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mercredi 28 juin 2017

05 - Le portail

Auteur : François Bizot
Éditeur : Folio

François Bizot est un anthropologue français, spécialiste du bouddhisme du Sud-Est asiatique. En 1971, au Cambodge, il est fait prisonnier par les Khmers rouges, et retenu plusieurs mois en captivité par un lieutenant de Pol Pot, Douch, avec lequel il établira un lien privilégié qui le mènera à la liberté. De tous les détenus présents dans le camp, lui seul en sortira vivant. Dans Le portail, il nous raconte sa détention et la chute de Phnom Penh, qu'il a vécue jusqu'à l'évacuation de la ville.

Avant qu'on me mette cet ouvrage dans les mains, je ne connaissais rien de François Bizot, du Cambodge ou des Khmers rouges. J'ai cette honte de ne m'être jamais intéressée à ce sujet (et la honte qu'on en parle si peu voire pas tout tout dans nos manuels scolaires...). C'est donc en aveugle totale de l'Histoire de ce pays que je me suis plongée dans ce récit, que j'ai découvert au fur et à mesure, avec effarement. Car les Khmers rouges ont commis un véritable génocide dont personne ne parle, décimant 21% de la population cambodgienne de l'époque...

François Bizot nous relate les faits tels qu'il les a vécus, avec sa connaissance de l'instant, ses émotions de l'instant, ses souvenirs de l'instant... Et c'est, je pense, ce qui fait la force de son récit, le lecteur est plongé dans le moment présent, et le réalisme de cette époque nous prend à la gorge à chaque page... Le tout servi par une écriture fluide et travaillée, et qui sait rendre l'information facilement accessible au lecteur.

Plus qu'une "lecture intéressante", Le portail est un témoignage historique essentiel à mettre entre toutes les mains... Je ne prétends pas avoir compris tous les rouages politiques de cette période, ni les tenants et les aboutissants des événements dont nous parle l'auteur. Il est évident que d'autres lectures sur le sujet seront nécessaires pour réellement comprendre ce qui s'est passé et appréhender toute l'horreur de ce génocide. 

Je remercie chaudement celui qui m'a mis ce livre entre les mains, m'ouvrant ainsi les yeux sur le Cambodge et cette période de son Histoire qui ne doit surtout pas tomber dans l'oubli.

 

mercredi 18 mai 2016

13 - Gagner la guerre

Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Éditeur : Folio

Ça y est, après un bon mois je viens enfin de terminer Gagner la guerre. On me l'avait mis dans les mains en me disant que ce livre était génial, et je me suis empressée de m'y plonger. 

Dans un monde fortement inspiré de la Renaissance Italienne et de l'Antiquité Romaine, additionné de magie et d'elfes, nous suivons les aventures de Benvenuto Gesufal, membre de la guilde des Chuchoteurs placé sous les ordres du Podestat de la République : Leonide Ducatore. Personnage haut en couleurs, assassin émérite, maître espion, Benvenuto va pourtant être l'instrument des manigances de son patron, et sera ainsi balloté au travers d'intrigues politiques qui le placeront sans cesse sur la corde raide...

Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans l'histoire, puisque j'ai été profondément déstabilisée au premier abord par des intrigues politiques dont je ne comprenais pas grand chose... Mais comme on m'a dit "lis ce livre, il est génial", j'ai persévéré un peu, et je suis rapidement tombée dans l'effet totalement inverse, je n'arrivais plus à me sortir cette histoire de la tête... C'est un pavé, plein d'aventures et de rebondissements, mais qu'on prend quand même le temps de savourer car l'univers créé par Jean-Philippe Jaworsky est tellement riche, aussi bien sur le plan politique que sur la psychologie des personnages, qu'on ne peut pas juste s'y attarder en passant. L'écriture est juste sublime, un langage à la fois recherché et très édulcoré, totalement à l'image du narrateur, Benvenuto. Et l'intrigue tient du pur génie.

J'avoue que j'ai un pincement au cœur à refermer définitivement cet ouvrage qui m'a tenue en haleine si longtemps... Gros coup de cœur !


Je suis allergique aux enterrements. Ça peut sembler bizarre, compte tenu de mon fonds de commerce, mais c’est ainsi. J’ai mes raisons. Tuer et inhumer, c’est deux activités très différentes. Buter un quidam, pour un affranchi, c’est gratifiant. Ça demande un minimum de cœur au ventre, ça nécessite un vrai sens du contact, c’est un peu sale, c’est rapide, c’est payant : bref, c’est une réelle expérience humaine, directe et sans complications. Enterrer le même quidam, par contre, quelle corvée ! C’est codifié, grégaire, faux cul, interminable. Ça sublime toutes les vicissitudes du banquet de mariage, en noir et sans le pince-fesse. La douleur sincère de quelques naïfs copule d’obscène manière avec les larmes obligées du plus grand nombre.

Chez les gens de qualité, faire assaut de charme est une seconde nature. C’est un divertissement, comme l’escrime, la guerre et la politique. Personne n’est dupe : on s’entraîne à croiser le fer, à toucher et à prendre… On s’engage à mots couverts et à sentiments mouchetés, on soigne la manière sans chercher à conclure, tout le plaisir réside dans la manœuvre et dans le mot d’esprit. Du moins, tant qu’on garde la maîtrise du jeu. 

Je sers l’État, ce qui implique que je dois parfois lui sacrifier certaines valeurs. Mais c’est parce que la République est portée par des êtres tels que moi que les personnes de qualité comme vous peuvent se permettre le luxe d’une moralité sans faille. 
  

mardi 23 février 2016

25 à 35 (2015) / 4 à 7 (2016) - Le trône de fer, du tome 2 au tome 15








Auteur :
Georges R. R. Martin

Éditeur : Pygmalion


Le trône de fer, ou plutôt Game of thrones, le titre original étant tellement plus adapté que sa traduction française, est l'un de mes gros coups de cœur de l'année dernière, et de ce début d'année. Déjà complètement fan de la série d'HBO, c'est à la suite de la diffusion de la saison 5 l'année dernière que j'ai souhaité redécouvrir l'histoire des Sept Royaumes au travers des ouvrages publiés par Pygmalion.

Je ne pense pas qu'il y ait encore beaucoup de monde qui ne connaisse pas Game of thrones, donc je ne reviens que brièvement sur le synopsis : un trône de fer et plusieurs grandes maisons qui se le disputent (les dragons Targaryens, les lions Lannister, les loups Stark, les cerfs Baratheon...), donnant lieu à d'innombrables complots, trahisons, amitiés et inimitiés... tout cela pendant que les morts se relèvent de l'autre côté du Mur, annonçant la venue de l'hiver.

Quand on se plonge dans Game of thrones, c'est une immersion complète, on est transporté dans cet univers créé par Georges R. R. Martin. Et c'est bien difficile d'en sortir. Les tomes s'enchaînent, on veut absolument connaître la suite, en savoir plus sur chaque personnage et leur destinée. Le découpage "1 chapitre / 1 personnage" est intelligent, mais il peut se passer des tomes entiers sans qu'on ne retrouve certains protagonistes, et au final je trouve ça bien frustrant également. 

Un régal de lecture, qui m'a transportée autant que la série, quoi que d'une manière toute différente puisque très vite chaque "support" prend son indépendance et les destinées suivent au final des chemins bien différents. Mais c'est également l'un des aspects que j'ai particulièrement aimés ici, d'apprécier autant l’œuvre littéraire et la série, deux versions que j'ai fini par voir bien distinctes l'une de l'autre, et tout aussi passionnantes.

Seul bémol pour la traduction française qui laisse beaucoup à désirer... C'est dans ces moments-là que je regrette de ne pas avoir un meilleur niveau me permettant une lecture fluide et aisée dans la langue de Shakespeare...

Un gros coup de cœur donc, à confirmer avec ce dernier tome que j'attends avec impatience... Et je supplie l'auteur de ne plus nous faire attendre trop longtemps pour découvrir enfin le dénouement de Game of thrones !


Lorsqu'on s'amuse au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr, il n'y a pas de moyen terme.

Voici que débute ma garde. 
Jusqu'à ma mort, je la monterai.
Je vivrai et mourrai à mon poste.
Je suis l'épée dans les ténèbres. 

Je suis le veilleur au rempart.
Je suis le feu qui flambe contre le froid, la lumière qui rallume l'aube, le cor qui secoue les dormeurs, le bouclier protecteur des royaumes humains.
Je voue mon existence et mon honneur à la Garde de nuit. 

Pour cette nuit-ci comme pour toutes les nuits à venir. 

On a beau marteler l'étain, si fort qu'on s'y prenne, on n'en fera jamais du fer, mais il n'en a pas moins son utilité.




mardi 22 décembre 2015

25 - La légende de Hawkmoon - Intégrale 1

Auteur : Michael Moorcock
Éditeur : Pocket

C'est un nouveau Masse Critique qui m'a offert cette lecture, et encore une fois c'est une très belle découverte. Je ne remercierai jamais assez Babelio et les éditeurs partenaires (ici Pocket) pour ces opérations qui font la joie des lecteurs.

Suite au Tragique Millénaire, le monde et la civilisation sont retournés à un âge moyenâgeux. Le comte Airain dirige un petit état en France, que l'on appelle la Kamarg, et s'emploie tant bien que mal à repousser les assauts de la Granbretanne, qui a lancé une conquête cruelle et dévastatrice de l'Europe. Dorian Hawkmoon, duc de Köln en Germanie, a été fait prisonnier par le Baron Meliadus, qui le contraint à se rendre en Kamarg afin d'enlever Yisselda, la fille du comte Airain, et ainsi forcer ce dernier à plier genou devant l'ennemi...

J'ai découvert Michael Moorcock il n'y a pas si longtemps, avec les premiers tomes du cycle d'Elric, que j'avais dévorés. On m'avait bien annoncé la qualité des autres écrits de l'auteur, et j'attendais avec impatience de recevoir le premier tome de l'intégrale de La légende de Hawkmoon. Et j'ai tout simplement a-do-ré ! J'ai retrouvé ici, dans une histoire toute différente, les éléments que j'avais tant appréciés en lisant Elric : une intrigue originale, un univers passionnant, magique et envoûtant, des personnages réellement attachants, charismatiques, et surtout cette impression, à chaque fois que j'ouvre le livre et que je me replonge dans l'histoire, d'être dans un conte, dans un rêve, qui me porte bien loin de ma réalité. Et ça fait un bien fou.

La légende de Hawkmoon est un vrai coup de cœur, c'est le genre de livre qui rend heureux, et j'en redemande ! Je n'ai pas pu trouver d'infos sur la sortie du 2e tome de l'intégrale, mais je me jetterai dessus dès qu'il sera en rayon, ça, c'est sûr ! En attendant, j'assouvirai mon impatience à découvrir le 2e cycle, Les chroniques du comte Airain, avec les anciennes éditions... ^_^



Il est écrit: "Celui qui prête serment sur le Bâton Runique imprime à sa destinée un tournant irrévocable. Que le sort lui soit contraire ou favorable, il devra subir la loi inflexible qu'il aura lui-même contribué à forger."

Les barons de Granbretanne s'étaient rendus maîtres de tout le continent; guerriers féroces et habiles stratèges, ils montraient dans les combats un grand mépris pour leur propre vie. L'âme corrompue et l'esprit enfiévré, ils haïssaient tout ce qui, autour d'eux avait échappé à la décadence... Un sourire gourmand aux lèvres, ils assistaient en ce moment à l'embrasement final de la dernière cité d'Europe. L'origine de cette ville se perdait dans la nuit des temps. On l'appelait Athéna. 

Le mistral était ce vent sauvage et glacé, qui soufflait sur la Kamarg pendant des mois et des mois, hurlant son lamento farouche jusqu'au printemps. Le comte aimait à chevaucher lorsque le mistral se levait. Il exposait son visage à la tourmente, jusqu'à ce que la peau couleur de bronze prenne une teinte écarlate. 

 

jeudi 1 octobre 2015

21 - Le livre de la mort

Auteur : Anonyme
Éditeur : Le Livre de Poche

Après Le livre sans nom, L'Oeil de la Lune et Le Cimetière du diable, Le Livre de la mort est le 4e tome des aventures du Bourbon Kid, ce tueur sanguinaire et sans pitié qui "pète un plomb" après avoir bu un verre de Bourbon et tue tout ce qui passe dans son champ de vision. 

On retrouve avec grand plaisir les protagonistes de cette aventure délirante : Sanchez, le patron du Tapioca, toujours aussi pleutre, maladroit mais qui parvient à chaque fois on ne sait comment à s'en sortir ; Ramsès Gaïus, la momie revenue à la vie, qui possède à présent l'Œil de la Lune et les pouvoirs illimités que procure cette pierre magique ; Dante et Kacy, devenus vampires malgré eux et cherchant désespérément à redevenir humains ; Beth, le grand amour du Bourbon Kid et bien entendu le Bourbon Kid lui-même... On les retrouve tous, et plus en forme que jamais ! L'histoire suit directement l'intrigue de L'Œil de la Lune, mais il est nécessaire de lire Le cimetière du diable pour comprendre certains passages du Livre de la mort. Car Ramsès Gaïus a pour ambition de gouverner tout Santa Mondega, puis le monde entier, et, afin de le contrer, le Bourbon Kid a besoin de perdre de nouveau son âme, qu'il avait réussi à récupérer, mais qui l'encombre plus qu'autre chose maintenant qu'il faut agir... Et pour redevenir ce tueur sans pitié qu'il était, et sauver Beth qui a été enlevée par Ramsès, il est prêt à tous les sacrifices.

Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, nous avons donc ici un nouvel opus tout aussi délirant, sanglant, fantastique, déjanté, mortel, et purement jouissif. Du pur plaisir ! À prendre au premier degré, bien entendu...


"- Tu vois ? dit Dante en pointant du doigt les taches les plus marronâtres. C'est de la merde. Le Kid a enfoncé son fusil à canon scié dans le cul d'un flic et lui a explosé les boyaux. La merde a giclé dans tous les sens. C'est vraiment dégueulasse.
- Et si on prenait plutôt l'escalier ?" suggéra Kacy.
Dante entra dans la cabine et appuya sur un bouton du cadran qui se trouvait à sa droite.
"Allez, ramène-toi, dit-il. C'est rien que de la merde. Et du sang."
Il jeta un coup d’œil par terre, dans un coin qui restait dissimulé à Kacy. "Et un testicule, apparemment. Super-poilu, pour le coup."


Tex approcha un peu plus son visage de l'écran afin de mieux y voir. "Un des types s'est fait décapiter, dit-il. L'autre s'est fait couper en deux dans le sens de la longueur.
- Coupé en quoi ?
- En deux. À partir du bas de l'abdomen. Dans le sens de la longueur, tu vois. Comme une tartine.
- Putain !
- Tu m'étonnes. Ça doit pas être agréable.  "


"Yo, barman, lança-t-il. C'est quoi ta couleur préférée ?"
Berkley se retourna en un éclair et marmonna un mot, un seul : "Merde."
Le Kid tira un pistolet de l'étui, un Desert Eagle doré avec viseur laser. L'arme pesait dans sa main. Un poids parfait. Il la braqua sur le malheureux barman et le point rouge du laser apparut au milieu de son front.
BANG !
La tête de Berkley explosa, sa cervelle giclant de l'arrière de son crâne pour s'écraser contre le mur qui se trouvait derrière lui. Son corps s'effondra.
Elvis considéra le cadavre par-dessus le comptoir. "Pourquoi est-ce qu'il a répondu 'merde' ? demanda-t-il, perplexe. C'est pas vraiment une couleur, non ?"
Le Kid ignora sa question. "Armes discrètes, mon cul, dit-il en admirant le pistolet qu'il tenait. Passe moi des cartouches pour cette saloperie.
- Il aurait du répondre 'marron', dit Elvis en secouant la tête. Marron, c'est une couleur. La merde, non. La merde, c'est une chose. Ou un état de fait."
 

mercredi 16 septembre 2015

19 - Qui a peur de la mort ?

Auteur : Nnedi Okorafor
Éditeur : Eclipse

Cela fait déjà un moment que ce livre me fait de l’œil, et son succès m'a fait sagement attendre mon tour à la bibliothèque. Lorsque j'ai enfin pu en lire les premières lignes, j'ai difficilement pu le refermer jusqu'à la dernière...

Onyesonwu, dont le nom signifie littéralement Qui a peur de la mort ?, est une ewu, c'est-à-dire née du viol d'une femme Okeke par un homme Nuru. Dans cette Afrique post-apocalyptique, être ewu est une malédiction. Rejetée par les Okeke aussi bien que par les Nurus, Onye, guidée par la colère et le désir de vengeance envers son père et envers les cruautés subies par le peuple Okeke, va au devant de sa destinée, étant tout à fait consciente que sa route est semée d'embûches et que seule la mort l'attend au bout du chemin. Heureusement elle pourra compter sur ses amies, qui ont su passer outre sa nature d'ewu et comprendre son combat, et sur son compagnon, un ewu comme elle.

Qui a peur de la mort ? nous confronte aux traditions africaines les plus secrètes, les plus cruelles, comme l'esclavage, l'excision, le viol, la place des femmes au sein de la société... Mais nous sommes également plongés au cœur des croyances, de la religion, de la magie, du folklore africain. Ce mélange de réel et de fantastique en fait un roman tout à fait prenant, à la fois documentaire et quête initiatique, même si le lecteur lambda (donc moi) est bien incapable de savoir à quel point les faits sont inspirés des réalités de ces pays d'Afrique dont on sait si peu de choses. Et pour ne rien gâcher, l'écriture est belle, fluide, et facile...

J'ai adoré ce livre, malgré quelques longueurs dont on aurait bien pu se passer, et je le recommande chaudement.


Nous restâmes là, à nous regarder, un instant.
- Tu as des yeux de tigre, dit-il. Et ces animaux se sont éteints voilà des décennies.
- Vous avez des yeux de vieillard, rétorquais-je. Et les vieillards n'en ont plus pour longtemps. 

Selon une ancienne loi, le premier fils né hors mariage du chef devait remplacer son père. Le père du chef avait contourné cette règle en se mariant avec toutes les femmes avec qui il avait des relations. À sa mort, il avait plus de 300 épouses.

  

mardi 21 juillet 2015

17 - Le trône de fer T1

Auteur : Georges R. R. Martin
Éditeur : J'ai Lu

Il y a 5 ans lorsque la série Game of thrones était annoncée, j'avais commencé la lecture des deux premiers tomes du Trône de fer. J'y avais trouvé une saga fantasy sympa, mais compliquée, avec tous ces personnages, ces grandes familles qui intriguent et complotent pour le si convoité trône. J'avais donc fini par laisser tout ça de côté, et je me suis avidement plongée dans la série télévisée. J'en suis aujourd'hui une fan inconditionnelle, et, les rumeurs prétendant que la série s'éloigne de plus en plus de l'histoire des livres, j'ai eu de nouveau envie de découvrir la version écrite de Game of thrones.

Je viens donc tout juste de terminer une nouvelle fois le tome 1. Bon, le synopsis, je ne pense pas qu'il soit utile de le rappeler, étant donné le succès de la saga, aussi bien des livres que de la série. Contrairement à ma première lecture il y a 5 ans, que j'avais trouvée fastidieuse, j'ai pu cette fois ci savourer pleinement chaque détail de cette histoire, étant déjà bien habituée aux différents protagonistes. Et même si comparer série et livre n'est pas ici mon propos, il se trouve que la 1re saison est un portrait plus que fidèle du 1er tome, ce que j'ai beaucoup apprécié.

Passé ce problème de complexité des personnages, l'histoire se lit toute seule, facilement, sans non plus sa hâter mais à un bon rythme. On perd souvent la notion du temps lorsque l'on se plonge dans ces pages...

D'ailleurs je vais me plonger dans la suite dès maintenant. C'est parti pour le tome 2, Le donjon rouge !


Un négociant de Qarth m’a dit un jour que les dragons venaient de la lune », intervint Doreah la blonde, qui faisait chauffer des serviettes au-dessus du feu. [...]
« De la lune ? » s’émut Daenerys en se retournant vivement, l’œil allumé de curiosité derrière l’averse des mèches argentées.
« À l’en croire, la lune est un œuf, Khaleesi. Il y avait jadis deux lunes au firmament, mais l’une d’elles alla flâner trop près du soleil, la chaleur la fissura, et mille milliers de dragons se ruèrent boire le feu du soleil. De là vient qu’ils crachent des flammes. Un de ces jours, la seconde lune embrassera le soleil à son tour, se fissurera de même, et les dragons reparaîtront. »

jeudi 9 juillet 2015

16 - Le roi disait que j'étais diable

Auteur : Clarz Dupont-Monod
Éditeur : Grasset


Le roi disait que j'étais diable fait partie des "perdants" de la nouvelle session de mon club de lecture. J'avais bien évidemment voté pour, mais il n'a pas été retenu. Qu'à cela ne tienne, je le lis quand même, na !

C'est tout d'abord le sujet qui m'a attirée. Aliénor d'Aquitaine... Une femme et une reine que j'admire énormément, un sujet que j'aime découvrir, redécouvrir au travers des nombreuses œuvres qui s'en emparent. Pourquoi une telle fascination ? Mais je vous retourne la question, comment pourrait-elle ne pas fasciner ? Descendante d'une lignée d'hommes forts, craints et respectés, Aliénor se marie à 13 ans avec le futur roi de France, Louis VII, alliant ainsi le puissant duché d'Aquitaine au royaume franc. Jeune femme fière, élevée selon des valeurs de courage, de guerre, d'autorité, mais également éduquée à l'amour de la musique, de l'art et du luxe, Aliénor se voit mariée à un homme trop pieux, trop austère, dans un palais trop triste. 

Le roi disait que j'étais diable est ainsi un roman à deux voix, alternant celle d'Aliénor et celle de Louis, roi de France, meurtri entre son amour pour Dieu et sa passion dévorante pour sa femme, qu'il sait inaccessible et indomptable. Nous suivons donc ces deux êtres que tout oppose depuis le jour de leur mariage, jusqu'à son annulation plusieurs années plus tard, pour cause de consanguinité. Des années pendant lesquelles la jeune Aliénor subit les coups du sort, se bat, se perd puis se retrouve, fidèle au sang de ses ancêtres qui coulent dans ses veines ; des années pendant lesquelles la jeune fille se transforme en celle qui sera plus tard la reine d'Angleterre, la femme indomptable, crainte et respectée que l'histoire retiendra.

Oui, ce sujet me fascine. Mais je n'ai pourtant pas été transcendée par ce roman, que j'admets bien écrit, mais qui m'a par moments royalement ennuyée... Il est court, et c'est une bonne chose. Juste le temps pour moi de me plonger avec délices dans ces quelques années de la vie d'Aliénor, sans m’appesantir plus sur la manière dont cette histoire nous est contée.


   

lundi 8 juin 2015

13 - La nuit des temps

Auteur : René Barjavel
Éditeur : Pocket
Publié en : 2005

Au cours d'une expédition au pôle Sud, des scientifiques français découvrent un étrange signal provenant de la glace qu'ils sont en train de sonder. Mieux encore, leur appareil révèle la présence de ruines, qui pourraient dater d'il y a 900 000 ans, le signal provenant du cœur de ces ruines. Il ne leur en faut pas plus pour comprendre qu'il sont à l'aube de découvertes cruciales qui remettraient en cause toute l'histoire de l'Humanité.

Wouaouh.
C'est le seul mot qui me vient à l'esprit après avoir lu ce roman. Un petit bijou de beauté et d'originalité. On m'avait vanté cette histoire comme étant la plus belle histoire d'amour de la science-fiction, je trouve que ce n'est pas encore assez pour décrire le lien qui unit Eléa et Païkan. Mais La nuit des temps ne se résume pas du tout à une histoire d'amour, aussi belle soit elle. C'est également l'histoire d'une civilisation merveilleuse, intelligente, très avancée techniquement, mais qui s'est laissé déborder par sa technologie à tel point qu'elle est sur le point de se détruire elle-même. C'est l'histoire de scientifiques passionnés qui s'unissent malgré les différences politiques de leurs pays respectifs afin de comprendre des concepts et technologies qui pourraient résoudre les maux de notre monde, tels que la famine, la maladie, la pauvreté. La nuit des temps est une épopée entre présent et passé futuriste, une quête de la vérité, la révélation de l'amour le plus pur et parfait qui puisse exister. Et il y avait bien longtemps qu'un livre ne m'avait pas autant émue...

Un véritable coup de cœur, et un véritable coup au cœur. À lire et relire sans modération !


On n’avait jamais vu d’yeux aussi grands, d’un bleu aussi profond. Ils avaient un peu pâli, ils n’étaient plus du bleu de fond de la nuit, mais du bleu d’après le crépuscule, du côté d’où la nuit vient, après la tempête, quand le grand vent a lavé le ciel avec les vagues. Et des poissons d’or y sont restés accrochés.

Devant l’énormité de l’enjeu, personne, bien que ne doutant de personne, n’osait faire confiance à personne – pas même à soi.
- Coban sait... Pensez-vous que cet homme représente un danger pour l’humanité, ou pensez-vous au contraire qu’il va lui apporter la possibilité de faire de la Terre un nouvel Eden ?
- Moi, l’Eden, hein... on n’y a pas été !... On sait pas si c’était tellement formidable !


samedi 14 mars 2015

06 - Légende

Auteur : David Gemmel
Éditeur : Bragelonne
Publié en : 2010

On m'a dit un jour qu'en fantasy David Gemmel est une référence, et qu'il faut absolument le lire. J'avais donc à l'époque acheté son célèbre Légende, afin de m'y plonger. Mais le temps a passé et ma liste de livres à lire n'a fait que grandir, Légende a donc été mis de côté. J'ai finalement profité de l'événement de CaroLire pour l'y inscrire, et le propulser enfin en tête de mes livres à lire...

Légende, c'est l'histoire d'une guerre. Ou plutôt d'une bataille perdue d'avance opposant environ 10 000 Drenaïs essayant de défendre Dros Delnoch aux centaines de milliers de Nadirs qui tentent de détruire la cité. La mission est impossible, mais c'est sans compter sur l'aide de Druss la Légende, le Marche-Mort, un héros invaincu qui a maintes fois inversé le sort d'une bataille... et qui a aujourd'hui une bonne soixantaine d'années. Un héros rouillé, qui va tout donner encore une fois pour que Dros Delnoch résiste le plus longtemps possible, sans non plus se faire d'illusions sur l'issue de la bataille. Druss est venu à Dros Delnoch y affronter la Mort une dernière fois.

Il s'agit donc ici d'une guerre, mais la bataille à proprement parler est très brève dans le récit. Nous passons bien plus de temps à la préparer, en voir tous les enjeux, les différents acteurs, les tactiques, ou encore comment la simple présence d'un héros peut remonter le moral des troupes et redonner un nouvel espoir à un peuple désespéré. J'avais un peu peur que la guerre soit omniprésente, et j'ai été bien contente de voir que ce n'est pas le cas. Et c'est selon moi ce qui fait tout l'intérêt de cette histoire. On ne peut que trouver Druss sympathique, héros vieillard qui n'a de cesse de défier la Mort, mais les personnages secondaires le sont tout autant, comme Rek, le berserk, Virae, Flécheur ou encore les Trente et leur magie puissante.

J'ai bien aimé. Légende est plaisant à lire, le sujet est intelligemment conté. Mais c'est tout. Je n'ai pas eu cet élan que j'attends des grandes sagas fantastiques, qui me fait frémir à chaque fois que j'ouvre le livre ou que j'y pense. Je n'ai pas eu de coup de cœur. Oui, c'était bien, j'ai passé un bon moment, mais c'est tout, et je dois avouer que j'en suis assez déçue, on m'avait tellement vanté les mérites de l'œuvre de Gemmel !
Je lirai très certainement un jour Druss la légende, et également La Légende de Marche-Mort, mais bien plus par envie de retrouver le héros et d'en apprendre plus sur lui que par intérêt pour le Cycle de Drenaï.

Druss la légende. L'homme le plus puissant de son époque. Une machine à tuer, un guerrier. Et pourquoi ? Parce que je n'ai jamais eu le courage d'être un fermier, se dit Druss.

Le prophète dit : "Par définition, seul le lâche est capable du plus grand héroïsme."
- Nous devons être à l'aise ensemble, et davantage: nous devons devenir des amis.
- Pourquoi ça ? s'enquit Rek.
- Parce que nous sommes sur le point de partager quelque chose qui ne survient qu'une fois dans la vie d'un homme, lui répondit Serbitar, nous allons mourir.

 





mardi 3 mars 2015

05 - Éternité, l'intégrale de la trilogie

Auteur : Magali Ségura
Éditeur : Bragelonne
Publié en : 2014

Terre de Sel est un pays gouverné par l'Acier et la Magie, qui assurent son équilibre. L'Acier étant représenté par de puissants guerriers, et la Magie par des sorciers, les Majeurs, et leurs esclaves, les Mineurs. Une sorcière Mineure, Naslie, se voit confier par les dieux la graine d'Éternité, et la jeune femme décide d'en faire don à sa terre, ce qui est loin de plaire à l'Ancien, un sorcier Majeur auquel elle a ainsi désobéi... Contrairement à l'ordre établi, Naslie survit à cette épopée, et c'est un grand guerrier de l'Acier, Yshem, qui se charge de la mettre en lieu sûr, la protège pendant quelques mois, avant de repartir à la rencontre de son destin... sans savoir que Naslie attend leur enfant.

Cette nouvelle trilogie de Magali Ségura commence presque 9 ans après l'épopée de la graine d'Éternité...  9 ans pendant lesquels la Mineure et son fils, Jelis, ont fui sans arrêt, se sont cachés de village en village, craignant les foudres de l'Ancien. Jelis ignore tout de son père. Il ne sait même pas qu'il est le fruit de l'union de l'Acier et de la Magie, devenant ainsi une menace pour l'équilibre de son monde...

L'histoire d'Éternité est complexe et difficile à aborder simplement en quelques mots. Tout ce que je peux vous conseiller, si vous souhaitez en savoir plus, c'est de vous plonger dans cet univers, de découvrir ses personnages, comme je viens de le faire. Car l'expérience est magique et mérite qu'on s'y arrête. J'étais déjà tombée amoureuse de l'écriture de Magali Ségura en lisant Leïlan. J'ai retrouvé dans Éternité tout ce que j'avais aimé à l'époque, une écriture simple et sensible, très féminine, qui nous fait vivre pleinement les sentiments des protagonistes. Les personnages débordent d'humanité, et par là même de crédibilité. L'histoire en elle-même commence comme tout roman de Fantasy, au premier abord rien d'original, mais elle évolue rapidement vers une épopée plus sombre, plus dure et cruelle, d'une noirceur à laquelle on ne s'attend pas forcément de la part de Magali Ségura quand on a lu Leïlan.

J'ai adoré, j'ai été complètement envoûtée par cette nouvelle trilogie et je ne peux que vous recommander de vous y plonger à votre tour, vous ne le regretterez pas.


Quand il parlera aux dieux, il...Il faudra qu'il leur donne quelque chose pour les remercier du don qu'ils lui accordent. Il pourra leur offrir sa richesse, sa jeunesse, sa loyauté... Plus son sacrifice sera grand, plus il sera puissant. C'est de là que viennent la cupidité et les ambitions de tous les sorciers.

De tout temps à jamais, mourir après son enfant restera absurde et inconcevable.  

- Tu sais pourquoi on pense qu'ils sont plusieurs, les dieux ?
- Non, répondit Jelis.
- Parce qu'on n'arrive pas à les comprendre s'ils sont une seule et même personne. Mais si tu imagines qu'ils sont plusieurs, alors tout devient plus cohérent. Ils ne sont pas d'accord entre eux.
- C'est ça ton explication.
- Si tu en as une meilleure, je t'en prie, sans rancune, monte une nouvelle religion ! 

jeudi 5 février 2015

03 - Passent les heures

Auteur : Justin Gakuto Go
Éditeur : Les Escales
Publié en : 2014

Tristan est un jeune Américain tout juste diplômé lorsqu'il reçoit un curieux courrier d'un prestigieux cabinet d'avocats à Londres, lui demandant de les contacter de toute urgence. Il découvre ainsi qu'au début du siècle, un certain Ashley, jeune homme féru d'escalade, ayant participé à la Grande Guerre et extrêmement fortuné, a vécu une histoire d'amour avec Imogen, qui était la sœur de son arrière grand-mère, Eleanor. Lorsqu'Ashley meurt, il lègue la plus grande partie de sa fortune à Imogen et à tout descendant direct. Sauf qu'Imogen disparait, et que personne ne vient réclamer cet héritage, bloqué pendant 80 ans dans un trust aux conditions très compliquées. Les avocats ont fini par découvrir que la grand-mère de Tristan serait peut-être la fille illégitime et cachée d'Imogen et Ashley, faisant de lui le dernier descendant direct encore vivant. Le seul hic, c'est qu'il n'y a aucune preuve, et que les avocats sont contraints par les clauses du contrat à ne mener aucune enquête, à n'engager personne, à n'en parler à personne. Et pour couronner le tout, il ne reste que 2 mois à peine à Tristan pour recoller les morceaux de ce puzzle familial, car les 80 ans arrivent à leur terme...

C'est donc une course contre la montre que nous propose ici Justin Gakuto Go, pendant laquelle on suit Tristan dans ses recherches sur ses origines et le passé de ses ancêtres. Mais cette trame principale est également un prétexte à d'autres histoire, celle d'un amour impossible, certes, mais également un récit plutôt bien documenté sur la Grande Guerre, et enfin un voyage à travers le monde aux côtés des différents protagonistes, qui va nous mener jusqu'au sommet de l'Everest, où Ashley a trouvé la mort. Les pages se tournent toutes seules, et j'aime cette attente entre deux séances de lecture, qui prouve bien à elle seule que le livre nous captive...

Il s'agit certes d'un premier roman, avec des imperfections, des longueurs, un rythme un peu saccadé, mais que j'ai pourtant trouvé très prometteur. Les récits de la guerre notamment m'ont passionnée, ils sont documentés sans être pédagogiques et on est très facilement transporté à chaque époque, dans chaque lieu, aux côtés d'Imogen, d'Ashley et de Tristan. La fin se tient bien, on s'y attend un peu en se demandant comment l'auteur va nous y amener, et il le fait tout en douceur, chose que j'ai beaucoup appréciée.

Une très belle découverte donc, et un auteur que je vais suivre avec beaucoup d’intérêt.


- Vous m'excuserez, mais vous ne paraissez pas très belliqueux pour un soldat. J'ai toujours imaginé qu'un militaire a des idées arrêtées sur tout.
- Un homme qui réfléchit ne peut nourrir aucune certitude sur rien. Encore moins sur les choses compliquées. Et la guerre est fichtrement compliquée.


Avant d'avoir été au front, Ashley avait souvent songé au destin de ces êtres dont la naissance est désirée, qui sont nourris, lavés et embrassés par des mères aimantes ; éduqués avec soin par des enseignants, soignés par des médecins et caressés par des femmes amoureuses, jusqu'au jour où des hommes qui n'ont aucune raison de les haïr leur arrachent tendon après tendon. C'était absurde, de quelque côté que ce soit. 

- Il pue la pisse, non ? Une vraie infection.
- Il y a des odeurs encore pires. Un peu de pisse, ça désinfecte mieux une tranchée qu'une savonnette. Je dis que c'est l'eau de Cologne de la Somme.
- N'empêche, il pue la pisse.

  

jeudi 23 octobre 2014

40 - La Moïra - Intégrale de la trilogie

Auteur : Henri Lœvenbruck
Éditeur : Bragelonne
3 tomes publiés en : 2001 - 2001 - 2002

J'ai une affection toute particulière pour La Moïra. Pour vous raconter ma vie, il y a 10 ans, je mettais les pieds pour la première fois à Paris, ignorante et curieuse de tout. Mes premiers pas m'ont menée directement à la Fnac, au rayon Fantasy, un genre littéraire que je connaissais très peu à l'époque. Ce jour là, premier jour du reste de ma vie, j'ai acheté La Louve et l'enfant, premier tome de cette trilogie. Et je l'ai adoré et dévoré. J'ai bien entendu acheté les deux tomes suivants, puis la trilogie Gallica, puis je me suis lancée à corps perdu dans ce genre littéraire fascinant. Donc voilà, me voici, après 10 ans de lectures diverses et d'intenses émotions, replongée dans ce qui a été pour moi le déclencheur d'une passion encore aujourd'hui inassouvie...

Aléa est une jeune orpheline essayant de survivre dans la ville de Sarratea, volant aux habitants de quoi se nourrir, dormant à la belle étoile dans les plaines environnantes. Jusqu'au jour où elle découvre un cadavre enterré, dont seule la main sort de terre... Une main portant un anneau précieux. Aléa, poussée par la curiosité, ne peut s'empêcher de retirer l'anneau du doigt du mort, ne se doutant pas que ce simple geste fera d'elle l'instigatrice de la fin d'un monde, et de la naissance d'un autre. Henri Loevenbruck nous plonge dans un monde empreint des légendes celtiques mais également très fortement inspiré de la réalité, amalgamant son histoire de Gaelia avec celle de l'Irlande, notamment en ce qui concerne l'invasion du catholicisme sur une terre païenne régie par les Druides. Entre les guerres, manigances et luttes politiques des dirigeants de Gaelia, Aléa va devoir comprendre cette terre qui la fait vivre, et en imposer la volonté à ces peuples meurtris afin qu'ils puissent voir la naissance d'un nouvel âge, d'un nouveau monde. Son chemin croisera bien souvent celui d'Imala, une louve blanche mystérieuse...

Avec le recul je vois bien plus aujourd'hui les défauts de La Moïra : une intrigue qui met du temps à se mettre en place, une héroïne qui murit bien trop rapidement, des scènes parfois trop prévisibles ou trop simples... Mais il n'empêche que le charme a encore une fois opéré. Les loups, les mythes, la magie, les aventures et rebondissements, tout est là pour garder intact l'intérêt du lecteur, jusqu'au point final qui nous offre non pas une, mais deux révélations essentielles : l'une répondant à une question que l'on se pose tout au long de ces trois tomes, qui est donc cette louve blanche dont le destin s'est entrecroisé avec celui d'Aléa tout au long de la trilogie ? l'autre annonçant la suite de La Moïra, à savoir la trilogie Gallica.

Je suis heureuse d'avoir pu prendre le temps de redécouvrir cette œuvre, qui a su me toucher il y a 10 ans, et qui encore une fois aujourd'hui m'a conquise.


La mémoire de la terre est étrangère à celle des hommes. On croit tout connaître de l'histoire et du monde, mais il est des âges oubliés où se croisaient encore mille merveilles aujourd'hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent. Et si un soir d'été, l'âme bienveillante, vous vous allongez dans l'herbe et vous les écoutez le cœur ouvert, vous entendrez peut-être cette histoire d'un autre temps, au pays de Gaelia ; celle de la louve blanche et de l'enfant qu'on appelait Aléa. 

C'était à l'époque où le savoir se transmettait par les livres, avant l'arrivée des druides. Oui, car les druides nous enseignèrent plus tard la supériorité des mots que l'on dit sur ceux que l'on écrit. Le vrai savoir se transmet de bouche à oreille, comme un précieux secret.

mercredi 8 octobre 2014

39 - Immortel

Auteur : Catherynne M. Valente
Éditeur : Panini Books (collection Éclipse)
Publié en : 2007

Ce livre m'aurait laissée bien indifférente en rayon, et il a fallu un club de lecture pour me le mettre entre les mains. Autant vous le dire tout de suite, je suis sidérée par ma bêtise qui me fait mettre d'office des livres de côté à cause de préjugés sans fondements, car j'ai été totalement envoûtée par ce savant mélange de révolution russe et de mythologie slave concocté par Catherynne M. Valente.

Immortel nous relate l'histoire de Maria Morevna, une jeune fille qui a vu ses trois sœurs se marier à des oiseaux devenus hommes, qui a découvert que sa maison abrite un conseil de lutins, qui a perçu le "monde nu" dans son propre monde envahi par les nouveaux principes de camaraderie et de partage instaurés par la révolution russe. Maria n'attend plus qu'une chose, c'est de voir un oiseau la demander en mariage à son tour. Mais sa destinée est toute autre, car Maria va devenir la femme d'un démon, le Tsar de la Vie, Kochtcheï l'Immortel. En le suivant dans le Pays de la Vie, Maria ne se doute pas qu'elle va rencontrer un monde plein de magie, de personnages colorés et loufoques, attendrissants et horrifiants à la fois, un monde beau et cruel qu'elle devra apprendre à aimer et à apprivoiser, et qu'elle va devoir défendre dans cette lutte sans fin entre la Vie et la Mort.

Dans cette histoire totalement inattendue, Catherynne M. Valente reprend les grandes lignes des contes traditionnels russes, en les mêlant habilement aux éléments politiques de ce XXe siècle. Tout s'imbrique parfaitement, et même si la mythologie slave, ses protagonistes et leurs aventures sont mal connus de notre culture française, c'est un réel plaisir d'arpenter le web en parallèle de cette lecture afin de découvrir qui sont Maria Morevna, Kochtcheï l'Immortel, Baba Yaga, ainsi que la multitude de personnages que l'on rencontre tout au long de l'histoire et qui font partie intégrante du folklore de ce beau pays.

L'écriture est belle, l'histoire est tellement bien contée qu'on a envie de prendre le temps de la découvrir, sans hâte, de la savourer... La traduction a été vraiment bien écrite, c'est fluide, ça se lit tout seul. Et la puissance de ce texte ressort sans peine, entre amour et mort, beauté et violence, passion et destinée.

Cette lecture d'Immortel a été un réel coup de cœur, et je vous la recommande sans modération.



Dans une cité au bord de la mer qu'on appelait jadis Saint-Pétersbourg, puis Petrograd, puis Leningrad, puis encore, bien après, Saint-Pétersbourg, se dressait une longue maison étroite, dans une longue rue étroite. Près d'une longue fenêtre étroite, une enfant en robe bleu pâle et chaussons vert pâle attendait qu'un oiseau vint l'épouser.

Ainsi, mieux vaut être fort et cruel que juste. Au moins, l'on mange mieux. Et notre moralité dépend davantage de l'état de notre estomac que de notre nation.

Une carte de rationnement dit : Nous vous avons alloué telle portion de vie. Ou encore : Voici telle portion de mort que nous tiendrons à l'écart de votre porte. Mais plus maintenant. Désormais, elle annonce : À Leningrad, il n'y a qu'une quantité limitée de vie. Ou encore : La seule chose qui n'est pas rationnée, à Leningrad, c'est la mort.

 

  

samedi 12 juillet 2014

30 - L'Épée de vérité T2 - La Pierre des Larmes

Auteur : Terry Goodkind
Éditeur : Bragelonne
Publié en : 2003

J'ai attendu plus d'un an pour découvrir la suite de La première leçon du sorcier, deuxième tome de la célèbre saga L'Épée de vérité de Terry Goodkind.  J'avais beaucoup aimé le premier tome, mon avis est un peu plus mitigé concernant la suite des aventures de Richard le Sourcier.

Pourquoi un avis plus mitigé ? À cause de Richard pour commencer, que je trouve rageant et puéril. À cause de sa relation avec Kahlan ensuite, que je trouve niaise à souhait. À cause des nombreuses similitudes avec mes grandes sagas favorites, comme par exemple les Sœurs de la Lumière / Sœurs de l'ombre, qui sont une bien pâle copie des Aes Sedai de Robert Jordan (ça m'a d'ailleurs donné envie de me replonger dans La Roue du temps...). Voilà pourquoi.

Mais malgré ces petits désagréments, j'ai rapidement été entraînée par le récit. J'ai adoré les tactiques militaires de Kahlan, astucieuses, dangereuses et culottées, nous offrant ainsi une bataille haletante et mémorable contre l'Ordre Impérial. J'ai adoré découvrir les différents peuples que Richard rencontre au long de son périple, et son apprentissage de cette magie particulière endormie au fond de lui. J'ai adoré suivre Zedd et Adie dans la quête qui va les priver de tout ce qu'ils sont. Et j'ai retrouvé ce qui m'avait tant plu au premier abord, à savoir une aventure pleine de rebondissements, d'action, de magie, une écriture prenante et accrocheuse, du divertissement à chaque page...

Alors oui il y a des points négatifs, mais j'ai quand même passé un très bon moment de lecture, et c'est ce qui compte, non ?

A bientôt pour le troisième tome, donc.


La patience est sa meilleure arme, car il a l’éternité à sa disposition.

Il se fichait comme d’une guigne des prophéties ! Pour lui, ce n’était rien d’autre que des devinettes, et il détestait ces jeux idiots. Si une chose semblait assez grave pour qu’on la dise, pourquoi l’exprimer d’une façon emberlificotée ? 

Vanter les mérites d’un régime végétarien ne fait aucun bien aux moutons si les loups refusent de changer d’habitudes alimentaires.

  

dimanche 4 mai 2014

21 - Blood Song T1 - La voix du sang

Auteur : Anthony Ryan
Éditeur : Bragelonne
Publié en : 2014

Un nouveau Masse Critique m'a permis de découvrir en avant-première ce titre de Bragelonne : Blood Song T1 - La voix du sang. Avant de commencer, je remercie chaudement Babelio et l'éditeur, qui ont eu la charmante attention de transformer un banal mois d'avril en Noël...

La voix du sang... Rien à voir avec La voie de la colère que j'ai adoré et chroniqué récemment sur mon blog, les voie/voix sont différentes et les seuls points communs sont l'éditeur et le genre. Non, La voix du sang, c'est autre chose. Présenté par l'éditeur comme LA révélation Fantasy 2014, à mi-chemin entre Gemmel et Rothfuss, ce roman d'Anthony Ryan a de quoi en ravir plus d'un, moi la première (même si je n'ai pas encore eu l'occasion de découvrir Gemmel et Rothfuss, honte à moi).

On peut facilement différencier deux parties distinctes dans ce premier roman, qui commence comme un roman d'initiation, je pourrais dire classique : on prend un gamin, on l'entraîne à la dure, on en fait un guerrier qui devient un héros manipulé par des puissances qui le dépassent... Mais tout ça est raconté de telle manière qu'une fois entamée l'histoire de Vaelin, il est quasiment impossible de refermer le livre. L'écriture est efficace, directe, rythmée... Le monde présenté est on ne peut plus crédible et réaliste. Et on n'a clairement aucune envie de quitter Vaelin pour retourner à la vie "réelle". J'ai trouvé la seconde partie du roman un peu moins addictive, avec peut être avec un peu trop de longueurs. Vaelin est plongé dans les manigances politiques de son Royaume, mais également confronté à la découverte de la voix du sang qui l'habite depuis tout petit. Entre récits de batailles et résolution de mystères, l'auteur nous perd un peu. Mais nous sommes déjà tellement attachés à cette histoire que le plaisir est quand même là. J'ai à plusieurs reprises pensé que ce premier pavé serait mieux passé en deux tomes, mais c'est sans compter sur la fin de cette histoire, qui nous ouvre les portes sur les nombreuses aventures que nous pourrons vivre aux côtés de Vaelin dans les tomes suivants. Aucun regret, donc !

A la limite du coup de cœur, mais très certainement un excellent roman de Fantasy, cette histoire d'Anthony Ryan n'est pourtant que son premier chef-d'oeuvre, et je compte bien suivre cet auteur prometteur sur les suivants.


- Que sais-tu de la Foi, Frentis ?
- C'est c'que les gens croivent qui s'passe après la mort.
- Et que se passe-t-il après la mort ?
- On rejoint les autres Défunts et on donne des coups d'main aux vivants.

- Continuez de mener la vie dure à ces hommes, mais n'allez pas vous étonner si, d'ici un mois, il ne vous reste plus que des éclopés à envoyer au combat.
[...]
- Le combat est une affaire sérieuse, ma sœur. Un entraînement délicat engendrera des soldats délicats, qui à leur tour donneront des cadavres délicats.

Seules les leçons que nous dispense la vie permettent aux enfants de devenir des hommes.

 

vendredi 18 avril 2014

19 - Wicked

Auteur : Gregory Maguire
Éditeur : Bragelonne
Publié en : 2011

C'est la tête encore pleine de ma lecture récente du Magicien d'Oz que je me lance dans Wicked, qui nous relate la Véritable Histoire de la Méchante Sorcière de l'Ouest. Souvenez-vous, cette sorcière est celle que la jeune et innocente Dorothée avait réduite à néant en lui lançant un seau d'eau, un liquide qui lui est fatal. Nous savons donc tous qui est cette sorcière et quelle est sa fin, mais c'est son histoire qui nous est ici contée par Gregory Maguire.

Toute histoire a un commencement, et celle d'Elphaba débute bien entendu par sa naissance. De père pasteur unioniste et de mère aux mœurs douteuses, nul ne sait réellement pourquoi la petite Elphie est née verte avec des dents pointues et acérées, une apparence qui lui vaudra depuis toute petite la répulsion du "commun des mortels". Nous suivrons la future Sorcière au long de ses trois premières années, puis bien plus tard, à l'université, et nous la verrons évoluer au fil du temps et des événements jusqu'à devenir celle que nous connaissons dans l’œuvre de L. Franck Baum. De caractère indépendant et curieux, la jeune Elphaba s'efforcera de comprendre les notions qui gouvernent le pays d'Oz et d'affronter ses injustices. Car Gregory Maguire nous a concocté un pays riche religieusement, culturellement et politiquement, en perpétuel conflit et bien loin de ce "monde des Bisounours" décrit dans l’œuvre originale. Entre religion, dictature, révolutions, ségrégation, sacrifices et esclavage, Elphaba va finir bien malgré elle par trouver sa voie... Et une chose en amenant une autre, il est de mon avis bien impossible de ne pas éprouver finalement de la sympathie pour la Méchante Sorcière de l'Ouest... (et beaucoup d'antipathie pour Dorothée, mais ce n'est pas le sujet).

Une excellente idée que cette histoire, très bien écrite, originale et pleine d'intérêt... Wicked est un livre que je recommande sans hésiter.


- Tu as reconnu que tu étais curieux. Si ! Alors, pourquoi ne pas s'offrir ça pour la fin du trimestre?
- Je regrette d'avoir dit ça. Je suis curieux de la mort, aussi, mais ça peut attendre, merci. 

Peut-être qu'un foyer est l'endroit où l'on n'est jamais pardonné, pour que l'on y reste toujours, enchainé par culpabilité. Et peut-être cela vaut-il le prix a payer.  

- Quelle est la différence entre une étoile filante et une maison qui tombe ? 
- Et bien, l'une exauce un vœu dans un trait de lumière, et l'autre écrase l'odieux dans un pet de sorcière !

vendredi 21 mars 2014

12 - Le Livre et l'épée T1 - La Voie de la colère

Auteur : Antoine Rouaud
Éditeur : Bragelonne
Publié en : 2013

Il faut avouer que chez Bragelonne, ils croient en leurs auteurs et savent nous donner envie de les lire... De voir un auteur français en sortie mondiale pour son premier roman, forcément ça intrigue, mais une telle publicité peut être à double tranchant, car on s'attend forcément à quelque chose d'extraordinaire, et on peut rapidement être déçu... Mais bon voilà, l'envie est plus forte, donc je me lance dans le premier tome du Livre et l'épée : La Voie de la colère.

Nous assistons dans ce roman à la rencontre entre Dun-Cadal, l'un des plus grands généraux de l'ancien Empire déchu, qui attend tranquillement la mort en noyant ses souvenirs dans l'alcool, et Viola, une jeune historienne de la toute nouvelle République. Entremêlant présent et passé, le lecteur va revivre la chute de l'Empire de l'intérieur, les révoltes, les guerres, leurs héros, les trahisons... Mais également l'après, les difficultés de cette République, qui va très rapidement découvrir que tous les ennemis du passé n'ont pas disparu.

J'ai adoré lire ce roman, découvrir au fur et à mesure des récits, souvenirs et révélations les tenants et les aboutissants de cette histoire. Les personnages sont humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, et le héros a un caractère particulièrement atypique qui fait que, jusqu'à la fin, je n'ai su dire si je me suis attachée à lui ou pas, avec pourtant cette impatience de continuer à le suivre dans sa quête. J'ai beaucoup aimé la plume d'Antoine Rouaud, et sa construction si particulière des différentes époques, entremêlant sans peine passé et présent. Le grand final nous offre de nombreuses possibilités d'aventures pour le second tome, que j'ai hâte de découvrir !


- Vous êtes persuadée que votre destin vous appartient, qu'il ne tient qu'à vous d'en inventer les plus beaux moments. Sachez une chose : la destinée des hommes n'a jamais été que le murmure des dieux.

- Ce sont les dieux. Ils ne se jouent pas de nous, ils font de nos vies des histoires, des récits, des sagas. Pour que l'humanité atteigne son summum. Ils connaissent le début et la fin des temps. Remercions-les pour nous avoir donné la vie et un destin dont le sens leur appartient.

La voie de la colère ne mène qu'à l'abîme, car pour continuer à l'arpenter tu devras sans cesse la nourrir, toujours regarder derrière toi, toujours. Le choix t'appartient...
 

mardi 28 janvier 2014

02 - Les Chroniques de Krondor - Trilogie de La Guerre des ténèbres

Auteur : Raymond E. Feist
Éditeur : Bragelonne
Publié en : 2009

Après la série du Conclave des Ombres, que j'ai savourée l'été dernier, me voici de nouveau plongée dans ces superbes Chroniques de Krondor avec cette nouvelle trilogie : La Guerre des ténèbres.

Le premier tome de La Guerre des ténèbres s'inscrit dans une parfaite continuité avec les tomes précédents. On retrouve nos personnages quasiment où on les avait laissés, le combat est le même et évolue tranquillement au fil des pages. On a même droit comme toujours à de nouveaux personnages bien sympathiques, qu'on suppose importants pour la suite mais dont on ne sait pas grand chose pour l'instant... Je m'attendais donc à une trilogie agréable, aussi palpitante que les précédentes, que j'avais adorées, mais sans rien de vraiment nouveau. Et c'est là que, vers la fin de ce premier tome, je me suis pris une véritable claque. Les deux tomes suivants ne sont que surprises sur surprises, on découvre tellement de nouvelles choses, de nouveaux mondes, de nouveaux peuples, de nouveaux pouvoirs, de nouveaux ennemis, de nouveaux... tout ! Rien n'est plus comme avant, tout s'accélère à un rythme effréné, impossible de lâcher le bouquin avant un final monumental et tellement émouvant ! Je pense que La Guerre des ténèbres aurait fait une fin parfaite à ces Chroniques qui durent depuis tant de tomes, mais je ne peux que me réjouir de savoir qu'il y a encore des choses que je n'ai pas découvertes sur les mondes de Feist...

J'ai beau le dire et le redire, à chaque fois qu'on croit bien connaître l'auteur et qu'on pense savoir comment il va faire évoluer les choses, et bien ce génie de l'écriture et de la fantasy nous rappelle que rien n'est acquis, et qu'il n'a pas usurpé son immense réputation dans le milieu.

Je me régale vraiment avec ces Chroniques de Krondor, merci, merci et encore merci !!! Et surtout, à bientôt pour la suite !


"Pug en resta presque sans voix.
- Des "dieux"?
- Comme les dieux midkemians, ils ne meurent pas facilement. Et, même quand ils meurents, ils semblent déterminés à ne pas le rester."

"Aruke avait alors éprouvé quelque chose d'étrange : il s'était dit que, si la bête avait tué Valko, il en aurait eu du chagrin. Il se demanda d'où lui venait cette émotion inconnue et s'il s'agissait d'un signe avant-coureur de cette faiblesse qui gagnait les mâles avec l'âge : les sentiments."

"Dans un univers infini, tout ce qu'on peut imaginer est possible quelque part et même probable."

vendredi 29 novembre 2013

59 - Au revoir là-haut

Auteur : Pierre Lemaitre
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 2013

Les lauréats du célèbre prix Goncourt ne m'ont jamais plus intéressée que ça, jusqu'à cet Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, dont tout le monde me dit tant de bien. J'ai donc décidé cette année de me lancer dans la lecture de ce titre si brillamment primé.

Au revoir là-haut nous parle de l'après guerre. L'intrigue commence en 1918, quelques jours avant l'armistice, alors qu'Édouard se blesse très grièvement en sauvant la vie d'Albert, enterré vivant dans un trou d'obus lors d'une charge de dernière minute menée par le lieutenant Pradelle, un arriviste prêt à tout pour donner vie à ses rêves de gloire. Nous assistons ainsi aux dernières heures de cette guerre sanglante, et aux premières lueurs de cet après-guerre instable. Car on en parle peu de ce qui se passe après : la démobilisation, le rapatriement des corps, le retour à la "vie normale" des soldats et surtout les abus en tous genres qui enrichissent les escrocs les plus insensibles sur le dos d'un peuple meurtri par la guerre...

Le sujet peut sembler grave, lourd et déprimant. Et il l'est, mais pas sous la plume de Pierre Lemaitre, qui fait de son intrigue une épopée rythmée, colorée, dynamique, teintée d'un humour noir omniprésent... Les 100 premières pages sont géniales, on entre très rapidement dans le vif du sujet. Les personnages sont crédibles et attachants, et l'histoire est tout simplement surprenante et inattendue. J'ai dévoré ce livre jusqu'au point final, impatiente de connaître le fin mot de cette histoire abracadabrantesque.

J'ai adoré découvrir cet auteur à travers son premier roman de littérature générale, et j'ai à présent grande envie de le retrouver dans le style qui l'a fait connaître et pour lequel il a déjà été plusieurs fois récompensé, le thriller.

Monsieur Lemaitre, je vous dis donc "à bientôt !".


"Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement."

"Il perçut très confusément qu'il avait toujours sa jambe, ce qui était vrai. En capilotades, certes, mais encore à même de rendre (au moins partiellement) les services qu'on est en droit d'attendre d'une jambe de retour de la Première Guerre Mondiale."

"Les catastrophes tuent tout le monde, les épidémies déciment les enfants et les vieillards, il n'y a que les guerres pour massacrer les jeunes gens en si grand nombre."