cette vivacité qui manque à la race Eloim ; leur enthousiasme grossier est touchant."

"La matière de la terrâme est malléable ; il est possible de donner forme à tout ce qui nous est nécessaire, simplement par le pouvoir de la pensée, que ce soit du feu, de l'acier ou de la glace."



mercredi 13 février 2013

08 - Les Vampires du Finistère



Auteur : Peter Saxon

Éditeur : Terre de Brume
Publié en : 2007


C'est dans le cadre de la 2e session de CaroLire que je me suis lancée dans la lecture de cet ouvrage de Peter Saxon, Les Vampires du Finistère.

Nick et Margot, un jeune couple anglais en vacances en Bretagne, assistent par hasard à un étrange carnaval dans un village paumé du Finistère. Après un spectacle mettant en scène un Loup Vert et des squelettes, les villageois réunis autour d'un grand feu se laissent peu à peu aller à des transes orgiaques, et les jeunes filles disparaissent une à une, choisies par des hommes déguisés en loups. Nick ne souhaite qu'une chose : quitter cet endroit malsain, tandis que Margot se laisse gagner elle-même par la transe, avant d'être choisie par le Loup Vert. Nick perd connaissance et se réveille le lendemain, au milieu de nulle part, paniqué par la disparition de sa chère Margot. Mais nul ne veut croire en son histoire, ni la police, ni le consulat d'Angleterre et c'est en dernier recours que le pauvre homme va faire appel aux Gardiens, une organisation mystérieuse ayant pour but de combattre le Mal... C'est ainsi que nous suivons l'un de ces Gardiens, Steven Kane, brillant anthropologue et combattant aguerri, dans sa quête de la vérité jusqu'au village de Trégonnec, hostile, isolé et pétri de croyances et de traditions ancestrales...

C'est accompagné d'une ambiance sombre et pesante que nous suivons cette histoire, au cœur des superstitions bretonnes. L'intrigue a du potentiel, en tous cas c'est ce que je me disais avant d'entamer cette lecture. Cependant j'ai eu du mal à m'attacher aussi bien à l'histoire qu'à ses acteurs. C'est comme si l'auteur avait frôlé la surface de ces traditions populaires, sans en faire ressortir ce qui en fait d'habitude tout leur charme. On commence avec des loups-garous, puis tout à coup on se retrouve avec une sirène-vampire et un alchimiste en quête d'immortalité. Trop de mythes qui se bousculent sans vraiment trouver chacun leur place. Les Gardiens et les membres qui composent ce cercle sont à peine évoqués, on ne sait pas d'où ils viennent, qui ils sont, ni quelles sont leurs motivations, et c'est très dérangeant. Leur brève description au début du livre nous met l'eau à la bouche, puis ils sont totalement mis de côté, ainsi que le mystère qui les entoure. Steve Kane est le seul Gardien que l'on côtoie, et je trouve que ce personnage aurait pu avoir du potentiel, s'il n'avait pas été "trop". "Trop" intelligent dans "trop" de domaines, "trop" malin, "trop" physique... Il n'a aucune faille et n'est au final pas très crédible...
Le style en lui-même est plat et, après quelques pages, on s'ennuie rapidement. Il manque beaucoup d'éléments selon moi pour en faire un livre accrocheur qu'on n'oublie pas. En gros, un livre que j'ai eu beaucoup de mal à terminer et que je ne recommande pas.



"Cette croyance est à ce point enracinée dans les traditions populaires du monde entier, qu'elle doit bien posséder un fondement. Tous les peuples primitifs croient dur comme fer que les êtres humains peuvent se changer en animaux. A leurs yeux, tout le règne animal est sur le même plan. Ils ne font guère de distinction entre l'homme et la bête. La tradition populaire européenne elle-même est pleine de telles histoires. Rappelez-vous Le Petit Chaperon rouge. Les Celtes en particulier, dont on dit qu'ils descendent des phoques et des loups, et dont ils peuvent prendre la forme à volonté."


vendredi 14 décembre 2012

55 - Dans les veines

Auteur : Morgane Caussarieu
Éditeur : Mnémos
Écrit en : 2012

Loin des trucs végétariens brillant au soleil de Stéphanie Meyer qui se font appeler vampires, il existe encore heureusement des auteurs qui ne dénaturent pas le mythe et redonnent un peu de charisme à ces créatures de la nuit. Morgane Caussarieu en fait partie. Et elle commence fort avec son premier roman, Dans les veines.

Déjà, le premier chapitre nous donne le ton du livre. Dans le métro, une femme aux longs cheveux noirs serre un bébé dans ses bras, une scène plutôt émouvante pour les autres voyageurs... Sauf que le nourrisson sera jeté dans une poubelle un peu plus tard, exsangue et froid... Chapitre après chapitre, nous faisons la connaissance d'un groupe de vampires fraîchement installés à Bordeaux, se nourrissant de la population de la ville. Gabriel, leur chef, a l'apparence d'un enfant de 8 ans, et aime particulièrement la chair tendre des jeunes. Saiko, sa Mère, une Asiatique, lui est totalement soumise. Damian, son Grand Frère, préfère jeûner quelques jours afin de pleinement savourer ses repas. J.-C., à l'apparence punk, se nourrissant de préférence de drogués, se croit l'incarnation parfaite du vampire du XXe siècle... Et puis il y a Lily, une jeune lycéenne mal dans sa peau, qui a trouvé chez Damian une tristesse profonde qui fait écho à la sienne... Mais les cadavres s'accumulent et attirent l'attention de la police, dont fait partie le père de Lily, qui ne va pas tarder à aller fouiner dans toute cette petite communauté...

C'est un roman très accrocheur et envoûtant que nous offre ici Morgane Caussarieu. Le fantastique et la réalité s'entremêlent parfaitement, et l'intrigue générale est très bien menée. Le langage cru, violent, souvent vulgaire convient parfaitement à cet univers underground que l'auteure a ici retranscrit, et à cette histoire dans laquelle tous les tabous sont levés (meurtres d'enfants, torture, viols, inceste...). Les personnages sont très charismatique et profonds, ils ont tous une raison d'être et on s'attache facilement, même aux plus cruels d'entre eux. Mais j'avoue que certaines scènes m'ont vraiment choquée. En voulant aller au bout des choses, peut-être est-elle parfois allée un peu trop loin. Les tortures décrites sont réellement malsaines et j'ai plusieurs fois été dégoûtée par ces mutilations, peut-être parce qu'elles ont atteint en moi cette part sombre tapie à l'intérieur de chacun.

Mais j'ai quand même pris beaucoup de plaisir à lire ce roman addictif, et malgré ces scènes de tortures que je trouve superflues, j'en garde un très bon souvenir et j'attends de voir l'évolution de cette jeune auteure avec impatience.



" Elle enleva les mains de son nez et huma le parfum de la mort à pleines narines. Une fragrance abominable de merde et de pourriture. Au risque de contredire Baudelaire, elle ne trouvait aucune beauté, aucun romantisme à cette charogne infâme. "

" La même avait une peau en pain d'épice et des nattes de paille tressées. Ses genoux potelés, sous sa mignonne robe fuchsia, étaient écorchés et exhalaient un sulfureux mélange de sang et de Bétadine. Les contours de sa moue boudeuse étaient sculptés avec du chocolat fondu et elle sentait le chlore de la piscine. A croquer. "


vendredi 12 octobre 2012

39 - Humaine

Auteur : Rebecca Maizel
Éditeur : Albin Michel (Wiz)
Écrit en : 2012

J'avais lu l'année dernière Humaine, qui racontait l'histoire de Lenah, une vampire très ancienne et cruelle, qui, lassée de sa condition immortelle, souhaitait redevenir humaine et redécouvrir les goûts et sensations de la vie. J'avais beaucoup aimé cette histoire, originale et bien écrite. Me voici donc plongée dans le second tome, Âmes sœurs.

On retrouve donc Lenah, poursuivie par un puissant et dangereux vampire, Ava, qu'elle avait elle-même tuée et transformée lorsqu'elle était la reine des créatures de la nuit. Ava exige de Lenah qu'elle lui donne le sortilège qui lui a permis de redevenir humaine, afin de le détourner pour obtenir beaucoup plus de pouvoir et devenir pratiquement invincible. Et pour la contraindre à lui obéir, elle tue un par un les humains qui ont eu le malheur d'être proche de Lenah.

Ce 2e tome s'inscrit dans la continuité du 1er, mais l'histoire met beaucoup de temps à devenir intéressante. Il faut attendre le milieu de l'ouvrage pour y trouver un intérêt... J'ai d'ailleurs eu peur de ne pas retrouver dans ce tome l'originalité présente dans Humaine. Certains passages particulièrement fleur bleue, parlant de l'amour éternel m'ont beaucoup ennuyée. Mais heureusement, vers le milieu du livre (il était temps), tout s'est accéléré. L'histoire a pris tout son sens, il a commencé à y avoir du suspense, de l'action, une vraie intrigue et même des rebondissements ! La fin laisse clairement la porte ouverte à un troisième tome, que je ne manquerai pas de lire.
  

vendredi 3 août 2012

32 - Le livre sans nom

Auteur : Anonyme
Éditeur : Le Livre de Poche
Écrit en : 2006


J'attendais avec impatience l'occasion de lire cette histoire que tout le monde encense depuis quelques temps. C'est donc avec beaucoup d'excitation, et en sachant à peu près à quel genre de scène m'attendre (du gore à la Tarentino) que je pars à la rencontre du Bourbon Kid.

L'histoire prend place à Santa Mondega, une ville tellement corrompue qu'on se demande rapidement s'il y existe des habitants honnêtes... Santa Mondega est quotidiennement le cadre de meurtres gratuits et tous plus horribles les uns que les autres, de vols, de viols et autres méfaits en tous genres. Mais un nom réussit à faire trembler même les plus durs à cuire de la ville, le Bourbon Kid. On raconte que lorsqu'il boit du bourbon, il devient fou et tue tous ceux qui se trouvent sur son passage, lui-même étant invincible bien sûr. Et ce n'est pas une légende.

L'intrigue du Livre sans nom gravite autour d'une pierre bleue, L’œil de la Lune, que tout le monde s'arrache tout au long de l'ouvrage, et qui aurait entres autres la capacité de rendre immortel celui qui la porte, mais elle possède bien plus de pouvoirs encore... On va donc assister sans répit à une succession de meurtres horribles, de magouilles, de poursuites, dans l'unique but de s'approprier cette pierre, également convoitée bien sûr par le Bourbon Kid.

Entre les crapules qui veulent en tirer le plus d'argent possible, ceux qui veulent l'utiliser pour eux-mêmes, les moines qui veulent récupérer cette pierre qui leur appartient de droit, les flics qui tentent d'élucider les nombreux (et c'est peu dire) meurtres disséminés tout au long de ces pages, c'est une épopée sanglante et jouissive, teintée de fantastique, que l'auteur nous offre dans ce 1er tome. Lire Le livre sans nom est un régal, un vrai défouloir, à savourer encore et encore ! D'ailleurs je vais me jeter d'ici peu de temps sur le 2e tome, L’œil de la Lune...


mercredi 27 juin 2012

26 - Anita Blake T12 - Rêves d'incube

Auteur : Laurell K. Hamilton
Éditeur : Bragelonne
Écrit en : 2004

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas plongée dans une aventure d'Anita Blake, nécromancienne et tueuse de vampires... C'est donc avec un plaisir certain que je me plonge dans ce 12e tome, Rêves d'incube.

On retrouve Anita, toujours pareille à elle-même, refusant le bonheur de vivre sans se poser de questions et cherchant toujours la petite bête qui viendra tout gâcher lorsque les choses ont l'air d'aller trop bien. Ce que je reprochais d'ailleurs au tome précédent. Autant dans les premiers tomes, son caractère m'amusait, autant depuis quelques temps elle commence à m'énerver plus qu'autre chose. Pourquoi ne pas simplement accepter les choses sans se poser de questions ? Pourquoi refuser d'être heureuse ? Elle est toujours rongée par ses principes (qui n'ont plus de raison d'être, vu tout ce qu'elle a été amenée à faire dans les 11 tomes précédents celui là)... Et ça m'énerve. Ce qui m'avait séduite dans les premiers tomes, c'étaient les enquêtes bien sanglantes, bien sordides, qui étaient le fil conducteur de l'histoire. Il y avait beaucoup d'action, Anita avait le gachette facile et les pages étaient parsemées de morts en tous genres. Mais au fur et à mesure, et principalement dans ce 12e tome, l'enquête et l'action sont passées au second plan. Il n'y a plus que des dialogues sans queue ni tête qui ne mènent à rien, entrecoupés de scènes que je qualifie de pornographiques, complètement inutiles pour faire avancer l'histoire. Une grosse déception, donc...

Mais bon, j'ai quand même été contente de retrouver l'univers créé par Laurell K. Hamilton, ses personnages et son "bestiaire" si fantastiques... Donc je ne regrette pas cette lecture malgré tout. J'ai juste beaucoup d'apppréhension à la lecture du prochain tome, Micah.

mardi 12 juin 2012

24 - Symfonia - Ouverture

Auteur : Manon Toulemont
Éditeur : éditions du Rocher
Écrit en : 2011

Je suis particulièrement chanceuse, car à chaque programme Masse Critique organisé par Babelio, je reçois un livre. Cette fois-ci, ce sont les éditions du Rocher qui m'ont fait parvenir l'un de leurs ouvrages : Symfonia.

Cinq personnages principaux pour cinq histoires liées. Tout semble graviter autour de Pacôme, jeune homme vivant seul avec Alice, sa sœur, et perturbé par sa nature vampirique qui ne lui apporte que des problèmes. Chaque personnage possède une caractéristique bien peu commune, qu'il/elle soit sirène, magicienne, sorcière ou télépathe, et chacun va vivre et provoquer des événements pour le moins inattendus. Il est difficile d'en dire plus, cet ouvrage est une vraie toile d'araignée, dans laquelle chaque fil est parfaitement imbriqué dans un grand tout.

Le monde créé par Manon Toulemont au cœur même de notre Paris quotidien est magnifiquement pensé. Ses personnages sont très bien modelés et profonds, et leur dimension psychologique, principalement, est très aboutie. J'ai d'abord beaucoup ri des péripéties malchanceuses de ce pauvre Pacôme, pour qui on ne peut s'empêcher d'éprouver de la sympathie, malgré sa nature meurtrière. Puis je me suis effarée des recherches artistiques d'Ange, le siroy (sirène mâle) qui fait de ses victimes des œuvres d'art absolues. Enfin j'ai été terrifiée par les poussées "psychopathes" des autres personnages, Ophélie et ses hallucinations, Alice et son Jéricho qui lui donne des pulsions meurtrières, Joseph et son don de télépathie qui lui donne des visions prémonitoires... Mais les personnages secondaires sont tout aussi intéressants et nécessaires à l'histoire, et ce sont eux qui nous mettent sur la voie des intrigues à venir dans la suite de cette saga (surtout le commissaire que j'apprécie beaucoup pour son caractère si bien trempé).

Ce premier tome nous introduit donc dans un univers complet et complexe, très bien écrit et imaginé. Si on garde en tête le fait que l'auteure n'a que 19 ans, et bien, ça promet pour la suite ! Donc vivement la rentrée littéraire 2012 qui nous apportera le 2e tome en librairie, et merci à Babelio et aux éditions du Rocher de m'avoir permis découvrir Symfonia.

vendredi 13 avril 2012

15 - Riverdream

Auteur : Georges R.R. Martin
Éditeur : Mnémos
Écrit en : 1983

Cette histoire prend place sur le Mississippi, au cœur du XIXe siècle, à l'âge d'or des bateaux à vapeur et de l'esclavagisme. C'est dans ce contexte que l'auteur nous présente Abner Marsh, ancien capitaine à la tête d'une compagnie de vapeurs qui a récemment fait faillite. Abner a un rêve, posséder le vapeur le plus rapide et le plus grandiose du Mississippi, capable de battre à la course l’Éclipse. Un soir, à Saint-Louis, il fait la rencontre d'un étrange personnage, Joshua York, qui lui propose une association pour construire ce bateau de rêve, à la seule condition de recevoir ses amis à bord sans jamais poser de questions sur leur présence ni sur ce qu'ils font. Et c'est ainsi que commence l'épopée du Rêve de Fevre, un vapeur qui a tout pour réussir à surpasser tous les autres. Mais très vite des rumeurs vont se répandre sur les étranges habitudes nocturnes de Joshua et de ses amis, et le malheur va frapper le navire et son équipage. Abner fera tout pour conserver son rêve et ses principes intacts, malgré les drames dont il sera le témoin et l'acteur tout au long de l'ouvrage.

Encore un livre de vampires me dira-t-on. Très loin du registre connu de Georges R.R. Martin d'ailleurs, très loin du célèbre Trône de fer. Mais son talent ne se limite pas à la fantasy, et l'auteur nous prouve avec ce roman qu'il sait très bien y faire aussi en fantastique. Il nous conte cette histoire au gré des vagues ; parfois on s'embourbe dans les méandres du Mississippi, pour mieux s'exciter de ses remous quelques pages plus tard. Il n'y a aucun temps mort et jamais je ne me suis ennuyée, malgré cette langueur qui rappelle la Nouvelle-Orléans, cette atmosphère étouffante, pesante et moite qui plane sur nous tout au long du livre. On s'attache sans difficulté aux personnages, même les plus secondaires et c'est un réel plaisir de découvrir ce que pouvait être à l'époque la vie sur un vapeur comme le Rêve de Fevre. On en apprend beaucoup sur le pilotage, les chaudières, les tuyaux qu'un pilote de ce nom devait connaître pour mener son bateau à bon port. Sur l'histoire même du Mississippi, des vapeurs et de l'esclavagisme. Chaque traversée, chaque escale est une aventure unique. Et c'est dans ce contexte que l'auteur revisite le mythe du vampire, de manière assez originale selon moi. On a bien entendu notre dose d'hémoglobine, d'action, de crimes crapuleux... Mais l'essence de ce roman n'est pas là.

Alors oui, encore une histoire de vampires, mais aussi une histoire de rêve, de passion, car il s'agit bien de cela. Non seulement le rêve d'Abner Marsh de posséder le vapeur le plus magnifique et le plus rapide du Mississippi, mais également le rêve de Joshua York, de libérer et guider ses semblables vers une autre vie, pleine d'espoir. Un rêve de 330 pages que j'ai découvert et savouré avec un grand plaisir.

mercredi 18 janvier 2012

03 - Le Legs de la Faille T3 - Krondor : La Larme des Dieux

Auteur : Raymond E. Feist
Éditeur : Bragelonne
Année : 2007 

C'est avec un grand plaisir et une grande impatience que je me lance enfin dans le dernier tome de cette trilogie krondorienne. Voici donc la suite des aventures de James et de William, qui tentent de dévoiler un complot plein de meurtres abominables et de magie noire visant à déstabiliser le Royaume, mais dans quel but ? Et qui tire les ficelles ? Quel est le fin mot de l'histoire ?

Ce tome est dans la lignée des deux précédents (et de tous les tomes précédents des Chroniques de Krondor, en fait...). Plein d'action, d'aventures, de magie, d'humour, avec des personnages charismatiques et attachants et une intrigue très bien ficelée. Un nouveau personnage nous est présenté, et pas des moindres puisqu'il s'agit de Jazhara, recommandée par Pug le Magicien à Arutha, le prince de Krondor, afin de le conseiller sur tout ce qui a trait à la magie. Jazhara est belle, intelligente, puissante et sera tout au long de ce tome d'une très grande aide à James et William. J'ai hâte de la voir évoluer dans les prochains tomes.

Une chose que j'ai trouvée originale et étrange, la présence de créatures qu'on retrouve rarement dans les  univers de Fantasy : les vampires. Et bien ils se sont très bien adaptés à l'histoire, en tant que créatures issues d'une puissante magie noire que James et ses amis devront anéantir. Un aspect totalement bienvenu pour moi, car, ce n'est un secret pour personne, j'adore les vampires ! ^^

Pour résumer, La Larme des dieux clôt cette trilogie du Legs de la Faille avec brio, du Feist tout craché au sommet de son art. Bientôt la suite !