mardi 15 octobre 2013

49 - Une rançon

Auteur : David Malouf
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 2013


Souvenez-vous de L'Illiade d'Homère et imaginez-vous au cœur de la guerre de Troie. Imaginez Achille, encore dévasté par la mort de son ami Patrocle, venant tout juste de tuer Hector. Imaginez Priam, roi de Troie, réclamant au héros le corps de son fils. On pourrait à juste titre penser à une histoire pleine d'aventures et de rebondissements, de sang et d'action. Et bien il n'en est rien. Car ici, dans cette version que nous offre David Malouf, nous plongeons au cœur des sentiments humains de ces protagonistes que nous ne connaissons que pour leurs exploits guerriers.

Je dois dire que ce roman est assez intrigant. Dès les premières lignes, une telle poésie enveloppe chaque mot, chaque phrase, qu'on se demande un peu de quelle histoire il s'agit... Quel est l'intérêt d'une nouvelle version de cet épisode de la guerre de Troie ? Mais la beauté de l'écriture envoûte rapidement le lecteur, et on se prend à revivre cette épopée bien différemment... Achille et Priam, deux hommes qui ont aimé et perdu un être cher, deux hommes que tout oppose mais qui vivent leur douleur chacun à leur manière. Deux hommes qui, ici, sont plus que jamais humains. C'est ce que nous raconte David Malouf dans Une rançon, avec une prose envoûtante et une poésie de chaque instant.

Un livre qui, au premier abord, peut paraître bien ennuyeux, mais qui se révèle être un véritable petit bijou de littérature.


"Il attend la déchirure. Que quelque chose survienne qui rompra le sortilège qui le lie, la fureur dévorante qui l'anime et ruine de désespoir son esprit. Quelque chose de neuf et d'inimaginable encore, dont la rencontre viendra le confronter à la nécessité de s'arracher à l'étouffante toile grise qui l'enserre."

"C'est ma chair que l'on traîne dans la poussière là-bas. Par sept fois déjà j'ai pleuré un fils dans cette guerre. Et de chacun, ce que je me rappelle, ce sont les petits coups de pied qu'ils me donnaient sous le cœur – ici, juste ici –, et le premier cri qu'ils ont poussé quand je les ai mis au monde, et leurs premiers pas."

"Il ne lui était jamais venu à l'esprit que la nourriture qui arrivait si promptement sur sa table, et en telle abondance, pût renfermer des ingrédients. Qu'une crêpe, ou galette, pût se présenter sous la forme antérieure d'une pâte. Que cette pâte pût consister en un mélange de bonne farine de sarrasin et de babeurre, et que cette bonne sensation qu'on en retirait pût dépendre de l'épaisseur de la pâte ou de la légèreté du poignet."

 

2 commentaires:

  1. Ta critique m'intrigue. Je serai curieuse de jeter un œil à ce roman…

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