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mardi 17 janvier 2017

02 - Chanson douce

Auteur : Leïla Slimani
Éditeur : Gallimard

"Le bébé est mort". Ce sont les premiers mots de ce roman de Leïla Slimani, et ils donnent le ton de l'histoire. Une mère rentre du travail et découvre les corps meurtris de ses enfants, l'un sans vie, l'autre respirant à peine... Leur nourrice, leur assassin, git également, ayant essayé en vain de mettre fin à ses jours. Mais comment une nourrice aussi aimée, aussi parfaite, aussi indispensable en est-elle venue à commettre un acte aussi horrible ? C'est ce que l'auteur va nous expliquer tout au long de son roman...

J'ai beaucoup aimé cette lecture. Certes le premier chapitre, très court, est horrible, mais on passe vite à un ton un peu plus léger en remontant le temps, même si on sent très bien la présence de cette épée de Damoclès au-dessus de cette famille... On apprend à découvrir les personnages, on suit leur évolution, on les comprend (ou pas), mais on s'y attache très facilement, et on en vient parfois à oublier l'horreur qui clôt cette histoire. L'écriture est fluide, agréable, rien à dire, ça se lit tout seul, c'est très réaliste. Et je crois que c'est ce réalisme qui est le plus dérangeant, cette histoire pourrait très bien être la retranscription d'un fait divers véridique...

Chanson douce est le premier roman de Leïla Slimani que je parcours, et je recommande sans hésiter ce drame psychologique aux amateurs du genre.

jeudi 20 octobre 2016

23 à 30 - Harry Potter

Auteur : J.K. Rowling
Éditeur : Gallimard Jeunesse


Et le tome 8 !


"Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises."

En vue de la parution le 14 octobre du tome 8 d'Harry Potter, j'ai consacré ces dernières semaines à la relecture des 7 précédents tomes.

Alors tout d'abord quelques mots sur l'histoire originale. Je les ai lus comme tout le monde il y a 10-15 ans, lorsque la folie Harry Potter a enflammé les cœurs de millions de personnes. Et comme une grande majorité d'entre eux, j'ai adoré et je suis devenue fan du sorcier à lunettes bien sûr, mais surtout de l'univers magique et enchanté créé par J.K. Rowling (qui n'a jamais rêvé d'aller à Poudlard ???). Enfin bref, j'étais une grande fan, et j'avais un peu peur avant de me lancer dans cette relecture que tout ça n'ait pas vieilli avec moi, je craignais d'être déçue. Que nenni mes amis ! Dès le premier tome j'ai retrouvé mon âme d'enfant, les étoiles dans mes yeux, et cette avidité de continuer à lire encore et encore, quitte à ne pas dormir de la nuit et à être crevée le lendemain à l'école (oups, pardon, je voulais dire au boulot). J'ai adoré redécouvrir cette histoire, cet univers, d'ailleurs j'avais oublié pas mal de choses, et il y en d'autres que j'ai mieux comprises. Un régal ! Et comme rien n'a donc changé, même si pour moi les 7 tomes forment un tout, j'ai toujours cette même préférence pour Le prisonnier d'Azkaban, et pour les personnages de Sirius Black et Severus Rogue.

Le tome 8 à peine sorti, j'ai finalement pu découvrir ce qui se passe par la suite. En ce qui concerne l'histoire je ne dirai pas grand chose afin de ne pas gâcher le plaisir de ceux qui ne l'ont pas encore lu, sachez juste que ce tome est dans la totale continuité du tome 7, puisque la première scène du premier acte est exactement la même que le dernier chapitre des Reliques de la mort. Et nous replongeons, encore une fois, avec délices dans cet univers toujours magique et merveilleux, dans une nouvelle histoire mettant en scène à la fois des personnages nouveaux et des personnages connus, que nous prenons plaisir à retrouver, avec toujours autant de rebondissements, de sortilèges, d'humour, de bons sentiments. J'ai tout simplement adoré, et pour moi ce n'est pas une suite, mais ce tome 8 s'intègre parfaitement dans le grand TOUT qu'est la saga Harry Potter.

Il y a pourtant un bémol, mais très léger, c'est le format pièce de théâtre. J'ai eu un peu de mal à m'y faire (surtout après un roman aussi dense que le tome 7), mais une fois entrée dans l'histoire tout va bien. C'était une expérience cependant un peu frustrante, car évidemment on entre moins en profondeur dans l'histoire, dans la psychologie des personnages, j'ai l'impression qu'au final on les connait moins. J'aurais aimé aller encore plus loin, en découvrir toujours plus sur le monde magique et ce que nos personnages favoris sont devenus. Mais bon, c'était vraiment histoire de mettre un bémol, hein ? Et je dois avouer que je suis assez perplexe également, et je manque certainement cruellement d'imagination, mais je ne vois pas du tout comment les metteurs en scène ont pu reproduire certains passages dans une pièce de théâtre ! Ou bien sont-ils un peu sorciers eux aussi... Dans tous les cas, j'espère sincèrement que la pièce viendra en France, afin de pouvoir la découvrir dans sa forme initiale.

En attendant de me replonger dans l'univers de J.K. Rowling avec Les animaux fantastiques le mois prochain au cinéma (une pentalogie, youpiiii !), je n'ai plus qu'à revoir les films, car j'ai vraiment du mal à me dire que pour l'instant j'en ai fini avec Harry...


"Méfait accompli."



mardi 18 octobre 2016

L'énorme crocodile

Auteur : Roald Dahl
Illustrateur : Quentin Blake
Éditeur : Gallimard Jeunesse

C'est dans le cadre de la dernière session de mon club de lecture préféré que je me suis lancée dans la découverte de cet album jeunesse de Roald Dahl.

L'énorme crocodile est une histoire à lire aux plus petits, pleine d'humour, de rebondissements, et bien évidemment comme tout conte qui se respecte, avec une morale.

Les illustrations et l'histoire sont parfaites pour capter l'attention des enfants, la répétition des événements les rendent très accessibles même pour les plus jeunes, et on peut sans peine imaginer les crises de rire et les moments partagés à la lecture de cet album. 

J'ai moi-même pris un grand plaisir à le découvrir, et je le recommande sans modération à tous les parents (et bien sûr je le garde en mémoire pour le jour où moi aussi je pourrai lire des histoires à mes enfants).

jeudi 11 août 2016

21 - L'homme au parapluie et autres nouvelles

Auteur : Roald Dahl
Éditeur : Gallimard (collection Folio) - édition bilingue

Mon club de lecture favori m'a fait découvrir très récemment Roald Dahl. Enfin, découvrir est un bien grand mot, car je crois qu'il est bien difficile de ne pas avoir croisé l'une de ses œuvres au cours de notre vie ! Je n'en nommerai qu'une, la plus célèbre selon moi : Charlie et la chocolaterie (ou bien serait-ce Les Gremlins ?). Bref, passons. Je connaissais donc une petite partie de son œuvre, mais je ne connaissais pas le bonhomme. Principalement connu pour ses ouvrages à destination de la jeunesse, c'est avec ce recueil de nouvelles pour adultes que j'ai décidé de réaliser ma première immersion dans son univers...

L'homme au parapluie et autres nouvelles nous plonge dans plusieurs histoires drôles, grinçantes et originales. Que ce soit ce vieil homme qui ne ménage pas sa peine pour pouvoir boire à l’œil, ou encore la société À moi la vengeance S.A.R.L., qui s'enrichit des critiques d'un chroniqueur peu scrupuleux, on passe vraiment un bon moment du début à la fin de ce recueil, ce qui est une prouesse en soi étant donné la difficulté de l'exercice.

J'ai eu la chance de pouvoir emprunter une édition bilingue à la médiathèque, et je me suis lancée à lire ces nouvelles en version originale, moi qui ne suis pas du tout habituée à lire en anglais. Et bien si vous en avez l'occasion, faites-le ! C'est vraiment un régal, et en cas de souci la traduction française est en vis-à-vis sur chaque page !

Je recommande sans hésiter, et je continue de ce pas mon immersion dans l'univers de ce grand monsieur avec, cette fois, un album jeunesse...

mardi 6 novembre 2012

45 - Contes à rebours

Auteur : Nick Flynn
Éditeur : Gallimard
Écrit en : 2010

L'opération Masse Critique de septembre sur Babelio m'a fait le joli cadeau que voici : Contes à rebours, de Nick Flynn. Tout d'abord, un grand merci à Babelio et à Gallimard pour cet ajout à ma bibliothèque.

Nick Flynn est un poète reconnu, ayant reçu plusieurs récompenses, et également professeur à l'université de Houston. Il est l'auteur d'un premier roman sur les sans-abris, qu'il a côtoyés pendant plusieurs années, son propre père ayant vécu dans la rue. Avec Contes à rebours, Nick Flynn reste dans l'autobiographie, mais d'une manière un peu particulière. Tout au long de son récit, on fait des va-et-vient dans le temps, à différentes périodes de sa vie, qui nous en apprennent un peu plus à chaque fois sur lui-même bien sûr, mais également sur sa famille, sur ses relations amoureuses, amicales, sur son travail... Ecrit peu avant la naissance de son premier enfant, ce texte est en fait une véritable interrogation sur la valeur de la vie, son importance et sa place dans ce monde régit par la peur et la terreur. Car Nick Flynn a été profondément marqué par le scandale d'Abou Ghraib, ces photos de prisonniers irakiens torturés et humiliés par des soldats américains, qui ont été dévoilées 2004, créant une polémique sans précédent. L'auteur s'est même rendu en Irak, afin d'interroger les victimes et savoir ce que ces prisonniers ont réellement vécu.

C'est ainsi que ce récit autobiographique mêle évènements personnels et intimes à ces éléments extérieurs de tortures, de violences, d'injustice, qui gouvernent ce monde dans lequel va bientôt naître la fille de Nick Flynn. Il nous livre ses peurs, ses doutes, ses espoirs également. On pourrait penser que ce genre de récit est forcément triste et ennuyeux, mais l'écriture du poète est très bien ressentie. Les choses sont dites, simplement, sans fioriture, l'essentiel étant de les dire. Les chapitres sont courts et variés, évoquant tour à tour sa vie, ses opinions, mais également sa vision d'un tableau de Giotto ou d'un film sur la Guerre d'Algérie. On ne s'ennuie pas, on s'attache à ce texte, en se demandant un peu où ça va nous mener, mais en prenant le temps de bien comprendre ce qui est dit.

Une lecture intéressante, qui nous pousse à réfléchir à certaines choses qui font malheureusement partie de notre quotidien. Une lecture que je ne regrette pas.

vendredi 29 juin 2012

27 - Journal d'un corps

Auteur : Daniel Pennac
Éditeur : Gallimard
Écrit en : 2012

Fils d'un homme distingué et cultivé qui se laisse dépérir malgré lui à son retour de la Grande Guerre, le narrateur a passé les premières années de sa vie à se calquer sur ce fantôme de père qu'il chérissait. A 12 ans, suite à une expérience malheureuse pendant laquelle son imagination s'emballe au point de lui faire perdre tout contrôle de lui-même, il décide de prendre conscience de ce corps qu'il a négligé toutes ces années, et d'en tenir le journal. Bien plus qu'un banal journal intime, les cahiers qu'il écrira jusqu'à sa mort, à 87 ans, sont un véritable recueil de sensations physiques diverses et d'expériences sur la compréhension de ce qu'il est physiquement.

Cet ouvrage de Daniel Pennac est un ovni sur la planète littérature. Voilà une idée réellement originale, qui apporte un vrai plus à un banal journal intime relatant la vie du narrateur. Parfois touchant, souvent drôle, on s'attache très facilement à ce jeune garçon "translucide" qui va apprendre petit à petit à comprendre son corps, à prendre conscience de ce qu'il est et de ce dont il est capable. Et c'est avec beaucoup de plaisir qu'on suit son évolution jusqu'à l'âge adulte, ses premières expériences, réussies ou non. Même beaucoup plus âgé, il continuera sans cesse à expérimenter son corps et ses sensations, conséquences de maladie, de l'âge, de tout ce qui l'entoure...

Tout cela vu d'un point de vue strictement masculin bien entendu, et je trouverais intéressante l'idée d'une version féminine qui complèterait ce journal d'un corps pour en faire le journal du corps humain.

  

mardi 13 décembre 2011

44 - Du domaine des murmures


Auteur : Carole Martinez
Editeur : Gallimard
Année : 2011

J'avais lu une critique de ce roman qui commençait par : "Du domaine du splendide". Ces quelques mots, selon moi, résument tout à fait à l'expérience de lecture que nous offre Carole Martinez dans Du domaine des Murmures.

Ce roman raconte la vie d'Esclarmonde, jeune fille adorée par son père, qui, le jour de son mariage arrangé, dit non pour la première fois de sa vie et renonce à tout pour se donner à Dieu. A sa demande, son père lui fera construire une chapelle en pierre sur ses terres, le domaine des Murmures, avec une cellule dans laquelle elle passera le restant de ses jours à éprouver sa foi, à la fois isolée et proche de la folie des hommes et de son temps.

Au premier abord, on peut penser que si on n'est pas soi-même un peu porté sur la religion ce livre n'aura aucun intérêt. J'ai vite abandonné cette idée, car, même si Dieu est omniprésent au fil des pages, on se sent tellement proche d'Esclarmonde, de ce qu'elle vit, pense, ressent, qu'il passe rapidement au second plan. En étant enfermée dans son tombeau de pierre, elle sera bien plus libre et ouverte sur le monde que si elle avait suivi la voie choisie pour elle par son père. C'est ce paradoxe mis en avant par Carole Martinez qui donne toute sa force à ce récit.

L'auteur m'a envoûtée dès les premières lignes, par une écriture qui semble venir d'un autre-temps, à la fois conte moyen-âgeux et roman contemporain, et par une histoire à la fois songe et légende. On prend le temps de savourer chaque mot, chaque page, à son rythme, sans même penser au temps réel qui s'écoule. Une lecture splendide et passionnante que je recommande sans hésitation.