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jeudi 20 juillet 2017

06 et 07 - Agatha Raisin enquête T5 et T6 - Pour le meilleur et pour le pire / Vacances tous risques

Auteur : M.C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Après la lecture passionnante mais douloureuse du Portail, il me fallait quelque chose de vraiment léger pour soulager mon esprit... Les aventures rocambolesques d'Agatha Raisin sont tout à fait appropriées pour ce genre de situation, je me suis donc lancée dans la lecture des deux derniers tomes parus à ce jour, Pour le meilleur et pour le pire et Vacances tous risques.

Je ne parlerai pas des intrigues afin de ne pas spoiler ceux qui n'ont pas encore lu le tome précédent. J'ai tout simplement retrouvé le plaisir et l'amusement que je retrouve à chaque fois que je me plonge dans cette collection, qui, il faut l'avouer, ne casse pas trois pattes à un canard, mais permet un pur divertissement, de la rigolade, et aucune prise de tête ! 

Dans la lignée des tomes précédents, et toujours sur fond de meurtre et d'enquête, Pour le meilleur et pour le pire et Vacances tous risques nous prouvent que nous ne sommes pas au bout de nos surprises en suivant Agatha dans ses pérégrinations, loin de là ! Après 6 tomes on pourrait penser connaître le personnage, mais elle arrive toujours à nous surprendre... Et, à mon grand étonnement, James Lacey également, car il se révèle bien plus complexe et mystérieux qu'il ne le laisse paraitre au premier abord ! 

Les deux prochains tomes sont prévus pour novembre, j'ai hâte !

jeudi 3 novembre 2016

31 et 32 - Agatha Raisin enquête - Pas de pot pour la jardinière / Randonnée mortelle

 
Auteur : M. C. Beaton
Éditeur : Albin Michel
















À peine les tomes 3 et 4 des aventures d'Agatha Raisin sortis, j'ai eu envie de me replonger dans la vie trépidante de cette quinquagénaire, jeune retraitée, qui essaie de s'acclimater au climat campagnard après des années de vie londonienne en tant que femme d'affaires impitoyable et crainte de tous. Car elle est exécrable notre Agatha, mais tellement attendrissante aussi ! Je ne sais pas si je la déteste ou bien si je l'adore. Le fait est qu'elle a toujours le chic pour se retrouver au milieu d'enquêtes policières, et qu'elle a pris le goût de les résoudre elle-même ! Enfin, soyons francs, elle n'est pas toute seule, puisque son charmant voisin James Lacey l'accompagne volontiers dans ces investigations...

Dans Pas de pot pour la jardinière, Agatha et James découvrent le corps d'une habitante du village planté dans son jardin. Cette histoire est dans la veine des 2 premiers tomes, même ton, même humour, même Agatha, toujours aussi gaffeuse et désireuse de se mettre au premier plan coûte que coûte. Je dirais que ce tome 3 est sans surprise, mais tout aussi distrayant que les tomes précédents.

Par contre le tome 4, Randonnée mortelle, marque un vrai tournant dans les aventures d'Agatha. Cette fois, l'enquête passe au second plan, laissant la part belle au duo Agatha / James qui prend vraiment de l'ampleur. Je n'en dirai pas plus, Agatha étant ce qu'elle est, elle vous réserve encore quelques belles surprises.

Encore une fois, les aventures d'Agatha Raisin ne cassent pas trois pattes à un canard, mais c'est distrayant, sans prise de tête, et de temps en temps ça fait juste DU BIEN ! Et du coup, j'ai hâte de découvrir la suite, à quand la parution en France ?


jeudi 4 août 2016

20 - Agatha Raisin enquête : Remède de cheval

Auteur : M.C. Beaton
Éditeur : Albin Michel

Il ne m'a pas fallu très longtemps pour me plonger de nouveau dans les aventures d'Agatha Raisin. Il faut dire que les péripéties de cette petite bonne femme ont largement de quoi nous distraire en cette période estivale.

J'avais déjà beaucoup aimé le 1er tome, mais c'est réellement avec Remède de cheval que les aventures d'Agatha Raisin prennent toute leur ampleur, La quiche fatale servant principalement de mise en place du décor et des personnages. 

Nous suivons donc de nouveau ici les déboires d'Agatha afin de s'intégrer à son charmant petit village des Cotswolds. Cette fois, c'est la mort d'un vétérinaire qui titille sa fibre de détective, et c'est accompagnée de son très charmant voisin (qu'elle s'évertue à séduire par tous les moyens possibles et imaginables) qu'elle va mener l'enquête. Nous suivons donc ce duo improbable tout au long de leurs recherches, parsemées de situations cocasses en tous genres. Et on rit, bien plus que dans le 1er tome.

Du pur divertissement à l'anglaise, un livre qui fait du bien et que je recommande !

Les tomes 3 et 4 paraissent en novembre aux éditions Albin Michel, j'ai hâte de les découvrir...


Je pense que vous mettez votre nez partout quand ce n'est pas nécessaire, mais que vous êtes d'une naïveté touchante quand ça l'est.

C'est alors que Freda entra, flanquée d'un homme. Dans son tailleur vert pâle et son corsage de soie blanche, elle avait l'air aussi calme et fraîche qu'une laitue.

- Il y a énormément de veuves dans le coin. Les hommes vivent moins longtemps.
- Du moins quand ils sont mariés.

vendredi 12 février 2016

03 - La santé parles plantes

Auteur : Francis Mizio
Éditeur : Hélios

Une fois de plus, un Masse Critique a fait mon bonheur. Merci aux éditions Hélios et à Babelio pour la découverte de ce polar complètement déjanté de Francis Mizio, La santé par les plantes. Je dois avouer que je n'avais sélectionné cet ouvrage que parce qu'il intéressait beaucoup une amie, me disant que si je le gagnais je le lui offrirais... Le hasard et la chance ont voulu que nous recevions toutes deux ce même titre, nous l'avons toutes deux lu quasiment en même temps, et nous l'avons toutes deux adoré.

Je ne vais pas vous parler du synopsis. Et ne lisez pas non plus la 4e de couverture. Je vous conseille de plonger directement dans le feu de l'action, car l'histoire commence fort et le ton est donné dès le premier chapitre. Je vous dirais juste que vous y croiserez un patron de laboratoire qui a de gros soucis de santé qui lui pourrissent la vie, un autre obsédé par l'hygiène, un biochimiste indien sans scrupules, un couple de militants écolos, toute une galerie de personnages complètement déjantés, et quelques leçons sur le mode de reproduction de certaines espèces d'oiseaux et d'insectes des forêts amazoniennes. Et là, déjà, j'en ai trop dit.

Comme vous pouvez le constater, ce polar est une succession de surprises et de rires du début à la fin. Tout est à prendre au premier degré, bien sûr. L'histoire se lit vite, il n'y a aucun temps mort, et c'est tout simplement du pur plaisir. Alors, n'hésitez plus, et foncez !



L'intelligence humaine a cela de fascinant qu'elle n'est qu'une compilation de différentes sortes de stupidités et que chacun d'entre nous, étant plus stupide dans un domaine que dans un autre, arrive toujours à passer pour un malin s'il est plongé dans un milieu d'idiots non spécialisés.


mercredi 28 octobre 2015

23 - Le Pape, le Kid et l'Iroquois

Auteur : Anonyme
Éditeur : Sonatine

Le dernier Masse Critique a encore une fois fait mon bonheur, puisque j'ai gagné Le Pape, le Kid et l'Iroquois, ouvrage qui se situe dans la continuité de la saga du Bourbon Kid et de Pscyho Killer, de ce mystérieux auteur anonyme. Un grand merci aux éditions Sonatine et à Babelio !!!

Le livre sans nom, L'Œil de la Lune, Le cimetière du diable, Le livre de la mort sont les quatre ouvrages dans lesquels on découvre et on apprend à connaître le fameux Bourbon Kid, tueur sans pitié qui "pète un câble" lorsqu'il boit du whisky et se met à tuer tout le monde. D'un autre côté, Psycho Killer nous présentait l'Iroquois, un meurtrier tout aussi implacable, qui a froidement assassiné la moitié de la ville B Movie Hell. Je vous laisse imaginer ce qui pourrait se passer lorsque le Bourbon Kid reçoit pour mission de tuer l'Iroquois avant que celui-ci ne tue le Pape... et je suis persuadée que même si vous avez beaucoup d'imagination, vous êtes bien loin de la réalité.

Évidemment, plus on est de fous, plus on rit. Les ouvrages de cet auteur regorgent de personnages plus excentriques et déjantés les uns que les autres, et nos deux mastodontes du meurtre ne sont pas venus sans renforts... On retrouve ainsi avec beaucoup de plaisir Rodeo Rex, Elvis, Dante et Kacy, mais également Jack, Jasmine (personnage que j'adore et qui est en très grande forme dans ce tome), Devon Pincent et Bébé. Et bien sûr, toute histoire qui se respecte a son lot de nouveaux personnages, j'ai nommé (entre autres) Frankenstein, le Dr Jeckyll, Mozart... et le Pape. Celui qu'il faut sauver.

Dans Le Pape, le Kid et l'Iroquois, l'intrigue est plutôt du genre roman d'espionnage, comme dans Psycho Killer. Et l'auteur a introduit l'univers fantastique du Bourbon Kid avec brio dans ce thème, mélangeant agents secrets et zombies. De l'humour noir, il y en a toujours autant, ainsi que des références au cinéma populaire, "beaucoup" de sang et d'autres substances malodorantes comme toujours, un budget balistique très conséquent, des personnages tous plus fous les uns que les autres... le tout sur la bande originale de Grease entrecoupée de quelques chansons de Bugs Bunny. Tout ça nous donne un cocktail détonnant, bourré d'action et de rebondissements, et aucune morale. De la pure distraction en somme !

J'adore. Aussi bien le Bourbon Kid, que l'Iroquois, que leurs "amis", que leurs aventures... Tout est à prendre au premier degré, mais qu'est-ce que ça fait du bien de lire ce genre d'histoires de temps en temps ! Arrêtons un peu d'être sérieux. Et, au fait, au cas où vous ne l'auriez pas compris, j'attends impatiemment la suite !



"Oh, mon Dieu, tu l'as tué !"
L'iroquois se pencha par-dessus la falaise et regarda dans le vide. Puis il se retourna face à elle.
"Non, dit-il.
- Tu veux dire qu'il va bien ? il est pas mort ?
- Non. Il est mort.
- Donc, tu l'as tué ?
- Non. Il est tombé.
- Je t'ai vu de mes propres yeux le jeter dans le vide !"
Il y eut une pause le temps que l'Iroquois prenne en compte ce que Bébé venait de dire. "Non, il est tombé, répéta-t-il. Quand j'ai lâché sa jambe."

"Mais le truc, Jasmine, c'est que j'aime quand Denise me torture. Je suis un peu tordu, comme mec. Je prends grave mon pied. Mais toi, je doute que ça te plaise autant. Et Denise, ça la fait vraiment tripper d'entendre ses victimes hurler de douleur. D'ailleurs, tu sais quoi ? J'aimerais beaucoup t'entendre hurler de douleur, aussi.
- Vous n'avez qu'à passer du Justin Bieber", répliqua Jasmine, agacée par son discours à rallonge. 


mardi 13 octobre 2015

22 - Psycho Killer

Auteur : Anonyme
Éditeur : Sonatine


Psycho Killer, de cet auteur mystérieux qui signe Anonyme, nous présente un personnage haut en couleurs, directement sorti des films d'horreur, et surnommé l'Iroquois à cause de sa crête rouge. Un tueur impitoyable, effrayant, qui massacre sans frémir tout ce qui se trouve devant lui... Un psychopathe sanglant, qui vient d'effectuer une arrivée fracassante dans la paisible ville de B Movie Hell (oui, oui, c'est bien un nom de ville), en décapitant un jeune flic alors qu'il se soulageait dans les bois.

Cette nouvelle histoire d'Anonyme est un véritable hommage au cinéma. Aux films d'horreur bien évidemment, les plus célèbres, Halloween, Massacre à la tronçonneuse, et bien d'autres films dont j'ai bien sûr entendu parler mais que je n'ai jamais vus (je déteste les films d'horreur, mais en livre ça ne me dérange pas du tout), mais également à d'autres films tout aussi connus mais bien plus mielleux, comme Dirty Dancing ou Coyote Girls. Et ce mix culturel nous promet une histoire bien palpitante, et elle l'est sans conteste. De l'action, il y en a. De l'humour aussi, ainsi que des personnages comme toujours charismatiques et bien déjantés. Et au milieu de tout ça, une vraie intrigue digne d'un bon polar, avec des flics véreux ou pas, des faux agents du FBI, des innocents pas si innocents, du sexe et du sang bien entendu... et puis aussi, il faut l'avouer, quelques scènes kitsch à la James Bond !

J'avais tout de même un peu peur de me retrouver dans une pâle copie des aventures du Bourbon Kid, et j'espérais que l'auteur saurait se renouveler dans cette nouvelle histoire. Je n'ai pas été déçue, ça n'a rien à voir, et c'est tout aussi jouissif, mais de manière un peu différente, puisque tout en étant (légèrement) plus classique dans le thème du thriller/polar, Anonyme a su garder ce "petit" brin de folie et ce décalage qui m'ont fait adorer ses précédents romans. Et on retrouve bien cet humour noir et ces scènes complètement déjantées et très rock'n roll qu'on avait tant appréciées, toujours à prendre au premier degré, bien sûr !

Je le conseille, à tous les adeptes des ouvrages de l'auteur, aux fans de cinéma et à tous ceux qui souhaitent passer un bon moment sans se prendre la tête et ne se formalisent pas d'un peu de vulgaire et d'un trop plein d'hémoglobine.


- Quoi ? demande Fonseca.
- Le flic, hier, il l'a tué avec un couperet, c'est bien ça ?
- Oui. Pourquoi ?
- Massacre à la tronçonneuse. L'arme préférée du tueur, c'était un couperet.
- Vraiment ? Parce que même si je ne l'ai jamais vu, j'aurais plutôt imaginé que c'était une tronçonneuse.

Il semblait régner un chaos de tous les diables derrière elle, mais elle avait l’horrible sentiment que si elle se retournait pour voir ce qui se passait, elle verrait le psychopathe masqué lui courir après. S'il ressemblait aux tueurs masqués de la plupart des films d’horreur, il marcherait très lentement mais parviendrait tout de même à la rattraper. Aussi se fit-elle la promesse que si elle trébuchait, elle ferait ce qu'il y avait de plus censé à faire, c'est-à-dire se relever immédiatement, contrairement à la plupart des personnages de films d'horreur, qui se mettaient inexplicablement à ramper au lieu de se relever et de courir.

- Ils vont nous tuer ! dit-elle. Ils sont nombreux et armés. Ils vont nous tuer.
- Non, ils ne vont pas nous tuer. Mon premier plan est tombé à l'eau, c'est tout.
- Oh non. C'était quoi, le plan ?
- Partir en courant et tuer tous ceux qui se trouvent sur notre chemin. Mais c'est impossible maintenant. [...]
- Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Plan B.
- C'est quoi, le plan B ?
- On va sortir lentement et je vais tuer tout le monde.


jeudi 1 octobre 2015

21 - Le livre de la mort

Auteur : Anonyme
Éditeur : Le Livre de Poche

Après Le livre sans nom, L'Oeil de la Lune et Le Cimetière du diable, Le Livre de la mort est le 4e tome des aventures du Bourbon Kid, ce tueur sanguinaire et sans pitié qui "pète un plomb" après avoir bu un verre de Bourbon et tue tout ce qui passe dans son champ de vision. 

On retrouve avec grand plaisir les protagonistes de cette aventure délirante : Sanchez, le patron du Tapioca, toujours aussi pleutre, maladroit mais qui parvient à chaque fois on ne sait comment à s'en sortir ; Ramsès Gaïus, la momie revenue à la vie, qui possède à présent l'Œil de la Lune et les pouvoirs illimités que procure cette pierre magique ; Dante et Kacy, devenus vampires malgré eux et cherchant désespérément à redevenir humains ; Beth, le grand amour du Bourbon Kid et bien entendu le Bourbon Kid lui-même... On les retrouve tous, et plus en forme que jamais ! L'histoire suit directement l'intrigue de L'Œil de la Lune, mais il est nécessaire de lire Le cimetière du diable pour comprendre certains passages du Livre de la mort. Car Ramsès Gaïus a pour ambition de gouverner tout Santa Mondega, puis le monde entier, et, afin de le contrer, le Bourbon Kid a besoin de perdre de nouveau son âme, qu'il avait réussi à récupérer, mais qui l'encombre plus qu'autre chose maintenant qu'il faut agir... Et pour redevenir ce tueur sans pitié qu'il était, et sauver Beth qui a été enlevée par Ramsès, il est prêt à tous les sacrifices.

Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, nous avons donc ici un nouvel opus tout aussi délirant, sanglant, fantastique, déjanté, mortel, et purement jouissif. Du pur plaisir ! À prendre au premier degré, bien entendu...


"- Tu vois ? dit Dante en pointant du doigt les taches les plus marronâtres. C'est de la merde. Le Kid a enfoncé son fusil à canon scié dans le cul d'un flic et lui a explosé les boyaux. La merde a giclé dans tous les sens. C'est vraiment dégueulasse.
- Et si on prenait plutôt l'escalier ?" suggéra Kacy.
Dante entra dans la cabine et appuya sur un bouton du cadran qui se trouvait à sa droite.
"Allez, ramène-toi, dit-il. C'est rien que de la merde. Et du sang."
Il jeta un coup d’œil par terre, dans un coin qui restait dissimulé à Kacy. "Et un testicule, apparemment. Super-poilu, pour le coup."


Tex approcha un peu plus son visage de l'écran afin de mieux y voir. "Un des types s'est fait décapiter, dit-il. L'autre s'est fait couper en deux dans le sens de la longueur.
- Coupé en quoi ?
- En deux. À partir du bas de l'abdomen. Dans le sens de la longueur, tu vois. Comme une tartine.
- Putain !
- Tu m'étonnes. Ça doit pas être agréable.  "


"Yo, barman, lança-t-il. C'est quoi ta couleur préférée ?"
Berkley se retourna en un éclair et marmonna un mot, un seul : "Merde."
Le Kid tira un pistolet de l'étui, un Desert Eagle doré avec viseur laser. L'arme pesait dans sa main. Un poids parfait. Il la braqua sur le malheureux barman et le point rouge du laser apparut au milieu de son front.
BANG !
La tête de Berkley explosa, sa cervelle giclant de l'arrière de son crâne pour s'écraser contre le mur qui se trouvait derrière lui. Son corps s'effondra.
Elvis considéra le cadavre par-dessus le comptoir. "Pourquoi est-ce qu'il a répondu 'merde' ? demanda-t-il, perplexe. C'est pas vraiment une couleur, non ?"
Le Kid ignora sa question. "Armes discrètes, mon cul, dit-il en admirant le pistolet qu'il tenait. Passe moi des cartouches pour cette saloperie.
- Il aurait du répondre 'marron', dit Elvis en secouant la tête. Marron, c'est une couleur. La merde, non. La merde, c'est une chose. Ou un état de fait."
 

vendredi 1 mai 2015

10 - La Mort du Disque-Monde 1/3 - Mortimer

Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : L'Atalante
Publié en : octobre 2011 (pour cette édition)

Ce recueil de Terry Pratchett regroupe trois tomes des Annales du Disque-Monde, mettant en scène le célèbre personnage de la Mort : Mortimer, Le faucheur  et Accros du roc. Je viens tout juste de terminer le premier, et malgré la folle envie que j'ai de poursuivre, j'ai des petites "urgences" à lire avant de m'attaquer au Faucheur. Je ne vous parle donc dans un premier temps que des aventures de Mortimer, alias Morty, un jeune garçon bien maladroit dont personne ne veut s'empêtrer et qui finit par se faire embaucher comme apprenti par... la Mort.
 
Mais voilà, il se trouve que la Mort n'a qu'une envie : prendre du bon temps, se poser, se changer les idées. Il (car oui, la Mort est un "il") laisse donc les rênes de son travail à Morty, encore bien peu au fait des conséquences de ses actes...
 
Comme pour beaucoup de lecteurs, la Mort est l'un de mes personnages préférés du Disque-Monde. Et pourtant je ne l'avais pas encore beaucoup croisé dans les quelques aventures de Terry Pratchett que j'ai lues. Il se trouve que c'est juste l'un des personnages les plus drôles, originaux et fascinants de cet univers rocambolesque. Mortimer nous en apprend plus sur la Mort, sur son travail au quotidien, sur sa solitude, sur sa "vie". J'ai beaucoup aimé, j'ai beaucoup rigolé, mais j'ai été quand même un peu déçue par la fin, que j'ai trouvée plutôt bâclée, en tous cas trop rapide.
 
J'ai tout de même hâte de me plonger dans Le faucheur, et c'est pour très bientôt ! ^_^


- Mais vous êtes la Mort. Votre travail, c’est de tuer les gens !
- MOI ? TUER ? fit la Mort, visiblement offensé. CERTAINEMENT PAS. LES GENS SE FONT TUER, MAIS ÇA, C’EST LEUR AFFAIRE. MOI, JE NE PRENDS LE RELAIS QU’À CE MOMENT-LÀ. APRÈS TOUT, CE SERAIT UN MONDE SACRÉMENT IMBÉCILE SI LES GENS SE FAISAIENT TUER SANS MOURIR, NON ?


 

mardi 26 août 2014

37 - Le protectorat de l'ombrelle T3 - Sans honte

Auteur : Gail Carriger
Éditeur : Orbit
Publié en : 2012

Impossible de terminer le tome 2 de la série du Protectorat de l'ombrelle sans enchaîner directement avec la suite. Après Sans forme, me voici donc plongée dans Sans honte...

Dans ce tome, c'est accompagnée de son amie française, l'inventrice Geneviève Lefoux, et de Floote, l'énigmatique mais si diablement efficace valet de feu son père, qu'Alexia se rend en Italie afin d'y rencontrer les Templiers et d'y trouver les réponses au "problème" révélé à la fin du tome précédent. Encore une fois, les dangers seront nombreux, les tentatives d'assassinat également, sans compter les fautes de goût de ce peuple latin barbare que sont les Italiens... Ah, Alexia a quitté le chic et les bonnes manières londonniennes, ça c'est sûr. Mais, heureusement pour elle, en Italie, il y a le pesto !

Sans grande surprise, et pour mon plus grand bonheur bien entendu, ce troisième tome se place en ligne directe de ses prédécesseurs. De l'aventure, de l'humour "so British", des inventions surprenantes dans un monde plein de surprises. On en apprend également un peu plus sur les paranormaux dans ce tome, chose intéressante car ces êtres sans âme sont tellement énigmatiques... Le protectorat de l'ombrelle est une série vraiment addictive, dont les pages se tournent toutes seules et remplissent parfaitement l'unique rôle qu'on attend d'elles : la distraction !

À suivre donc très bientôt avec la suite, Sans cœur !


« Elle était un peu comme un navet, ma femme. »
Alexia décida d’être un peu amusée par son absence de sentiments. « Un navet ? Que voulez-vous dire ? »
L’horloger sourit à nouveau. Il était clair qu’il espérait qu’on lui pose cette question. « Insipide, bon en accompagnement, mais vraiment mangeable uniquement quand il n’y a rien de mieux à se mettre sous la dent.   


La plus grande loi non écrite des êtres surnaturels était que l’on ne volait pas les humains des autres, tout simplement.

"Je me suis rappelé cette horrible chose que j'avais entendu sur l'Italie." Ivy, submergée par un excès d'émotion, se tamponna le coin de l'oeil avec son mouchoir. "Ce que j'ai entendu... Oh, je peux à peine en parler... J'ai entendu dire qu'en Italie ils boivent... (elle s'interrompit) du café." Elle frémit délicatement. "C'est si abominablement mauvais pour l'estomac." Elle serra la main d'Alexia avec ferveur dans les siennes, avec le mouchoir humide. "Bonne chance."

  

vendredi 22 août 2014

36 - Le protectorat de l'ombrelle T2 - Sans forme

Auteur : Gail Carriger
Éditeur : Orbit
Publié en : 2011


"Une histoire de vampires, de loups-garous et de dirigeables."

Tout est résumé dans cette unique accroche. Dans Le protectorat de l'ombrelle, que j'ai découvert au début de l'année avec le premier tome, Sans âme, Gail Carriger nous offre un savant mélange entre bit-lit, steampunk et humour anglais...

Rappelons-le, Alexia n'est pas un personnage ordinaire, puisqu'elle est la seule paranaturelle de Londres. Elle n'a pas d'âme, ce qui lui permet d'un seul contact d'ôter tout pouvoir surnaturel à un vampire ou un loup-garou, ou encore d'exorciser définitivement un fantôme. Dans ce tome, elle est amenée à enquêter sur un phénomène très étrange qui supprimerait les pouvoirs des êtres surnaturels dans un périmètre précis, et qui se déplace vers l'Écosse. Virus ? Arme ? Il y a là de quoi piquer la curiosité d'Alexia, toujours aussi intelligente et intrépide que dans le premier tome.

J'ai retrouvé dans cette suite la fraîcheur, la folie et l'humour anglais collé-monté qui m'ont tant plus dans Sans âme. Sans être la série du siècle, Le protectorat de l'ombrelle n'en est pas moins très distrayant. Le temps passe vite à sa lecture, on rigole, on s'interroge, il y a de l'action et aucun temps mort. Une parfaite lecture de vacances pour qui ne souhaite pas se triturer les méninges.

Si vous pensez le lire, prenez bien soin d'avoir le tome 3, Sans forme, sous la main. Vous ne pourrez pas ne pas enchaîner les deux tomes ! D'ailleurs je m'y mets tout de suite.


« Oh, ma chère sœur, tu ne t’es pas mise à écrire, tout de même ? » Félicité poursuivit sa diatribe. « En toute franchise, toute cette lecture, c’est plus qu’assez. Je croyais que le mariage te guérirait de ce penchant funeste. Je ne lis jamais si je peux l’éviter. C’est très mauvais pour les yeux. Et cela cause d’horribles rides sur le front, juste là. » Elle pointa un doigt entre ses sourcils, puis dit à lady Maccon, sur un ton plein de pitié : « Oh, je vois que tu n’as plus besoin de t’inquiéter de ça, Alexia. »

Oh, monsieur Tunstel , quel courage excessif vous avez eu en venant ainsi à mon secours. Vous avez été si héroïque, disait-elle. Imaginez qu’on apprenne que j’ai été poignardée par une femme de chambre, et une Française, rien de moins ? Si j’étais morte, je n’aurais jamais pu vivre avec ça ! Comment puis-je suffisamment vous remercier ?

  

mercredi 30 juillet 2014

32 - Spiridons

Auteur : Camille Von Rosenschild
Éditeur : Don Quichotte
Publié en : 2013

Victor a 18 ans et mène une vie morne dans son village français. N'ayant plus personne, sa seule famille reste son voisin Vassili, un vieil émigré russe, qui lui confie la mission d'apporter à son fils vivant à Moscou une lettre d'une importance capitale qu'il doit lui remettre en mains propres... C'est ainsi que la vie de Victor va prendre un tournant inattendu et irréaliste : le fils est visiblement mort depuis plusieurs années, la lettre en question n'a ni queue ni tête, Victor subit une agression avant d'être sauvé de justesse par une Tzigane entourée de mystères... C'est ainsi que notre jeune protagoniste va se retrouver à travailler pour la vieille Tzigane, Olga, à numériser des comptes-rendus dont il ne comprend rien dans une pièce poussiéreuse. Le décès de la vieille femme annonce le début des problèmes pour Victor, qui doit traverser toute la Russie jusqu'en Ukraine afin d'annoncer à une Maître-Diseuse le décès d'Olga, accompagné de cinq spiridons, des êtres morts depuis plusieurs années, qui possèdent un corps sans véritable substance, mais dont l'esprit est bel est bien encore vivant...

Dès les premières pages, on nage en plein dépaysement, en plein ébahissement également à chaque bizarrerie, à chaque révélation. Camille Von Rosenschild nous dresse un portrait particulièrement original des fantômes et croyances tziganes, sur fond de campagne russe cruelle et sans concession. Ah on est loin des cartes postales pour touristes, ça c'est sûr. On s'attache très facilement à ces spiridons, ils sont émouvants par leur vécu, leur mort et ce qu'il reste d'eux aujourd'hui. Leur condition de "fantôme" donne souvent lieu à des situations drôles, qui font qu'on ne s'ennuie pas du tout à leurs côtés. Victor poursuit sa quête sans en comprendre les tenants et les aboutissants, acceptant petit à petit ces événements surnaturels pour pouvoir continuer à aller de l'avant... Et moi aussi, en tant que lectrice, j'ai suivi avidement son évolution et son histoire pour essayer de donner un sens à toute cette histoire... qui n'est que le premier tome d'une série.

J'ai tout de même un regret, concernant ces moines aux intentions meurtrières que l'on croise au départ de l'aventure puis qui disparaissent pendant les 3/4 du livre. J'aurais bien aimé les recroiser plus souvent, ajoutant ainsi aux aventures rocambolesques de Victor et ses spiridons une course-poursuite qui aurait mis un peu de piment dans certains passages au rythme un peu trop lent.

Spiridons est donc pour moi une très belle découverte, bien distrayante, drôle, émouvante, très bien écrite, que je recommande à tous ceux qui aiment le fantastique, les fantômes, la magie, les croyances populaires et la Russie.


- Des fantômes, osa-t-il, au fond vous êtes des fantômes.
- Ah ben non ! répondit-elle sèchement. Des spiridons. Fantômes, c'est un mot pour les enfants. 


[...] autour de lui, il n'y avait plus que des femmes. Des grosses et des maigres, des grandes, des moyennes ou des minuscules, chauves ou en cheveux... Un véritable gynécée.
Il fut près de se trouver mal.
Une vision furtive vint soulager son inquiétude, il crut apercevoir une moustache, s'en approcha... mais elle était en fait l'apanage d'une large matrone en corset et jupe à volants.

   

mardi 22 juillet 2014

31 - Le ballet des sorcières

Auteur : Jacques Sadoul
Éditeur : éditions du Rocher
Publié en : 2006

J'ai découvert l’œuvre de Jacques Sadoul avec La mort du héros, qui revisitait avec brio la légende des Nibelungen. Dans Le Ballet des sorcières, on quitte le pays des Rêves pour découvrir un monde bien plus proche du nôtre, dans lequel la magie noire, les rites sataniques et les sacrifices humains sont bien réels.

De nos jours... Le comte Aymond de Bruilh, avec la complicité de ses deux enfants, kidnappe des jeunes filles destinées à êtres des offrandes lors de messes sataniques. Le comte essaie désespérément d'appeler dans ce monde Lucifuge Rofocale, un puissant démon, afin qu'il lui permette de retrouver la richesse et la grandeur de ses ancêtres. Mais les choses tournent mal, et seule une ombre incomplète mais pourtant bien meurtrière, apparaît dans notre monde... Heureusement ce sursaut de magie noire appelle également à notre époque la nymphe Mylène, un personnage récurrent de l'œuvre de Sadoul, ainsi qu'un Maître-chat, Aï-d'Moloch. Eux seuls ont les capacités de renvoyer cet être-énergie, mais les choses encore une fois tournent mal et Morguy, la fille du comte, se retrouve propulsée au XVIIe siècle, période funeste pour les sorcières pourchassées et brûlées, notamment sur ordre d'un certain de Lancre...

L'histoire en elle-même ne m'a pas plus emportée que ça, mais cela ne signifie pas que ce roman est inintéressant, bien au contraire. D'un point de vue historique déjà, puisque Jacques Sadoul nous propose ici un récit documenté, le plus réaliste possible, de ce XVIIe siècle et ses mœurs démoniaques, ses chasses aux sorcières... Les personnages fictifs se mélangent sans problèmes aux personnages historiques, pour notre plus grand plaisir. La magie également est très présente dans Le Ballet des sorcières. De la magie noire bien évidemment, basée sur les croyances populaires de l'époque, qui prend vie ici. Et j'ai beaucoup aimé retrouver également la nymphe Mylène, personnage que j'avais découvert et apprécié pour sa duplicité et son mystère dans La mort du héros. On en apprend beaucoup sur ce démon/nymphe, d'où elle vient, ce qu'elle est, pourquoi elle a cette apparence, quels sont ses pouvoirs, ses limites...

Donc même si je n'ai pas trouvé l'histoire en elle-même aussi passionnante que ce que à quoi je m'attendais, j'ai beaucoup apprécié cette lecture pour ce qu'elle apporte comme informations réelles et fictives, et je retournerai très certainement à l'œuvre de Jacques Sadoul très bientôt.




dimanche 22 juin 2014

27 - Les Lames du Cardinal - Intégrale de la trilogie

Auteur : Pierre Pevel
Éditeur : Bragelonne
3 tomes publiés en : 2007-2009-2010

Souvenez-vous, Pierre Pevel a été l'un de mes gros coups de cœur de l'année dernière, lorsque j'ai eu la bonne idée d'ouvrir ses Enchantements d'Ambremer... Totalement envoûtée par ce premier tome, je me suis ensuite plongée dans L'Élixir d'oubli, tout aussi passionnant. J'ai cependant eu un autre coup de cœur l'année dernière, à la lecture des célèbres Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas. Vous comprenez ainsi que je n'ai pas hésité une seconde à acquérir cette superbe intégrale de Pierre Pevel, Les Lames du Cardinal, dans laquelle cet auteur que j'adore plonge son intrigue dans l'univers si passionnant d'Alexandre Dumas. 

Que sont donc ces Lames du Cardinal... Pour faire simple, je dirais que les Lames sont à Richelieu ce que les Mousquetaires sont au roi. Ou plutôt devrais-je parler au passé, car l'intrigue commence 5 ans après la dissolution des Lames, alors que Richelieu rappelle leur capitaine, La Fargue, afin de former à nouveau cette unité d'élite pour une mission particulièrement sensible... Et là, on entre à nouveau dans cet univers des Trois Mousquetaires, entre complots politiques, combats à l'épée, intrigues de cour, amours interdites, trahisons... Les Lames du Cardinal est ainsi un véritable roman de cape et d'épée qui, je peux le dire, m'a autant enthousiasmée que la célèbre trilogie de Dumas.

Mais qu'en est-il de l'univers de Pierre Pevel là-dedans ? Ne croyez pas que l'auteur s'est complètement effacé face au géant Dumas. Au contraire, il a réussi à mêler habilement son univers fantastique à la fiction historique. Les dragons et la magie sont bien présents dans ce récit, et sont même au cœur de l'intrigue. Et là où je dis que c'est habilement fait, c'est qu'ils s'intègrent tellement bien qu'on n'y trouve aucune bizarrerie ! Jusqu'à la dernière ligne, Pierre Pevel parvient sans peine à nous raconter une version alternative de l'histoire de France, sur fond de dragons et de puissante magie.

J'aime, j'aime et j'aime (et j'en veux encore) !

En prime, voici les trois couvertures de la trilogie originale (encore du beau travail de nos amis Bragelonniens)...
 



— L’important, se reprit le vieux soldat en agitant la jambe de bois tel un sceptre… L’important est que ce jean-foutre présente des excuses. Jean-foutre, madame attend.
— Madame, gémit l’autre avant de tâter encore de sa prothèse, je vous prie d’accepter mes plus sincères et plus respectueuses excuses. J’ai manqué à tous mes devoirs, ce que ma piètre nature, mon éducation négligée et mes habitudes déplorables ne sauraient justifier. Je promets de surveiller désormais ma conduite et mes actes et, conscient de mes fautes, je m’en remets à votre bienveillance. J’ajoute que je suis laid, que ma bouche sent comme le cul et que l’on ne peut croire, à ma vue, que le Très-Haut fit Adam à son image.


Elle était d’une beauté sévère et farouche qui frappait : silhouette élancée, port fier, teint pâle, yeux verts, lèvres sombres et pleines, longue chevelure noire dont une natte ne réussissait jamais à contraindre les lourdes boucles bien longtemps. Mais on s’étonnait surtout de ses cuissardes, de ses chausses noires et de son corset de cuir rouge passé sur une chemise blanche. C’était un accoutrement pour le moins audacieux. Et non contente de s’afficher ainsi en public, non contente de sortir en cheveux, elle portait l’épée et montait à cheval comme un homme. Vraiment, il y avait là matière à scandale…

 

vendredi 7 février 2014

06 - Le protectorat de l'ombrelle T1 - Sans âme

Auteur : Gail Carriger
Éditeur : Orbit
Publié en : 2011

Dans un Londres du XIXe siècle, le premier tome du Protectorat de l'Ombrelle nous présente le personnage d'Alexia Tarabotti, une "vieille fille" de 26 ans exclue de la catégorie des femmes à marier par son teint trop mat (son père était italien) et son caractère trop affirmé et indépendant. Issue de la haute société, Alexia a cependant des qualités que ne possèdent pas ses amies : elle est intelligente, à la pointe de la mode et surtout... Alexia est une paranaturelle.

Les paranaturels sont très rares. Ne possédant aucune âme, ils ont la capacité de faire disparaître le temps d'un simple contact les pouvoirs des êtres surnaturels, comme les vampires et les loups-garous. Lorsque mademoiselle Tarabotti est attaquée par un vampire mal éduqué et affamé lors d'un bal, elle finit donc par tuer ce malotru sans manières grâce à sa précieuse ombrelle. Cet événement (la première scène du livre, et l'une des plus drôles selon moi) marque le début de cette aventure, pleine de péripéties rocambolesques, de rebondissements en tous genres et de bonnes manières (ou pas).

Ce roman est drôle, rafraîchissant et original. On retrouve tous les éléments de la bit-lit "traditionnelle", les vampires, loups-garous et tout ce qui s'en suit, mais la pointe d'humour anglais qui gouverne toute cette histoire, associée à un très grand sens de l'auto-dérision, et tout ce qu'on sait de ce genre littéraire s'envole rapidement en fumée. Divertissement garanti !


"Un vampire m'a attaquée la nuit dernière."
Ivy fit semblant de s'évanouir.
Alexia maintint son amie debout par la force en raidissant le bras sur lequel elle s'appuyait. "Inutile de tituber, il n'y a personne d'important pour te rattraper dans les environs."
Ivy se redressa et dit sur un ton plein de véhémence: "Dieu du ciel, Alexia, mais comment fais-tu pour te fourrer dans ce genre de situation ?"
Alexia haussa les épaules et se mit à marcher plus vite, si bien qu'Ivy dut trotter sur quelques pas pour rester à sa hauteur.
"Qu'as-tu fait?" Elle n'allait pas se laisser dissuader.
"Je l'ai frappé avec mon ombrelle, bien entendu.
- Non !
- En plein sur la tête. Je ferais la même chose à quiconque m'attaquerait, être surnaturel ou pas. Il est venu me voir comme ça, sans qu'on ait été présentés ni rien!" 



lundi 3 février 2014

05 - Les Enchantements d'Ambremer T2 - L'Elixir d'oubli

Auteur : Pierre Pevel
Éditeur : Le Pré aux Clercs
Publié en : 2004

J'ai eu l'année dernière un gros coup de cœur pour Les Enchantements d'Ambremer, de Pierre Pevel. Je vous laisse imaginer ma joie lorsque j'ai découvert cette suite, L’Élixir d'oubli

On retrouve ici tout ce qui fait le charme du premier tome. Le Paris des Merveilles, qui mêle avec brio un Paris historique du début du XXe siècle et la magie venue de l'Outre-Monde ; les personnages principaux que sont le mage Griffont et l'enchanteresse Isabel de Saint-Gil, la reine des fées Méliane, les gnomes, les dragons, les sorciers, les arbres qui parlent... Rien que pour retrouver tout ça, ce livre vaut la peine d'être ouvert ! 

Mais il est bien plus que ça, car L’Élixir d'oubli est également une intrigue rocambolesque, pleine d'action et de rebondissements, qui n'a rien à envier à son prédécesseur ! Il faut dire que monsieur Pevel, en grand admirateur de monsieur Dumas père et de ses Trois Mousquetaires, a su se servir efficacement de cette influence du roman de cape et d'épée, léger, avec un humour à toute épreuves, des situations rocambolesques, des batailles, de l'amitié, de l'amour, des complots et trahisons... Tous ces éléments qu'on retrouve avec délices ici, agrémentés d'une magie bienvenue qui ne fait que les embellir à chaque instant.

Pour finir, je vous avoue que j'envie grandement cette capacité qu'ont les chats-ailés à lire un ouvrage en s'endormant dessus...  (gros soupir)


"Ce dimanche, en fin de matinée, Griffont lisait dans son salon. Il avait récemment achevé sa vingt-septième lecture des Trois Mousquetaires. Comme de juste, il avait enchaîné avec Vingt ans après, qu'il aimait moins cependant. Mais la compagnie des héros de Dumas père lui était trop agréable pour qu'il y renonce, malgré quelques longueurs. Il se réjouissait d'ouvrir bientôt l'énorme Vicomte de Bragelonne et savait qu'une mélancolie l'envahirait lorsqu'il devrait abandonner d'Artagnan et son bâton de maréchal au siège de Maastricht."

"Elle était belle comme le sont, grâce à quelques artifices qui manquent aux autres femmes, toutes les magiciennes qui souhaitent l'être. Mais l'on pourrait presque dire qu'elle faisait son âge, puisqu'on lui donnait 40 à 45 ans. Elle avait, en réalité, assisté jeune fille au couronnement de François Ier, quelques siècles plus tôt." 

 "Sans demander son chemin, il arriva devant une maison à colombage qui abritait une librairie et les ateliers d'une imprimerie à l'ancienne : on voyait par les fenêtres des ouvriers en tablier qui manœuvraient d'antiques presses à bras parmi les feuillets fraîchement imprimés qui séchaient, pliés sur des cordes tendues.
Louis poussa la porte de la boutique et, avec un sourire, s'emplit les narines de la bonne odeur de papier, d'encre, de cuir et de colle - l'odeur de la connaissance."

 

samedi 11 janvier 2014

01 - Les Annales du Disque-Monde T2 - Le huitième sortilège

Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Pocket
Publié en : 1997

Quoi de mieux pour commencer l'année qu'un Terry Pratchett, maître de la fantasy humoristique ? Après avoir adoré son univers du Disque-Monde dans le premier tome, La huitième couleur, que j'ai découvert l'année dernière, me voici enfin plongée dans la suite des péripéties de Rincevent et Deuxfleurs.

Pour rappel, le Disque-Monde est un monde plat, porté par quatre éléphants se tenant sur la carapace d'une tortue géante qui erre au gré de son humeur dans l'univers. On retrouve dans cette suite nos personnages favoris du premier tome : Rincevent, le sorcier maladroit dont l'esprit a malencontreusement été envahi par un sortilège tellement puissant qu'il effraie tous les autres sortilèges, et Deuxfleurs, un touriste, éternel optimiste persuadé que même dans la pire des situations, rien de fâcheux ne peut lui arriver. Les situations comiques et les comiques de situations se succèdent à chaque page, et dès qu'on croit qu'on en a tellement vu que plus rien ne peut nous étonner on tombe de haut. Et on rit, mais qu'est-ce qu'on rit ! Et puis je dois dire que la fin est même émouvante...

Bien sûr, mon personnage préféré reste la Mort, qui est pour moi le plus original et le plus drôle de tous. Mais tous me plaisent, même les personnages secondaires qui apportent leur touche personnelle, comme les trolls ou les arbres qui parlent, ou bien sûr le Bagage. Je regrette juste d'avoir attendu si longtemps pour lire ce deuxième tome !


"La Mort ne répondit pas. Il regardait Spold à la façon d'un chien qui lorgne un os, sauf que dans le cas présent c'étaient plutôt les os qui lorgnaient le chien."

"- Vous n'êtes pas un arbre, hein ? fit Rincevent, le regard toujours fixé droit devant lui.
- Ne soyez pas ridicule. Les arbres ne parlent pas.
- Pardon. Mais j'ai eu quelques problèmes avec des arbres ces derniers temps, vous savez ce que c'est.
- Pas vraiment. Je suis un rocher."

"Les pieds de Rincevent décidèrent pour lui ; du point de vue de sa tête, ils faisaient fausse route."
 
 

jeudi 5 décembre 2013

61 - Stupeurs et tremblements

Auteur : Amélie Nothomb
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 1999

On pourrait croire que je lis beaucoup de romans d'Amélie Nothomb en ce moment, mais ce n'est que pure coïncidence. N'ayant rien à lire pour mon trajet du retour, mais beaucoup à lire chez moi, il me fallait un "petit bouche-trou". Stupeurs et tremblements trône sur mon étagère au boulot depuis suffisamment longtemps, j'ai donc sauté sur l'occasion de lire enfin cet ouvrage si célèbre.

Dans la catégorie des romans autobiographiques, nous retrouvons donc ici notre Amélie fraîchement embauchée pour une durée de 1 an dans une société japonaise. Le choc des cultures va être tel que les choses vont forcément mal se passer, et d'interprète, Amélie va devenir comptable, distributrice de courrier, serveuse de café, avant le grand drame final qui la mènera à passer ses journées à récurer les toilettes du 44e étage de la société.

Ce livre est hilarant. En tant qu'occidentale, je comprends tout à fait les difficultés auxquelles Amélie a dû faire face, mais elle a l'art et la manière de le raconter avec un humour de tous les instants et de toutes les situations, même les plus délicates. Le portrait de l'entreprise japonaise qu'elle nous propose ici est fait sans concession, mais, loin de paraître injuste ou méchant, il semble tout à fait réel, et Amélie pousse son humilité jusqu'à nous fournir également un portrait peu flatteur d'elle-même.

Un très bon Nothomb !


"Récapitulons. Petite, je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c'était trop demander et je mis un peu d'eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus. J'eus rapidement conscience de mon excès d'ambition et acceptai de "faire" martyre quand je serais grande.
Adulte, je me résolus à être moins mégalomane et à travailler comme interprète dans une société japonaise. Hélas, c'était trop bien pour moi et je dus descendre un échelon pour devenir comptable. Mais il n'y avait pas de frein à ma foudroyante chute sociale. Je fus donc mutée au poste de rien du tout."

  

vendredi 20 septembre 2013

45 - La chute du British Museum

Auteur : David Lodge
Éditeur : Rivages
Publié en : 1993

Adam est déjà père de 3 enfants, et depuis ce matin peut-être de 4. Sa femme Barbara a des nausées. Le problème, c'est qu'étant catholiques pratiquants, ils se doivent de respecter les lois de l’Église concernant la natalité, et ne peuvent ainsi pas utiliser de contraception artificielle. Mais Barbara continue de tomber enceinte, encore et encore, et Adam n'a pas les moyens d'avoir une famille aussi nombreuse. C'est donc plein d'angoisses qu'il se rend comme tous les jours au British Museum afin travailler sur sa thèse, mais la journée va être bien mouvementée... 

Sous ses airs de roman comique, La chute du British Museum traite de sujets de fond comme l'influence de la religion sur la famille. Il est vrai que de nos jours, on a beaucoup de mal à s'imaginer respecter ce genre de contraintes, mais n'oublions pas qu'il n'y a pas si longtemps, l’Église avait force de loi pour de nombreux pratiquants. La religion et le sexe sont donc deux grands sujets traités par David Lodge, à tel point qu'il en vient à comparer la Salle de Lecture du British Museum à un utérus. Ce roman raconte les péripéties d'Adam sur une seule journée. Les événements s'enchaînent et sont de plus en plus rocambolesques et abracadabrants, jusqu'au "grand final".

Le comique de situation ici ne m'a pas du tout touchée. Je n'ai pas ri, ni même souri, à aucun moment de cette histoire sans queue ni tête, et qui pourtant était prometteuse. Je me suis même ennuyée et j'étais bien contente de refermer ce livre après un épilogue des plus indigestes. Enfin bref, j'ai été très déçue...


"- C'est une forme spéciale de névrose du chercheur, dit Camel. Il n'est plus capable de faire la distinction entre la vie et la littérature.
- Oh si, je peux, dit Adam. Dans la littérature, on fait surtout l'amour et on fait peu d'enfants. Dans la vie, c'est l'inverse."
"Est-ce que tu te rends compte que le taux de natalité indique qu'il y aura une prédominance de catholiques parmi les Anglais dans trois ou quatre générations ? C'est cela que tu veux ?"

 

lundi 19 août 2013

37 - Vingt ans après

Auteur : Alexandre Dumas
Éditeur : Le Livre de Poche
Publié en : 1989

A peine refermé Les Trois Mousquetaires, me voici plongée dans la suite des aventures des célèbres d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis. 

C'est une histoire bien différente que nous avons ici. Les années ont passé, les quatre amis se sont perdus de vue, et ont poursuivi leur chemin chacun de leur côté. D'Artagnan, qui regrette ce temps plein d'action, de bravoure, de franche amitié, saute sur l'occasion lorsque Mazarin lui propose d'entrer à son service, avec pour première mission de retrouver et réunir ses anciens amis. Mais après des retrouvailles touchantes, d'Artagnan va vite se rendre compte que pendant ces vingt dernières années qui ont mené la France à la Fronde, les convictions politiques de chacun ont également évolué, et pas forcément dans la même direction...

J'ai eu un peu peur au début de cet ouvrage. Après avoir quitté dans Les Trois Mousquetaires un d'Artagnan fougueux, un homme d'action et de cœur qui a su contrer les plans du terrible Richelieu, nous retrouvons dans Vingt ans après un d'Artagnan au point mort depuis toutes ces années, désenchanté par la vie qu'il mène depuis le départ de ses amis. J'ai craint un roman bien moins entraînant et distrayant que son prédécesseur, mais, heureusement pour moi, ces craintes étaient vaines, et je l'ai bien vite compris. J'ai rapidement retrouvé tous ces éléments que j'avais tant apprécié, l'action, l'humour, les intrigues, l'émotion, et la superbe plume d'Alexandre Dumas, toujours aussi acérée, élégante et magnifique. Raoul, que nous découvrons ici, est un personnage aussi vrai et sympathique que nos quatre amis. Il m'a tout de suite plu, et j'ai hâte de le découvrir plus profondément dans le troisième opus qui lui est consacré : Le vicomte de Bragelonne, que je viens tout juste de réserver à la médiathèque...


"D’Artagnan n’était pas non plus de ces gens qui pensent que la nuit porte conseil ; la nuit d’Artagnan dormait. "

"A la veille d'une bataille, on pense à mille choses qu'on avait oubliées jusque-là et qui vous reviennent alors à l'esprit. La veille d'une bataille, les indifférents deviennent des amis, les amis deviennent des frères."


samedi 20 juillet 2013

Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus T2 - Sous la couette

Scénario : Jif
Dessin et couleurs : Nathalie Jomard
D'après l’œuvre de John Gray
Éditeur : Michel Lafon
Publié en : 2013

Le dernier Masse Critique BD organisé par Babelio m'a permis de découvrir cette BD inspirée du best-seller de John Gray, Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus. Ce 2e tome, indépendant du 1er puisqu'il reprend le schéma très efficace d'une anecdote par page, est consacré à tout se qui se passe sous la couette...

N'ayant parcouru que quelques pages du 1er tome à la librairie, j'ai découvert avec cette suite un album très rafraîchissant et drôle. Au niveau scénaristique, chaque anecdote vise juste, caricaturant bien évidemment les attentes sexuelles de l'homme et de la femme, et les incompréhensions qui en découlent, mais on se reconnait tellement dans ces caricatures qu'on ne peut qu'en rire... Les illustrations sont simples et efficaces, aussi loufoques que les propos qui les accompagnent.

Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est une bible du comportement de l'homme et de la femme, loin de là, car chaque être est unique, mais il n'en est pas moins vrai que cette BD touche à des sujets communs à tous et dans lesquels chacun peut s'identifier, et c'est bien ce qui en fait son succès !

Merci aux éditions Michel Lafon et à Babelio, encore une fois je me suis régalée (et mon copain aussi) !