vendredi 23 janvier 2015

02 - Joujou

Auteur : Eve de Castro
Éditeur : Robert Laffont
Publié en :2014

Joseph Boruwlaski est le fils d'un comte et d'une comtesse polonais. Il a à peine 9 ans lorsque son père se suicide, laissant sa mère et leurs enfants dans une misère telle qu'elle se voit contrainte de laisser cet enfant qu'elle aime tant à une riche starostine, qui promet de prendre soin de lui. Car Joseph n'est pas un enfant ordinaire, c'est un Lilliputien. Pas un nain, non, car malgré sa petite taille, son corps a conservé des proportions tout à fait normales et harmonieuses. Neuf ans, c'est tôt pour quitter une mère qu'on aime tant... et pour découvrir la cruauté de la vie. Car la starostine n'a d'autre idée en tête que d'en faire son attraction principale, un monstre de foire qu'elle renomme "affectueusement" Joujou, et le traite comme le jouet qu'elle pense qu'il est...

Préambule où nous parlerons d'une malédiction, des plombs de l'horloge, 
d'une famille aux abois et d'une fausse fée polonaise

Ainsi se nomme le premier chapitre de Joujou, donnant tout de suite au lecteur le ton de l'histoire... Car même si le fond de l'intrigue est hautement cruel, et que les expériences et humiliations que Joseph devra surmonter tout au long de sa vie sont innommables, Eve de Castro nous raconte tout ça comme un conte, avec un détachement qui nous permet d'apprécier l'histoire sans en être véritablement touché. On peut ainsi lire sans peine la vie telle que Joseph la vit, à la découverte de lui-même, de son esprit avide de connaissances, de musique et de découvertes en tous genres, de son corps avide d'expériences que tout jeune homme normal a envie de connaître, de son cœur sensible comme tout un chacun à la maladie d'amour et au besoin de reconnaissance pour l'homme qu'il est et non la distraction qu'il peut apporter...

Ce livre m'intriguait par son sujet, et avec du recul je pense qu'un récit classique m'aurait vite lassée. Mais l'histoire telle que la raconte Eve de Castro a su me tenir sans peine de la première à la dernière page, et j'ai au final passé un très bon moment de lecture. Écrit comme un conte, j'ai fini par me persuader que c'en était un, mais dans ses remerciements l'auteur nous apprend que Joseph Boruwlaski, le célèbre nain polonais, a réellement existé. Quelle est la part de fiction et de réalité dans ce récit ? Je l'ignore, mais tout ce qui est écrit dans cet article de Wikipedia se retrouve dans ce roman, qui m'apparait à présent sous un jour tout nouveau... Joseph est mort à 97 ans, mesurant 99 cm, après une vie dans laquelle il a côtoyé tellement de passions, d'humiliations et de misère qu'on ne peut que l'admirer d'avoir vécu aussi longtemps.

Merci à La Griffe Noire de m'avoir donné l'envie de découvrir ce curieux personnage, et merci à mon cher et tendre pour ce merveilleux cadeau d'anniversaire.

Il s'empourpre jusqu'à la perruque. Voilà des années qu'il n'a rougi ainsi. Les flammes ne sont donc pas réservées à l'enfer, on peut aussi brûler devant la porte du paradis. La demoiselle est juste de l'autre côté. Comment pousse-t-on cette porte-là ?

- Votre Joujou, comtesse, a atteint ses quarante ans. Pour les gens de sa sorte, c'est un grand âge. Si vous tardez à le marier, il mourra sans descendance. Que diriez-vous de lui donner une épouse de son format et d'un beau noir luisant ? La demoiselle à laquelle je pense est nubile, véritablement exotique, et quand on la menace du fouet elle fait tout ce qu'on veut. Le produit de cette union serait une nouveauté absolue, un progrès inestimable pour l'agrément et pour la science. N'est-ce pas là une belle et bonne idée ?

 

lundi 19 janvier 2015

01 - Le cycle de Ki et Vandien T2 - Les Ventchanteuses

Auteur : Megan Lindholm (alias Robin Hobb)
Éditeur : Mnémos
Publié en : 2007

Quoi de mieux pour bien commencer l'année qu'une belle histoire de Robin Hobb ? Ce 2e tome du Cycle de Ki et Vandien me paraissait tout indiqué pour cette première lecture de 2015...

C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé les deux protagonistes de cette saga, cette fois séparément puisqu'ils sont ici plongés chacun dans une aventure contre les Ventchanteuses, des sorcières maitrisant les vents (pour faire simple). Ki s'est retrouvée à transporter la tête d'un magicien à la recherche des autres morceaux de son corps (oui il est encore vivant) au cœur d'un palais plein de Ventchanteuses. Vandien, quant à lui, doit affronter l'une de ces sorcières dans la quête d'un coffre légendaire qui se trouverait dans un vieux temple englouti.

Deux aventures bien différentes donc, mais qui se rejoignent rapidement, et un "tout" très loin de l'histoire du tome 1, Le vol des harpies. J'ai été un peu déstabilisée au début par ce tournant dans l'histoire de Ki et Vandien, mais la magie présente dans ce tome, l'originalité de ce que nous raconte Robin Hobb, mêlées à son incomparable style dont je ne me lasse pas, ont fini par m'apprivoiser et je me suis très facilement et très agréablement laissée bercer par cette nouvelle aventure de Ki et Vandien.


Je me demande si elle aura la force d’aller jusqu’au bout de sa tâche. Elle pense en avoir la volonté. Mais l’espace est vaste entre le rêve et la réalité.

Quelle sottise ! Nous n’allons pas la tuer. Nous allons seulement... « suspendre » sa vie. 

  

dimanche 11 janvier 2015

La Griffe Noire...

Je fais partie des chanceux qui fêtent leur anniversaire tout juste après Noël et le Jour de l'An, histoire de faire durer le plaisir bien plus longtemps et de recevoir encore des cadeaux lorsque la fête est finie pour tout le monde ^_^

L'un de mes cadeaux de cette année est une surprise de mon amoureux : après un long trajet en voiture (env. 40 min) avec un bandeau sur les yeux, je me suis retrouvée dans mon ancienne ville, devant ma librairie favorite, La Griffe Noire. Comment ça, vous ne connaissez pas La Griffe Noire ? Il s'agit d'une des librairies les plus appréciées des lecteurs, reconnue dans le milieu, et pour cause, ce n'est rien d'autre que la librairie de Gérard Collard, le célèbre critique littéraire et chroniqueur.




Évidemment il me faut plus qu'une bonne critique pour me donner envie d'acheter un roman, sinon je vivrais dans une bibliothèque. Et c'est là que le concept "Griffe Noire" frappe fort, car chaque ouvrage est décortiqué par l'équipe, qui met en avant à l'aide de panneaux immenses, nombreux et colorés leurs coups de cœur, avec des petits mots qui ne peuvent que donner envie de se plonger dans ces histoires. J'avoue que, du coup, la librairie est un peu bordélique (et je ne compte même plus les fautes d'orthographes sur les panneaux), mais il faut avouer que c'est une recette qui marche, car mon œil est à chaque fois attiré vers des titres qui seraient passés totalement inaperçus dans les rayons neutres et aseptisés de la Fnac. 

Pour résumer, La Griffe Noire est ma librairie préférée, et j'y ai découvert de véritables petits bijoux qui me seraient passés sous le nez autrement. Vous comprenez donc ma joie lorsque j'ai enlevé le bandeau de mes yeux et que je me suis retrouvée à l'entrée de ce paradis des lecteurs !

Après maintes pérégrinations dans les rayons surchargés, j'ai fini par jeter mon dévolu sur deux titres : Joujou et Passent les heures.



Il ne me reste plus qu'à les découvrir !

Un grand merci à mon amoureux pour cette magnifique surprise ^_^


mercredi 7 janvier 2015

Bienvenue en 2015 !

Et voilà, l'année 2014 s'est achevée, laissant place à une nouvelle année prometteuse, pleine de découvertes littéraires qui s'annoncent palpitantes et passionnantes ! Mais avant de s'y plonger, voici un petit bilan de l'année passée...

Loin des 64 livres dévorés en 2013, j'ai été petite joueuse en 2014, avec "seulement" 44 livres lus. Il faut dire qu'une deuxième passion tout aussi chronophage s'est incrustée dans mon quotidien : le crochet. Donc forcément, il faut partager un peu son temps... (et non, je ne ferai pas de blog de crochet !).

44 livres c'est toutefois bien suffisant pour avoir des coups de cœur, voici donc mes favoris de 2014, ceux qui m'ont transportée dans un monde étonnant, original, palpitant, que j'aurai plaisir à retrouver un jour...

1/ Les Lames du Cardinal, Intégrale de la trilogie de Pierre Pevel
Pour ce décor que j'ai adoré, cette action omniprésente, ces aventures rocambolesques et la présence surprenante mais néanmoins très réaliste de dragons au temps des Mousquetaires.

2/ Neverwhere, de Neil Gaiman
Pour cette plongée des plus prenantes et originales dans un Londres inconnu, invisible, dangereux et tellement haut en couleurs.

3/ Immortel, de Catherynne M. Valente
Pour ce dépaysement total au cœur du folklore russe, une vraie bouffée de fraîcheur dans le monde des contes.


Je ne relève ici que ces trois là, mais de nombreux autres titres ont attiré mon attention et m'ont enchantée, comme Les larmes de Pancrace, Wicked, Spiridons et La prisonnière du Kremlin, ou encore l'excellent Docteur Sleep...

Mes résolutions pour 2015 ? Aucune ! Me laisser porter au gré de mes clubs de lecture, de mes envies, de mes coups de cœur... De toute manière j'ai remarqué que même si je prends des résolutions, c'est ce qui se passe, alors autant continuer comme ça, c'est encore le meilleur moyen de faire des découvertes originales, et de continuer ce voyage enchanteur dans le monde de la littérature !

Très belles lectures à vous tous pour 2015 !

 



lundi 29 décembre 2014

48 - L'Adversaire

Auteur : Emmanuel Carrère
Éditeur : Folio
Publié en : 2002

Fait divers (source Wikipedia) : Jean-Claude Romand, né le 11 février 1954 à Lons-le-Saunier, est connu pour avoir menti à ses proches pendant 18 ans sur sa vie réelle en s'inventant une profession de médecin et de chercheur et pour avoir assassiné sa femme, ses enfants et ses parents en janvier 1993, car ils étaient sur le point de découvrir la vérité.

Avouez qu'il y a là de quoi intriguer. Moi en tous cas, cette histoire vraie m'a intriguée, et on peut dire que ce drame a obnubilé Emmanuel Carrère pendant quelques temps. Dans L'Adversaire, l'auteur ne fait pas que nous raconter sa vision de cette tragédie, ce qu'il pense en être la raison. Il nous raconte comment, intrigué par cet homme qui a commis l'irréparable, il l'a contacté en prison afin de retracer sa vie, son parcours, et de comprendre comment une chose aussi impensable a pu se produire. Car il n'y a pas seulement le meurtre de sa famille, il y a également 18 ans de mensonges, d'une vie qui n'est et ne sera jamais la sienne, et que personne dans son entourage, pas même sa femme, ni son meilleur ami, n'ont pu soupçonner la supercherie.

Ce fait divers m'a intriguée, oui, et c'est bien ce qui m'a amenée à lire L'Adversaire jusqu'au bout. Car j'ai trouvé que ce n'était pas simple de lire Emmanuel Carrère. Le style est pompeux, lourd, assez indigeste, rendant la lecture pénible par moments. Heureusement que le livre est court, car je suis bien contente d'en être venue à bout.

Au final, le voile ne sera jamais complètement levé sur Jean-Claude Romand. Personne ne pourra jamais savoir qui il était réellement, pour la simple et bonne raison que, convaincu de ses mensonges, il ne le sait pas lui-même... Mais L'Adversaire apporte tout de même un éclairage intéressant, qui répond à pas mal de questions et assouvit sans problème ma curiosité.


Un ami, un véritable ami, c'est aussi un témoin, quelqu'un dont le regard permet d'évaluer mieux sa propre vie, et chacun depuis vingt ans avait sans faillir, sans grands mots, tenu ce rôle pour l'autre.

Les gens ne savent pas ce que c'est, la folie. C'est terrible. C'est ce qu'il y a de plus terrible au monde.

  

mardi 23 décembre 2014

Morwenna

Auteur : Jo Walton
Éditeur : Denoël
Publié en : 2014

Il est rare que j'abandonne un livre en cours de route, et pourtant celui-ci était prometteur. Je l'ai découvert sur le site elbakin.net, qui en faisait l'éloge, et les prix Hugo et Nebula du meilleur roman l'ayant récompensé en 2014, je me suis dit que Morwenna était une valeur sûre...

Mais voilà, ça fait 5 jours que j'ai lu les premiers mots de cette histoire, et je n'avance pas. Je n'en suis qu'à 100 pages, je m'ennuie ferme, rien dans l'intrigue ne m'a accrochée, ni les fées, ni l'histoire de Morwenna qui a perdu sa sœur jumelle, qui a une mère sorcière, et qui adore lire. En fait, j'ai juste l'impression d'avoir lu à la suite un arbre généalogique géant, un inventaire de livres de science-fiction et de fantasy, et l'histoire banale d'une ado qui se tracasse à propos de l'école, de sa famille, du sexe et des fées. 

Je devrais certainement persévérer encore un peu, on ne sait jamais, mais c'est ce que je me dis tous les matins. Alors tant pis pour Morwenna, je passe peut-être à côté de quelque chose de grandiose, mais je m'en vais de ce pas le rendre à la médiathèque.


PS : et pourtant la couv est sympa...

 

vendredi 19 décembre 2014

47 - Spiridons, la prisonnière du Kremlin

Auteur : Camille Von Rosenschild
Éditeur : Don Quichotte
Publié en : 2014

C'est grâce à un Masse Critique, par l'intermédiaire d'Ellane, que j'ai pu découvrir l'excellent Spiridons cette année. Et c'est grâce à un nouveau Masse Critique que j'ai pu dévorer la suite, La Prisonnière du Kremlin. Je sais que je le dis à chaque fois, mais encore une fois MERCI à Babelio et aux éditeurs, ici Don Quichotte, pour ces opérations qui nous mettent de véritables bijoux entre les mains.

C'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé dans ce tome Victor, ses spiridons, les Tziganes, les Boyarins, et même Olga. L'intrigue de La Prisonnière du Kremlin se situe tout de suite après les aventures de Spiridons, de manière tout aussi effrénée et inattendue. Mais nous voyageons également dans le temps, à la recherche des origines de toute cette histoire, que ce soit à l'époque d'Ivan le Terrible et de la "sorcière" Sonia, ou bien en suivant Olga au cours de sa vie. Et j'ai beaucoup aimé ce parallèle entre présent, passé proche et passé lointain, chaque saut dans le temps levant un peu plus le voile sur le mystère "spiridons", mais également sur le mystère "Victor".

Encore une fois, le dépaysement est garanti. L'auteur nous fait voyager dans la Russie impériale aussi bien que dans la Russie contemporaine ou encore dans les traditions tziganes. Il n'y a aucun temps mort, les pages se tournent toutes seules, et mon seul regret est que le tome suivant ne soit pas encore publié. 



Victor aurait pu mettre un terme au cauchemar, s'enfuir, rentrer en France, et recommencer la vie comme avant. Mais si le destin n'en faisait qu'à notre tête, il n'y aurait pas d'histoire ni de roman. 

Il y avait longtemps qu'une information ne l'avait pas bouleversée au point de lui couper l'envie de fumer. La dernière fois remontait à ses quatorze ans, lorsqu'elle avait appris que les femmes étaient obligées d'avoir recours aux hommes pour faire des enfants.