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mardi 23 juin 2015

Les vestiges du jour

Auteur : Kazuo Ichiguro
Éditeur : 10/18
Publié en : 2002

C'est dans le cadre de l'un de mes clubs de lecture que j'ai essayé de lire ce roman de Kazuo Ichiguro, Les vestiges du jour. Je dis bien essayé, car après 50 pages d'ennui mortel, rien n'a attiré mon attention, rien ne m'a donné envie de ne pas refermer définitivement ce livre.

Au vu des critiques de mes amis, je me suis dit que j'allais persévérer un peu, que ça n'allait pas tarder à éveiller mon intérêt ou ma curiosité ? Mais l'ennui est toujours là, et le plaisir de lire bien loin...  Au final, je n'ai tout simplement eu ni la force, ni la volonté de persévérer dans cette lecture fastidieuse et soporifique.

Au moins j'ai essayé !

lundi 18 mars 2013

15 - L'écume des jours

Auteur : Boris Vian
Éditeur : 10/18
Publié en : 1992

Lecture de jeunesse, je me souvenais de ce roman comme d'un grand n'importe quoi totalement loufoque... Le relire m'a fait prendre conscience d'une chose : je n'étais pas apte à l'époque à comprendre la beauté et la subtilité de cette merveilleuse histoire d'amour, qui est l'une des plus belles et émouvantes que j'ai pu lire jusqu'ici.

Car j'ai été bien inspirée d'entamer cette relecture de L'écume des jours. Je me suis régalée du début à la fin, aussi bien avec cette histoire si décalée et cet univers si surréaliste, que par la prose même de Boris Vian, mélange de poésie, de rêve et de mélancolie. On est ici dans un monde qui semble naïf, un monde où tout est possible, où les anguilles gourmandes tombent des robinets de la cuisine, où les passants peuvent se lover dans la rue dans un nuage plein de douceur et de tranquillité, où le verre des carreaux cassés repousse tout seul, où les murs respirent, où... Je pourrais continuer comme ça pendant longtemps, sans parvenir à rendre compte de la fantasmagorie de ce monde. L'histoire est pourtant loin d'être naïve, loin de là, puisqu'on retrouve sans peine sous toute cette poésie les inquiétudes intemporelles de notre société. Au départ belle et drôle, l'intrigue suit une surprenante évolution jusqu'à un final des plus émouvants. 

Une lecture qui, vous l'aurez compris, m'a envoûtée, et que je recommande sans modération.


"C'est parce qu'on leur a dit : "Le travail, c'est sacré, c'est bien, c'est beau, c'est ce qui compte avant tout, et seuls les travailleurs ont droit à tout." Seulement, on s'arrange pour les faire travailler tout le temps et alors ils ne peuvent pas en profiter."

"Partre s'était levé et présentait au public des échantillons de vomi empaillé. Le plus joli, pomme crue et vin rouge, obtint un franc succès."

"La souris se croisa les bras et se mit à mâchonner d'un air absent, puis recracha précipitamment en sentant le goût du chewing-gum pour chats. Le marchand s'était trompé."



vendredi 30 novembre 2012

51 - Meurtre dans un jardin indien

Auteur : Vikas Swarup
Éditeur : 10/18
Écrit en : 2008

Vicky Rai est un escroc et un assassin détesté de tous et surprotégé par sa fortune et son père. Un soir, alors qu'il donne une réception dans sa demeure, il se fait assassiner dans son jardin. Six personnes portaient une arme ce soir-là. Six suspects qui ont tous des raisons d'en vouloir à mort à Vicky Rai.

Meurtre dans un jardin indien nous raconte par de longs paragraphes consacrés à chacun de ces six suspects qui ils sont dans un premier temps, puis ce qui les a amenés à haïr et vouloir la mort de Vicky Rai jusqu'à un final épatant et plein de rebondissements...

Mohan Kumar, un ex-secrétaire général du gouvernement véreux, possédé par l'âme de Gandhi...
Munna Mobile, un voleur qui est tombé amoureux de la soeur de Vicky Rai...
Jagannath Rai, le propre père de la victime, parrain de la mafia et ministre, qui doit choisir entre conserver le pouvoir ou protéger son fils...
Larry Page (homonyme du célèbre co-inventeur de Google), un américain fraîchement débarqué à Dehli afin d'y rencontrer sa fiancée indienne, qu'il ne connait qu'à travers une correspondance platonique...
Eketi, un aborigène qui quitte son île afin de retrouver la pierre sacrée de son peuple, qui leur a été dérobée par un Indien...
Shabnam Saxena, l'une des actrices les plus en vogue en Inde, qui découvre une jeune femme qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau...

Au travers de ces différents personnages, c'est un portrait réaliste et peu flatteur de la société indienne que nous livre ici Vikas Swarup. Les fraudes et magouilles politiques en tous genres, les différences de castes et l'injustice... tout y passe. J'ai eu la chance lorsque j'étais enfant de passer quelques jours en Inde, et c'est un séjour qui m'a marquée à jamais. La pauvreté, les énormes inégalités de ce pays pourtant si magnifique sont malheureusement des éléments inoubliables de la culture indienne. J'ai retrouvé ces sentiments dans les descriptions de l'auteur. Mais l'Inde, ce n'est heureusement pas que cela. C'est une culture colorée, qui possède de multiples coutumes et croyances toutes plus passionnantes les unes que les autres. Et on retrouve aussi cet aspect dans ce roman, qui est, je pense, une représentation fidèle de ce pays, sans tabou et sans concession. Malgré toutes ces dénonciations, c'est l'espoir qui sort du lot au final. L'espoir d'une Inde nouvelle.

En ce qui concerne l'histoire, l'écriture est fluide et agréable, il n'y a aucun temps mort. Au contraire, l'auteur maîtrise bien son récit et sait quand il faut relancer l'intrigue. J'ai bien aimé également le fait que la traduction laisse de nombreux mots de la culture indienne, dans les dialogues notamment, avec les surnoms et marques de respect qu'on emploie lorsqu'on s'adresse à une femme ou un homme d'une caste supérieure ou inférieure, par exemple. Même si parfois on a du mal à s'y retrouver, ça facilite grandement l'immersion dans cette culture.

Un roman que j'ai dévoré, qui m'a passionnée, que j'ai adoré.



"- Un bidonville, madame, n'est pas une attraction touristique. Pour avoir une idée de cette vie-là, il faut y être né."

"La vie c'est comme un sandwich à la crotte, plus tu as de pain, moins tu mangeras de merde."

"Pour l'homme de la rue, la justice reste un rêve."



vendredi 11 mai 2012

19 - La ballade de l'impossible

Auteur : Haruki Murakami
Éditeur : 10/18
Écrit en : 1987

Me voici replongée pour quelques jours dans le doux rêve que représente la littérature "murakamienne". Car encore une fois, c'est un monde calme et poétique qui s'ouvre à nous dans cette Ballade de l'impossible, même si je n'y ai pas retrouvé la fantaisie fantastique que je pensais commune à toutes les œuvres du Grand Maître.

Nous suivons l'histoire de Watanabe, du lycée jusqu'à l'âge adulte. Adolescent, son meilleur ami était Kizuki, un jeune homme adorable, ouvert, qui savait se faire aimer. Watanabe appréciait beaucoup les moments passés avec Kizuki et sa petite amie, Naoko. Jusqu'au jour où Kizuki est mort. Watanabe et Naoko se sont alors perdus de vue, puis retrouvés quelques années plus tard à Tokyo, par hasard. Ils ont vécu chacun à leur manière la perte de cet être cher, et c'est avec cette ombre dans les yeux qu'ils vont devenir amis, amoureux puis finalement coucher ensemble. Mais au lieu d'être le début de quelque chose, cet acte n'a pour conséquence que leur séparation, car Naoko est fragile et a été très profondément touchée par la perte de Kizumi. Elle s'enfuit donc afin de trouver la paix et la guérison dans une maison pour les gens "comme elle", loin de tout et loin du monde, où elle pourra petit à petit se reconstruire. A Tokyo, Watanabe se lie d'amitié avec une étrange jeune fille, Midori, d'apparence gaie et extravertie, mais qui vit et exprime à sa manière ses propres douleurs...

Le sujet peut paraître banal et souvent traité en littérature. Mais ce que Murakami nous offre ici, c'est bien plus qu'une simple histoire. C'est la vision sans tabous de l'adolescence à fleur de peau, de la douleur face à la perte d'un être cher... C'est la vision de personnes qui cherchent à comprendre le monde et à se comprendre elles-mêmes... C'est la vision de la reconstruction de soi face à la vie et aux malheurs qu'on peut être amenés à surmonter. Le tout dans un style si poétique, si magnifique, que l'on croirait flotter au travers de cette histoire et de ses personnages. On vit ce qu'ils vivent, comme si on y était, mais de manière détachée. C'est une impression difficile à expliquer, que j'avais déjà eue en lisant d'autres livres de Murakami, mais qui m'a beaucoup plus marquée ici, dans La ballade de l'impossible. Jusqu'à présent il y avait toujours une touche de fantastique dans les ouvrages que j'ai lus de cet auteur, qu'on ne retrouve pas ici, mais cela ne fait en rien défaut à la qualité de cette histoire. Comme toujours, Haruki Murakami m'a ravie.

mardi 6 mars 2012

10 - Kafka sur le rivage

Auteur : Haruki Murakami
Éditeur : 10/18
Écrit en : 2002

C'est avec l'excellent souvenir de 1Q84 (et surtout pour me faire patienter jusqu'au tome 3) que je me lance dans cette nouvelle lecture d'Haruki Murakami, avec le célèbre Kafka sur le rivage.

Kafka Tamura est un adolescent qui, depuis 2 ans, se prépare à changer de vie : le jour de son 15e anniversaire il s'enfuit de chez son père, vers une destination inconnue, loin de ses démons familiaux. Il va découvrir la liberté, mais également la solitude, jusqu'au jour où il perd connaissance et se réveille quelques heures plus tard, ses vêtements tâchés de sang, n'ayant aucun souvenir de ce qui s'est passé.
Nous faisons également la connaissance de Nakamura, un vieil homme de 60 ans qui, à la suite d'une maladie mystérieuse lorsqu'il était enfant, a tout oublié. Il ne savait plus qui il était, ni comment il s’appelait, il ne reconnaissait plus ses parents et ne savait plus ni lire, ni écrire. Il se considère lui-même comme quelqu'un de stupide et de limité. Mais il a l'étrange capacité de parler aux chats, ce qui fait que les habitants de son quartier font souvent appel à lui lorsque leur chat disparaît. C'est lors de l'une de ces recherches que le vieux Nakamura va être entraîné dans une histoire bien étrange qui le mènera loin de Tokyo et loin de son quartier qu'il n'avait pas quitté depuis des dizaines d'années.
Parallèlement, nous avons accès à des dossiers classés "Top Secret" du gouvernement américain sur un phénomène étrange ayant eu lieu dans un Japon en guerre, en 1944, pendant lequel 16 élèves s'étaient évanouis de manière totalement incompréhensible lors d'une sortie scolaire. L'institutrice qui les accompagnait est le seul témoin direct de la scène, la seule à ne pas s'être évanouie. Les "victimes" de ce fait étrange se sont réveillées par elles-mêmes quelques heures plus tard, sans aucune séquelle, et ne se souvenant pas du tout de ce qui s'était passé... sauf un jeune garçon, qui est resté dans le coma.

Les histoires de Kafka et de Nakamura ont à la base un unique point commun, et vont se réunir au fil de l'histoire. Une construction qui fonctionne très bien dans ce genre de récit fantastique, entretenant un mystère et un suspense omniprésents jusqu'au moment ultime de la révélation. L'irréel côtoie le réel de manière tellement naturelle que le lecteur finit par trouver tout à fait normal qu'il pleuve des poissons ou que le fantôme d'une personne vivante apparaisse au milieu de la nuit...

Dès les premières pages, j'ai été totalement envoûtée et bercée par cette histoire et par les mots d'Haruki Murakami. Certains passages sont vraiment très bizarres, voire drôles, d'autres plus poétiques ou philosophiques, l'ensemble donnant un bon rythme à l'ouvrage qui se lit très facilement malgré sa longueur. Kafka sur le rivage, considéré par les critiques comme son œuvre la plus ambitieuse et la plus aboutie, est à mes yeux un pur joyau de littérature.

  

lundi 13 février 2012

07 - La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires

Auteur : Tim Burton
Éditeur : 10/18
Année : 1997

Voici un recueil de poèmes qui m'attirait beaucoup car j'aime particulièrement l'univers glauque et morbide de Tim Burton, toujours si poétique. Un recueil très vite lu, mais savouré du premier au dernier poème.

Entre une fille qui se transforme en lit, une autre qui ne peut s'empêcher de fixer les gens et les choses autour d'elle, un bébé ancre qui, accroché à sa mère, la noie dans les profondeurs de l'océan, et le petit enfant huître, si malaimé de ses parents que son père finit par le manger, on retrouve dans quelques vers, ou parfois même une simple phrase, l'univers si fascinant de Tim Burton.

J'ai particulièrement apprécié la présence du poème en version originale à côté de sa traduction en français, qui permet d'admirer toute la beauté de l'écriture de l'auteur, et les illustrations, qui sont parfaites pour ces textes.

Une lecture très agréable et touchante.

mardi 18 octobre 2011

37 - Mr. Peanut

Auteur : Adam Ross
Éditeur : 10/18
Année : 2011 

C'est dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio que j'ai été amenée à lire ce livre. Le principe est simple, on choisit dans une liste de livres divers et variés ceux qui sont susceptibles de nous intéresser. Un tirage au sort a lieu pour chaque ouvrage, et le gagnant reçoit gratuitement le livre chez lui, en échange de quoi il doit avant 1 mois en faire une critique, positive ou négative peu importe. J'ai donc été tirée au sort pour le livre Mr Peanut, d'Adam Ross.

Ce livre m'a tout de suite plu, par son thème d'une part, puis par les premières pages qui nous plongent directement au coeur de l'action. C'est l'histoire de David Pepin, un brillant concepteur de jeux vidéo, qui se met un jour à rêver que sa femme, Alice, est morte. Parfois il l'assassine, parfois il s'agit d'un accident, mais à chaque fois il en est complètement retourné car il aime sa femme. Il a donc ce genre de rêve récurrent, jusqu'au jour où Alice meurt réellement, et qu'il est accusé de l'avoir assassinée. On ne sait bien évidemment pas au début si oui ou non il a fini par concrétiser ses rêves ou bien si sa femme s'est réellement suicidée...

L'une des choses que j'ai particulièrement aimée pour commencer, c'est que l'histoire se vit de différentes manières. Si un chapitre traite les faits dans l'ordre chronologique, de la vie de couple quotidienne des Pepin à la mort d'Alice, le chapitre suivant nous présente les faits à l'envers, puisque l'interrogatoire de David nous permet de reconstituer ce qui s'est passé avant la mort d'Alice. L'inspecteur chargé de l'enquête et le livre de David nous font découvrir à reculons les faits. On a donc en même temps le début et la fin de l'histoire, et inconsciemment je m'amusais à essayer de comprendre comment Alice est morte, si oui ou non David l'a assassinée, et si oui, pourquoi.

Mais en fait ce livre regroupe trois histoires toutes aussi importantes les unes que les autres. L'histoire "principale", celle qui englobe tout le livre et qu'on retrouve du début à la fin, est celle de David et Alice. Mais on découvre également la vie conjugale de l'inspecteur Hastroll et de sa femme, Hannah, qui décide un beau jour de se mettre au lit et de ne plus jamais en sortir, car elle veut que son mari prenne conscience d'une chose. Mais laquelle ? Enfin, et celle là est ma préférée, on revit à travers un interrogatoire inversé (ou comment un coupable mène l'interrogatoire d'un inspecteur) la vie et le meurtre horrible de Marylin, la femme de l'inspecteur Sheppard*, qui est également en charge de l'enquête sur la mort d'Alice.

Mais les crimes et faits mentionnés ci-dessus ne sont qu'un prétexte au livre qui traite avant tout d'un sujet bien différent : les relations de couple et le mariage. Ainsi, pour chacune de ces histoires, on a une vision de ce que peut être la vie de couple, des difficultés que chacun est mené à affronter, du manque de communication à l'infidélité, ou encore tout simplement la routine. Adam Ross nous offre ainsi trois versions différentes du mariage, chacune plus ou moins vraisemblable, mais qui posent toutes la même problématique : comment deux personnes peuvent être amenées à se haïr tout en continuant à s'aimer...

L'ensemble se lit très bien, les pages se tournent toutes seules malgré quelques longueurs, et j'avais hâte de savoir le fin mot de l'histoire... Le final a d'ailleurs été à la hauteur de mes espérances et bien plus encore. Un très bon moment de lecture, original et prenant, que je conseille vivement à ceux qui veulent essayer quelque chose de différent.


* Petite parenthèse : l'affaire du meurtre de Marylin Sheppard a réellement eu lieu le 4 juillet 1954, Sam Sheppard ayant finalement été innocenté des dizaines d'années plus tard. Cependant elle a été tellement médiatisée qu'elle a inspiré la série Le fugitif. Un film du même nom a été réalisé avec Harrison Ford en 1993. Plus d'informations sur cette sombre affaire à cette adresse : http://faitsdivers.blog4ever.com/blog/lire-article-287239-2010298-docteur_sam_sheppard__le_fugitif.html
  

  

mardi 9 août 2011

31 - Orgueil et préjugés

Auteur : Jane Austen
Éditeur : 10/18
Année : 1813 

J'avais vu le film il y a quelques années, et c'est avec un souvenir très flou de personnages raffinés et hauts en couleurs, d'amours tumultueuses et d'un portrait sans concession de la haute société anglaise des XVIIIe-XIXe siècles, que je me lance dans la lecture de ce formidable ouvrage de Jane Austen.

J'ai tout de suite été captivée à la fois par l'histoire et par le style de Jane Austen. L'histoire, je la connaissais dans les grandes lignes par le film (qui n'est pas une référence, on est d'accord), mais je l'ai redécouverte avec beaucoup de joie, entre des personnages captivants, caricaturaux, désopilants, ridicules souvent, des dialogues passionnants qui représentent tellement bien la noblesse anglaise de l'époque, et puis cette magnifique histoire d'amour dont toutes les jeunes filles rêvent... Et Jane Austen, qui nous prouve l'étendue de son talent et la justesse de son esprit à chaque phrase...

Il n'y a pas grand chose à ajouter : tout simplement magnifique !