mardi 25 octobre 2011

38 - Deus in machina

Auteur : John Scalzi
Éditeur : L'Atalante
Année : 2011 

Attirée tout d'abord par la couverture vraiment sublime de cet ouvrage, je l'ai ouvert en me demandant ce que j'allais bien pouvoir y trouver. Commencer cette petite histoire de 140 p., c'est comme ouvrir une fenêtre sur un monde totalement original et fantastique. Pour moi qui ne suis pas une adepte de science-fiction à la base (encore moins de space opera), ce livre est une curiosité, quelque chose de tellement inattendu et inédit que je ne saurais dire si oui ou non je l'ai apprécié. 
Mais l'histoire m'a tenue jusqu'à la fin, les personnages sont attachants (même les dieux si méprisés), chaque page comporte son lot de suspense, de révélations, d'action... alors que demander de plus ?

  

mardi 18 octobre 2011

37 - Mr. Peanut

Auteur : Adam Ross
Éditeur : 10/18
Année : 2011 

C'est dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio que j'ai été amenée à lire ce livre. Le principe est simple, on choisit dans une liste de livres divers et variés ceux qui sont susceptibles de nous intéresser. Un tirage au sort a lieu pour chaque ouvrage, et le gagnant reçoit gratuitement le livre chez lui, en échange de quoi il doit avant 1 mois en faire une critique, positive ou négative peu importe. J'ai donc été tirée au sort pour le livre Mr Peanut, d'Adam Ross.

Ce livre m'a tout de suite plu, par son thème d'une part, puis par les premières pages qui nous plongent directement au coeur de l'action. C'est l'histoire de David Pepin, un brillant concepteur de jeux vidéo, qui se met un jour à rêver que sa femme, Alice, est morte. Parfois il l'assassine, parfois il s'agit d'un accident, mais à chaque fois il en est complètement retourné car il aime sa femme. Il a donc ce genre de rêve récurrent, jusqu'au jour où Alice meurt réellement, et qu'il est accusé de l'avoir assassinée. On ne sait bien évidemment pas au début si oui ou non il a fini par concrétiser ses rêves ou bien si sa femme s'est réellement suicidée...

L'une des choses que j'ai particulièrement aimée pour commencer, c'est que l'histoire se vit de différentes manières. Si un chapitre traite les faits dans l'ordre chronologique, de la vie de couple quotidienne des Pepin à la mort d'Alice, le chapitre suivant nous présente les faits à l'envers, puisque l'interrogatoire de David nous permet de reconstituer ce qui s'est passé avant la mort d'Alice. L'inspecteur chargé de l'enquête et le livre de David nous font découvrir à reculons les faits. On a donc en même temps le début et la fin de l'histoire, et inconsciemment je m'amusais à essayer de comprendre comment Alice est morte, si oui ou non David l'a assassinée, et si oui, pourquoi.

Mais en fait ce livre regroupe trois histoires toutes aussi importantes les unes que les autres. L'histoire "principale", celle qui englobe tout le livre et qu'on retrouve du début à la fin, est celle de David et Alice. Mais on découvre également la vie conjugale de l'inspecteur Hastroll et de sa femme, Hannah, qui décide un beau jour de se mettre au lit et de ne plus jamais en sortir, car elle veut que son mari prenne conscience d'une chose. Mais laquelle ? Enfin, et celle là est ma préférée, on revit à travers un interrogatoire inversé (ou comment un coupable mène l'interrogatoire d'un inspecteur) la vie et le meurtre horrible de Marylin, la femme de l'inspecteur Sheppard*, qui est également en charge de l'enquête sur la mort d'Alice.

Mais les crimes et faits mentionnés ci-dessus ne sont qu'un prétexte au livre qui traite avant tout d'un sujet bien différent : les relations de couple et le mariage. Ainsi, pour chacune de ces histoires, on a une vision de ce que peut être la vie de couple, des difficultés que chacun est mené à affronter, du manque de communication à l'infidélité, ou encore tout simplement la routine. Adam Ross nous offre ainsi trois versions différentes du mariage, chacune plus ou moins vraisemblable, mais qui posent toutes la même problématique : comment deux personnes peuvent être amenées à se haïr tout en continuant à s'aimer...

L'ensemble se lit très bien, les pages se tournent toutes seules malgré quelques longueurs, et j'avais hâte de savoir le fin mot de l'histoire... Le final a d'ailleurs été à la hauteur de mes espérances et bien plus encore. Un très bon moment de lecture, original et prenant, que je conseille vivement à ceux qui veulent essayer quelque chose de différent.


* Petite parenthèse : l'affaire du meurtre de Marylin Sheppard a réellement eu lieu le 4 juillet 1954, Sam Sheppard ayant finalement été innocenté des dizaines d'années plus tard. Cependant elle a été tellement médiatisée qu'elle a inspiré la série Le fugitif. Un film du même nom a été réalisé avec Harrison Ford en 1993. Plus d'informations sur cette sombre affaire à cette adresse : http://faitsdivers.blog4ever.com/blog/lire-article-287239-2010298-docteur_sam_sheppard__le_fugitif.html
  

  

samedi 24 septembre 2011

36 - 1Q84 - Livre I (Avril - Juin)

Auteur : Haruki Murakami
Éditeur : Belfond
Année : 2009 

Chef d’œuvre international, 1Q84 a déjà fait parler de lui dans le monde entier, et séduit des millions de lecteurs avant d'être (enfin !) traduit en français. Je l'attendais impatiemment, et j'ai bien pris le temps de savourer la première partie de cette histoire si peu commune. Comment décrire un tel livre ?

Déjà l'intrigue se décompose en deux parties parallèles, totalement distinctes l'une de l'autre. C'est l'histoire d'Aomamé, jeune japonaise prof de sport, qui est amenée à assassiner des hommes qui l'ont mérité par leurs actes. C'est aussi l'histoire de Tengo, prof de mathématiques et écrivain n'ayant encore jamais publié de livres, qui se retrouve à réécrire le livre d'une jeune auteure de 17 ans pour un prix littéraire. Deux histoires totalement différentes donc, mais chacune passionnante. J'ai eu parfois l'impression de lire deux livres en même temps, chacun prenant et intéressant à sa façon. Mais au fil de l'histoire, on se surprend à trouver dans la vie de l'un des faits qu'on a déjà vus dans la vie de l'autre. On découvre qu'ils se sont connus il y a très longtemps et que chacun a gardé un souvenir précieux de l'autre. Et on se demande dans quelles circonstances ils vont se retrouver dans cette histoire, car il n'y a aucun doute, ils vont se retrouver à un moment ou un autre.

Cependant ce qui fait la force de ce 1er tome selon moi, c'est que Murakami ne s'arrête pas à cette histoire de surface (déjà passionnante). on sent déjà que quelque chose de beaucoup plus complexe et profond se trame. Des éléments fantastiques et irréels ponctuent l'histoire dès les premières pages, et on se retrouve à se demander, tout comme Aomamé, si on se trouve bien dans l'année 1984 dans laquelle est censée se dérouler l'intrigue, ou bien dans l'année parallèle, que la jeune femme a nommée 1Q84. Dans 1Q84, le passé est légèrement différent de celui de 1984 et il y a deux lunes dans le ciel. Mais comment est-elle passée d'une année à l'autre ? Où s'est faite la distorsion dans le temps ? Et dans quelle année se trouve donc Tengo ?

En bref, un 1er tome très prometteur, addictif dès les premières pages, très bien écrit, et rien à redire sur la traduction non plus. J'ai déjà la suite en main, j'ai hâte de la lire !


jeudi 8 septembre 2011

35 - Les chroniques des Crépusculaires

Auteur : Mathieu Gaborit
Éditeur : J'ai Lu
Année : 1995-1996 

C'est sur les conseils toujours avisés d'Ylgana que je me suis lancée dans la lecture de cet ouvrage de fantasy. 

Dès les premières pages j'ai été marquée par l'originalité de cette histoire : l'intrigue est tout à fait inattendue, les personnages tous plus étranges et énigmatiques les uns que les autres, et surtout ce qui m'a réellement séduite d'emblée, c'est la magie totalement inédite utilisée dans cet univers fantastique. On a ainsi affaire à des rapières qui ont une âme, des instruments de musique qui permettent, s'ils sont correctement utilisés bien entendu, d'accéder par exemple au plus profond de l'esprit, et surtout à une magie faisant appel à des Danseurs (ça vous intrigue, hein ?). L'univers créé par Mathieu Gaborit est riche et cohérent, la lecture est fluide et l'histoire est addictive, classique par moments mais bien tournée, avec de bonnes surprises.

Un très bon moment de lecture donc, que je recommande à tous les fans de fantasy qui souhaitent sortir un peu des sentiers battus.

jeudi 25 août 2011

34 - Le Bureau des Assassinats

Auteur : Jack London
Éditeur : Stock (collection La Cosmopolite)
Année : 1963 

Tout le monde connait Jack London pour son célèbre Appel de la forêt, ou encore Croc-Blanc. Mais parmi la 50e de romans et nouvelles publiés tout au long de sa carrière se trouve l'intrigant Bureau des Assassinats.

Pour résumer brièvement l'histoire, le Bureau des Assassinats est une organisation qui se charge de tuer des personnes à la demande de leurs clients, moyennant finances bien sûr. Cela peut être n'importe qui, du roi au clochard en passant par le citoyen lambda, une seule condition doit être remplie pour que le contrat soit accepté : que la mort de cette personne soit moralement justifiée. Chaque dossier est donc minutieusement étudié avant l'approbation du contrat. Ce Bureau est ainsi composé de penseurs philosophes d'une intelligence supérieure, tous intimement persuadés qu'ils n'ont jamais rien commis d'immoral...

Mais tout bascule lorsqu'un homme, souhaitant voir cette institution criminelle disparaître, parvient à rencontrer leur Chef et à placer un contrat sur sa tête. Il faut bien sûr avant tout le convaincre que sa mort est moralement justifée...

Je n'en dirai pas plus pour ne rien gâcher du plaisir de la découverte et du suspense omniprésents tout au long de l'histoire. C'est un livre étonnant sur bien des points : sur le thème abordé, qui est on ne peut plus original ; sur les idées évoquées, très philosophiques (parfois un peu trop à mon goût) ; sur les personnages qui sont tous plus fous et adorables les uns que les autres... On se retrouve projeté dans une aventure philosophique, morale et meurtrière dont l'issue reste réellement incertaine jusqu'aux dernières pages.

Du plaisir, rien que du plaisir !

vendredi 19 août 2011

33 - La fée carabine

Auteur : Daniel Pennac
Éditeur : Folio
Année : 1987 

Un jour, ma tante (qui lit beaucoup de livres très intéressants), m'a prêté cet ouvrage dont je n'avais jamais entendu parler, avec ces simples mots : "celui là, je ne te dis rien, lis-le et tu verras par toi-même". Alors je l'ai lu sans savoir à quoi m'attendre, et j'ai rapidement écarquillé mes yeux d'étonnement et de plaisir.

Dès les premières pages l'auteur nous plonge directement dans une intrigue bordélique et complexe, avec de nombreux personnages qui au premier abord n'ont pas grand chose en commun, dans un Paris dépravé et dangereux. Mais entre meurtres, vols, affaires de drogue et autres, on est brillamment trimbalés de personnages en personnages, tous aussi attachants, intrigants et bizarres les uns que les autres, et, au fur et à mesure de l'histoire, tout se précise, chaque petit événement s'imbrique parfaitement dans un grand tout génialissime qui mène à un final explosif.

On a de l'action, de l'humour, de l'amour, du suspense, une intrigue prenante et captivante... le tout dans une ville que je reconnais car je la côtoie quotidiennement (même si je fréquente peu le quartier de Belleville), et le fait d'être dans un cadre "connu" a encore plus augmenté mon plaisir de lecture. Un excellent moment de lecture donc que cette Fée carabine. Je le recommande !

mardi 9 août 2011

32 - Le mec de la tombe d'à côté

Auteur : Katarina Mazzetti
Éditeur : Babel (Actes Sud)
Année : 2006 

Ce livre, tout le monde en parle. Cela fait plusieurs mois que j'entends des "c'est génial !" ou que je vois des gens éclater de rire dans le RER en le lisant. Forcément, ça m'a intriguée, et je me suis dit qu'il fallait que je tente l'expérience.

Autant le dire tout de suite, mon avis est mitigé.

D'un côté, je ne peux nier que j'ai par moments beaucoup ri, que jamais je n'ai eu ne serait-ce que l'idée de ne pas le terminer, car je voulais savoir où l'auteur voulait nous mener. L'écriture est agréable, le style original, assez cru et direct, rien à dire de ce côté là. J'ai particulièrement aimé le fait de vivre chaque moment en parallèle avec les points de vue des deux personnages principaux. C'était drôle et intéressant de noter ainsi  les différences de caractères, les réactions de chacun face aux évènements et l'interprétation souvent très différente qu'ils faisaient d'une même situation.

Par contre, au niveau de l'histoire elle-même, je n'ai rien trouvé d'extraordinaire. On est dans une relation entre deux personnes tellement dissemblables que depuis le départ on sait que c'est voué à l'échec, et on suit cette déchéance et les malheureux efforts de chacun pour essayer de la faire durer tout le long du livre. J'avoue que parfois les situations qu'ils se créaient me tapaient sur les nerfs, je me sentais comme devant un mauvais film français où les acteurs ne font que se crier dessus sans arrêt.

Je ne regrette cependant pas cette lecture, car malgré les quelques désagréments cités ci-dessus, j'ai quand même passé un agréable moment dans l'ensemble. Je m'attendais simplement à quelque chose de plus... original, peut-être, d'après l'enthousiasme que tout le monde témoignait en parlant de ce livre. Après coup je me dis que je n'ai peut être pas tout compris... En tous cas, je ne suis pas sûre de lire la suite un jour (quoique...).