lundi 13 février 2012

07 - La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires

Auteur : Tim Burton
Éditeur : 10/18
Année : 1997

Voici un recueil de poèmes qui m'attirait beaucoup car j'aime particulièrement l'univers glauque et morbide de Tim Burton, toujours si poétique. Un recueil très vite lu, mais savouré du premier au dernier poème.

Entre une fille qui se transforme en lit, une autre qui ne peut s'empêcher de fixer les gens et les choses autour d'elle, un bébé ancre qui, accroché à sa mère, la noie dans les profondeurs de l'océan, et le petit enfant huître, si malaimé de ses parents que son père finit par le manger, on retrouve dans quelques vers, ou parfois même une simple phrase, l'univers si fascinant de Tim Burton.

J'ai particulièrement apprécié la présence du poème en version originale à côté de sa traduction en français, qui permet d'admirer toute la beauté de l'écriture de l'auteur, et les illustrations, qui sont parfaites pour ces textes.

Une lecture très agréable et touchante.

06 - La Bête aveugle

Auteur : Edogawa Ranpo
Éditeur : Philippe Picquier
Année : 1931

Je ne connaissais pas les éditions Philippe Picquier, qui pourtant ont un très beau catalogue de littérature japonaise. Je ne connaissais pas non plus Edogawa Ranpo, considéré comme le fondateur du roman policier au Japon. C'est donc avec beaucoup de surprises et de curiosité que je me suis lancée dans cette lecture de La Bête aveugle, sans trop savoir à quoi m'attendre, étant donné que je ne suis habituée ni aux romans policiers, ni à la littérature japonaise.

Nous faisons la connaissance de Mizuki Ranko, une jeune chanteuse célèbre, qui a posé plusieurs jours durant pour un sculpteur. La statue la représentant est exposée dans un musée, et Ranko aime aller l'admirer. Cependant, dès les premières pages, elle croise un curieux personnage, aveugle, qui la met réellement mal à l'aise. Elle surprend en effet cet homme d'une trentaine d'année caressant sa statue du bout des doigts, de manière particulièrement malsaine. A partir de ce moment, les événements s'enchaînent et elle va croiser cet homme à plusieurs reprises, avant d'être kidnappée et enfermée dans une salle obscure et étrange par ce pervers aveugle, obsédé par le toucher du corps de la femme. Et Ranko ne sera que la première...

On peut penser qu'il est facile d'imaginer ce que Ranko et les autres victimes de cette "Bête aveugle" vont endurer tout au long de l'histoire. Mais il n'en est rien, on va se surprise en surprise, de dégoût en incompréhension. L'ambiance générale du livre est réellement malsaine, pesante et glauque du premier au dernier mot. Cependant l'auteur nous relate les faits de telle manière qu'il m'est arrivé à plusieurs reprises de rigoler (un rire très nerveux, je précise...). La lecture est facile, et je reconnais là un grand talent à l'auteur, qui parvient à nous accrocher et à retenir notre intérêt tout au long de l'histoire. Cependant je suis bien incapable de vous dire si j'ai aimé ce roman ou pas... J'en lirai peut être un second du même auteur pour me faire une opinion plus prononcée. Pour l'instant il s'agit simplement d'une expérience littéraire intéressante.



vendredi 10 février 2012

05 - Rue Farfadet


Auteur : Raphaël Albert
Éditeur : Mnémos
Année : 2010 

Comme souvent j'ai d'abord été attirée par la magnifique couverture de ce roman. Puis j'ai eu un gros coup de cœur en lisant la 4e. Et en plus celui que j'ai lu, qui m'a été prêté par Ylgana, était dédicacé par l'auteur ! Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que je passe un bon moment aux côtés de Sylvo Sylvain, détective privé.

L'intrigue prend place dans un Panam peuplé de créatures en tout genre, des humains bien sûr, mais on croise également des nains, elfes, trolls, centaures et autres peuples fantastiques, qui cohabitent plus ou moins bien entre eux. La ville en elle-même est très fortement inspirée de notre Paris du XIXe siècle (on s'en serait douté, vu son nom), et on prend un certain plaisir à redécouvrir notre capitale sous un jour nouveau, magique et merveilleux.

Cependant la ville est la cible de divers attentats depuis quelques temps, et c'est bien malgré lui que notre héros, un elfe détective privé du nom de Sylvo Sylvain, va être mêlé à cette histoire de terrorisme magique. Mais Sylvo n'est pas sans ressources (c'est un elfe après tout !) et essaiera tant bien que mal de résoudre ce mystère... Accompagné de son meilleur ami, Pixel, un pillywiggin, et d'un journaliste du Panaméen, le quotidien local, il suivra les indices et et enchaînera les aventures à un bon rythme jusqu'à l'épilogue de cet ouvrage.

J'ai adoré ce livre pour plusieurs raisons... Le style de l'auteur, extrêmement drôle par moments, est vif et rend bien présente l'atmosphère étrange et délirante de Panam. Le décor mis en place est très riche et très bien pensé, le bestiaire  très large permet aux plus néophytes comme moi de découvrir de nouvelles créatures... Je n'avais jamais entendu parler des pillywiggins avant de rencontrer Pixel... Et comme Google est mon ami, et bien maintenant j'en sais beaucoup plus sur ces fées issues du folklore anglais. Le rythme est rapide, aucune pause dans le récit, et les pages se tournent toutes seules avec délectation. Alors oui, l'histoire peut paraître facile et pas exploitée autant qu'elle aurait pu l'être, mais elle brille d'originalité et on sent bien que Raphaël Albert prend ce premier roman comme prétexte à la mise en place de son univers. L'intrigue passe ici au second plan, mais je suis persuadée que dès le 2e tome l'histoire prendra l'importance qu'elle mérite.

Bon, vous l'aurez compris, je suis totalement séduite par le Panam de Raphaël Albert et ses habitants... Le 2e tome, Avant le déluge, a déjà la réputation d'être meilleur que le premier, j'ai hâte de le lire !


lundi 6 février 2012

04 - Le club des incorrigibles optimistes


Auteur : Jean-Michel Guenassia
Éditeur : Albin Michel
Année : 2009 

Prix du Goncourt des Lycéens en 2009, Le club des incorrigibles optimistes trône sur mon étagère depuis pas mal de temps déjà. Il était donc temps que je me lance dans la lecture de ces presque 800 pages...

J'avoue que, malgré sa notoriété, j'ai au début beaucoup douté de ma capacité à lire ce livre jusqu'au bout... En effet, tout ce qui est politique me fait fuir en courant, et on peut dire que dès les premières pages, le contexte politique de l'histoire est très fortement présent, et le restera jusqu'à la fin. Mais j'ai tenu le coup, grâce au formidable talent de Jean-Michel Guenassia.

C'est l'histoire de Michel Marini, un adolescent nul en maths, qui a pour habitude de jouer régulièrement au baby foot au Balto. Cette brasserie parisienne comporte une arrière salle qui l'intrigue beaucoup. Le jour où il décide enfin d'aller voir ce qui s'y passe, il découvre et se passionne pour un club d'échecs dont les membres sont principalement des réfugiés politiques de l'Europe de l'Est, qui ont trouvé asile en France. C'est ainsi qu'il va se lier d'amitié avec les membres du Club des Incorrigibles Optimistes, car, comme ils le disent eux-mêmes, si eux ne sont pas optimistes, qui le sera ? Le fil conducteur du roman est donc l'histoire de Michel, son adolescence, sa rencontre avec les membres du club, son évolution dans la vie... Le tout intelligemment ponctué par le passé de ces Incorrigibles Optimistes, qui ont dû tout quitter, femmes et enfants, travail, richesse et notoriété, pour fuir leur pays et rejoindre la France, où ils pourront enfin être libres.

On se prend facilement d'amitié pour Michel, qui a une vie d'adolescent ordinaire mais ponctuée de drames familiaux poignants. Le moindre événement de sa jeunesse est raconté par l'auteur de manière si réelle qu'on se croirait presque à l'intérieur de l'histoire... Les membres du Club sont tous aussi intéressants et charismatiques les uns que les autres, et une fois l'histoire entamée, à aucun moment je n'ai souhaité abandonner ce livre. Je voulais absolument savoir quel était le passé, l'histoire de tous les personnages et découvrir leurs mystères. Car on sent qu'il y a quelque chose à découvrir derrière toute cette histoire, notamment à travers un personnage, Sacha, dont on ne saura rien jusqu'aux dernières pages bouleversantes de ce roman.

Alors oui l'aspect politique est omniprésent. Mais la plume fluide et simple de l'auteur, et sa manière de raconter les choses les plus terribles avec tant d'optimisme font qu'on s'accroche à ce livre prenant et addictif, que je conseille vivement. C'est le 2e Goncourt des Lycéens que je lis, et je suis tout aussi enchantée que pour le 1er, Du domaine des murmures, qui m'avait émerveillée. Ce prix semble être une valeur sûre, je compte bien m'y pencher un peu plus attentivement...

   

mercredi 18 janvier 2012

03 - Le Legs de la Faille T3 - Krondor : La Larme des Dieux

Auteur : Raymond E. Feist
Éditeur : Bragelonne
Année : 2007 

C'est avec un grand plaisir et une grande impatience que je me lance enfin dans le dernier tome de cette trilogie krondorienne. Voici donc la suite des aventures de James et de William, qui tentent de dévoiler un complot plein de meurtres abominables et de magie noire visant à déstabiliser le Royaume, mais dans quel but ? Et qui tire les ficelles ? Quel est le fin mot de l'histoire ?

Ce tome est dans la lignée des deux précédents (et de tous les tomes précédents des Chroniques de Krondor, en fait...). Plein d'action, d'aventures, de magie, d'humour, avec des personnages charismatiques et attachants et une intrigue très bien ficelée. Un nouveau personnage nous est présenté, et pas des moindres puisqu'il s'agit de Jazhara, recommandée par Pug le Magicien à Arutha, le prince de Krondor, afin de le conseiller sur tout ce qui a trait à la magie. Jazhara est belle, intelligente, puissante et sera tout au long de ce tome d'une très grande aide à James et William. J'ai hâte de la voir évoluer dans les prochains tomes.

Une chose que j'ai trouvée originale et étrange, la présence de créatures qu'on retrouve rarement dans les  univers de Fantasy : les vampires. Et bien ils se sont très bien adaptés à l'histoire, en tant que créatures issues d'une puissante magie noire que James et ses amis devront anéantir. Un aspect totalement bienvenu pour moi, car, ce n'est un secret pour personne, j'adore les vampires ! ^^

Pour résumer, La Larme des dieux clôt cette trilogie du Legs de la Faille avec brio, du Feist tout craché au sommet de son art. Bientôt la suite !

  

mercredi 11 janvier 2012

02 - Cyanure

 Auteur : Camilla Läckberg
Éditeur : Actes Sud
Année : 2011 

Depuis plusieurs semaines je vois la couverture de cet ouvrage dans la sélection des livres les plus populaires de la semaine de Babelio. Lorsqu'une collègue a proposé de me le prêter, c'est donc uniquement par curiosité "populaire" que j'ai accepté.

Cyanure est un roman de 156 pages, court heureusement puisque je me suis un peu ennuyée à sa lecture. On ne peut pas dire que je sois une habituée du genre, cependant je n'ai rien trouvé de nouveau, ni d'original, dans ce drame familial. On a une magnifique maison, isolée du reste du monde par sa situation géographique et par une terrible tempête. On a une famille, dirigée par un grand-père excessivement riche, dont tout le monde se dispute les faveurs en vue d'obtenir l'héritage à sa mort. Et on a un meurtrier, que Martin, un flic qui est là pour le weekend, va tenter désespérément de démasquer.

Le cadre est donc connu, le suspense est présent, l'histoire se tient et est bien écrite, mais... il  n'y a pas eu le petit truc qui éveille ma curiosité, et c'est bien dommage.

samedi 7 janvier 2012

01 - Au bonheur des ogres

Auteur : Daniel Pennac
Éditeur : Folio
Année : 1985

Quoi de mieux pour commencer une nouvelle année qu'une bonne histoire de Daniel Pennac ? C'est avec la mémoire pleine des bons moments passés avec La Fée carabine que je me lance donc dans la lecture de Au bonheur des ogres. Oui, je sais, dans la logique des choses j'aurais dû le lire avant, mais ça ne m'a pas du tout gênée dans la compréhension de l'histoire.

Au bonheur des ogres, le titre déjà est plein de promesses, que l'auteur tiendra jusqu'au point final de l'histoire. Car Daniel Pennac a du génie, il parvient toujours à l'aide de personnages hauts en couleurs, de répliques fantaisistes et édulcorées, à faire passer comme une lettre à la poste un sujet qui, traité autrement, aurait pu être réellement tragique. La gravité des crimes commis par ces "ogres" est indiscutable. Mais l'histoire, vécue à travers le regard de Benjamin Malaussène, Bouc Émissaire de métier, prend une toute autre tournure. 

Je le répète une nouvelle fois (puisque j'avais déjà mentionné ceci dans ma critique de La Fée carabine), nous vivons tout au long du livre une série d’évènements qui n'ont ni queue ni tête, en passant du coq à l'âne et en essayant désespérément de trouver un sens à tout ça. Et quand enfin vient l'heure où Daniel Pennac nous emboîte les pièces du puzzle, son génie nous explose à la figure.

En un mot, génialissime.